Phantom of the Opera

Un nouveau chroniqueur a rejoint L’Agenda!  Retrouvez chaque mois les chroniques danse du journaliste neuchâtelois Idan Matary, danseur pro et chorégraphe. 
La chronique d’Idan Matary

Je préviens : si vous cherchez de l’objectivité dans cette chronique, c’est déjà mal parti. S’il y a bien une comédie musicale que j’affectionne le plus au monde, c’est Le Fantôme de l’Opéra. Lorsque l’opportunité m’a été donnée d’assister à l’une des représentations de la tournée actuelle au Théâtre de Beaulieu à Lausanne, j’ai directement foncé.

Créé en 1986 par le génie d’Andrew Lloyd Webber, à qui l’on doit également Cats ou Jesus Christ Superstar, Le Fantôme de l’Opéra a conquis des millions de spectateur·ice·s dans le monde entier, battant les records de longévité à Broadway outre-Atlantique et dans le West End, au fameux His Majesty’s Theatre de Londres, son lieu de naissance. Ce mastodonte de la comédie musicale a donc posé ses valises pour la première fois en Suisse romande avec une production digne des grands théâtres new-yorkais : décors, effets spéciaux, orchestre et plus d’une vingtaine d’artistes sur scène.

L’histoire entre Le Fantôme de l’Opéra et moi-même ne date pas d’hier. En 2012, j’ai dansé dans une petite adaptation amateur en Suisse romande, ce qui m’a permis de découvrir cet univers tragique, alors que j’étais âgé de 17 ans. Plus tard, ce même fantôme m’a hanté lors de mon voyage à New York, marquant le dépucelage de ma relation avec Broadway, une de mes plus belles histoires d’amour (certes à distance). Autant vous dire que mon excitation était à son comble lors de mon entrée dans ce majestueux Théâtre de Beaulieu auquel un deuxième lustre a été ajouté, celui qui rythmera l’ensemble de la pièce (promis, pas de spoil).

À mes côtés, deux de mes proches, totalement incultes du Fantôme de l’Opéra, mais de vrais passionné-e-s de comédie musicale, m’ont accompagné pour (re)découvrir le spectacle qui sera entièrement en anglais sans surtitres. Pour les novices, la trame se situe à la fin du XIXe siècle. À l’Opéra Garnier de Paris, hanté par le fantôme d’un compositeur qui tombe amoureux de la chanteuse Christine Daaé. Entre admiration et peur, ils partagent une relation (plutôt toxique) autour de la musique. S’ensuivront un triangle amoureux, des morts, du grandiose, du drôle et de l’émouvant. Si vous tenez à garder la surprise, je conseille néanmoins de lire le prospectus d’avant-spectacle, car l’essentiel des dialogues se chante et même avec un niveau bilingue d’anglais, il reste difficile de se situer dans l’histoire.

Venons-en au spectacle lui-même: la claque, vous la ressentirez (métaphoriquement parlant). La mise en scène, les voix, les changements de décor, les déplacements de personnages: la production fait un quasi sans-faute. Seule la danse classique est un brin imprécise selon moi (je pinaille toujours beaucoup avec la danse), mais le spectacle en vaut la chandelle (ou plutôt le lustre).

En sortant du théâtre, j’ai repensé à cet ado de 17 ans qui découvrait cet univers pour la première fois. Treize ans plus tard, le fantôme me hante toujours, même en Suisse romande (qui l’eût cru). Et franchement, je ne demande qu’à être hanté encore longtemps.

Idan Matary

Phantom of the Opera
Du 23 septembre au 5 octobre 2025
Théâtre de Beaulieu
https://livemusic.ch/evenements/phantom-of-the-opera/

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