OSR Seul Horizontale_Credit Niels Ackermann

OSR, saison 2025-2026 – L’apport humain

En dévoilant hier la saison 2025-2026 de l’Orchestre de la Suisse Romande ainsi que les coulisses de sa réflexion, le directeur général Steve Roger et la déléguée artistique Inès de Saussure nous ont permis de mieux comprendre certains enjeux auxquels fait face l’orchestre, tout en mettant en avant le facteur humain derrière la « machine », et bien-sûr, en faisant rêver avec une trépidante programmation musicale qui panache classique et contemporain, stars et jeunes talents, salles de concert et plage.

Texte de Katia Meylan

Les grands, ils peuvent faire tout ce qu’ils veulent ! Eh bien non, depuis le temps, on sait qu’être grand ne nous empêche pas de faire face à des contraintes et des compromis. Dans la culture, c’est pareil : on peut être une institution installée comme l’Orchestre de la Suisse Romande, et ne pas pouvoir réaliser tous ses désirs artistiques en un claquement de doigts.

Pour cause de déficit budgétaire (qui reste maitrisé, rassure Steve Roger), l’OSR a dû renoncer à une belle idée, celle de centrer la résidence artistique annuelle sur le Victoria Hall en invitant un∙e concepteur∙ice lumière à réinventer l’espace. Personne ne succédera donc, cette année, à la saxophoniste Valentine Michaud, en résidence dans la saison actuelle 2024-2025. Qu’à cela ne tienne, l’orchestre peut être fier d’une saison qui s’annonce magnifique !

OSR conférence de presse Magali_Dougados

Le journaliste Julian Sykes, la présidente du conseil de fondation Charlotte de Senarclens, Inès de Saussure et Steve Roger lors de la conférence de presse du 10 mars 2025.  Photo: Magali Dougados.
Photo de haut de page: Niels Ackermann

Jonathan Nott, l’esprit insufflé

Cette saison, la dernière de Jonathan Nott clôturant un mandat de huit ans, contient toute l’expression de sa patte. Les derniers concerts que le chef dirigera en ses qualités de directeur musical et artistique sont d’ailleurs représentatifs de l’esprit qu’il a insufflé à l’orchestre. Les 3 et 4 septembre, il dirigera notamment Harold en Italie de Berlioz, une œuvre qui fait la part belle à l’alto, et qu’il attribue à Elçim Özdemir, première altiste et membre de l’orchestre depuis 1998, traduisant son souhait de mettre en avant les solistes de l’OSR. Les concerts des 17 et 18 décembre, quant à eux, le verront interpréter un programme de 2h40 mêlant contemporain et classique, avec la pièce pour guitare et groupes instrumentaux dispersés dans l’espace Grabstein für Stephan de Kurtág, le Concerto pour violon et orchestre N° 1 en sol mineur de Bruch et le Requiem de Mozart. Il y met également à l’honneur la jeunesse, en invitant un tout jeune talent, la violoniste japonaise Himari, quatorze ans.

Chef∙fe∙s invité∙e∙s

Si l’OSR n’a pas encore élu celui ou celle qui reprendra la direction artistique, les discussions sont en cours et il y a actuellement plusieurs candidat∙e∙s en lice. Un tel choix ne peut pas se presser, note Steve Roger, et en attendant, le fonctionnement de l’orchestre permet de voguer sans crainte sous la direction des chef∙fe∙s invité∙e∙s de la saison 2025-2026. Pour désigner un∙e chef∙fe attitré∙e comme pour en convier ponctuellement, l’OSR est en concurrence avec les plus grands orchestres du monde et souvent, les chef∙fe∙s les plus prisé∙e∙s partagent leurs saisons entre New York, Vienne, Chicago ou encore Genève. C’est le cas notamment de Karina Canellakis, qui vient tout juste de diriger le New York Philharmonic, et que l’OSR se targue d’avoir pu inviter pour les concerts des 3 et 4 décembre 2025, malgré son planning chargé.

L’OSR, qui tend de plus en plus vers la parité homme/femme dans ses invitations, accueillera également la chef Mirga Gražinyte-Tyla. Les 20 et 21 mai 2026, elle dirigera notamment Les Quatre Éléments du compositeur suisse Frank Martin, écrit à l’occasion du 80e anniversaire d’Ansermet et créé par l’OSR lui-même, en 1964.

Mirga Grazinyte-Tyla

Mirga Grazinyte-Tyla. Photo: Frans Jansen

Karina Canellakis. Photo: Mathias Bothor

S’amuser

En plus des programmes pour les mélomanes aguerri∙e∙s, l’OSR développe également des propositions plus grand public. La saison à venir verra notamment l’avènement des Doudou-Concerts, des programmes d’une trentaine de minutes destinés aux enfants de six mois à trois ans et à leurs parents, durant lesquels les bébés peuvent déambuler librement autour de deux instrumentistes de l’OSR.

Les Tableaux d’une Nouvelle Exposition, les 17 et 18 janvier 2026, seront l’occasion de projeter des créations réalisées par les étudiant∙e∙s du Bachelor Illustration de la HEAD, sur les compositions de Moussorgski, Hans Zimmer et la compositrice suisse Sandrine Rudaz. (L’Agenda avait rencontré Sandrine Rudaz en novembre 2024. Voir l’article.)

Sans oublier le festival Genève-Plage et son trio de soirées open-air au bord du lac les 21, 22, 23 août, avec un concert classique, un concert jazz avec des arrangements de tubes de Frank Sinatra, et un ciné-concert sur le film Un Américain à Paris, dont la musique est signée Georges Gershwin.

La suite de la saison actuelle ainsi que la saison 2025-2026 sont à retrouver sur :

www.osr.ch