Oh my George! Gymnase de la Cité

Le Gymnase de la Cité joue, chante et danse Gershwin

Le cœur des gymnases vaudois bat pour Broadway! Il y a plusieurs années déjà, en 2018, les établissements de Marcellin (Morges) et de Beaulieu (Lausanne) avaient relevé un pari, celui de célébrer ensemble les 100 ans de la naissance de Bernstein en montant West Side Story. Ce week-end, le Gymnase de la Cité a vibré de jazz dans son spectacle original intitulé Oh my George!, mettant Gershwin à l’honneur. En six mois, profs et élèves ont élaboré un script, formé un orchestre et un chœur, élu des solistes, réalisé des décors, appris des textes et des chorégraphies (claquettes aux pieds!)… et finalement, présenté un spectacle devant les quelque 500 sièges du Casino de Montbenon, complet les deux soirs.

Texte de Katia Meylan

Ce projet, le Gymnase de la Cité le doit à la passion sans faille de la professeure de musique Charlotte Thibault-Moussouli qui, entourée de son collègue Pascal Millet à la direction musicale et de la metteuse en scène Anne-Sophie Rohr-Cettou, a su dénicher les talents et les enthousiastes au sein de l’établissement. Profs d’anglais, de français ou d’italien, élèves de toutes volées confondues étaient une soixantaine sur scène.

Oh my George! Gymnase de la Cité

Oh my George!, c’est l’histoire d’une troupe amateur de Cossonay, invitée (par erreur) à Broadway afin de présenter un show en l’honneur des 150 ans du titre Rhapsody in Blue de Gerswhin. L’occasion pour les personnages de la pièce, tout comme pour les jeunes élèves du Gymnase de la Cité qui les ont interprétés, d’en apprendre plus sur le compositeur de génie et d’apprivoiser son répertoire alliant les musiques blues et le jazz du début du 20e siècle à l’univers classique.

Oh my George!, c’est aussi un peu l’histoire de tout spectacle amateur. L’idée folle de départ, les moments où l’on y croit mais aussi ceux où l’on a envie de partir en courant. Les égos et les amitiés, le trac, le travail, et finalement la sensation indescriptible de présenter la somme de tout cela devant un public. Alors comment mieux transmettre ce tourbillon d’émotions que par une mise en abyme aux teintée d’autofiction et d’autodérision? À les voir toutes et tous devant nous, on s’imagine aisément que les interprètes sont bel et bien passé·e·s par les émotions de leur personnage. La scène du casting prend là une double dimension pour ce qu’elle nous laisse entrevoir, derrière les personnages, des élèves et de la part d’artiste qu’ils·elles ont à révéler. À chaque candidat·e·s s’avançant, on ressent une pointe de vertige: quelle voix va sortir de ce corps? Quelles notes de ce saxophone? Est-ce que la magie sera rendez-vous?

Au-delà du côté comique de la scène du casting, la réponse est affirmative! Les quelques baisses de rythme dans les dialogues ici et là, dues à une articulation parfois imprécise, sont oubliées devant le plaisir communicatif de toute la bande, qui s’en donne à cœur joie. Les pièces chantées sont de belles surprises, tant en chœur – délicat Summertime aux voix se frottant et s’enlaçant sous la direction de Charlotte Thibault-Moussouli – que dans les solos, dans lesquels on témoigne d’un potentiel, d’une aisance de la scène ou déjà d’un travail amorcé il y a plusieurs années. Le naturel des un·e·s, la présence des autres, et l’énergie globale fut une vraie recharge de feel-good.

Et comme l’un des personnages le souligne: l’objectif n’est pas de présenter le meilleur spectacle, mais de le faire, et de le faire ensemble. Demain, les élèves retrouveront leur routine de gymnasien·ne·s, les profs leurs cours, presque comme si rien d’extraordinaire ne s’était produit… mais ce ne sera qu’en apparence car, la magie de l’art ayant opéré, tout sera un peu différent.

Oh my George!
Par le Gymnase de la Cité
23 et 24 février 2024
Casino de Montbenon, Lausanne

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