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16OR – Il n’y a pas d’heure pour rêver

Entre onirisme et malaise, le nouveau clip de 16OR installe une atmosphère troublante à Avenches, au cœur de lieux familiers au duo. Rencontre avec les frères Kenneth et William, membres de 16OR, nés à seize mois d’écart, et plongée dans l’univers de Peur bleue, leur nouvel EP paru en janvier 2026.

Texte et propos recueillis par Jeanne Möschler

Du rock au rap
Après avoir découvert les instruments acoustiques par leur père, c’est leur grand frère qui va leur faire connaître le monde du rap. « Au début on n’aimait même pas trop ça », raconte Kenneth en riant, « on était plutôt dans le blues et le rock… et finalement en essayant d’écrire on a vraiment trouvé du plaisir là-dedans, parce qu’on peut y raconter des choses ».

Côté instrumental, c’est plutôt William qui mixe et arrange. Ce sont d’ailleurs souvent les sons qui donnent ensuite naissance à l’écriture. « À partir de la composition de William, on essaye de retranscrire des émotions qui sont pas toujours définies, parfois on comprend même ce qu’on ressentait au moment de la lecture… C’est pour ça qu’on ne se fige pas à un style, on écrit de manière à la fois brute et poétique ». Depuis leurs débuts, les deux frères veillent à créer des créations authentiques qui leur ressemblent. « On ose de plus en plus être nous-mêmes, les défauts aussi racontent une histoire, que ce soit dans la musique ou la vidéo, le résultat est plus humain », témoigne William. Les deux artistes résonnent ainsi avec la nouvelle génération rap qui laisse de côté l’ego trip pour un rap plus sensible.

De la musique à la vidéo
Une sensibilité au cœur de leur nouveau clip – à regarder comme un court métrage – Avec le feu, sorti le 30 janvier 2026. « C’était un long processus parce qu’on a beaucoup expérimenté, on n’a encore jamais fait de clip comme ça », raconte William, vidéaste indépendant à côté de ses projets musicaux. « On l’a commencé en octobre 2024 et on a tout écrit, filmé et monté nous-mêmes. » Les scènes se déroulent à Avenches, avec des lieux qui font écho au vécu des auditeur·rice·s et qui couvrent les différentes narrations qu’on retrouve dans l’EP. « Il y a notamment l’école, qui est ici synonyme de peur, avec ces boules au ventre qu’on peut avoir en tant qu’élève, à cause de la pression scolaire ou de l’anxiété sociale », souligne Kenneth, actuellement en formation à la HEP. Le bâtiment, avec ses murs oppressants, contraste avec les scènes à l’air libre dans la forêt, où un personnage lutte contre crises et forte angoisse. En fil rouge tout au long du clip apparaissent des chaînes métalliques accrochées au ciel, aux pieds ou aux mains des personnages – un frein qui empêche ceux et celles qu’elles retiennent d’atteindre leurs rêves. « Le symbole de la glace est aussi important pour nous : quand on est bloqué de l’intérieur pour avancer, on est comme gelé. »

Ces émotions, peurs et désirs ont été puisés à travers des échanges avec leur public. « William a commencé à interagir avec les gens qui nous suivent et a demandé ce qu’ils avaient sur le cœur en écoutant une instru – on a reçu beaucoup de messages sur la pression, la tension, la peur, et quelque part on se retrouve aussi là-dedans », confie Kenneth.

Si 16OR était…

Une couleur ?
« Celle pile poil entre le rose et le violet, on porte chacun cette couleur presque tous les jours. »

Une heure de la journée ?
« 16h… c’est l’heure à laquelle on aime bien partager sur les réseaux en plus. »

Un truc pour écouter de la musique ?
« Dans le cas de notre nouvel EP, ce serait un casque audio pour le côté introspectif, se mettre dans une bulle et vraiment voir comment la musique résonne avec ce qui est à l’intérieur de nous. »

Une intimité que l’on retrouve aussi dans les enregistrements en studio, comme le raconte William : « j’aime bien être dans le studio, prendre le temps… avec les prestations en live c’est très différent, y a une adrénaline de fou, on a aussi beaucoup kiffé voir le public ». D’ailleurs, les deux frères adressent leur soutien à toutes les personnes qui peuvent ressentir certaines émotions « cassées » pendant cette période hivernale. L’EP permet au public de s’évader dans un moment d’introspection et de trouver une nouvelle force dans cette œuvre-là.

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