Robin Girod, Eriah, La Gale, Greis, La Nefera ou encore DOM LAMPA investissent les établissements du secondaire afin de sensibiliser les élèves au droit d’auteur. À travers des ateliers interactifs, le projet respect ©opyright ! illustre en musique les enjeux de la propriété intellectuelle, tout en faisant découvrir aux jeunes les coulisses de la production musicale suisse. Au total, près de 500 écoles à travers la confédération ont déjà accueilli ces introductions interactives et gratuites.
Sujet : Eugénie Rousak
Qu’est-ce que la propriété intellectuelle ? Qu’est-ce qu’une œuvre ? Qui en est l’auteur ? Autant de questions auxquelles les élèves du secondaire sont invité∙e∙s à réfléchir durant les ateliers respect ©opyright ! Pour les accompagner dans ces échanges, un duo, composé d’un·e artiste suisse et d’un·e modérateur·rice, spécialisé·e sur les aspects légaux. « La théorie du droit d’auteur est, il faut l’admettre, une matière juridique assez abstraite et parfois sèche. Lorsqu’un artiste actuellement actif sur la scène musicale suisse explique concrètement les impacts sur sa vie, ses concerts et son parcours, la thématique devient immédiatement plus tangible et compréhensible », explique Brigitte Meier, coordinatrice du projet respect ©opyright !.
Un projet né avec l’explosion du téléchargement
« À partir des années 2000, la musique a pu être consommée par téléchargement. Pour la première fois, le droit d’auteur a ainsi été contourné à grande échelle. L’idée de cette initiative est née sous l’impulsion de Roy Oppenheim de la SUISA, avant d’être soutenue par cinq institutions, SUISA, Suissimage, SSA, ProLitteris et SWISSPERFORM, qui se sont accordées sur l’urgence d’agir face aux bouleversements liés au numérique », se rappelle Brigitte Meier. Depuis son lancement en 2006, respect ©opyright ! est ainsi déjà intervenu auprès de 60 000 élèves dans environ 500 écoles à travers la Suisse.
Atelier Respect Copyright à Neuchâtel.
Haut de page: Atelier Respect Copyright à Fribourg
Le choix de se concentrer sur les établissements du secondaire n’est d’ailleurs pas anodin. Les jeunes de 12 à 16 ans commencent à être à la fois consommateurs et producteurs de contenus, comme la musique, les textes, les photos ou les vidéos. Ainsi, ils sont concernés aussi bien par les règles qui protègent les artistes qu’ils aiment et suivent, que par les droits sur leurs propres créations. « Durant les ateliers, j’explique aux nouvelles générations que leurs pensées, leurs idées et leurs démarches ont une valeur. Ce n’est pas forcément une valeur financière, mais en tout cas une existence qui mérite d’être défendue et protégée », explique Robin Girod, producteur et compositeur actif sur la scène musicale depuis plus de 20 ans. Fondateur du groupe Bandit Voyage et à la tête du label Cheptel Records, il compte plus d’une centaine d’albums à son actif.
Robin Girod ©Mehdi Benkler
Le déroulement des ateliers
L’objectif du projet respect ©opyright ! est de donner un aperçu des bases du droit d’auteur aux élèves d’une façon ludique et interactive. Durant une heure, l’artiste et le spécialiste juridique se partagent la scène pour aborder à la fois les notions théoriques et leurs implications pratiques. La propriété intellectuelle est par exemple comparée à la propriété matérielle, illustrée par un cartable et les droits des élèves dessus. L’auteur, quant à lui, est défini comme étant « toujours, toujours, toujours un être humain, ni un groupe, ni un animal, ni une intelligence artificielle » précise Brigitte Meier. Pour aborder le sujet de l’œuvre, quoi de mieux que de la créer ? Pour renforcer le côté immersif, les jeunes sont ainsi accompagné∙e∙s par l’artiste dans l’écriture collective des paroles d’une chanson.
« Cette partie interactive permet de rappeler que la musique ne s’apprend pas exclusivement dans des institutions académiques, elle est partout et tout le monde a le droit de chanter et de composer », explique le musicien avant d’évoquer un souvenir d’un atelier mené à Onex : « J’étais avec ma guitare, on chantait dans les gradins. Il y avait quelque chose de très fort dans le fait de se rappeler que la musique est un besoin collectif, profondément ancré dans nos vies. »
Si le projet a vu le jour à l’ère de l’explosion des téléchargements, les pratiques ont depuis profondément évolué. La généralisation des plateformes comme YouTube, Spotify ou encore Netflix ont profondément redéfini les habitudes d’utilisation et les modèles de travail des artistes. Dans ce paysage aujourd’hui dominé par le steaming, le nouveau virage est celui de l’intelligence artificielle, qui suscite encore plus d’interrogations sur l’usage des œuvres existantes et la reconnaissance du travail.

