Emilie Thomas

LILY EN VISITE – Galerie Les Dilettantes, Sion

Exposition Cédric Barberis
Galerie Les Dilettantes, Sion
Du 13 septembre au 15 novembre 2025

En visite à Sion, je pensais me rendre dans une exposition repérée en ligne, mais la fin du marché en a décidé autrement. De nombreux véhicules manœuvraient et en cherchant à les éviter, je me suis retrouvée face à une galerie que je ne connaissais pas. La curiosité m’a alors fait entrer, et j’ai ainsi pu découvrir l’exposition dont je vais vous parler.

Jusqu’au 15 novembre, la galerie Les Dilettantes propose une sélection de l’artiste valaisan Cédric Barberis. Une majorité d’œuvres sur papier dont des eaux-fortes ainsi que quelques huiles sur bois et des sculptures en cire et métal, nous font plonger dans un univers qui peut sembler, au premier regard, un peu lourd et sombre. Cependant, cette première impression a rapidement cédé la place à un intérêt réel, et je me suis surprise à esquisser des sourires lorsque, peu à peu, les différentes références, inspirations, clins d’œil et détournements me sont apparus.

Je me suis attardée sur ses eaux-fortes, car la technique m’intéressait. Il s’agit d’un procédé de gravure en creux réalisé à l’aide d’un acide sur une plaque de métal. Le graveur la recouvre d’un vernis résistant, puis trace son dessin en retirant cette fine couche pour laisser apparaître le métal. L’acide attaque ensuite les parties découvertes et l’on dit qu’il mord la plaque. Une fois le travail terminé, celle-ci est encrée pour permettre l’impression. Le terme d’eau-forte désigne à la fois la technique, le mordant autrefois utilisé et le résultat obtenu. L’aquatinte, issue du même principe que l’eau-forte, crée une texture granuleuse faite de creux plus ou moins marqués dont le rendu évoque les effets visuels d’un lavis.

Cédric Barberis, Dimanche malin, eau-forte, aquatinte, 2024

L’une de ses eaux-fortes et aquatintes, intitulée Dimanche malin est un clin d’œil à une œuvre d’Edouard Vallet, Dimanche matin. Dans cette dernière, il s’agit d’un personnage féminin en tenue traditionnelle, tandis que, dans celle de Cédric Barberis, la figure est dénudée. À noter qu’Edouard Vallet (1876-1929), qui a vécu en Valais, a consacré une grande partie de ses créations à l’œuvre graphique, notamment à la gravure à l’eau-forte, au point que sa production compte parmi les contributions importantes à ce genre. Le clin d’œil est bien trouvé !

Une seconde œuvre a particulièrement attiré mon attention. Il ne s’agit en réalité pas d’une seule peinture, mais de sept diptyques réunis sous le titre révélateur Les sept péchés capitaux. Dans l’un d’eux, L’Avarice, un paysan cache son trésor dans son terrain. La directrice de la galerie, Karin Denoual, semblait surprise que je reconnaisse la scène décrite, mais je m’étais rappelée une anecdote que l’on m’avait racontée dans le village où j’habite : un paysan sans descendance aurait enterré son argent pour que personne ne le trouve. Vraie histoire ou simple rumeur ? Je ne saurais le dire, mais l’anecdote circule toujours.

De retour chez moi, j’ai souhaité rechercher d’autres histoires de ce style, et quelle ne fut pas ma surprise de découvrir une étude de l’Université de Saint-Gall, datée de 2024, qui mentionnait que 5 % des Suisses interrogé·e·s (3 000 personnes) auraient caché leur or dans leur jardin, confirmant ainsi que la scène n’était pas si incongrue.

Cédric Barberis
L’avarice – Les sept péchés capitaux, huile sur bois, 2022

Une seconde référence est présente dans cette œuvre, avec la représentation d’un renard qui représente la ruse comme le dit l’adage. J’avoue cependant que j’étais un peu plus perplexe quant à la seconde partie de l’œuvre, qui représente une jeune femme ligotée, en tenue légère et sans l’aide de la galeriste, je n’aurais pas su qu’il s’agissait d’un enlèvement, et donc d’une demande de rançon.

D’autres références dans son œuvre Les Sept péchés capitaux sont beaucoup plus explicites, comme dans La Luxure, où le personnage ne laisse aucune place au doute. Je ne vous ferai pas l’affront de vous donner son nom, car je suis sûre que vous allez le reconnaître !

Mais je ne vais pas vous en dire plus, car je préfère vous laisser découvrir l’univers audacieux et les œuvres surprenantes de cet artiste.

Cédric Barberis
La luxure – Les sept péchés capitaux, huile sur bois, 2022

Cédric Barberis
Galerie Les Dilettantes
Rue du Grand-Pont 17, 1950 Sion

Du 13 septembre au 15 novembre 2025
Mercredi, jeudi et vendredi : 14h-18h
Samedi : 11h-17h

www.lesdilettantesgalerie.com

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