Littérature

“Béton armé”, Philippe Rahmy

BetonarméPhilippe Rahmy, né à Genève en 1965, est l’auteur de « Béton armé », un récit de voyage jusqu’à Shanghai, le récit de voyage d’un homme qui souffre de la maladie des os de verre, et qui ose affronter, avec son corps affaibli, une ville énorme.  Il ose s’exposer à l’inconnu dans toute sa faiblesse, s’abandonne aux rencontres avec les Chinois. Il s’est rendu compte très vite qu’il était inutile de se protéger derrière une carapace. Les Shanghaïens l’ont saisi par la main et se sont moqués, ils ont ri de lui, l’orgueil a volé en éclat et Philippe Rahmy s’est mis à danser.

Voici le début du livre : Shanghai n’est pas une ville. Ce n’est pas ce qui vient à l’esprit. Rien ne vient. Puis une stupeur face au bruit. Un bruit d’océan ou de machine de guerre. Un tumulte, un infini de perspectives, d’angles et de surfaces amplifiant le vacarme.

Si son corps parfois le lâche, alors la langue, l’écriture devient un nouveau bras pour Philippe Rahmy. Malgré ses mouvements entravés, il a su trouver l’élan intérieur pour se frotter au monde.

Béton armé, tout compte fait n’est pas un récit de voyage, car l’écriture est contraire au voyage. C’est un récit poétique, une confession aussi. On retient un moment particulier de l’enfance : l’auteur avoue qu’il a violemment refusé l’amour qu’un camarade lui portait, moment d’ineffable honte dont il se souvient à Shanghai.

Béton armé n’est pas un récit de voyage et Shanghai n’est pas une ville. Le lecteur comprend qu’il partage des expériences personnelles relatives au corps de l’auteur. Le voyage en Chine permet à Philippe Rahmy d’ouvrir le livre qu’il portait en lui. Nous lisons le récit d’un voyage intérieur, nous assistons à la naissance de l’écrivain ; le gigantisme de Shanghai le renvoie à  son intimité, à l’expérience de survie vécue dans le corps et l’esprit, dès son plus jeune âge.

À des degrés divers, chaque lecteur est ému par ce récit. Loin d’être voyeur, il est invité à ressentir une expérience humaine, car comme le dit l’auteur : Tous les hommes sont malades. La douleur est une langue commune.

Philippe Rahmy a reçu le Prix Michel-Dentan 2014 pour son livre Béton armé. Shanghai au corps à corps, ed. de la Table ronde. Touchée par ce texte, l’Association Tulalu !? a décidé d’ouvrir sa saison de lectures publiques avec cet écrivain.

Rendez-vous le 6 octobre au restaurant Lausanne-Moudon (à Lausanne) à 20h. Entrée libre. Possibilité de partager un repas avec l’auteur et le comité dès 18h30 (payant).

Texte: Sylvie Blondel

 

“Béton armé”, Philippe Rahmy

BetonarméPhilippe Rahmy, né à Genève en 1965, est l’auteur de « Béton armé », un récit de voyage jusqu’à Shanghai, le récit de voyage d’un homme qui souffre de la maladie des os de verre, et qui ose affronter, avec son corps affaibli, une ville énorme.  Il ose s’exposer à l’inconnu dans toute sa faiblesse, s’abandonne aux rencontres avec les Chinois. Il s’est rendu compte très vite qu’il était inutile de se protéger derrière une carapace. Les Shanghaïens l’ont saisi par la main et se sont moqués, ils ont ri de lui, l’orgueil a volé en éclat et Philippe Rahmy s’est mis à danser.

Voici le début du livre : Shanghai n’est pas une ville. Ce n’est pas ce qui vient à l’esprit. Rien ne vient. Puis une stupeur face au bruit. Un bruit d’océan ou de machine de guerre. Un tumulte, un infini de perspectives, d’angles et de surfaces amplifiant le vacarme.

Si son corps parfois le lâche, alors la langue, l’écriture devient un nouveau bras pour Philippe Rahmy. Malgré ses mouvements entravés, il a su trouver l’élan intérieur pour se frotter au monde.

Béton armé, tout compte fait n’est pas un récit de voyage, car l’écriture est contraire au voyage. C’est un récit poétique, une confession aussi. On retient un moment particulier de l’enfance : l’auteur avoue qu’il a violemment refusé l’amour qu’un camarade lui portait, moment d’ineffable honte dont il se souvient à Shanghai.

Béton armé n’est pas un récit de voyage et Shanghai n’est pas une ville. Le lecteur comprend qu’il partage des expériences personnelles relatives au corps de l’auteur. Le voyage en Chine permet à Philippe Rahmy d’ouvrir le livre qu’il portait en lui. Nous lisons le récit d’un voyage intérieur, nous assistons à la naissance de l’écrivain ; le gigantisme de Shanghai le renvoie à  son intimité, à l’expérience de survie vécue dans le corps et l’esprit, dès son plus jeune âge.

À des degrés divers, chaque lecteur est ému par ce récit. Loin d’être voyeur, il est invité à ressentir une expérience humaine, car comme le dit l’auteur : Tous les hommes sont malades. La douleur est une langue commune.

Philippe Rahmy a reçu le Prix Michel-Dentan 2014 pour son livre Béton armé. Shanghai au corps à corps, ed. de la Table ronde. Touchée par ce texte, l’Association Tulalu !? a décidé d’ouvrir sa saison de lectures publiques avec cet écrivain.

Rendez-vous le 6 octobre au restaurant Lausanne-Moudon (à Lausanne) à 20h. Entrée libre. Possibilité de partager un repas avec l’auteur et le comité dès 18h30 (payant).

Texte: Sylvie Blondel

 

Lectures théâtrales au Lapin-Vert

Vendredi 31 janvier, le théâtre du Lapin-Vert a momentanément remplacé les couleurs de la Société des Belles- Lettres par celles de la défense du théâtre contemporain romand. Prêtée pour l’occasion, la scène a en effet vu se produire les textes lauréats de Petites misères de Suisse romande, un concours organisé en mai 2013 par les associations Tulalu!? et Poudres d’âmes. Ces deux associations ont pour but de promouvoir la littérature romande, la première par le biais de rencontres littéraires, la seconde en favorisant la mise en scène théâtrale d’auteurs romands contemporains.

Les participants devaient proposer une piécette sur le thème des Petites misères de Suisse romande. Parmi les six lauréats dont les textes ont été publiés dans le dernier numéro de la revue de Marius Popescu, Le Persil, quatre auteurs ont eu le plaisir de voir leur texte mis en lecture par les comédiens professionnels Sofia Verdon, Laurence Morisot, Simon Romang et René-Claude Emery. Une façon décomplexée et détendue de découvrir ces tranches de vie.

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La soirée démarre avec Le Piège à guêpes de Guy Chevalley, qui met en scène la rencontre de deux couples. Le premier tente de refourguer au second leur magnifique résidence secondaire, un chalet dans le Valais, pour être enfin libre de voyager. Les répliques acidulées fusent, pour le plus grand plaisir du public déjà conquis. Car si le thème est bien celui des Misères, les quatre auteurs ont pris le parti d’en rire, ou du moins de faire rire le public. Dans la diversité des thèmes traités, un nuage d’humour plane sur la soirée.Décalé dans la salle d’attente d’un vétérinaire pour Giancarlo Copetti et sa Chienne de vie, il se révèle tendre chez les deux colocataires de Consensus d’Adrienne Bouvet, ou encore absurde dans l’Agence 4 d’Alexandre Friderich. Carole Dubuis, présidente des associations Tulalu !? et Poudre d’âmes, avoue avoir étonnée et contente par la diversité des sujets des textes reçus.

La deuxième partie de la soirée était consacrée à un débat, animé par Carole Dubuis et Sylvie Blondel, autour de la question de l’auteur de théâtre en Suisse romande. Trois intervenants du milieu théâtral, Nadège Reveillon (auteur et éditrice), Cyril Kaiser (metteur en scène et directeur du Théâtre du Saule Rieur) et Olivier Chiacchiari (auteur), ont été amené à parler de leur expérience et leur ressenti. Extraits.

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La situation semble celle de l’impasse. L’auteur de théâtre, dont le rôle est souvent minimisé par rapport au metteur en scène,  peine à faire monter ses textes. Actuellement, la plupart des auteurs dramatiques exercent une autre activité. Une des raisons, souvent invoquée, touche le théâtre en général : le manque de subventions et de soutien des théâtres régionaux. Les obstacles au développement d’un théâtre romand sont nombreux. Olivier Chiacchiari mentionne le cloisonnement des cantons et la quasi impossibilité de réaliser une tournée dans les théâtres romands. Il rappelle qu’un spectacle a une durée de vie de quelques semaines et que, les théâtres réclamant des pièces inédites, l’auteur doit sans cesse se renouveler. Il est non seulementen concurrence avec les anciens auteurs, ceux que l’on appelle Classiques, et avec les auteurs de plateau. La situation géographique et culturelle de la Suisse romande est aussi problématique, car la région est prise en étau entre la France et la Suisse allemande. Beaucoup de pièces françaises font passer leurs tournées par la Suisse romande alors que le contraire est rare. Impossible – ou presque – pour un auteur romand de monter à Paris où la concurrence est rude. L’auteur suisse allemand est plus privilégié, dans la mesure où il est plus naturel pour une pièce suisse d’être montée dans des villes allemandes. La marche de manœuvre dans un territoire tel que la Suisse romande devient limitée… La solution pour sortir de cet isolement se trouve peut-être dans une valorisation des échanges et des réseaux, non seulement de la part des auteurs mais également des metteurs en scène, comédiens, directeurs de théâtre.

Le théâtre romand n’est pas sorti de sa misère. La soirée aura néanmoins permis de rendre compte, si besoin est, de la richesse et la diversité d’un théâtre régional qui ne demande qu’à s’épanouir et trouver sa place. Saluons donc cette belle initiative des associations Tulalu?! et Poudre d’âmes, et espérons qu’elle génère d’autres rencontres théâtrales et littéraires.

Texte: Marie-Sophie Péclard / Photos: Sandra Hildebrandt

Fureur de lire édition 2013 – Les utopies

Café-Librairie Livresse, le 17 septembre 2013

« Plus que jamais nous avons besoin d’utopies. »

Sami Kanaan, conseiller administratif de la Ville de Genève, nous parle de la nécessité pour l’être humain de rêver. A cette fin, il souligne également l’existence des nombreuses passerelles qui existent entre les mondes artistiques, permettant ainsi de voyager entre eux. Car si l’imaginaire est notre destination, l’art se fait notre moyen de transport !

La République, Utopia ou encore Gattaca en passant par bien d’autres, telles sont les composantes du multivers créé par la plume de nombreux auteurs, dans lequel nous sommes conviés par un florilège d’activités. Et pourquoi ne pas être l’instigateur d’un nouveau satellite de ce vaste système ? Choisir puis découper des articles de journaux, les rassembler ensuite selon l’envie, afin d’inventer une Genève de l’an 2050, ne serait-ce pas fantastique ? Voici le contenu dévoilé de l’un des nombreux ateliers dévolus aux enfants durant la manifestation qui se profile à l’horizon du mois prochain.

Quant aux plus grands, pourquoi ne pas participer à la Nuitopie ? Après tout, la devise de la ville est bien Post Tenebras Lux, n’est-ce pas ? Rien d’étonnant donc à ce que durant toute une nuit, au cœur de l’obscurité, brillent parmi les étoiles autant de performances d’artistes de tous horizons, afin de nous faire vivre des instants magiques !

Rappelons également qu’Albert Jacquard ne pourra malheureusement pas, comme initialement prévu, participer à cette grande ronde philosophique de six jours. En effet, l’essayiste français est décédé le 11 septembre dernier, dans sa 88ème année.

En revanche, Russell Banks initiera le festival par une séance de dédicaces, tandis que le dimanche de clôture, Isabelle Huppert sera là pour lire publiquement l’un des textes du Marquis de Sade.

Vous l’aurez compris, cette année la Fureur sera non seulement de lire mais également d’écouter, de discuter, de composer, de ressentir… Bref, de prendre du plaisir !

Rendez-vous du 8 au 13 octobre 2013 à Genève, le programme étant disponible à peu près partout, mais par exemple à la Bibliothèque de la Cité ou sur Internet: www.ville-ge.ch/culture/fureur/

 Michael K.

Lauréat du prix Kourouma

« L’Histoire, ici, est vécue au niveau de l’individu. Ce n’est plus l’Histoire mais, c’est la mémoire ; ce n’est même pas la mémoire, c’est le souvenir… J’ai essayé au maximum d’humaniser ce grand principe, qu’on appelle l’Histoire. »

Tierno Monénembo à propos de son roman, paru aux éditions du Seuil, en 2012

27ème Salon du livre et de la presse, le 3 mai 2013

« Afrique centre du monde »

Le Salon africain de Genève a remis, cette année encore, le prix Ahmadou Kourouma, en hommage à l’auteur ivoirien. Cette édition 2013 commémorait également le dixième anniversaire de sa mort, survenue alors qu’il travaillait à son dernier roman : Quand on refuse, on dit non. À noter de plus que le non moins célèbre Aimé Césaire fêterait, quant à lui, son centenaire.

Le terroriste noir

Addi Bâ était, vendredi dernier, le héros du jour ! Du jour ? Non. Héros, il l’est devenu bien avant l’écriture de ce livre lorsque, après son expatriation en France, les Allemands l’avaient surnommé : Der schwarze Terrorist. Né en 1916, il s’est engagé comme tirailleur sénégalais après avoir été adopté par un percepteur colonial. Acteur méconnu de l’Histoire, il a pourtant activement pris part à la résistance française au sein du maquis des Vosges, l’une des organisations tenant tête au régime nazi.

Tierno Monénembo, écrivain francophone, a ainsi décidé de lui consacrer un ouvrage, édité l’an dernier. Cette œuvre, disponible dans toute bonne librairie, rappelle les actions menées par cet oublié de la Seconde Guerre mondiale, dont la notoriété, bien méritée, n’est que récente.

Le terroriste noir, c’est le titre de cette histoire retraçant le parcours d’un Guinéen pas comme les autres. Déjà récompensé par le prix Erckmann-Chatrian, puis par le Grand prix Palatine, voilà qu’un nouveau succès s’ajoute à la liste de son palmarès ! Le Professeur Jacques Chevrier, Président du Prix, a remis ce dernier en fin d’après-midi en présence notamment de Scholastique Mukasonga, lauréate 2012.

 

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La vie de salon

A Palexpo pendant cinq jours, de nombreux débats publics ont eu lieu au sein de l’espace africain, à l’entrée du Salon du livre. Madame Bittar de la librairie l’Olivier, ainsi que son équipe, accueillent les visiteurs depuis plusieurs années déjà dans l’autre partie du stand, où des écrits pour la plupart inédits en Europe côtoient les grands classiques. Les textes de Henri Lopes, Hanane Kéïta et de bien d’autres auteurs encore se trouvaient également sur les tables ou dans les rayons, dans l’attente souvent récompensée de nouveaux lecteurs !

Alors, à l’année prochaine et… Bonnes lectures à tous !

Michael K.