Matrimoine Lausanne

Lausanne a fait (re)vivre le matrimoine ce week-end 

Ce week-end se tenait la troisième édition des Journées du Matrimoine de Lausanne. Près de 1050 personnes ont participé aux ateliers, balades guidées, tables rondes et performances. 

Texte et propos recueillis par Mélissa Henry

C’est en découvrant les Journées du Matrimoine de Bruxelles que Carla Caucotto, médiatrice culturelle, a souhaité les initier à Lausanne. Avec Amélie Kolly et Sarah Gutierrez, toutes deux diplômées en études genre, elles ont lancé Sujettes, association dédiée à la mise en valeur du matrimoine suisse. 

« Le matrimoine n’est pas en opposition au patrimoine, c’est un complément nécessaire », souligne Amélie Kolly, co-fondatrice et co-directrice de Sujettes. Selon une recherche menée par swissinfo et La RTS datant de 2019, seuls 26 % des musées d’art en Suisse ont consacré des expositions individuelles à des artistes femmes, sur un total de 125 établissements, pour la période 2008-2019. Face à ce constat, les Journées du Matrimoine cherchent à rendre visibles ces héritages, tout en élargissant le regard à des parcours moins représentés. Pour les organisatrices, l’enjeu ne se limite pas à réhabiliter la place des femmes qui ont fait l’histoire. Il est aussi question de rendre visibles les parcours de personnes minorisées, afin d’éclairer la pluralité des trajectoires. 

Durant trois jours, le matrimoine investit l’espace public, et invite à s’arrêter, se questionner et prendre le temps de partager. « Les gens ont envie d’être présents et de partir avec quelque chose, puis de le transmettre plus loin. Même moi, j’en apprends tous les jours ! » se réjouit Sarah Gutierrez.

Sarah Gutierrez et Amélie Kolly, co-présidentes de l’association Sujettes

Les Journées du Matrimoine de Lausanne ont également inspiré d’autres communes, qui ont pris contact avec les co-directrices de Sujettes. « Il y a souvent beaucoup de freins, notamment financiers. Mais l’intérêt est là, c’est certain », insiste Amélie Kolly.

Une soixantaine d’intervenant·e·s et artistes ont fait vivre la trentaine d’événements à Lausanne. Cette édition était l’occasion de tester de nouveaux formats, avec par exemple la balade guidée “Rendre à mémé” proposée par Pauline Meylan et Elsa Thebault, dans les rues de Lausanne, la table ronde “Marie, Saintes ou nanas” dans la cathédrale de Lausanne, ou encore la performance aquatique « Le chant du Ô » réalisée par la compagnie Vachement Synchro à la piscine de Mon-Repos. Pendant les trois jours des Journées du Matrimoine, une trentaine de bénévoles ont également été mobilisé·e·s sur les différents sites. La programmation a, elle, été définie par le comité de coordination et le comité scientifique, qui ont sélectionné des projets issus des appels à projets, mais aussi des propositions spontanées d’artistes et de médiatrices culturelles. 

Cette année, l’enjeu est monté d’un cran, avec la collaboration avec La Nuit des Musées et de nombreuses institutions. « Maintenant qu’on a une certaine légitimité, on a d’autres responsabilités, c’est un stress supplémentaire par rapport à la première édition », soulignent les co-directrices. Depuis trois ans, les retours sont très positifs, ce qui encourage les organisatrices à poursuivre l’aventure. En attendant la prochaine édition, de nombreux ateliers et activités de la programmation continuent de faire vivre tout au long de l’année ces biens (im)matériels hérités des femmes.

Plus d’infos sur le site sujettes.ch 

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