La rentrée littéraire de Zaza lit – Épisode 5/13 – J’ai lu la première sélection du Prix Goncourt 2026 pour vous

461 romans francophones et traduits paraissent en librairie dès cette semaine et jusqu’en octobre. Du lancement de la rentrée littéraire jusqu'à la symbolique remise du Prix Goncourt 2026, Zaza lit, alias notre chroniqueuse Isabelle Falconnier, partage ses coups de cœur, conseils et rencontres.

Photo de haut de page: © Alexandrina Birsan 

Épisode 5/13

J’ai lu la première sélection du Prix Goncourt 2026 pour vous

Qui succédera à Laurent Mauvignier, Prix Goncourt 2025 pour son roman « La Maison vide », grand succès en librairie avec plus de 630’000 exemplaires vendus ? Les dix membres de l’académie Goncourt – dont Christine Angot, Eric-Emmanuel Schmitt ou Tahar Ben Jelloun -, présidée par Philippe Claudel, ont annoncé il y a quelques jours la première sélection du Prix Goncourt 2026. J’ai lu les 16 romans pour vous. Et je lance la saison des paris ! Prochains épisodes : 2e sélection le 6 octobre, 3e sélection le 27 octobre, proclamation du livre lauréat le 3 novembre au restaurant Drouant à Paris. Partagez vos pronostics !

Isabelle Falconnier

Boris Bergmann, Minotaure
(Albin Michel)

Le roman autobiographique d’un jeune homme qui part à la recherche de ses pères. Cérébral, à fleur de peau, touchant et agaçant à la fois. Né en 1992, précoce et pressé, Boris Bergmann a publié son premier livre à l’âge de 15 ans. Un des chouchous du tout-Paris littéraire. Minotaure figure aussi sur la sélection du Prix Renaudot.

Mon avis 5/10
Chances d’avoir le Goncourt 7/10

Louise Chennevière, Faire la peau
(P.O.L.)

Le récit d’une enfance sous emprise maternelle, et du désir sauvage de s’émanciper. Oui, encore une fille qui attend la mort de sa mère pour se sentir libre. Mais c’est écrit avec souffle et cœur.

Mon avis 7/10
Chances d’avoir le Goncourt 2/10

faire-la-peau

Ananda Devi, Chronique d’un royaume perdu
(Grasset)

Le plus beau roman de la grande écrivaine mauricienne d’origine indienne, auteure des fantastiques Le rire des déesses ou Le Jour des caméléons mais jamais récompensée par un prix majeur. 2026, l’année Devi ? Chronique d’un royaume perdu est aussi en lice pour les Prix Renaudot et Giono.

Mon avis 10 /10
Chances d’avoir le Goncourt 8/10

Chronique d'un royaume perdu

Sonia Devillers, Le Fabuleux Piano
(Robert Laffont)

L’histoire d’un piano disparu, volé à ses propriétaires juifs par les nazis en 1943. Une dimension méconnue de la spoliation durant la Seconde Guerre mondiale. Une histoire passionnante mais une enquête bien écrite plutôt qu’une une œuvre littéraire goncourisable.

Mon avis 6/10
Chances d’avoir le Goncourt 3/10

Le Fabuleux piano

Anne Godard, Nous aussi
(Actes Sud)

La plongée dans un clan familial bourgeois et intellectuel parisien qui se fissure peu à peu. Ou comment l’inceste surgit même dans les familles qui se croient à l’abri du monde. Magnétique, sombre, subtil. Un des romans phare de la rentrée littéraire, Nous aussi est en lice pour les prix Goncourt, Blue de Jean-Marc Roberts et du Grand Prix des lectrices Elle.

Mon avis 9/10
Chances d’avoir le Goncourt 8/10

Nous aussi

Olivier Grondeau, Joseph dans la nuit
(L’Iconoclaste)

Le témoignage d’un ancien otage français détenu en Iran pendant trois ans, les ressources trouvées dans la littérature et l’imaginaire pour résister à l’enfermement. Frappant, mais rien à faire sur une liste de Goncourt.

Mon avis 4 /10
Chances d’avoir le Goncourt 1/10

Joseph dans la nuit

Yannick Haenel, La solitude des professeurs est infinie
(Gallimard)

Une plongée douce-amère au cœur de l’Éducation nationale française qui échappe de justesse au sentiment de déjà lu et de ressassé.

Mon avis 5/10
Chances d’avoir le Goncourt 6/10

la solitude des profs

Lilia Hassaine, Je
(Gallimard)

Une énième réécriture féministe, formatée et justicière d’un mythe de la littérature anglo-saxonne, Jane Eyre. L’air du temps ne fait ni la finesse, ni la profondeur, ni la complexité. Mais on en parle.

Mon avis 3/10
Chances d’avoir le Goncourt 4/10

je

Philippe Jaenada, L’Inconnue du quai de Javel
(Flammarion)

En 1949, une jeune modèle de Montparnasse est retrouvée assassinée. En 2026, l’écrivain rouvre le cold case. Une nouvelle plongée obsessionnelle dans un fait divers tragique non résolu pour Jaenada, l’occasion bien méritée peut-être de décrocher le Goncourt, après le Renaudot 2017 pour La Serpe ?

Mon avis 9/10
Chances d’avoir le Goncourt 8/10

L'inconnue du quai de javel

Jean-Yves Jouannais, Une forêt
(Albin Michel)

Le bref, étrange et mélancolique roman d’un procès fait à des oiseaux reproducteurs de chants nazis. Très beau, mais peu goncourisable.

Mon avis 7/10
Chances d’avoir le Goncourt 1/10

Une foret

Clémentine Mélois, Choses que je croyais perdues
(L’Arbalète/Gallimard)

Sur le point de déménager après une rupture, la narratrice emballe les objets de son quotidien. Chacun d’entre eux remet une histoire en circulation. Quelque peu anecdotique. Clémentine Mélois, par ailleurs artiste plasticienne, vient de remporter le prix des libraires Folio 2026 pour Alors c’est bien, poignante fantaisie sur les derniers jours de son père.

Mon avis 5/10
Chances d’avoir le Goncourt 2/10

choses que je croyais perdues

Emma Marsantes, N’efface pas mes cercles
(Verdier)

Mia, double fictionnel de l’autrice, cherche les raisons du suicide de sa mère. Oui, la rentrée littéraire 2026 est à nouveau hantée par l’autofiction et les familles dysfonctionnelle. Mais laquelle ne l’est pas. Belle langue, durassienne.

Mon avis 6/10
Chances d’avoir le Goncourt 3/10

n'efface pas mes cercles

Thélyson Orélien, C’était ça ou mourir
(Grasset) aussi Renaudot

Ce premier roman d’un écrivain québécois d’origine haïtienne est l’un des événements de la rentrée littéraire. À juste titre, tant le récit de l’exil de ce professeur d’histoire de Port-au-Prince chassé de son pays par la violence des gangs, devenu migrant déshumanisé et dépouillé, mêle puissamment littérature et actualité. On se souvient que L’art français de la guerre d’Alexis Jenni et Syngué sabour. Pierre de patience d’Atiq Rahimi, Prix Goncourt 2008 et 2011, étaient aussi des premiers romans.

Mon avis 10/10
Chances d’avoir le Goncourt 9/10

C'était ça ou mourir

Sylvain Prudhomme, De l’autre côté du lac
(Minuit)

Un thriller naturaliste par le biais du portrait fascinant d’une photographe de l’extrême. L’auteur de Par les routes ou L’enfant dans le taxi, épris d’absolu, est l’une des voix françaises les plus originales du moment.

Mon avis 7/10
Chances d’avoir le Goncourt 4/10

 

De l'autre côté du lac

Olivier Rolin, La Guerre éternelle
(Gallimard)

Un écrivain fasciné par l’Antiquité revient à Troie, ville martyrisée, dont il fait le symbole de toutes les cités détruites. Érudit, inclassable, réflexif plus que romanesque. La preuve, il figure sur la première sélection du Prix Renaudot de l’essai.

Mon avis 5/10
Chances d’avoir le Goncourt 4/10

La guerre éternelle

Patrice Trigano, Bataille au procès
(Maurice Nadeau)

En 1956, Georges Bataille est appelé à témoigner au procès de Jean-Jacques Pauvert, poursuivi pour avoir publié les œuvres de Sade. Une anecdote de l’histoire littéraire racontée par un galeriste d’art parisien dont on murmure qu’il doit de figurer sur cette liste à ses amitiés bien placées.

Mon avis 4/10
Chances d’avoir le Goncourt 1/10

Bataille au procès

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