Concours d'écriture 2026
6e édition
« Les dix commandements »
Merci à toutes les personnes ayant participé au concours !
Nous avons reçu 77 textes cette année, provenant de 9 pays: majoritairement de Suisse, mais aussi d’Algérie, de Belgique, du Bénin, du Cameroun, du Canada, de France, d’Haïti et de Russie.
Côté Suisse, les différentes régions romandes sont représentées, avec des textes du canton de Vaud, de Genève, de Neuchâtel, du Valais et de Fribourg, ainsi que quelques textes venus de Berne, de Zürich et d’Argovie.
La thématique de cette édition a conduit à des réflexions parfois théologiques, spirituelles, parfois plus personnelles. Les commandements, intimés de l’extérieur, ressentis de l’intérieur, étaient souvent questionnés, détournés, remodelés.
Nous avons pris un immense plaisir à vous lire, à découvrir vos personnages, vos visions du monde, vos univers autobiographiques, utopiques ou dystopiques, vos cris du cœur, vos observations sereines, vos traits d’humour, vos ressacs. Vos plumes.
Le jury s’est accordé sur trois textes lauréats et un coup de cœur, et c’est une fierté que de pouvoir les partager ici. Nous espérons que vous aimerez les découvrir !
Textes lauréats 2026
1er prix
Une fois qu’on était dehors à se faire la passe, le ballon s’est arrêté net dans son élan, pile sous le pied de la maîtresse. Elle a pris un air grave. Les sifflets se sont estompés, doucement, noyés dans le regard froid de Madame Raboud. Elle a dit que c’était l’heure, fallait se rendre au catéchisme. Le catéchisme, c’est quand les journées sont fourrées dans la pénombre, entre des grandes parois glacées, avec une voix qui résonne, et que c’est très long. Nous, on aimait bien jouer sur la place devant l’église. On criait fort mais Madame Raboud trouvait ça déplacé, parce qu’à côté, dedans, c’est le silence, c’est important.
On a soupiré, Mathieu a rangé la balle dans le buisson. En colonnes silencieuses, on s’est acheminés jusqu’à la maison de Jésus. D’après ce qu’on dit, il y en a des comme ça jusqu’à l’autre bout du monde, parce que Jésus est d’un naturel très accueillant. C’était ce que j’avais retenu du dernier cours de catéchisme.
Mais ce jour-là, après s’être faufilés entre les bancs en bois, on a dû écouter le curé qui nous parlait des dix commandements. Il avait l’œil sombre, comme Madame Raboud, on sentait qu’il s’y connaissait mieux que nous en mauvaise conduite, on ne faisait plus les malins. Lucie a demandé ce que c’était, l’infidélité. Alors on a gloussé, quand la maîtresse a dit le mot maîtresse, et quelque chose à voir avec ce qui se passe sous la ceinture.
On a appris plein de choses. Décidément, les adultes en connaissaient un rayon sur les bêtises. Aucun de nous n’avait jamais pensé à s’adopter un autre dieu. Déjà celui-là, il allait falloir s’habituer. Mais ce qui est sûr, c’est que ses dix commandements ont produit une forte impression sur nous.
À peine sortis de l’obscurité, les yeux piquants de soleil, on a pris une décision inévitable ; il fallait des commandements pour la cour de récré. Oui, comment est-ce qu’on avait pu oublier de nous forger des commandements ? Erreur de débutants. Mathilde, elle pleurait souvent, parce qu’on lui piquait son goûter. Ça, ça n’arriverait jamais si on avait des commandements.
« Il nous en faut dix ! s’est écrié Marcel.
— Oui, mais il faut surtout faire la liste dans l’ordre, a relevé Mathieu. »
L’interdiction de voler le goûter de Mathilde, on a décidé de la garder pour après. Il nous fallait une clause ultime, le premier commandement de la cour. Pendant une bonne dizaine de secondes, la solennité du moment nous a laissés interdits. Et puis j’ai rompu le silence, parce que je n’aime pas quand ça traîne.
« Le premier commandement, c’est qu’il faut écouter la maîtresse. »
Hochements de tête, murmures approbateurs. Ça coulait de source. Place au deuxième commandement.
« Facile, a dit Lucie. Il ne faut pas toucher le ballon avec les mains quand on joue au foot. »
Décidément, on était doués pour les commandements. Les suivants sont venus en cascade.
« On doit se moucher et pas renifler ! a crié Julie.
— On doit demander pour aller aux toilettes ! a hurlé Mathieu.
— On ne doit pas tirer les cheveux à Mathilde ! » a beuglé Marcel.
Ça nous venait tout seul, pas besoin de se creuser longtemps. On se découvrait un don. Dire qu’avant nous, dieu c’était le seul à fabriquer des commandements. Même la maîtresse, elle se contentait de donner des ordres désarticulés, sans se référer à une écriture sacrée. Nous, on se sentait grisés dans la lumière d’été qui nous tombait dessus, comme pour nous imbiber de sainteté.
D’ailleurs, les dix commandements du catéchisme devenaient ridicules, à côté de notre liste. On s’est mis à les mépriser. Alors c’est devenu l’enchère du péché, on voulait tous montrer qu’on se moquait des règles de dieu.
« Moi, je suis infidèle !
— Et moi, j’ai des idoles ! »
Pas besoin de comprendre, pour transgresser avec enthousiasme. Pour les prochaines fois, je me suis promis d’étudier les péchés capitaux, et tous les commandements, pour revenir avec l’aveu le plus costaud de tous. Les autres aussi, ils avaient l’air de prendre ça au sérieux. Là, sous notre plafond vert, les genoux dans le gravier, on s’est sentis fourmiller. C’était la puissance de devenir dieux qui nous visitait le corps. La force des commandements devait dépasser la cour, ordonner l’univers entier. C’était tout naturel.
Mais comme d’habitude, les adultes ont choisi de tout gâcher. Ça a commencé par ma maman. Le jour d’après celui où on est devenus dieux, j’ai entendu ma maman renifler. J’étais toute pleine de rage.
« Tu n’as pas le droit ! »
Elle m’a regardée avec de gros yeux ronds. Pas compris. Et puis il fallait un affront final, avant que je parte à l’école, elle est allée aux toilettes sans demander à personne. La permission, c’est un commandement. J’ai mis mes poings dans mes poches et j’ai serré fort. Quand je suis arrivée à l’école, j’avais des marques courbées dans les paumes. Les autres de la classe sont aussi arrivés en mauvaise humeur. La mauvaise humeur a régné toute la journée.
« Mon papa n’a pas fait comme les commandements disent », a soupiré Lucie.
On a tous renchéri avec nos histoires. Scandalisés. Finalement, Mathieu a lâché le morceau, notre morceau à tous : « C’est trop dur d’être un dieu. » Il fallait se rendre jusqu’à l’évidence. On a arraché quelques feuilles au buisson, parce qu’il fallait se remplir les paumes et tout jeter par terre. C’était la colère qui commandait.
« Dieu, il est trop fort, il se fait obéir depuis le début des temps, a fait remarquer Julie.
— Il peut même mettre les gens au paradis ou à l’envers, a renchéri Marcel.
— On n’est pas assez forts pour être dieu », ai-je conclu.
Abattement général.
« Mais on est plus forts que Mathilde », a encore relevé Julie.
Judicieuse remarque, qui nous a laissés sans voix. Peu à peu, les fourmillements nous revenaient. On s’est tous levés d’un bond. De nouveau, la cour a résonné de cris joyeux. C’était la vie qui lui affluait dedans, fraîche comme un fleuve, ou un vif torrent de montagne.
Marianne Savioz
24 ans,
étudiante en philosophie,
Lausanne
2ème prix
Mon père – je le vois, tandis que je vous parle, penché sur ses manuscrits poussiéreux, à traquer les secrets du passé – écrit sur des gens morts. Morts et enterrés depuis quatre cents ans. Minimum. Lui aurait pu tout vous réciter sans hésiter les dix commandements, ceux du Livre de l’Exode, ou leur variante légèrement différente dans le Livre du Deutéronome.
Moi, ces vieilleries m’intéressent peu. Je couvre les vivants.
Les vivants, en 2026, reçoivent leurs commandements par notification. Je ne rigole pas. J’ai compté. Aujourd’hui encore, il y en a dix, en gros – comme si le chiffre était une structure de l’esprit humain plutôt qu’une révélation. Tu ne mentiras pas plus que la plateforme ne peut le tolérer. Tu ne voleras pas l’attention – tu la capteras. Tu honoreras l’algorithme et tes indicateurs de performance. Tu n’auras pas d’autres dieux que ta marque personnelle. Tu ne convoiteras pas la vie de ton prochain – seulement son reach. J’en passe. On les connaît. On les viole. On les confesse dans ses stories, larme à l’œil et teint blafard. Et on recommence le lendemain. À tout vous dire, ce qui m’intéresse, ce n’est pas les dix.
C’est le zéro.
Je travaille à la rubrique numérique du Temps. Avant ça, stagiaire à la RTS. Avant ça, une licence à Lausanne que j’ai faite en trois ans au lieu de quatre parce que je m’ennuyais.
Mon père dit que je me suis ennuyée parce que je suis brillante. Ma mère dit que je me suis ennuyée parce que je suis impatiente. Ils ont peut-être tous les deux tort. Peut-être que je me suis ennuyée parce que personne n’enseignait ce qui se passe avant.
Avant la phrase.
Avant le message.
Avant le post.
Le silence qui décide. Toutes les lois commencent par un silence.
L’automne dernier, j’ai interviewé un ingénieur qui avait travaillé sur les systèmes de modération d’une grande plateforme – il ne voulait pas que je cite le nom – j’ai accepté. Il m’a dit une chose que j’ai notée trois fois dans mon carnet, comme si noter trois fois garantissait de ne pas perdre.
Le problème, ce n’est pas ce qu’on enlève.
C’est ce qu’on n’a jamais laissé exister.
Il parlait de filtres prédictifs, de contenus supprimés avant publication, de modèles entraînés à anticiper la transgression. Il parlait de technique. Il la jouait un peu Minority Report, ce film que ma mère regardait pendant sa grossesse et qui a bercé mon avant.
Moi j’ai pensé à ma grand-mère.
Elena.
Née à Barcelone en 1951. Arrivée à Genève en 1974 avec deux valises et un silence qu’elle n’a jamais expliqué. Avec un bébé sur les bras aussi. Gabriel, mon père. Treize mois. On sait qu’il y avait un homme avant. Elle l’avait pas fait toute seule, mon père ! On sait qu’il y avait un moment. Une décision.
On ne sait rien d’autre. Elle n’a pas envoyé le message – métaphoriquement parlant. Elle n’a pas dit. Et ce non-dit a circulé dans la famille pendant cinquante ans comme circule dans un corps une douleur qu’on n’a pas localisée. Le commandement qu’elle s’était donné ce jour-là n’avait pas de forme. Pas de verbe. Aucune des structures par lesquelles la loi se donne l’air d’une nécessité.
C’était juste : nunca más.
Plus jamais ça.
Et c’était peut-être la chose la plus puissante qu’elle ait jamais prononcée – en ne la prononçant pas.
Je pense souvent aux trois petits points. Vous savez. Ceux qui apparaissent dans une conversation quand l’autre est en train d’écrire. Une présence signalée avant la parole. On attend. Les points disparaissent. L’autre a choisi de ne pas envoyer.
Ce moment-là – entre la décision d’écrire et la décision de ne pas envoyer – c’est le commandement zéro. L’espace où tout est encore possible et où rien n’a encore de conséquence.
Avant la loi.
Avant la lettre.
Avant l’interprétation et le commentaire et la dispute et la vérité qu’on n’aurait pas dû dire.
Les ingénieurs qui ont conçu cet indicateur de frappe n’ont probablement pas pensé à Moïse. Ils ont pensé à l’expérience utilisateur. Mais ils ont accidentellement cartographié quelque chose de très vieux.
Mon père aurait écrit ça autrement. Avec de la nuée, du désert, des personnages aux noms à consonances anciennes et des destins qui pèsent. Il aurait pris les huit mille signes et les aurait remplis jusqu’au dernier, avec la précision d’un orfèvre et la patience d’un homme qui n’a jamais eu de compte Instagram.
Je l’aime pour ça.
Et parfois ça m’agace. Parce que le silence dont je parle n’est pas celui du Sinaï. C’est celui de 23h14 un mardi, quand tu regardes ton téléphone et que tu vois les trois points apparaître puis disparaître trois fois de suite, et tu comprends que quelqu’un a essayé de te dire quelque chose qu’il ne t’a pas dit.
Et tu ne sauras jamais quoi.
Les dix commandements, mon père te les expliquerait en termes théologiques, philologiques, historiques. Il te dirait que la loi a besoin d’un bord, que le néant n’a pas de lisière, que Dieu a hésité avant de parler – il a d’ailleurs écrit exactement ça quelque part, je crois.
Moi je te dis juste ça.
Le commandement le plus puissant de toute l’histoire humaine n’a jamais été énoncé. Il précède les dix. Il ne dit ni tu feras ni tu ne feras pas. Il est là, dans l’espace entre la respiration et la voix. On l’observe encore. Tous les jours.
Chaque fois qu’on choisit de se taire. Chaque fois que les trois points disparaissent.
Elena est morte en 2019, trois mois avant que je commence à Lausanne. Elle n’a pas dit ce qu’elle n’avait pas dit. Le silence a tenu jusqu’au bout, cohérent, impeccable – comme savent l’être les silences qui ont eu le temps de se consolider en conviction. Je ne sais toujours pas ce que c’était. Parfois je crois que c’est mieux ainsi.
Parce que certaines phrases, une fois envoyées, deviennent des lois. Et certaines lois, comme les dix premières, sont impossibles à effacer.
… Tatiana est en train d’écrire.
…
.
Fernando Lagraña
68 ans,
écrivain et compositeur,
fernandolagrana.ch
Arzier-Le Muids
3ème prix
Le chantier de la Rue de Bourg n’était pas une naissance, c’était un enterrement de première classe. À Lausanne, on n’aime pas ce qui dépasse, ce qui respire, ce qui rappelle que sous l’asphalte et les coffres-forts, la terre est une bête vivante. On creuse pour cacher, on coule pour oublier.
Amos était au fond de la fouille. Les genoux dans une bouillie de calcaire et de flotte, il sentait le monde se refermer sur lui. À cinquante ans, son corps était devenu une archive de chantiers : des cicatrices de fer à béton sur les avant-bras, les poumons tapissés de poussière de silice, et ce silence de sourd que laisse le marteau-piqueur après dix heures de service. Il était une pièce d’usure, un boulon humain dans la grande machine à lisser le paysage.
Amos se rappelait le temps d’avant le gris. Avant que ses mains ne deviennent ces battoirs de corne et de chaux. C’était dans le Valais, trente ans plus tôt. Il n’y avait pas de pompes à béton, pas de toupies ronronnantes. On montait les murs à la main, pierre contre pierre, en cherchant l’équilibre, en laissant le vent circuler dans les joints secs. On respectait le vide parce que c’était lui qui faisait tenir l’édifice. Un vieux maçon lui avait dit un jour, en pointant l’horizon découpé par les cimes : « Si tu ne laisses pas de place au silence entre les cailloux, le gel fera tout éclater. La pierre a besoin de bouger, Amos. Comme un poumon. »
Depuis, Amos avait vu les villes s’étendre comme une gangrène propre. Il avait participé au grand étouffement. Il avait coulé des kilomètres de dalles pour des parkings souterrains où personne ne sourit, des socles pour des tours de verre qui ne regardent jamais le sol. Il avait scellé des sources, dévié des ruisseaux, pétrifié des plaines entières sous le prétexte du Progrès. Chaque mètre cube de béton versé était une pelletée de terre sur son propre cœur. Il était devenu l’expert du lissage, le maître du couvercle. Il savait faire disparaître la vie sous une surface parfaite, sans bulle, sans défaut, sans espoir.
— Allez, Amos ! Réveille-toi, bordel ! La toupie est en place !
La voix de Marco, le contremaître, dégringolait du haut du coffrage comme un éboulement de gravats. En haut, le monstre d’acier ronronnait. Un malaxeur de huit mètres cubes, une gueule béante prête à vomir son gris définitif. La « soupe » était prête. Un mélange chimique parfait, adjuvanté pour prendre vite, pour ne laisser aucune chance au vide.
Amos a saisi la lance. Le caoutchouc était lourd, vibrant d’une impatience minérale. Il connaissait le protocole. Les dix commandements de la sécurité et du rendement étaient affichés dans le préfabriqué, entre la machine à café et le planning des retards. Tu porteras ton casque. Tu lisseras la surface. Tu ne perdras pas une minute.
Il allait obéir. Il allait noyer le sol. Mais au moment de presser la gâchette, son regard est tombé dans l’angle mort du pilier sud.
Là, sous le treillis soudé qui quadrillait la terre comme une grille de prison, une faille s’ouvrait. Un interstice de quelques centimètres que les ingénieurs, dans leur arrogance de papier glacé, n’avaient pas vu. Dans ce noir d’encre, une racine de frêne, rescapée du siècle dernier, s’accrochait encore. Elle était humide, noueuse, désespérément vivante. Elle battait. Amos aurait pu jurer qu’il entendait son pouls sous le vacarme des moteurs.
Et c’est là que le Onzième a frappé. Pas une voix de cinéma, pas un buisson ardent. Juste une érosion brutale de sa volonté de serviteur. Une certitude qui lui est remontée le long de l’échine, froide comme de l’acide.
« Tu ne couleras pas la dalle. »
Amos a lâché la lance. Le tuyau a fouetté l’air avant de retomber dans la boue. Le béton a commencé à dégueuler, une bave grise et visqueuse qui s’étalait lentement vers la faille.
— Amos ! Qu’est-ce que tu fous ? hurla Marco en dévalant l’échelle. On va perdre le lot ! La prise va commencer !
Amos ne bougeait pas. Il regardait la racine. Il voyait en elle tout ce que Lausanne essayait d’étouffer : la sauvagerie d’avant la ville, la force de ce qui pousse sans permission, la liberté de ne pas être utile.
— On ne ferme pas, murmura Amos. Sa voix était basse, mais elle avait le poids d’une montagne.
— Quoi ? T’es bourré ? C’est le radier principal, Amos ! Si on ne coule pas maintenant, tout s’effondre !
— Laisse s’effondrer, Marco. On a déjà assez de murs. On a déjà assez de dalles. On ne bâtit plus rien, on fabrique des couvercles.
Amos s’est mis en travers. Il a jeté ses gants de caoutchouc dans la mélasse. Il a senti la chaux vive mordre sa peau, une brûlure sacrée qui lui rappelait qu’il était encore fait de viande et de sang, pas de ciment. Il est devenu le barrage. Un prophète en bleu de travail, les pieds ancrés dans le chaos, refusant que l’ordre des hommes ne vienne sceller le dernier soupir de la terre.
Le chantier s’est arrêté. Un par un, les ouvriers ont coupé les moteurs. Un silence de cathédrale en ruine s’est installé sur la Rue de Bourg. Amos était là, minuscule au fond de son trou, mais plus puissant que toutes les grues du canton. Il venait d’inventer le seul commandement qui vaille : celui qui laisse une chance au vide.
Marc Agine
57 ans,
auteur,
bibliothequedufutur.com
St-Marti-Bellevue (France)
Mention « Coup de coeur »
En 2002, tu as 14 ans. Tu étudies au CO des Collines à Sion. Un crucifix est suspendu au fond de chaque classe, par un clou. Tu te retournes, tu fixes la croix, tu te dis que tu n’as pas intérêt à être gouine.
Commandement n° 1 : Tu ne tomberas point amoureuse d’une fille.
Tu es en pleine puberté. La télé matraque de reportages et de débats sans fin sur l’homosexualité. Des personnes disent que ce n’est pas dans les lois de la nature. Que si on autorise l’homosexualité, on va autoriser quoi après ? La zoophilie ? La pédophilie ? Beaucoup débattent du pacs. Un homme avec une femme. Une femme avec un homme. Certains disent que c’est un désordre mental, qu’il faudrait soigner cette maladie avec de la chimiothérapie. Tu habites en Valais. Les deux montagnes, tout autour de toi, manquent de t’étouffer. Tu te souviens que l’année dernière, le président de Sion a dit à la télé que les homosexuels n’existaient pas dans le canton. Et toi, dans ta classe, tu es en train de tomber amoureuse de ta meilleure amie, Inès, et personne ne sait que tous ces discours manquent de te tuer.
Commandement n° 2 : Tu ne te tueras point.
Tu rentres au Collège des Creusets à Sion. Tu as 15 ans. A la cérémonie du MTV Music Awards, Madonna embrasse Britney. Cela te fait un électrochoc. Tu découvres que ce n’est pas une honte d’embrasser une fille. La langue de Britney Spears touchant la langue de Madonna, Madonna embrassant Christina Aguilera, ça sera ton porno à toi. Tu achètes le magazine Salut et tu découvres qu’au milieu des pages agrafées, il y a un poster de Madonna embrassant Britney. Tu punaises le poster, au sommet de ton lit, juste en dessous du crucifix de ta chambre.
Le lendemain, à midi, tu feras la prière avec tes parents et tes frères avant de manger.
Commandement n° 3 : Tu t’émanciperas par Madonna.
Tu rentres en troisième. La loi sur le pacs pour les homosexuels a été votée par le peuple. C’est un oui fédéral. Tu as 17 ans.
Dans ta classe, il y a Prema. Son prénom a des consonances de première fois. Elle a les cheveux dorés et un pull rouge du Che.
Prema habite près de l’école, son père est concierge, Prema arrive le matin toujours les cheveux mouillés, elle n’aime pas le sèche-cheveux, elle se coiffe en passant sa main à travers ses cheveux, sans peigne. Prema répète dans la cour d’école, de sa voix haute, qu’elle est folle amoureuse d’une fille, Mélanie. Prema te confie, à voix basse, qu’un jour elle a fait l’amour avec elle, à 14 ans, sur Depeche Mode. Elle te fait écouter It’s no good sur son walkman. Cette chanson va finir par t’obséder pendant bien des années. Prema s’habille parfois en fille, parfois en mec. Elle dit qu’elle ne veut pas choisir. Un jour, elle débarque en jeans large avec un débardeur blanc. Un autre jour, elle arrive en jupe avec un gilet en velours à même la peau et, toi, tu donnerais tout pour passer ta main en dessous. Beaucoup de filles sont amoureuses de Prema. Il y a Oriane qui travaille tous les samedis au Macdo pour lui acheter une bague de mariage à 1000 balles.
Prema, comme première fois.
Prem,
Prema,
Son surnom est Prem. Tout le monde l’appelle Prem.
Prem,
Prem,
Prem t’invite dans le seul bar gay de la ville, en pleine zone industrielle. L’adresse circule de bouche à oreille. Elle veut te présenter Mélanie, tandis que toi, en secret, tu rêves d’être à la place de sa copine. Prem dit que pour rejoindre le local, il faut parcourir le chemin dans le noir, pendant au moins 20 minutes. Elle dit que la Municipalité a refusé que le bar soit au centre-ville.
Commandement n° 6 : tu tomberas amoureuse d’une fille et tu la désireras à ton insu.
Tu arpentes les ruelles sombres. Tu tiens fermement la main de Prem. Chaque pas est une épreuve. Des voitures passent par intermittence, les phares t’éblouissent. Ce trajet est pire qu’un chemin de ronces : la peur t’assaille le ventre, la peur du noir comme quand tu étais enfant.
Le centre-ville regorge de terrasses éclairées par des guirlandes. Ici, nous n’avons même pas de lampadaire. C’est à la lampe de poche que nous parcourons la zone industrielle de Sion.
Et toi, tu te sens comme une pestiférée…
… ou un contrebandier, …
… sauf que tu ne transportes pas de coke dans tes poches.
Commandement n° 5 : Tu vivras une vie clandestine par amour.
Prem pousse la porte d’un hangar en tôle blanche et tu aperçois, à l’intérieur, un immense zèbre en papier mâché suspendu dans les airs par deux cordelettes transparentes très fines. Ton corps retrouve soudainement sa largeur initiale. La musique à plein volume passe le tube What is Love, une table basse est recouverte de prospectus, un garçon en robe pailletée se tient au bar, des jeunes filles discutent autour d’une petite table ronde en acier galvanisé, des hommes s’embrassent. Personne ne retire une main trop proche d’une autre. Personne ne te pose cette question : « et toi tu as un copain ? ». Tu lèves la tête, tu fixes à nouveau le zèbre, tu te dis que c’est ta statue de la liberté, un peu comme les marins naufragés qui finissent par être secourus au large.
Commandement n° 6 : La liberté aura une saveur comme aucune autre.
Tu t’appelles Solène et, peu après ton coming-out, tu rentres chez toi et tu découvres que tes parents ont changé la serrure. Tu loges chez ton meilleur ami, Thomas, jusqu’à ce qu’il te foute dehors. Tu mendies dans les rues.
Tu t’appelles Hélène et ton père te dit : « tu n’as pas intérêt à être lesbienne, ma fille ».
Tu t’appelles Karen et tu préfères quitter ta copine dont tu es follement amoureuse pour un mec, car c’est plus facile d’assumer devant la famille.
Tu t’appelles Nina et après un reportage à la télé, tes parents s’exclameront à tes côtés d’une même voix : « Mon dieu ! Ces gens-là existent ! ».
Tu t’appelles Claudia et, à 40 ans, après 20 ans de mariage, tu te découvres lesbienne.
Commandement n° 7 : Tu écouteras des histoires de vie et tu ne te sentiras point seule.
Prem se dirige vers le fond de la salle, une pièce encore cachée. Tu y découvres une vingtaine de filles assises derrière une immense table grise et une dame, au milieu, la quarantaine. Tu t’assieds. Tu fixes tes mains en dessous de la table. Impossible de regarder ces filles.
Les deux filles qui sont à côté de toi s’appellent Sandra et Carolina. Elles ont un peu près le même âge que toi. Elles te parlent à tour de rôle. Plus tard, tu sauras que les deux se battaient pour t’avoir (dans la communauté dès qu’une nouvelle arrive, tout le monde essaie de mettre le grapin sur elle), mais toi tu préfères Sandra, cheveux bouclés jusqu’au milieu du dos, teint halé et sourire aux lèvres. Au cours de la soirée, c’est Sandra qui t’embrassera. Elle t’emmènera dans son studio, et tu découvriras ce que c’est que d’aimer une fille, pour de bon.
Commandement n° 8 : Tu feras l’amour avec une fille pour la première fois.
Tu as 35 ans. Tu habites depuis presque 15 ans à Lausanne. Tu as déjà vécu une longue relation avec une femme et des histoires plus courtes. Tu reviens à Sion pour savoir ce que l’Alpagai est devenu. Tu découvres que le bar s’appelle désormais QUEER VS et qu’il se situe depuis 2019 au centre-ville. Tu descends les escaliers. Tu pleures.
Commandement n° 9 : Plus personne ne devra traverser la zone industrielle glauque de Sion pour vivre son homosexualité.
Tu es en 2026. Tu habites toujours à Lausanne et tu t’aperçois que la plupart des soirées queer, peu après le covid, ont disparu, les gens se rasent moins la tête, la fête du slip, c’est terminé. A la télé, mais surtout sur les réseaux sociaux, les discours transphobes et homophobes sont de plus en plus décomplexés.
Commandement n° 10 : C’est loin d’être gagné.
Georgette Desmont
38 ans,
artiste
instagram.com/georgette_desmont
Lausanne
Modalités concours 2026
Thème: Les dix commandements
Genre: texte narratif, nouvelle
Nombre de signes: 8’000 espaces comprises
Format: document Word
Envoi: à info@l-agenda.ch, avec Concours d’écriture en objet du mail. Nom, prénom, âge, et ville dans le corps du mail.
Délai: dimanche 31 mai 2026 à minuit
Les textes sont réceptionnés et rendus anonymes pour le jury
Voir le règlement plus bas pour tous les détails de participation
Avec le soutien de
Le jury est composé de représentantes de L’Agenda ainsi que des lauréates de l’édition 2024 et 2025.
Prix: Les trois lauréat∙e∙s 2026 recevront un exemplaire du recueil 2021-2025 « Mode d’emploi et autres nouvelles », un bon d’achat de CHF 50.- de la part de la papeterie Brachard & Cie, une carte de lecteur∙trice à la bibliothèque de la Fondation Jan Michalski, valable un an, donnant accès aux livres des collections et aux expositions temporaires.
Visibilité: Les trois textes choisis, ainsi qu’une interview du lauréat ou de la lauréate, seront publiés sur le site de L’Agenda dans le courant du mois de juillet.
La Maison du Récit nous accueillera lors de leur scène ouverte pour la lecture des textes à voix haute.
Membres du jury 2026
Athéna Dubois-Pèlerin
Infaillible et volubile, la plume d’Athéna Dubois-Pèlerin est chère à L’Agenda depuis ses premiers articles en 2019 jusqu’à aujourd’hui, où elle fait partie du comité de l’association. Elle a écrit pour Le Temps en tant que journaliste pigiste, rédigé pour plusieurs associations culturelles romandes en tant que chargée de communication, et travaille actuellement à l’Université de Lausanne. Depuis qu’elle a mis un point final à son premier roman, on trépigne de le voir paraitre bientôt! Ps: Prends-garde à toi, son âme d’artiste penche du côté lyrique de la force.
« Le bonheur, c’est de continuer à désirer ce qu’on possède. »
Fabienne Dubosson
Traductrice pour une organisation internationale, Fabienne Dubosson passe une bonne partie de son temps à écrire. Dans son temps libre, cette fervente lectrice et bénévole pour la Bibliothèque Sonore Romande préfère donc s’emparer d’un roman plutôt que de prendre la plume. Ado, elle était celle qui composait des poèmes dans ses cahiers d’école et, quelques années plus tard, celle qui postait des textes formats courts sur son blog. Puis, faute de temps, elle s’est éloignée de l’écriture créative. Sa participation en 2025 au Concours de nouvelles de L’Agenda avec son texte Beaucoup de bruit pour rien a été un retour à ses premiers amours.
« Voir tout d’un regard lucide, mais sentir tout d’un cœur palpitant. »
Isabelle Falconnier
Critique littéraire, journaliste culture & société, Isabelle Falconnier a été présidente du Salon du livre de Genève et déléguée à la politique du livre de la Ville de Lausanne. Lectrice et médiatrice du livre passionnée, elle se nourrit de ses lectures autant que d’air et d’eau.
En plus de nous faire l’honneur de sa chronique bimensuelle Zaza lit depuis septembre dernier, elle a accepté de prendre part au jury de cette 6e édition du concours d’écriture. « Prendre la plume, c’est s’autoriser le plus grand et puissant des voyages : celui qui vous mène au cœur de votre propre imagination ! Vous en reviendrez transformé, plus riche de cette précieuse rencontre avec vous-même. Suivez vos propres dix commandements »
« Ca rend sauvage l’écriture. On rejoint une sauvagerie d’avant la vie. Et on la reconnait toujours, c’est celle des forêts, celle ancienne comme le temps. Celle de la peur de tout, distincte et inséparable de la vie même. On est acharné. On ne peut pas écrire sans la force du corps. Il faut être plus fort que soi pour aborder l’écriture, il faut être plus fort que ce qu’on écrit. C’est une drôle de chose, oui. »
Jade Sercomanens
Jade Sercomanens est docteure ès lettres en Histoire générale. Dans sa vie d’auteure, sa nouvelle Sophia a été honorée d’une mention dans le recueil « Même jour même heure dans 10 ans » des éditions Encre Fraîche. Chez le même éditeur, elle publie Grâce dans le recueil Frissons. Sa nouvelle Eugénie figure dans le recueil du Prix du Jeune Écrivain 2018 (découvrir l’article dans L’Agenda 73). Pour L’Agenda, elle écrit Correspondance invisible, un court texte paru dans le numéro 88, aux côtés de créations de trois autres rédacteurs et rédactrices.
« J’ai tendu des cordes de clocher à clocher; des guirlandes de fenêtre à fenêtre, des chaînes d’or d’étoile à étoile, et je danse.»
Karin Suini
Coup de cœur de la première édition en 2021 avec son texte Déjeuner sur l’herbe, Karin Suini avait pris l’habitude de participer au Concours d’écriture de L’Agenda comme à un «rendez-vous de printemps». En 2024, son texte La femme qui marche remporte le premier prix. Autrice publiée en parallèle de son travail de rédactrice au DFAE, cette journaliste de formation est également bénévole au service de causes qui lui tiennent à cœur et maman.
« L’art nous permet de rester sain d’esprit. En tant qu’artiste je suis quelqu’un de Puissant. Dans la vie réelle, j’ai l’impression d’être une souris derrière un radiateur. »
Mélissa Quinodoz
Mélissa Quinodoz a été durant six mois une collègue précieuse à la rédaction de L’Agenda en 2019, puis nous a réjouies en décidant de rester rédactrice bénévole en parallèle son poste de responsable d’une édition genevoise. Son désir d’apporter son aide à la diffusion de la culture l’a également menée à occuper le poste de secrétaire de l’association de 2021 à 2024. Chez elle, créativité et efficacité ne sont absolument pas paradoxales puisqu’elle les réunit dans un esprit battant et une forme olympienne!
« Devenir adulte est sans doute la plus grosse bêtise que l’on puisse faire… »
Règlement concours 2026
1. Organisateur: L’Agenda
Édité par l’association CultureEnJeu, Chemin de Primerose 36, 1007 Lausanne.
2. Objet du concours: encourager l’écriture et faire découvrir au lectorat de L’Agenda des nouveaux talents ou des plumes confirmées.
3. Temporalité: le concours est lancé au printemps 2026. Le résultat sera annoncé mi-juin, et les nouvelles seront publiées en ligne sur le site internet début juillet.
4. Thème du concours d’écriture: « Les dix commandements ».
5. Contenu et forme: le texte transmis doit s’agir d’un texte narratif, en langue française, de type « nouvelle ». Il devra présenter un titre et être limité à 8’000 signes (espaces et ponctuation comprises). Il doit être transmis en format .doc (format Word).
Le texte devra être exempt de toute connotation raciste, diffamatoire, injurieuse ou calomnieuse à l’égard de tiers, personnes physiques ou morales, ainsi que de propos pornographiques ou discriminatoires. L’organisateur se réserve le droit d’exclure du concours toute œuvre qui ne respecterait pas cette condition.
Les œuvres seront originales et produites exclusivement pour ce concours.
Respect du droit d’auteur: chaque candidat∙e garantira l’originalité de l’œuvre présentée, sachant qu’en cas de plagiat notoire, il ou elle en supporterait seul les conséquences légales, l’organisateur ne pouvant être mis en cause d’aucune façon que ce soit.
6. Participant∙e∙s: le concours est ouvert à toute personne désireuse de participer. Il s’adresse aux auteure·s tant amateur·trice·s que professionnel·le·s. Seuls les membres du jury n’ont pas le droit de participer au concours. En envoyant leur texte à L’Agenda, les participant·e·s acceptent le présent règlement et que leur travail soit évalué par un jury. Aucun recours ne sera possible.
7. Délai: les textes doivent être envoyés au plus tard le dimanche 31 mai 2026 à minuit. Passé ce délai les textes reçus ne seront pas pris en compte.
8. Envoi: les textes doivent être envoyés par email en format Word à info@l-agenda.ch avec la mention Concours d’écriture en guise d’objet.
Doivent être indiquées dans l’email et non directement dans le document Word les informations suivantes: nom, prénom, âge, adresse et numéro de téléphone. Ces informations ne seront pas communiquées au jury avant que celui-ci ait pris sa décision finale.
9. Évaluation: Les membres du jury font leur choix en toute indépendance. Une première étape est effectuée individuellement, pour laquelle chaque membre sélectionne les textes qu’elle souhaite voir publiés. Une seconde étape permet au jury de mettre leurs choix en commun et de débattre de vive voix pour prendre une décision finale. Les critères de jugement portent sur le respect du thème, l’originalité avec lequel celui-ci est traité, le style, la qualité générale de l’œuvre et le plaisir de lecture. Le jury n’a pas connaissance des auteur∙e∙s des textes avant d’avoir pris sa décision. La décision du jury est sans appel.
10. Décision: Tous∙tes les participant∙e∙s, sélectionné∙e∙s ou non, recevront une réponse dans la semaine du 29 juin. Les personnes ayant participé au concours acceptent que leur texte, s’il est sélectionné, soit publié sur le site internet de L’Agenda.
11. Prix: Les auteur∙e∙s lauréat∙e∙s recevront un exemplaire du recueil de nouvelles 2021-2025, « Mode d’emploi et autres nouvelles », une carte de lecteur·trice à la bibliothèque de la Fondation Jan Michalski, valable un an, qui permet d’emprunter les livres des collections et d’accéder aux expositions temporaires, ainsi qu’un bon d’achat de CHF 50.- de la part de la papeterie Brachard & Cie.
12. Visibilité: Les noms des lauréat∙e∙s seront affichés avec la publication de leur texte sur le site internet et les réseaux sociaux.
Une interview de l’auteur·e de la nouvelle lauréate, s’il ou elle le souhaite, sera publiée sur le site de L’Agenda.
Les trois textes lauréats seront lus par leur auteur∙ice – ou une personne désignée – lors de la scène ouverte du 7 septembre 2026, organisée par la Maison du Récit à Lausanne (lieu encore à déterminer).
13. Imprévus: L’Agenda ne peut, en aucune façon, être tenu responsable dans le cas où le déroulement du concours devait être interrompu pour quelque raison que ce soit. Dans ce cas précis, les œuvres déposées seraient remises aux participant∙e∙s qui le souhaiteraient, et L’Agenda n’en ferait aucun usage. Après un délai d’un an, les œuvres non réclamées seront détruites.
L’Agenda, association CultureEnJeu, mars 2026

