En 2025, Lausanne accueille la deuxième édition de la Solar Biennale avec deux expositions: From Solar to Nocturnal à EPFL Pavillons (qui s’est à notre grand dam déjà terminée) et Soleil·s au mudac qui se poursuit jusqu’au 21 septembre 2025. L’Agenda a eu l’opportunité de visiter celle-ci et vous recommande vivement d’emboiter le pas.
Texte de Margarita Makarova
La Solar Biennale a été conçue et lancée en 2022 aux Pays-Bas par les designers Pauline Van Dongen et Marjan Van Aubel dans le but d’explorer l’application pratique de l’énergie solaire, d’une part, et d’étudier le Soleil en tant que source d’énergie, de beauté et de créativité, d’autre part. Sa première édition a eu lieu à Rotterdam et comprenait différents événements, avec au centre du programme l’exposition The Energy Show – Sun, solar and Human Power au Het Nieuwe Instituut.
L’exposition Soleil·s à Lausanne se distingue par une multitude de mérites. Pour en citer quelques-uns, elle est avant tout riche en informations. Quelle est la meilleure manière de prendre des bains de soleil aux 20e et 21e siècles ? En quelle année apparaît la notion de vacances et combien de jours durent-elles ? Quel est le lien entre les événements historiques et l’activité solaire ? Ce sont quelques questions auxquelles vous trouverez des réponses durant la visite.
Pour vous spoiler la réponse à la dernière question, parlons d’Alexandre Tchijevski (1897–1964), un poète, peintre et scientifique soviétique qui a étudié, entre autres, la littérature russe, l’histoire, la biologie, la physique et les mathématiques. Il a soutenu plusieurs thèses et a obtenu le titre de docteur à l’âge de vingt-et-un ans. Fondateur et directeur de plusieurs centres de recherche, il a été démis de ses fonctions à la suite d’accusations d’incompétence, puis arrêté en 1942. Il a passé huit ans au goulag avant d’être réhabilité en 1962. Dans la section de l’exposition consacrée aux mythes liés au Soleil, on apprend qu’Alexandre Tchijevski avait une théorie selon laquelle les périodes d’activité solaire accrue influençaient le cours de l’Histoire. Par exemple, de 1905 à 1917, le Soleil traversait une période très active. Ce n’est donc pas un hasard, selon lui, que deux révolutions russes de 1905 et 1917 ont eu lieu au même moment. Sur son schéma, d’autres exemples de guerres et de révolutions, ainsi que leur lien avec l’activité solaire, sont indiqués.
Alexandre Tchijevski,
« Selected revolutions that overlapped with solar maximums »
Un autre mérite de l’exposition consiste à s’adapter aux goûts de tout public et à éveiller la curiosité de chacun∙e. Que vous vous intéressiez aux systèmes photovoltaïques et à la transition énergétique, aux mythes autour du Soleil dans l’art et le design, à l’héliotropisme, aux éditions du magazine Vogue des années 1930 ou encore à la musique et à la danse, vous y retrouverez votre sujet de prédilection.
mudac, Solar Biennale, Soleil·s. © Cynthia Ammann
L’exposition se divise en sections et il existe plusieurs parcours possibles en fonction de vos intérêts et de votre disponibilité. À l’entrée de chaque section, des vidéos des commissaires d’exposition résument les enjeux et les points clé. Les dépliants en papier (réutilisables) ne s’avèrent pas indispensables, puisqu’ils semblent répéter le contenu des inscriptions, des vidéos et du site. Vous pouvez également consulter le site de l’expo pour découvrir ses thématiques et projets pour mieux préparer votre visite.
Non seulement les mérites évoqués, mais aussi ceux qui sont restés non-dits, nous amènent à dire que l’exposition Soleil·s est le coup de cœur de L’Agenda. C’est une expo incontournable de ce bel été qui va bientôt fondre comme neige au soleil !
Soleil·s
Du 21 mars au 21 septembre 2025
mudac, Lausanne
www.mudac.ch/expositions/solar-biennale/
Site de la Solar Biennale : www.thesolarbiennale.com/the-solar-biennale
Photo de haut de page:
Francis Traunig, sans titre, de la série Benidorm, 1990.
Collection Photo Elysée, Lausanne

