Lors de la 13e édition du Week-End Musical de Pully, qui aura lieu du 30 avril au 3 mai sur le thème de la chance, on découvrira le jeune percussionniste lausannois Samuel Gogniat dans quatre configurations différentes. Portrait.
Texte et propos recueillis par Katia Meylan
Week-End Musical de Pully – La chance se partage
Ayant fréquenté le WEMP déjà quelque fois, on ose affirmer que l’équipe d’organisation du festival, menée par Guillaume Hersperger et Caroline Mercier, n’a pas attendu sa 13e édition pour cultiver sa chance. Elle a toujours été là, en partage. La chance d’accueillir chaque année, dans ce cadre intimiste de village, des artistes incroyables, tant de talents dénichés localement que de stars internationales ; la chance de pouvoir, notamment grâce aux sponsors, offrir de la belle musique à prix libre ; la chance de pouvoir compter sur des bénévoles en or – ou disons plutôt… en améthyste ; la chance de voir un public repartir conquis et revenir l’année suivante. Bon, à ce rythme-là, ce n’est plus de la chance, avouons-le nous, mais un travail acharné de passionné∙e∙s !
Et le public n’est pas le seul à se laisser aisément convaincre de revenir, les grands noms du classique le font aussi ; en effet, on aura cette année le plaisir de réentendre le duo formé par Jakub Józef Orliński et Michał Biel, ainsi qu’un récital de clôture donné par le pianiste Nikolai Lugansky. Côté local, comme on l’a dit, un nom revient par quatre fois dans la programmation, tant en solo qu’au sein des ensembles, celui de Samuel Gogniat. On a eu envie de vous le présenter dans L’Agenda !
20 ans et déjà une aura qui happe lorsqu’il est aux commandes de ses instruments. Samuel Gogniat a grandi à Lausanne et a toujours su qu’il voulait faire des percussions. « Dans ma tête, je ne sais pas vraiment pourquoi, mais c’était assez clair ». Avec un sourire, il se rappelle, à 7 ans, être arrivé en retard le jour des portes ouvertes au Conservatoire. « Mais ça n’avait rien changé car ma décision était prise d’avance ! », ses parents l’avaient donc inscrit au cours de percussion. Aujourd’hui en dernière année de Bachelor à l’HEMU il suit toujours des cours avec son premier professeur Romain Kuonen, mais aussi avec Emmanuel Séjourné, Vassilena Serafimova et Arnaud Stachnick. Lauréat de plusieurs premiers prix, dont l’International Percussion Youth Competition en Belgique (2021), l’International Percussion Competition en Autriche (2022) et du Marimba Festiva Competition Allemagne (2025), Samuel Gogniat mène son début de carrière brillamment.
Son répertoire fait la part belle au théâtre musical, style expressif de plus en plus requis par les différents concours. Il faut dire que lorsqu’il évolue aux percussions, le musicien possède une grâce de mouvement indéniable. Comme s’il dansait ? Pas tout à fait, mais une autre discipline intervient en effet dans l’histoire. « J’ai fait du Võ-Việtnam pendant longtemps. J’ai dû arrêter car le quotidien de musicien est très irrégulier, mais je pense que cet art martial a joué un grand rôle pour moi en tant que percussionniste. Taper, me déplacer dans l’espace… je retrouve les mêmes mouvements quand je fais de la musique ». En parallèle de ses acquis sportifs, le jeune homme évoque une autre expérience l’ayant encouragé à cultiver son aisance scénique. « Avec les Ministrings (ndlr, un ensemble de tout jeunes musicien∙ne∙s fondé au Conservatoire de Lausanne par Tina Strinning), j’avais joué Saltimbocca, une pièce écrite par notre prof où j’étais un vieil intendant avec un balais et une moustache… Je pense que ça a éveillé ma théâtralité ! Ce que j’aime en concert, c’est ressentir l’énergie du public. C’est hyper gratifiant quand il est attentif, quand il réagit, même, à ce que je joue. En travaillant, je me filme souvent, pour me voir et étudier l’aspect visuel ».
Photos: Christian Meuwly – WEMP
On décèle un petit côté médiateur à la Jakub Józef Orliński chez Samuel, qui il confirme admirer la façon dont le musicien rend accessible un sujet qui ne touche pas forcément le grand public – en l’occurrence, la musique baroque en contre-ténor. Un petit côté « geek » à la Alexandre Cellier aussi, quand il nous raconte collectionner, dans son local, en plus des percussions standards, toutes sortes d’autres choses, bricolées ou trouvées à la brocante : « Il y a une infinité d’instruments dans la percussion – certains qui n’existent pas encore et qu’on peut construire, ou des objets qui ne sont pas des instruments en soi mais qui, par le simple fait de taper dessus ou de les mettre en vibration, en deviennent ».
Il s’émerveille aussi d’apprivoiser, au fur et à mesure du temps, des instruments d’autres cultures musicales : congas d’Amérique Latine, Djembé mandingue, … « Il n’y a pas si longtemps, j’ai découvert grâce à mon prof Romain Kuonen le tombak, qui est un tambour iranien. C’est un petit instrument avec des basses incroyables. Il y a déjà des pièces de théâtre musical qui ont été écrites pour ça, même dans le répertoire classique, notamment Aperghis. Je vais l’inclure à mon concert au WEMP, car le son est génial ! ».
Il nous confie encore que les Ground de Purcell seront le fil rouge de ce même concert solo du samedi 2 mai, où il fera dialoguer musique baroque avec la musique d’aujourd’hui, en y intégrant des loops et des sons préenregistrés. « Guillaume [Hersperger] m’a proposé les Grounds, qui ne sont pas beaucoup jouées, même au piano. J’ai trouvé l’idée super », raconte-t-il. En plus de son concert solo, il jouera également les timbales de l’orchestre lors de la soirée d’ouverture « 100 % Chopin », comptera en renfort dans les rangs des Miniswings – les cadets des Ministrings – dimanche en matinée, et passera au micro de Jean-Marc Richard lors de l’émission radio Le Kiosque à Musique, ouverte au public, samedi à 11h.
« Au WEMP, il y a une écoute que j’ai rarement entendue autre part. On sent que le public est à fond, peut-être parce que c’est intimiste… ». Ayant déjà été tour à tour artiste, staff et public du Week-End Musical de Pully, Samuel Gogniat sait de quoi il parle !
WEMP – Week-End Musical de Pully
Du 30 avril au 3 mai 2026
Maison Pulliérane, Église du Prieuré, Café-Théâtre de la Voirie et en extérieur
www.wempully.ch
Autres dates où aller écouter Samuel Gogniat :
- Collectif Puzzle – Link
Mercredi 8 avril à 20h
Espace Amaretto, Lausanne


Génial, merci beaucoup !