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	<title>#interview &#8211; L&#039;Agenda</title>
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	<description>La culture romande sous tous les angles</description>
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		<title>Julie Campiche – Unspoken : Donner de la valeur et du crédit à la parole des femmes, c’est quelque chose qui s’apprend</title>
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		<pubDate>Mon, 13 Apr 2026 17:35:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Lors de la première édition de la Biennale In Situ en 2024, dans cette inattendue halle brute et volumineuse qu’est [&#8230;]]]></description>
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<p><strong>Lors de la première édition de la Biennale In Situ en 2024, dans cette inattendue halle brute et volumineuse qu’est l’Espace Amaretto à Lausanne, nous avions découvert le projet <em>Unspoken</em> de la harpiste Julie Campiche. Pour le public installé sur des chaises longues entre des rideaux diaphanes, cette grande halle était soudain devenue un espace intime. Intime et puissant, alors que Julie nous racontait les portraits musicaux de femmes célèbres ou anonymes, redonnant voix à celles trop souvent réduites au silence par l’Histoire. À l’occasion de la sortie de l’album <em>Unspoken</em>, en février dernier, on a rencontré Julie Campiche autour d’un thé vert, chez elle à Plan-les-Ouates.</strong></p>

<p>Texte et propos recueillis par Katia Meylan</p>
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									<p><span data-contrast="auto">On aurait pu parler de son instrument qui s’exprime dans un langage bien à lui; de sa carrière qui s’étend au-delà des frontières suisses depuis des années; du fait que la musicienne a été la toute première harpiste à avoir obtenu le Master en composition et performance jazz à l’HEMU de Lausanne, en 2020. De son quartet qui dure depuis dix ans et qui, de plus en plus collectif dans sa manière d’aborder la création, cohabite à merveille avec ce premier projet solo. De la versatilité avec laquelle Julie se sert de sa harpe mais aussi de sa voix, des voix des autres, d’instruments mécaniques ou percussifs pour tracer les contours des portraits qu’elle raconte. De la façon dont sa musique l’habite. </span><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><i><span data-contrast="auto">Unspoken</span></i><span data-contrast="auto">, c’est de la musique, et c’est aussi un sujet de société, un cri du cœur. Un projet qui s’est fait de manière intuitive car elle en avait besoin, un projet qui l’a fait grandir. Qui la laisse ultra-documentée sur les droits des femmes et les avancées et reculs des lois qui les impactent. Le sujet l’anime, le sujet nous touche, alors on en a parlé.</span><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><b><span data-contrast="auto">Katia, pour L’Agenda : Qui sont pour toi les femmes à qui tu rends hommage dans les huit titres de ton album </span></b><b><i><span data-contrast="auto">Unspoken</span></i></b><b><span data-contrast="auto"> ? Comment es-tu arrivée à elles ?</span></b><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><b><span data-contrast="auto">Julie Campiche : </span></b><span data-contrast="auto">Au début de ce projet, j’ai collaboré avec une documentaliste spécialisée dans l’histoire des femmes, dans le but d’élargir mes connaissances. Et en fait, il y avait </span><i><span data-contrast="auto">tellement</span></i><span data-contrast="auto"> de matière ! Tellement d’histoires hallucinantes, de femmes inspirantes, d’expertes dans tous les domaines&#8230; Je le savais, intellectuellement, mais là, ça m’a fait comprendre </span><i><span data-contrast="auto">physiquement</span></i><span data-contrast="auto"> à quel point le fait d’effacer les femmes de l’espace public est un choix de la part de la société. Peut-être inconscient, qui suit des habitudes, des schémas de pensées&#8230; mais un choix quand même. Si la volonté d’avoir l’égalité dans l’espace publique était là, il y en aurait la possibilité.</span><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">C’était un boulot de titan d’aller creuser tout ça dans le délai qui m’était imparti – et je ne suis ni journaliste, ni historienne. Donc, pour ce projet, j’ai consciemment décidé de revenir à un choix subjectif. J&rsquo;ai composé les portraits de femmes dont les actions m’ont touchée, dont les histoires m’ont fait grandir, dont j’admirais la manière de mener leur vie. Dès le moment où j’ai pris cette décision, ça m’a donné l’opportunité de dégager du temps pour creuser leurs histoires.</span><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><b><span data-contrast="auto">Comment tu as procédé pour les raconter en musique ?</span></b><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">J’ai fonctionné, comme toujours, de manière intuitive, tout en étant très au clair sur </span><i><span data-contrast="auto">pourquoi</span></i><span data-contrast="auto"> je compose. Derrière tous mes morceaux il y a une histoire – plus ou moins explicite. Dans le cas de </span><i><span data-contrast="auto">Unspoken</span></i><span data-contrast="auto">, je savais ce que j’avais envie de raconter, de transmettre comme émotion, pourquoi je voulais faire le portrait de ces femmes.</span><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><b><span data-contrast="auto">Pourquoi ?</span></b><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">Quand je suis devenue maman pour la première fois, j’ai vécu les inégalités de genre beaucoup plus fortement. Jusque-là, en venant d’un milieu peu conservateur, j’avais le sentiment d’être épargnée. Avec l’arrivée de la parentalité, la pression de la société à t’assigner à des rôles genrés est assez trash. Et&#8230; moi ça me convenait pas. J’ai commencé à m’intéresser plus en détail à des sujets de féministes, et en faisant ce travail, j’ai acquis des outils pour poser des mots sur ce que je ressentais, sur des schémas de société, sur les violences faites aux femmes. Poser des mots permet de prendre conscience de ce qui permet à cette violence d’exister, et d’en sortir. Bien sûr, moi, je vis une version très édulcorée de cette violence, mais au fond, c’est la même, car elle est systémique. </span><span data-ccp-props="{}"> </span></p>								</div>
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									<p><b><span data-contrast="auto">Ton projet touche à des sujets sensibles. Comment tu gères ça ? En tant que spectatrice, par exemple, je trouve que ton portrait de Maman du ciel, à qui on a retiré la garde de son enfant pour avoir dénoncé une suspicion d’inceste de la part du père, est très fort. On pourrait se laisser submerger par l’émotion&#8230; </span></b><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">Au début, oui c’était ça ! Surtout que je suis le parcours d’autres femmes à qui c’est arrivé – parce que malheureusement, Maman du ciel n’est pas une exception mais un exemple frappant parmi beaucoup d’autres. Il y a des périodes où ce n’est pas facile. Mais je me vois comme un médium – dans le sens, un moyen de faire passer un message, une émotion. Si moi je pleure sur scène, je ne permets pas au public d’accéder à cette émotion. Alors j’ai dû apprendre à prendre de la distance tout en restant ultra impliquée, j’ai dû trouver un équilibre entre ces mouvements contraires qui doivent cohabiter. Aussi, j’ai réfléchi à comment aborder ces sujets sans que ça soit trop violent, pour ne pas que les auditeurs et auditrices se ferment mais au contraire, que ça ouvre des portes, des propositions de chemins. Le cas de Maman du ciel, qui comporte une part de lumière, m’a permis de le faire.</span><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><b><span data-contrast="auto">Pour toi, en tant qu’artiste, cette prise de parole est-elle une forme d’extériorisation, un devoir&#8230; ?</span></b><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">Là aussi, ça part du fait d’être devenue maman. J’ai pu observer qu’une des meilleures manières de faire évoluer les mentalités reste l’exemple. Quand mon aînée, à 4 ans, avait commencé à s’intéresser au saxophone, je lui avais demandé si elle voulait en jouer, et elle a éclaté de rire en disant « mais non maman, c’est un instrument pour les garçons ! ». Tout simplement parce que sa référence, c’était le saxophoniste de mon quartet. Évidemment, après ça, elle a eu le droit de regarder plein de vidéos YouTube de femmes qui jouaient du saxophone ! (</span><i><span data-contrast="auto">rire</span></i><span data-contrast="auto">). Si les enfants ont des références dans tous les domaines, eux-mêmes peuvent se projeter dans tous les domaines. C’est pareil pour le fait de donner de la valeur et du crédit à la parole des femmes : c’est quelque chose qui doit s’apprendre.</span><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><b><span data-contrast="auto">Quels échanges tu as eu avec le public ?</span></b><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">Je n’ai pas fait encore beaucoup de concert avec </span><i><span data-contrast="auto">Unspoken</span></i><span data-contrast="auto">, mais jusqu’à maintenant, à chaque fois, on vient me parler de Grisélidis Réal. Je crois que les gens kiffent ! (</span><i><span data-contrast="auto">rire</span></i><span data-contrast="auto">) Il y a quelque chose dans le groove du morceau, et quelque chose de tellement franc du collier dans sa manière à elle de parler, c’est phénoménal ! </span><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><b><span data-contrast="auto">Quel est le plus beau retour qu’on pourrait te faire au sujet de ce projet ?</span></b><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">Je ne suis pas du genre à avoir des attentes spécifiques, plutôt à recevoir ce qui se passe. Mais par exemple, le fait que ça t’ait touché, pour moi c’est beau à recevoir ! Ce qui a été génial aussi, c’est que j’ai reçu des mails suite à la première, du 8 mars 2024, d’hommes qui m’ont écrit pour me partager leurs histoires, plusieurs jours après le concert. Je me suis dit&#8230; « une graine a été plantée ». Ne pas laisser indifférent, surtout sur des sujets aussi profonds, pour moi c’est le plus beau des cadeaux. </span> </p>
<p><span data-contrast="auto">***</span><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">L’album </span><i><span data-contrast="auto">Unspoken</span></i><span data-contrast="auto"> est sorti en février dernier, et Julie Campiche a entamé une tournée, donc la plupart des concert auront lieu cet automne 2026.</span><span data-contrast="auto"> </span><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><b><span data-contrast="auto">Julie Campiche solo – Unspoken </span></b><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">&#8211; Vendredi 1</span><span data-contrast="auto">er</span><span data-contrast="auto"> mai 2026, <a href="https://schaerholzbau.ch/fr/bau_4/julie-campiche-solo-unspoken/" target="_blank" rel="noopener nofollow">Bau4</a>, Altbüron (Lucerne)</span><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">&#8211; Vendredi 10 juillet 2026,<a href="https://www.podring.ch/" target="_blank" rel="noopener nofollow"> Pod’Ring</a> (Bienne)</span><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">&#8211; Jeudi 26 novembre 2026, Le Groove (Genève)</span> <br /><span data-contrast="auto">Dans le cadre du festival <a href="https://lescreatives.ch/" target="_blank" rel="noopener nofollow">Les Créatives</a></span><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">Pour suivre les dates à venir : </span><a href="http://www.juliecampiche.com/" target="_blank" rel="noopener nofollow"><span data-contrast="none"><span style="text-decoration: underline;">www.juliecampiche.com</span></span></a><b><span data-contrast="auto"> </span></b> </p>								</div>
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		<title>« Des milliers de Sankara » ou partir à la recherche de ses origines</title>
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		<pubDate>Tue, 10 Mar 2026 08:56:00 +0000</pubDate>
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<p><strong>Aminata vient de perdre subitement sa mère, son seul lien avec sa terre natale. Elle décide alors de se rendre au Burkina Faso pour tenter de comprendre ses origines et trouver les réponses à ses questions. Coproduction entre le Collectif Puck et la Commune de Plan-les-Ouates, la pièce <em>Des milliers de Sankara</em> entraîne le public dans un voyage entre Ouagadougou et Genève, entre 1987 et 2014, dans une scénographie immersive en cercle. À l’affiche jusqu’au 15 mars 2026 à La julienne, c’est l’occasion d’échanger avec le metteur en scène Alexis Bertin.</strong></p>

<p>Interview : Eugénie Rousak</p>

<p><strong>Eugénie, pour L’Agenda : <em>Des milliers de Sankara</em> n’est pas votre première pièce sur la migration. Pourquoi continuer dans cette thématique ? </strong></p>
<p><strong>Alexis Bertin :</strong> Mon éducation m’a rapidement sensibilisé aux questions de migration, qu’elle soit subie ou choisie. Mes parents sont venus en aide à des personnes en déplacement durant mon enfance et adolescence et j’ai aussi noué des amitiés avec des personnes issues de contextes très différents du mien, dont les parcours m’ont énormément appris et ouvert à d’autres façons de voir le monde. Parallèlement, j’écoute de nombreux témoignages et m’intéresse aux manières dont les auteurs abordent cette thématique dans leurs œuvres. Le travail du dramaturge Wajdi Mouawad, lui-même immigré enfant du Liban, m’inspire tout particulièrement, par exemple.</p>
<p><strong>Pourquoi avez-vous décidé de consacrer cette nouvelle pièce à l’histoire du Burkina Faso, revenant sur des faits qui datent de pratiquement 40 ans ?</strong></p>
<p>Le projet autour de Thomas Sankara est né d’une rencontre avec un ami burkinabé, qui m’a énormément parlé de cette période historique. À l’époque, nous avions travaillé ensemble sur un petit documentaire, mais l’idée d’écrire une fiction en lien avec les événements de 1987 m’est restée en tête. Je ne voulais pas me précipiter dans ce travail, car les mots et actes de Thomas Sankara m’ont profondément marqué. Finalement, cette réflexion a duré pratiquement 10 ans !  Ce n’est qu’en 2022, encouragé par mon enseignante durant un CAS en dramaturgie, que je me suis véritablement plongé dans l’écriture du texte.</p>
<p><strong>Quelle est la part de la fiction dans cette pièce ?</strong></p>
<p>Initialement, je voulais centrer la pièce sur Mariam Sankara, ancienne première dame du Burkina Faso. Mais au fur et à mesure de ma réflexion, je me sentais de plus en plus mal à l’idée d’inventer la vie d’une personne réelle. J’ai donc choisi de partir des événements historiques, comme l’assassinat de Thomas Sankara, pour ensuite construire toute la partie fiction autour de ce fil rouge.</p>
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									<p style="text-align: right;"><em>Des milliers de Sankara. </em>Photos: <em>©</em> Anatholie</p>								</div>
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									<p><strong>La pièce se déroule avec une dualité entre 1987 et 2014, pourquoi ce choix ? </strong></p>
<p>Je voulais mettre en avant le contraste entre ces deux époques. En 1987, les livres et les témoignages parlent d’un peuple burkinabé stupéfait et désemparé, privé de tout espoir. En 2014, la situation est contraire, un souffle d’espoir émerge avec l’insurrection populaire. Il me semblait fondamental de marquer cette opposition, d’ancrer le personnage d’Aminata dans un contexte qui reflète ces changements et dynamiques sociales et humaines de l’époque.</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><em>Des milliers de Sankara. </em>Photos: <em>©</em> Anatholie</p>								</div>
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									<p><strong>Vous vous êtes écarté d’une mise en scène à l’italienne, en plaçant le public en cercle, alors que les comédien∙ne∙s se déplacent dans la salle et entre les rangées. </strong><strong>Comment ce choix sert-il la dramaturgie et la narration</strong><strong> </strong><strong>?</strong></p>
<p>C’était une longue réflexion avec Manon Reith, assistante dramaturgie et mise en scène ! Nous avions la contrainte d’ancrer le récit dans deux époques, tout en intégrant le public à l’histoire. Comme la pièce s’appelle <em>Des milliers de Sankara,</em> chaque spectateur en fait partie, comme s’il appartenait lui-aussi à ce millier. Je trouve essentiel que chacun puisse se reconnaître dans les situations, pour se sentir proche des comédiens. La salle devient ainsi un espace vivant et mouvant. La scénographie en cercle reflète également l’instabilité des personnages. Chacun avance à tâtons sur un terrain instable, sans véritable point d’ancrage, cherchant ses propres repères. En parallèle, les spectateurs se regardent mutuellement, ce qui fait aussi partie de l’expérience. Ce n’est pas la première fois que j’expérimente avec la configuration de la salle, car les mises en scène plus traditionnelles créent souvent une distance, laissant le public dans le rôle de simple témoin de l’intrigue.</p>
<p><strong>Dans la pièce, le rôle de père tient une place importante, que cela soit à travers le besoin d’Aminata d’en savoir plus sur son père biologique, ses questions à son père adoptif ou ses propres interrogations sur le fait d’avoir des enfants. Pourquoi avoir intégré également cet axe dans l’histoire ?</strong></p>
<p>Le point de départ vient de ma vie personnelle, car je suis devenu père de famille il y a 4 ans. Je me projette dans les personnages, me demandant si, à leur place, j’aurais voulu avoir des enfants avec cette peur de leur transmettre mes propres blessures. Je n’ai pas vécu d’expériences comparables, mais je me suis servi de mes propres interrogations pour réfléchir à ce que signifie être un père honnête et intègre.</p>
<p><strong>La pièce vous a-t-elle aidé à répondre à vos propres questions ?</strong></p>
<p>Oui, je pense que ça fait son chemin.</p>
<p><strong>La pièce se termine, alors qu’Aminata n’a encore découvert ni ses origines, ni l’histoire de sa famille, alors que le public connaît déjà les réponses. Pourquoi cette dualité ?</strong></p>
<p>La question du dénouement a été longtemps discutée lors de l’écriture. Nous avons décidé de ne pas boucler la boucle de l’histoire personnelle d’Aminata, pour laisser cette ouverture sur l’avenir et les choses qu’il lui reste encore à accomplir.</p>
<p><strong>Des milliers de Sankara<br /></strong>Du 6 au 15 mars 2026 à La julienne, Plan-les-Ouates<br /><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://www.saisonculturelleplo.ch/des-milliers-de-sankara" target="_blank" rel="noopener nofollow">www.saisonculturelleplo.ch/des-milliers-de-sankara</a></span></p>								</div>
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		<title>Régine Detambel : « La littérature peut aider une personne en deuil à se relier à ce qui est encore vivant en elle »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[blogcom]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Jan 2026 16:34:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
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		<category><![CDATA[#interview]]></category>
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<p><strong>Tout à la fois écrivaine et soignante, kinésithérapeute et romancière, Régine Detambel est une pionnière de la bibliothérapie en France. Autrice de « Lire pour relier » et « Les livres prennent soin de nous », elle nous dit comment la lecture peut être un refuge pour nos souffrances et nous aider à nous reconstruire après un drame personnel.</strong></p>

<p>Propos recueillis par Isabelle Falconnier</p>

<p><strong>Isabelle Falconnier : Comment et quand les livres peuvent-ils aider une personne touchée par un deuil?</strong></p>
<p>Régine Detambel : Lorsqu’on est touché par un deuil, on ne peut plus lire! La sidération fait que plus rien ne circule. Notre psychisme est mort, tout est coupé, seules les fonctions vitales fonctionnent. Nous nous retrouvons dans un état d’hypervigilance, de terreur, qui empêche toute circulation vers l’imaginaire, la rêverie, ou même la concentration sur autre chose que les émotions qui nous dévastent. Il faut accepter cet état de fait. Mais ce qui est possible, et qui aide, c’est la voix d’une personne qui lit. Faisons l’offrande de notre voix aux personnes qui souffrent. Il n’y a rien de plus enveloppant qu’une voix qui lit pour nous, quel que soit le texte. Il y a des fonctions maternantes dans la voix qui permettent de revenir dans l’enfance, l’abandon et le lien à la vie qu’elle représente.</p>
<p><strong>Quand retrouve-t-on l&rsquo;envie de lire après un deuil et quels livres peuvent nous aider à ce moment ?</strong></p>
<p>Il n’y a pas de calendrier. Quand la personne sera prête. Cela peut prendre des semaines, des mois. Mais un livre – que l’on nous offre, que l’on aime, que la personne défunte aimait – est aussi un doudou, un objet transitionnel, un compagnon discret. Je parle souvent de l’importance de la peau des livres, de leur couverture, du papier des pages : un livre ça se touche, se caresse, nous caresse. On va peut-être garder une pile de livre près de soi, les parcourir parfois, glaner un mot, une phrase… La lecture ne doit jamais être une injonction mais un possible. Un jour, j’ai vécu un deuil terrible. On m’a offert un livre de Christian Bobin, « Noireclaire ». Je ne l’ai pas ouvert, mais je l’ai laissé là, tout proche, et c’était déjà une présence amie.</p>
<p><strong>Lire, écouter une voix lire, c’est bien. Écrire, c’est mieux encore ?</strong></p>
<p>Roland Barthes, dans son « Journal de deuil », tenu dès le lendemain de la mort de sa mère, écrivait que le fait même que la langue lui offre le mot « intolérable », et qu’il puisse l’écrire, une fois, dix fois, cent fois sur le papier, rendait cet intolérable un peu plus supportable. Écrire sa colère, sa révolte, écrire aussi le bonheur que nous avons connu avec l’être cher, permet de donner une forme à notre détresse, de la déposer dans le papier. Écrire notre détresse permet d’éviter qu’elle ne se transforme en un gouffre sans fond. Même si c’est pour déchirer le papier après ! Griffonner, chantonner, retrouver des paroles de chansons qui nous appellent : les mots nous aident à nous remettre en mouvement, à nous relier à ce qui est vivant en nous. Un mot lu, un mot écrit, peut durant quelques minutes nous décoller de la douleur. Mais parfois, nous ne voulons pas être séparés de notre douleur, pas encore, il faut savoir l’entendre.</p>
<p><strong>Comment les livres peuvent-ils prendre soin de nous dans la tristesse ?</strong></p>
<p>Il ne s’agit pas de réparer mais de construire. On ne répare pas un être vivant, pas un humain en tout cas. Guérir n’est pas être réparé, guérir c’est devenir autre, être changé. Un humain ne se répare pas, il ne revient pas à son état antérieur. Je pense que la littérature est plutôt là pour nous construire, nous nourrir, nous étoffer. La littérature a ce pouvoir d’arracher à soi-même et à ses ruminations. Elle peut nous relier à des expériences et des émotions similaires à celle que nous vivons, mais pas forcément par identification directe : un roman qui parle d’exil, de chemins de vie douloureux, peut entrer en résonnance avec une personne qui ont vécu le deuil d’un proche.</p>
<p><strong>Justement, quels genres de livres, romans, essais, témoignages ou poésie, peuvent accompagner une personne en deuil?</strong></p>
<p>Je suis totalement opposée à la prescription, c’est-à-dire les personnes qui vous disent : « Vous vivez un divorce ? Lisez tel livre, ça va vous faire du bien. » D’abord, parce que c’est une prise de pouvoir sur l’autre ; ensuite, parce que ce n’est pas sûr que ça lui fasse du bien. Comment pourrions-nous imaginer que nous maîtrisons les effets produits par un texte sur l’autre ? Ce n’est pas parce que moi, ça m’a fait du bien que ça fera du bien à l’autre. Chaque deuil est singulier. Un roman qui parle de deuil parle d’abord du deuil de l’écrivain. Il ne faut pas écraser la personne que nous souhaitons aider avec le deuil d’un autre. Je privilégie les textes obliques, poétiques, sensoriels, les textes par fragments qui permettent d’ouvrir des paysages intérieurs, d’entretenir ce qui reste en vie dans la personne en deuil, ce qui est vivant tout au fond d’elle et qu’il faut soigner. Ce qui va l’aider n’est pas mental, pas rationnel, pas intellectuel. Ce n’est pas un livre de développement personnel, un guide sur les étapes du deuil, avec ce qu’il contient souvent implicitement de morale. C’est peut-être un poème qui parle du vent, de la mer, du soleil, d’une fleur, des paroles de chansons dans une langue étrangère, un mot à la musicalité vibrante, des phrases qui nous relient au cosmos, au vivant… Il s’agit, peu à peu, de ranimer la créativité de la personne, son psychisme, de permettre au vivant en elle de palpiter à nouveau. Donner un livre sur le deuil à une personne en deuil l’enferme dans sa tristesse et son drame, lui colle une étiquette. Ces jours, tous les matins j’ouvre un recueil du poète Rainer Maria Rilke. Je lis cinq vers, et ils m’accompagnent toute la journée, tant ils contiennent de force en eux.</p>
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		<title>Louis Schwizgebel et l’orchestre, les yeux dans les yeux</title>
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		<dc:creator><![CDATA[blogcom]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Sep 2025 17:19:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Classique et opéra]]></category>
		<category><![CDATA[#chefdorchestre]]></category>
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					<description><![CDATA[Un pianiste qui joue un concerto tout en dirigeant l’orchestre, ça ne court pas les rues, et c’est rue de [&#8230;]]]></description>
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									<p><strong>Un pianiste qui joue un concerto tout en dirigeant l’orchestre, ça ne court pas les rues, et c’est rue de Montbrillant à Genève qu’on a rencontré Louis Schwizgebel. Pour ce soliste à la carrière internationale, le joué/dirigé est une passion qui s’est révélée il y a près de huit ans. Il nous en parle avant son concert du 15 octobre au Victoria Hall, dans le cadre de la série Concertus Saisonnus.</strong></p>
<p><!-- /wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --></p>
<p>Propos recueillis par Katia Meylan</p>
<p><!-- /wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --></p>
<p><strong>Katia, pour L’Agenda : Quand</strong> <strong>as-tu commencé à t’intéresser au joué/dirigé ?</strong></p>
<p><!-- /wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --></p>
<p><strong>Louis Schwizgebel :</strong> La première fois c’était en 2018, j’avais eu la possibilité de jouer un concerto au Victoria Hall avec l’Académie Menuhin, sans qu’il y ait de chef d’orchestre. J’avais essayé timidement de diriger et j’avais adoré. Je me suis vite rendu compte que c’était technique, alors j’ai décidé de prendre des masterclass avec des chefs et à apprendre par moi-même. La direction seule est quelque chose que j’ai développé ces dernières années, mais en ce moment, ma grande passion c’est vraiment de jouer/diriger.</p>
<p><!-- /wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --></p>
<p><strong>Quel∙le∙s musicien∙ne∙s t’ont inspiré dans ce processus ?</strong></p>
<p><!-- /wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --></p>
<p>Je pense que l’envie de diriger passe par l’esprit de beaucoup de musiciens, ça nous fait tous un peu rêver,&#8230; et pourtant, si on regarde le programme du Victoria Hall, par exemple, on constate que jouer/diriger n’est pas si courant que ça. Une de mes inspirations est Christian Zacharias, qui fait ça magnifiquement depuis toujours et que j’admire beaucoup.</p>
<p><strong>Quel est le plus grand défi à ton avis ?</strong></p>
<p>Le fait qu’on puisse s’entrainer chez soi, mais qu’on apprenne réellement que devant un orchestre. Alors à moins d’avoir toujours un orchestre sous la main (<em>sourire</em>), une fois devant les musiciens, il faut capter vite. Chaque orchestre est différent, c’est une des choses qui me fascine dans la direction. Il n’y a pas de clé, de recette, de calcul. C’est quelque chose d’un peu magique, une sorte de feeling, d’aptitude à trouver ce dont l’orchestre a besoin sur le moment. Cet été je suis parti en tournée avec l’Orchestre des Jeunes de Fribourg, c’était l’idéal car un orchestre de jeunes a beaucoup de répétitions. Avec leur chef titulaire, on s’était mis d’accord sur le fait que je serai présent dès le début, pour apprendre au maximum.</p>
<p><!-- /wp:separator --><!-- wp:paragraph --></p>
<p><!-- /wp:paragraph --></p>								</div>
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									<p><strong>Est-ce que jouer/diriger a fait évoluer ta compréhension de la musique en tant que pianiste ?</strong></p>
<p>Bien sûr ! Le fait d’étudier des répertoires d’orchestre m’ouvre énormément d’horizons. Les pièces écrites pour piano étaient souvent des esquisses ou des réductions de pièces symphoniques ; je les vois autrement maintenant, en « plus grand ». Selon les sections, j’entends différents instruments: les vents, les cordes, la timbale&#8230; ça cultive mon imagination et donc, je joue différemment.</p>
<p><strong>La musique se ressent-elle différemment dans le corps aussi, en position de soliste/chef ? </strong></p>
<p>C’est un grand changement. C’est drôle, mais je suis plus stressé d’être « juste » soliste, car je suis au centre de l’attention, je suis comme dans une bulle, à me concentrer sur ce que je joue. Alors qu’en jouant/dirigeant, je suis une partie d’un tout. Psychologiquement, être occupé à penser à tout le monde me fait oublier le stress.</p>
<p><strong>Et qu’en est-il de la dynamique de groupe ?</strong></p>
<p>Ça&#8230; c’est le summum ! Le contact avec les musiciens est plus direct, je mets le piano face à l’orchestre, façon musique de chambre. En jouant j’indique le rythme à suivre, et je dirige avec la tête, avec une main, selon les cas. Quand on pense au chef, on imagine une baguette et des gestes, mais en réalité, ça tient beaucoup plus du regard et la respiration. Lorsqu’un soliste dirige, j’ai l’impression que les musiciens sont plus attentifs, s’écoutent mieux entre eux. Il n’y a pas d’« entremetteur », chacun a une plus grande part de responsabilité dans le fait d’être ensemble. </p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><em>Still de la vidéo de Luka Kobidze<br /></em><em>Double concerto de Poulenc,<br />Tbilisi Conservatoire Grand Hall, 23 juillet 2024</em></p>								</div>
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									<p><strong>Est-ce que tu as pratiqué le joué/dirigé avec différents répertoire, et est-ce que certaines œuvres sont plus indiquées que d’autres ? </strong></p>
<p>S’attaquer à un concerto de Brahms, Grieg ou Rachmaninov en joué/dirigé est possible, mais c’est très rarement fait, c’est surtout une prouesse de scène. Cela dit&#8230; l’année passée, j’ai joué/dirigé le <span style="text-decoration: underline;"><a href="https://www.youtube.com/watch?v=BqwZUwdSMFc" target="_blank" rel="noopener nofollow">double concerto de Poulenc</a></span> avec le pianiste David Aladashvili. On s’est bien amusés ! Mais ça nécessite d’être bien préparé, de connaitre tout ce qui se passe dans l’orchestre, et aussi d’être créatif – j’avais écrit des arrangements. Quand la préparation est là, rien n’est impossible ! Mais avant la période Romantique, il y a tout un répertoire plus propice au joué/dirigé, qui se fait très naturellement. Mozart ou Beethoven écrivaient leurs concertos pour les jouer et les diriger.</p>
<p>***</p>
<p>C’est d’ailleurs le Concerto n° 20 en ré mineur de Mozart que Louis Schwizgebel interprétera au piano et à la direction d’orchestre au Victoria Hall le 15 octobre. En deuxième partie de concert, il sera « uniquement » chef, devant un ensemble d’une trentaine de musicien∙ne∙s, pour la Symphonie Jupiter, la dernière écrite par Mozart.</p>
<p>***</p>								</div>
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									<p>Dates à venir :</p>
<p><strong>Mozart, Concerto n. 20 et Symphonie </strong>« <strong>Jupiter</strong> »<br />Orchestre Concertus<br />Direction et piano : Louis Schwizgebel<br />Mercredi 15 octobre 2025 à 19h30<br /><a href="https://billetterie-culture.geneve.ch/selection/event/date?productId=10229240006930" target="_blank" rel="noopener nofollow"><span style="text-decoration: underline;">Victoria Hall, Genève</span> </a> </p>
<p><strong>Beethoven, intégrale des concertos avec piano (5, dernier concert)</strong><br />Orchestre des Jeunes de Fribourg et Teo Gheorghiu, piano<br />Direction : Louis Schwizgebel<br />Dimanche 26 octobre 2025 à 17h<br /><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://www.ojf.ch/events/2e-concert-du-dimanche-4" target="_blank" rel="noopener nofollow">Église de Villars-sur-Glâne, Fribourg </a></span> </p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://www.louisschwizgebel.com/concerts" target="_blank" rel="noopener nofollow">www.louisschwizgebel.com</a></span></p>								</div>
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		<title>Marcin Zdunik – La beauté dans la simplicité</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Sep 2025 10:01:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Classique et opéra]]></category>
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					<description><![CDATA[À quelques semaines de sa venue au Festival Chopin Genève, pour lequel il jouera en concert de clôture avec la [&#8230;]]]></description>
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									<p><strong>À quelques semaines de sa venue au <a href="http://www.societe-chopin.ch/fr/programme/festival-chopin-geneve" target="_blank" rel="noopener nofollow">Festival Chopin Genève</a>, pour lequel il jouera en concert de clôture avec la violoniste Olivia Vilmart-Jacobson et le pianiste Pawel Mazurkiewicz, le violoncelliste Marcin Zdunik nous a accordé une interview en direct de Varsovie.</strong></p>
<p><!-- /wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --></p>
<p>Propos recueillis et traduits par Katia Meylan</p>
<p><!-- /wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --></p>
<p>C’est un Marcin Zdunik en mouvement que nous rencontrons à l’autre bout du fil, mi-septembre. Arpentant la pièce, tout sourire, il nous confie qu’il vient de terminer la composition d’un oratorio de 45 minutes pour deux chœurs et orchestre, livré &#8211; juste à temps &#8211; à l’institution commanditaire. Avant sa venue à Genève, il devait penser ensuite au Concerto pour violoncelle en la mineur de Schumann, qu’il jouait deux jours plus tard avec le Cavatina Philharmonic Orchestra. Une vie remplie que celle de soliste ! Ouf : il finit par s&rsquo;arrêter quelques minutes sur son balcon, au soleil.</p>
<p><!-- /wp:paragraph --></p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><em>↑ Marcin Zdunik en appel vidéo avec nous :)</em></p>								</div>
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									<p><strong>L&rsquo;Agenda : Le Festival Chopin sera votre premier concert à Genève, et également la première fois que vous jouerez avec Olivia Vilmart-Jacobson et le pianiste Pawel Mazurkiewicz. Comment préparez-vous habituellement vos “première rencontre” ?</strong></p>
<p><strong>Marcin Zdunik : </strong>En musique de chambre, avant de se connaitre, on ne sait pas encore l’interprétation qui surgira d’une répétition. L’important est de se préparer à plusieurs options d’interprétation, d&rsquo;être ouvert à ce que notre vision de certaines phrases se trouve changée. C’est ça qui est excitant ! Après avoir joué le répertoire de Chopin tant de fois dans ma vie, après l&rsquo;avoir enregistré, j’en ai indéniablement une certaine vision. Mais jouer avec des musiciens que je n’ai jamais rencontrés me force à chercher d’autres solutions. C’est lorsque je me mets à la recherche de quelque chose de nouveau en moi que je me développe. Je me réjouis beaucoup de ce processus !</p>
<p><strong>Le temps de répétition avant un concert est souvent plutôt court, est-ce que ça vous laisse le temps nécessaire ?</strong></p>
<p>Par chance, Pawel sera bientôt à Varsovie quelques jours, ce qui nous donnera l’occasion de nous préparer plus longuement. On s’est dit qu’avec un répertoire si complexe, ce serait trop “tricky” de n’avoir qu’un seul jour de répétition. La Sonate en sol mineur pour violoncelle et piano, particulièrement, serait presque impossible à jouer en un jour &#8211; ou alors, le résultat serait discutable. C’est une pièce qui, à son époque, était avant-gardiste ; quand Chopin l’a composée, il craignait de ne pas être compris par le public en France. Lui et son collègue violoncelliste Auguste Franchomme n’avaient d’ailleurs pas joué le premier mouvement en France pour cette raison. Ça en dit beaucoup sur la complexité de cette musique, sa singularité. Par conséquent, en tant qu’interprète, ça demande de trouver comment en raconter toutes les histoires. On prendra notre temps pour le faire ici à Varsovie, et ainsi on aura aussi plus de temps à Genève un jour avant le concert pour répéter le trio avec Olivia.</p>
<p><strong>Quelles configurations privilégiez-vous dans vos collaborations ? Les collègues de longues dates ou les nouvelles rencontres ?</strong></p>
<p>J’essaie de trouver l’équilibre. De rencontrer à la fois de nouvelles personnes sur certains projets, et en parallèle, de développer une vision sur le long terme. J’ai un trio avec lequel je joue depuis longtemps, nous nous connaissons par cœur, on improvise, on trouve un chemin sans avoir besoin de parler. Ce genre d’amitiés musicales sont fructueuses, elles sont ce qui nous permet de pousser plus loin notre vision du répertoire.</p>
<p><strong>Et&#8230; êtes-vous bon équilibriste ?</strong></p>
<p>Oui, je crois que pour moi ça se fait naturellement. Ma vie de musicien me plait, me permet de combiner mes activités de soliste, de musicien de chambre, de compositeur, d’improvisateur&#8230; Je n’aimerais pas être enfermé dans une case.</p>
<p><strong>Vous êtes aussi enseignant à la Fryderyk Chopin Music University. Y a-t-il un sujet de discussion récurrent que vous abordez avec vos élèves à propos de Chopin ?</strong></p>
<p>Oui, on a notamment des discussions inspirantes sur le rôle des instruments. Chopin n&rsquo;était pas violoncelliste, et quand il composait pour piano et violoncelle, il bénéficiait de l’aide de son ami Auguste Franchomme. Personnellement je trouve les parties de violoncelle très bien écrites ! Leur particularité, si on les compare aux sonates allemandes de Beethoven ou Brahms, est de ne pas faire jouer la même structure, la même matière aux deux instruments, mais d’être attentif aux caractéristiques de chacun. Chopin les mène dans des directions complètement différentes. Le violoncelle est chantant, touchant, il n’a pas besoin de briller de façon virtuose comme le piano.</p>
<p><strong>Que faut-il selon vous pour comprendre Chopin ?</strong></p>
<p>Beaucoup d’expérience, beaucoup d’écoute aussi. Même si j&rsquo;ai entendu les pièces de Chopin un nombre incalculable de fois, à chaque fois que je les joue, je redécouvre en elles quelque chose de nouveau. Sa musique est profonde et complexe, elle comporte tant de détails&#8230; C’est ce qui fait son génie. Ce qui apporte beaucoup aussi est de se pencher sur le contexte, les inspirations du compositeur. Écoutez de la musique traditionnelle polonaise, mais pas uniquement : les sonates, par exemple, se réfèrent plus à Schumann et à Beethoven qu’à la musique folklorique. Chopin fréquentait les salons, les fêtes dans lesquelles les compositeurs s’amusaient à rivaliser en improvisant sur les airs d’opéras les plus connus. C’est tout un contexte qui enrichit la compréhension de son œuvre.</p>
<p><strong>Le 12 octobre au Festival Chopin, vous allez jouer quatre pièces que vous avez enregistrées en 2021 dans votre album <em>Chopin Chamber Music</em>, avec Szymon Nehring et Ryszard Groblewski. Comment ces pièces évoluent-elles au fur et à mesure du temps ?</strong></p>
<p>C’est difficile à dire précisément, car à chaque fois qu’on joue, la musique change avec nous. Mais je pense qu’une des constantes est que je tends à épurer. Au début, j’étais tout enthousiasmé par la musique de Chopin et je cherchais à faire des phrasés spéciaux, je cherchais des “solutions” originales. Plus je joue, plus je reviens à quelque chose de simple. Je découvre la beauté dans la simplicité.</p>
<p>***</p>
<p><strong>Festival Chopin Genève</strong><br />Du 2 au 12 octobre 2025<br /><span style="text-decoration: underline;"><a href="http://www.societe-chopin.ch/fr/programme/festival-chopin-geneve" target="_blank" rel="noopener nofollow" data-wplink-edit="true">www.societe-chopin.ch/fr/programme/festival-chopin-geneve</a></span></p>
<p>Marcin Zdunik jouera avec la violoniste Olivia Vilmart-Jacobson et le pianiste Pawel Mazurkiewicz lors du concert de clôture, le 12 octobre à 17h au Conservatoire de Genève.</p>								</div>
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		<title>Olivia Vilmart-Jacobson: prédestinée à Chopin par une cassette audio</title>
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		<dc:creator><![CDATA[blogcom]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Sep 2025 10:00:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Classique et opéra]]></category>
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					<description><![CDATA[Vaste est le répertoire pour une musicienne qui se lance dans la musique de chambre, et nombreux sont les ensembles [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="264630" class="elementor elementor-264630" data-elementor-settings="{&quot;ha_cmc_init_switcher&quot;:&quot;no&quot;}">
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<p>Vaste est le répertoire pour une musicienne qui se lance dans la musique de chambre, et nombreux sont les ensembles à cordes. Dans ce champ infini des possibles, le Quintette Éphémère, mené par la violoniste Olivia Vilmart-Jacobson, est l’un des très rares à se spécialiser dans l’accompagnement de la musique orchestrale de Chopin en version de chambre, dans des partitions écrites par le compositeur lui-même. Logique et inévitablement naturel, dira-t-on, car Olivia n’est autre que la fille d’Aldona Budrewicz-Jacobson, fondatrice du Festival Chopin Genève dont la 28e édition se tiendra du 2 au 12 octobre 2025. Interview d’une violoniste biberonnée à la musique polonaise.</p>
<p>Texte et propos recueillis par Katia Meylan</p>

<p><strong>L’</strong><strong>Agenda: Votre maman a fondé le Festival Chopin en 1997, alors que vous aviez douze ans. Est-ce qu’un∙</strong><strong>e compositeur∙</strong><strong>ice peut « rivaliser</strong><strong> » </strong><strong>avec Chopin dans votre cœur de musicienne ? </strong></p>
<p><strong>Olivia Vilmart-Jacobson :</strong> Comme j’ai été bercée depuis toujours par la musique polonaise, Chopin et le répertoire pianistique, c’était naturel de m’y intéresser. Mais ma passion première reste le répertoire pour violon, car je suis violoniste avant tout (<em>sourire</em>) ! Pour moi, ces mondes ne sont pas en « rivalité », ils se complètent. J’ai un plaisir fou autant à jouer les accompagnements pour cordes de Chopin que les grands concertos pour violon, la musique de chambre en sonate ou les sonates et partitas de Bach pour violon seul. J’aime aussi m’intéresser à d’autres manières, moins classiques, d’approcher les différents répertoires. C’est pour ça que j’ai fondé <a href="https://www.lesarchetsduleman.ch/" target="_blank" rel="noopener nofollow"><span style="text-decoration: underline;">Les Archets du Léman</span></a> en 2019 : on a donné des concerts en collaboration avec des écrivains, des comédiens, des chanteurs d’oiseaux, et même des mathématiciens.</p>
<p><strong>Est-ce que vous vous souvenez de la premi</strong><strong>ère </strong><strong>édition du Festival Chopin à </strong><strong>laquelle vous avez participé </strong><strong>?</strong></p>
<p>Je m’en souviens, car c’était la toute première ! J’étais là depuis le départ. D’abord pour distribuer des programmes, aider dans les coulisses&#8230; Au début, on fait ce qu’on peut avec les moyens qu’on a ! Ma maman est partie de très peu. Je suis en admiration devant ce qu’elle a su créer. Le Festival Chopin, c’est son troisième bébé, après ma sœur et moi (<em>rire</em>).</p>
								</div>
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									<p style="text-align: right;"><em>Une toute jeune Olivia Vilmart-Jacobson (à droite).</em></p>								</div>
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									<p><strong>Et depuis dix ans, vous y jouez vous aussi en tant qu’</strong><strong>artiste, à la tête du Quintette </strong><strong>Éph</strong><strong>ém</strong><strong>ère.</strong></p>
<p>L’expérience a même commencé en 2012, mais pas encore sous ce nom-là. J’avais monté un quintette pour accompagner les élèves des masterclasses. Au début, ça a été difficile de trouver les bonnes personnes avec qui jouer. J’ai persévéré, et en 2015, j’ai trouvé Elsa Camille Sapin, mon « bras gauche » si je peux dire, et Giuseppe Russo Rossi à l’alto et Florestan Darbellay au violoncelle, qui sont là depuis le début aussi. Les contrebassistes Samuele Sciancalepore et Massimo Pinca s’alternent selon les projets, et l’altiste Sarah Chenaf nous a rejoints il y a peu. Chacun a une carrière bien remplie de son côté, mais on arrive toujours à se retrouver pour ce projet et avec tellement de plaisir à jouer ensemble.</p>
<p><strong>Une belle longévit</strong><strong>é, comme si le nom du quintette avait conjuré le sort </strong><strong>!</strong></p>
<p>Oui, à l’époque, je ne savais pas combien de temps ça allait durer. En choisissant ce nom pour le quintette, j’ai surtout pensé au fait qu’on jouait ensemble à ce moment-là, ici et maintenant, dans l’instant présent &#8211; éphémère. Et pourtant, aujourd’hui, nous avons dix ans d’activité!</p>
<p><strong>Dans ce contexte, vous vous êtes sp</strong><strong>écialisé∙e∙</strong><strong>s dans l’</strong><strong>accompagnement pour cordes de la musique concertante de Chopin. Quel est votre lien à ce r</strong><strong>épertoire ?</strong></p>
<p>Quand j’étais enfant, je devais avoir 9-10 ans, j’allais à Sion prendre des cours chez Tibor Varga, on faisait le trajet tous les week-ends, soit avec ma mère, soit avec mon papa. Avec ma mère, pendant le trajet, on avait <em>UNE</em> cassette audio, un enregistrement des concertos de Chopin en version de chambre, joué par Marek Drewnowski et son quintette, qu’on écoutait en boucle. Il s’agissait du premier enregistrement au monde de ces concertos en version de chambre, et c’était d’ailleurs l’idée de Marek Drewnowski de les enregistrer. On n’arrivait pas à décider lequel on préférait, le n°1 ou le n°2, d’ailleurs on n’a jamais décidé. En réfléchissant, je crois que j’ai découvert ces concertos en version de chambre avant même d’entendre les versions orchestrales. C’est drôle de penser que par la suite, Marek Drewnowski a été le tout premier pianiste à jouer au Festival Chopin, qu’il est devenu un ami de la famille et que, presque trente ans plus tard, je joue régulièrement avec son fils Michal !</p>
<p><strong>Est-ce qu’un∙</strong><strong>e pianiste invit</strong><strong>é∙e au festival vous a laissé un souvenir particuli</strong><strong>è</strong><strong>rement marquant ?</strong></p>
<p>Plusieurs&#8230; Évidemment, certains musiciens nous touchent plus que d’autres. Il y a eu un récital de Krzysztof Jablonski pendant lequel j’ai été submergée, le souffle coupé.</p>
<p><strong>Que faut-il selon vous pour comprendre Chopin </strong><strong>?</strong></p>
<p>Une sensibilité au folklore polonais et – sans même forcément la parler – une sensibilité à la rythmique et à la mélodie de la langue polonaise. Ça aide à faire des phrasés qui ont du sens. Je l’entends, quand quelqu’un est sensible ou non à cette mélodie. </p>
<p><strong>En concert d’</strong><strong>ouverture, votre quintette va interpréter avec Leonora Armellini la Grande fantaisie sur des airs polonais et le Rondo à la Krakowiak , que vous aviez joué avec Franç</strong><strong>ois Dumont en 2021. J’</strong><strong>imagine que le quintette s’</strong><strong>adapte aux propositions des solistes ?</strong></p>
<p>Exactement. On a hâte de rejouer pour la deuxième fois ce répertoire, qu’on joue beaucoup moins souvent que les concertos ! François Dumont nous avait proposé sa version qui, à mon sens, était magnifique, et on se réjouit de découvrir celle de Leonora. On se retrouve toujours face à d’autres interprétations, ça demande d’être à l’écoute les uns des autres, à l’écoute du soliste, beaucoup de souplesse de jeu et de réactivité. J’ai d’ailleurs une anecdote à ce sujet&#8230; (<em>sourire mutin</em>). Lorsqu’on a joué le Concerto en fa mineur l’année dernière avec Michal Drewnowski, il est arrivé à la répétition avec l’envie de proposer une interprétation différente de toutes celles qu’il avait jamais pu faire ou entendre. Il a joué presque sans aucun rubato, alors j’ai laissé de côté ma partition où j’avais noté les rubatos de tous les autres pianistes depuis dix ans et j’en ai repris une nouvelle, totalement vierge. On est arrivés le soir du concert&#8230; et là, avec l’adrénaline, le background de son père, le sien, le contexte de la musique polonaise je pense&#8230; il a commencé à jouer avec tous les rubatos possibles et imaginables ! On s’est regardés avec mes collègues du quintette, et on a tout de suite compris ce qu’il allait faire et ce qu’il fallait faire, même si cela n’avait rien à voir avec ce que l’on avait répété. À la fin du concert, on en a discuté avec Michal et on en a tellement ri. Ces rencontres, à travers le quintette éphémère et ses expériences musicales singulières, sont avant tout une véritable aventure humaine !</p>
<p>***</p>
<p><strong>Festival Chopin Gen</strong><strong>ève</strong><br />Du 2 au 12 octobre 2025<br /><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://www.societe-chopin.ch/fr/programme/festival-chopin-geneve" target="_blank" rel="noopener nofollow">www.societe-chopin.ch/fr/programme/festival-chopin-geneve</a></span></p>
<p>Le Quintette Éphémère jouera avec la pianiste Leonora Armellini lors du concert d’ouverture, le 2 octobre à 20h au Conservatoire de Genève.</p>
<p>Olivia Vilmart-Jacobson jouera avec le violoncelliste Marcin Zdunik et le pianiste Pawel Mazurkiewicz lors du concert de clôture, le 12 octobre à 17h au Conservatoire de Genève.</p>								</div>
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		<title>Interview de Fabienne Dubosson, lauréate du Concours d’écriture 2025</title>
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		<dc:creator><![CDATA[blogcom]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Sep 2025 07:40:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[#chêne-bourg]]></category>
		<category><![CDATA[#concours d'écriture]]></category>
		<category><![CDATA[#interview]]></category>
		<category><![CDATA[#KatiaMeylan]]></category>
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					<description><![CDATA[Quelques jours avant la lecture publique des textes du Concours d’écriture de L’Agenda, on rencontre Fabienne Dubosson, lauréate de cette [&#8230;]]]></description>
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									<p><strong>Quelques jours avant la <a href="https://www.l-agenda.ch/evenements/scene-ouverte-lecture-publique/" target="_blank" rel="noopener">lecture publique des textes du Concours d’écriture de L’Agenda,</a> on rencontre Fabienne Dubosson, lauréate de cette édition 2025.</strong></p><p><!-- /wp:paragraph --></p>								</div>
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									<p><em>Pour lire le texte de Fabienne Dubosson,<br />rendez-vous <span style="text-decoration: underline;"><a href="https://www.l-agenda.ch/concours-decriture/" target="_blank" rel="noopener">sur cette page</a></span>  </em><em>←</em></p>								</div>
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									<p>Nombre de textes reçus lors de cette édition sur la thématique «Beaucoup de bruit pour rien» racontaient les histoires de celles et ceux qui s’agitent, s’imaginent, s’inquiètent&#8230; pour rien. Dans sa nouvelle toute en émotion, Fabienne Dubosson raconte un instant charnière de la vie d’un couple. Elle choisit de faire tenir toute une vie dans ce « rien » que suggérait le titre, une vie tantôt agressée tantôt caressée de sons, ciselés dans la forme comme dans le fond. </p><p>Autour d&rsquo;un café froid non loin de la gare de Chêne-Bourg, notre interlocutrice nous confie son lien à l&rsquo;écriture et ses habitudes de lectrice : une passion trop longtemps laissée de côté, une admiration pour Ramuz et une légère tendance à multiplier les romans entamés.</p><p>Interview : Katia Meylan</p><p><strong>Quelle place prend l’écriture dans votre quotidien ?</strong></p><p><strong>Fabienne Dubosson :</strong> Je suis traductrice pour une organisation internationale, donc j’écris toute la journée, mais des textes peu créatifs, avec des terminologies précises à respecter. Quand j’ai vu passer l’annonce du concours, je me suis rappelé qu’il fut un temps où j’écrivais pour moi. J’étais l’ado qui écrivait des poèmes dans ses cahiers d’école et plus tard, pendant ma vingtaine, quand les blogs ont commencé à apparaitre, je postais des textes sur le mien. J’aimais bien les formats courts. Ça faisait une quinzaine d’années que je n’avais rien écrit de personnel, car c’est aussi une question de temps, et dans mon temps libre, je suis souvent tentée de lire plutôt que d’écrire ! Mais j’ai réalisé que ça m’avait manqué.</p><p><strong>Qu’est-ce qui vous a encouragée à participer au concours d’écriture de L’Agenda ?</strong></p><p>Au début, le thème ne m’a pas parlé. Je suis restée devant ce « Beaucoup de bruit pour rien » à me demander ce que ça m’inspirait&#8230; Puis, au mois de mai, je suis partie quelques jours en Gruyère ; pendant une journée où il a fait un temps affreux, j’y ai réfléchi à nouveau, et une image cinématographique est apparue dans ma tête. C’était le couple de mon histoire, assis dans la voiture. Et c’est parti comme ça. J’ai eu envie de me projeter dans ces deux personnages, j’y ai mis beaucoup d’émotions personnelles, de mon expérience de proche aidante. Je ne sais pas ce que ressent une personne malade, mais je sais ce que c’est d’être à côté, d’avoir peur, de s’accrocher. D’avoir des souvenirs, des bruits qui reviennent.</p><p><strong>Pour vous, l’écriture est plutôt cérébrale, musicale, visuelle ou sensorielle ?</strong></p><p>Musicale.</p><p><strong>Êtes-vous plutôt du genre à tout écrire d’une traite, ou à revenir sur vos pas ?</strong></p><p>Une fois que j’ai terminé un texte, j’ai l’impression que « c’est bon »&#8230; Mais en relisant, je trouve toujours plein de choses à changer, je reviens dix fois sur une phrase jusqu’à trouver la bonne forme, un peu comme de la sculpture. Je retrouve ce sentiment de fierté dans la traduction, quand l’anglais est particulièrement difficile et que je trouve une solution.</p><p><strong>Est-ce que vous avez fait relire votre nouvelle à quelqu’un avant de l’envoyer ?</strong></p><p>Non ! Je n’ai pas osé, en fait. Je n’ai même pas osé en parler, jusqu’à ce que je reçoive le résultat ! J’ai toujours une sorte de pudeur sur mes textes vis-à-vis des gens qui me connaissent.</p><p><strong>Où trouvez-vous l’inspiration ?</strong></p><p>Mes lectures de romans en anglais et en français me nourrissent beaucoup. Comme ce sont mes livres, je me permets d’y inscrire des petites notes, je relève les phrases que je trouve belles, les sens qui résonnent.</p><p><strong>Quelle lectrice êtes-vous ?</strong></p><p>Une lectrice lente, et en plus, je commence plusieurs livres en parallèle. En ce moment, je dois en avoir trois en cours – sans compter celui que j’enregistre pour la Bibliothèque Sonore Romande en tant que lectrice bénévole. Parfois, je me donne l’interdiction de recommencer un roman tant que je n’en ai pas fini un autre !</p><p><strong>Comment élisez-vous votre prochaine lecture ? </strong></p><p>Difficile, il y a tellement de choses à lire. Mais je peux citer deux auteurs dont je lis tout : Jean-Philippe Toussaint, qui sort volontiers un livre par année – c’est un de mes auteurs préférés, pour son cynisme, son style léger et très fin ; et Patrick Deville, dont j’adore la façon de partir dans toutes les directions. J’ai l’impression que son cerveau fonctionne comme le mien, avec un petit trouble de l’attention (<em>sourire</em>). Sinon, chaque année, j’ambitionne de réussir à lire Proust.</p><p><strong>Quel livre n’allez-vous probablement jamais lire ?</strong></p><p>Des livres dont on m’avait dit beaucoup de bien et dont, en les commençant, je me suis dit « ça ne va pas être possible ». Des auteurs comme Dan Brown, par exemple, ou Joël Dicker, ne me parlent pas du tout. Mais je reconnais volontiers qu’ils puissent plaire à beaucoup de monde et que c’est une question de goûts !</p><p><strong>Quel est le livre que vous avez le plus lu ?</strong></p><p>« Si le soleil ne revenait pas », de Ramuz. C’est un livre que j’essaie de relire une fois par année. Ce qui me touche chez Ramuz, c’est sa façon de parler des gens simples, de dépeindre leurs passions infinies.</p><p><strong>De quoi vous êtes-vous déjà dit « j’aurais aimé que ce soit de moi » ?</strong></p><p>Une phrase de Ramuz, d’ailleurs, que je trouve très juste :  « C&rsquo;est à cause que tout doit finir que tout est si beau » [<em>ndrl, du recueil « Les femmes dans les vignes et autres nouvelles »]. </em>J’aime aussi une réplique dite par André Dussollier dans son rôle de psychiatre de prison [<em>ndlr, dans le film « Tais-toi ! » de Francis Veber</em>], qui me fait toujours rire – mais qui est peut-être moins adaptée. « C&rsquo;est un asile de fous, pas un asile de cons. Il faudrait construire des asiles de cons, mais vous imaginez un peu la taille des bâtiments. »</p><p><strong>Quelle est votre bonne résolution pour cette rentrée culturelle 2025-2026 ?</strong></p><p>Ah ! Aller plus souvent au cinéma. J’ai ma carte de remise pour les cinémas indépendants de Genève, pourtant, mais je ne prends pas assez le temps d’y aller. C’est précieux, d’avoir ces cinémas indépendants qui programment des cycles, qui font découvrir des pépites&#8230; Surtout maintenant qu’on est envahi par des films avec un gros casting, un gros budget, mais pas forcément de bonne qualité.</p><p>***</p><p>Fabienne Dubosson lira sa nouvelle « Beaucoup de bruit pour rien » aux côtés des autres lauréat∙e∙s du concours d’écriture 2025, dans le cadre de la Scène Ouverte de La Maison du Récit.</p><p><strong>Scène Ouverte n°1</strong> <br />Lundi 8 septembre à 19h<br />Brasserie de Béthusy, Lausanne<br /><span style="text-decoration: underline;"><a href="http://www.lamaisondurecit.ch/agenda/evenements/scene-ouverte-chapitre-1" target="_blank" rel="noopener nofollow">www.lamaisondurecit.ch/agenda</a></span></p>								</div>
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		<title>Tatiana Eva-Marie – Une pirate le cœur aux quatre vents</title>
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		<dc:creator><![CDATA[blogcom]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Jul 2025 14:01:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Jazz]]></category>
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					<description><![CDATA[Avril 2024, à l’issue de la première d&#8217;Eden Park au théâtre l’Oriental à Vevey, une jeune femme rejoignait le cast [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="260881" class="elementor elementor-260881" data-elementor-settings="{&quot;ha_cmc_init_switcher&quot;:&quot;no&quot;}">
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<p><strong>Avril 2024, à l’issue de la première d&rsquo;<em>Eden Park</em> au théâtre l’Oriental à Vevey, une jeune femme rejoignait le cast sous les applaudissements du public. Fébrile d’émotion, fière de témoigner du succès de cet opéra dont &#8211; on l’apprendra en sortant &#8211; elle a signé le livret. Tatiana Eva-Marie, chanteuse de jazz établie à Brooklyn, prisée par les clubs, admirée par la presse et le public, est un astre lumineux et enjoué ayant vécu toute sa vie sur scène. Aujourd’hui, elle est aussi une plume, à qui l’air lémanique insuffle une nouvelle trajectoire. En conteuse magnétique, elle nous embarque sans boussole dans ses histoires d’amour géographiques, dans la jungle du business musical new yorkais, dans ses écoles buissonnières manouches.</strong></p>
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					<h6 class="elementor-heading-title elementor-size-default"><a href="#chezjacquet">
→ Tatiana Eva-Marie + The Echoes of Django – Chez Jacquet ← (DJANGO)</a></h6>				</div>
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									<p>Interview: Katia Meylan</p>
<p><strong>Lausanne t’a vue grandir, Paris devenir adulte et Brooklyn bâtir une carrière ; quelle essence tu gardes de chacun de ces lieux ?</strong></p>
<p>C&rsquo;est difficile à dire maintenant, mais plus jeune, je n’étais pas du tout attachée à Lausanne, je m’y sentais enfermée, avec les montagnes en prison métaphorique. Je voulais aller à Paris pour être comédienne, on pouvait pas me retenir ici. Alors je suis partie à Paris à 15 ans, toute seule. Ma mère a dit « pas question que tu ailles jouer à Arthur Rimbaud à Paris, tu vas t’inscrire à l’Université ». J’ai étudié la littérature médiévale anglaise &#8211; j’étais contente, ça m’allait bien car j’étais toujours le nez fourré dans les livres. Paris, c’était une libération. Ce que j’en ai retenu, c’est la vie de bohème totale. Le rêve, la littérature qui se transforme en réalité. Tout ce que j’espérais, je l’ai trouvé à Paris. Après une dizaine d’années, j’étais tellement amoureuse de Paris que je me suis dit « si je pars pas maintenant, je partirais jamais ». J’ai un passeport américain et je voulais faire du jazz&#8230; ça aurait été bête de ne pas aller à New York. C’était comme quitter un amoureux. Je suis arrivée à New York en pensant que j’y resterai un an ou deux, mais j’y suis restée quinze ans.</p>								</div>
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									<p><strong>Nouvel amoureux&#8230;</strong></p>
<p>&#8230; nouvel amoureux, mais en mode syndrome de Stockholm ! New York, c’est le <em>toxic boyfriend, </em>qu’on n’aime pas, mais c’est la passion alors on ne peut pas partir. Ce que j’ai retenu de New York, c’est que ce n’est pas la bohème. Du tout. C’est le business, c’est marche ou crève. Une course qui n’arrête jamais. Tu dois tout le temps faire tes preuves, tout le monde te rappelle bien que tu es remplaçable à n’importe quel instant. Tu vis dans une frénésie, tu es le hamster dans la roue qui tourne. C’est d’une injustice terrible, il n’y a aucune aide, mais en même temps, il y a cette liberté qui vient avec la loi de la jungle. On peut aller frapper aux portes et elles s’ouvrent, même si c’est pour se faire dire « casse-toi ». À New York, on peut être dans un boui-boui assis à côté d’un milliardaire qui va nous dire “je t’offre un boulot demain”. C’est pas un mythe, c’est vraiment comme ça que ça marche aux États-Unis. Les premiers six mois, c’était l’enfer &#8211; j’ai découvert par exemple que je ne savais même pas faire marcher une machine à café &#8211; mais peu à peu, j’ai rencontré les bonnes personnes : le gars dans la finance qui joue du piano en amateur et qui te donne un coup de pouce, le dealer de diamants géorgien qui aime la musique et t’introduit dans un club où il connait tout le monde&#8230; J’ai commencé par jouer dans des petits bars, j’ai travaillé, me suis donnée à fond, j’ai été frapper aux portes, j’ai décroché une place dans la plus grande agence de jazz américaine. À New York, il faut dire oui à tout – enfin non, pas à tout ! (<em>rire</em>). Mais il ne faut pas se méfier des gens par principe, car là-bas, ça marche beaucoup comme ça. Il faut faire confiance à ce qui nous arrive, utiliser son instinct d’araignée, observer : ce tigre-là a l’air repu, il ne va pas me manger ce soir. C’est des risques que je prendrais pas à Paris, parce que j’ai l’impression que là-bas, quand quelqu’un veut faire un écart, c’est pas forcément pour une bonne raison. Alors qu’à New York, tout est perpétuellement ouvert à l’imprévu. Ça m’a convenu parce que j’ai un esprit de pirate et d’aventurière, et que j’ai su jouer de ça. C’est intéressant, d’avoir vécu ça, ça m’a énormément appris.</p>								</div>
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									<p><strong>« D’avoir vécu ça », tu en parles au passé ?</strong></p>
<p>&#8230; Oui&#8230; là, je me demande parfois si tout ça est nécessaire. Peut-être que c’est comme ça que ça marche seulement parce qu’on nous dit que c’est comme ça que ça marche. Je me détache un peu de cette industrie de la musique, qui d’ailleurs n’est plus très actuelle ! &#8230; C’est des vieux dinosaures, qui essaient de garder leur bout de gras en voulant nous faire croire que les choses marchent toujours comme il y a vingt ans, mais c’est pas vrai. Les choses ne marchent même plus comme il y a un an. Et moi je ne sais pas comment je vais changer avec ce monde qui change. Comme je fais ce métier depuis toujours, ça n’a jamais été un <em>rêve</em>, c’était déjà mon quotidien. Mes parents sont tous les deux dans le milieu du spectacle, alors dès qu&rsquo;il y avait besoin d’une petite fille sur scène, j’étais là ! Je n’ai jamais associé le métier de la scène au succès. Pour moi, le succès c’est un outil pour arriver au public, c’est tout. Faire passer un moment de rêve, qui touche, qui fait rire, qui fait pleurer, c’est ça ma vocation.</p>
<p><strong>Donc, tu es à un tournant ? Tu quittes New York ?</strong></p>
<p>Quand la pandémie a éclaté, j’étais en tournée en Europe, et j’avais le choix entre retourner à New York dans une cage à lapin, ou rentrer à Chailly  chez maman, avec un petit jardin. Donc j’ai décidé de revenir ici. Pendant cette période, j’ai pu me promener dans la forêt et au bord du lac, je ne croisais personne. On était en tête à tête, Lausanne et moi, et là&#8230; Je tombe une nouvelle fois amoureuse. Ça me prend complètement par surprise ! Lausanne, c’est le voisin d’à côté que j’ai snobé toute ma vie parce que je me pensais trop bien pour lui ! (<em>rire</em>). Maintenant, je puise toute mon inspiration dans le Lac Léman. Il a quelque chose de magique, non ? J’avais peur de m’ennuyer ici. Et je me suis rendu compte que c’est à New York que je m’ennuyais, sans le réaliser car je comblais constamment cet ennui.</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;">Tatiana Eva-Marie dans le film <em><a href="https://www.epicentrefilms.com/film/swing-rendez-vous/" target="_blank" rel="noopener nofollow">Swing rendez-vous</a> </em>(2022),<br />librement inspiré de sa vie à Brooklyn</p>								</div>
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									<p><strong>Et ici comme ailleurs, tu trouves une voie. J’ai vu – et adoré! – l’opéra <a href="https://www.l-agenda.ch/eden-park-a-prohibition-opera/" target="_blank" rel="noopener"><em>Eden Park</em></a>, dont tu as écrit le livret, qui a rempli quinze dates en avril 2024.</strong></p>
<p>Oui, on a été très touchés par ce succès, surtout pour un opéra original, en anglais sans sous-titres! L&rsquo;idée de composer un opéra ensemble, avec Gérard Massini (<em>nrdl, le compositeur de la musique d’Eden Park</em>), on l’avait eue à quoi, douze, treize ans ? On a renoué pendant la pandémie et on l’a fait ! C&rsquo;est entre autres cette expérience qui m’a donné envie de passer plus de temps ici, de contribuer à cette ville que j’ai voulu fuir et que j’aime à nouveau.</p>
<p><strong>Tu as aussi intégré la scène jazz locale en rejoignant le groupe Echoes of Django. Comment tu trouves l’équilibre avec le Avalon Jazz Band, ton groupe à Brooklyn ?</strong></p>
<p>C’est très différent, et c’est normal : ce n’est pas la même culture. En Amérique, je suis la chef de chantier. Avec les garçons d’Echoes of Django, on a un atelier de création. Ils ne jouent pas que du gipsy jazz, ils font de la pop, sont fous de chanson française. J’ai trouvé une communauté, j’ai l’impression de les avoir connus toute ma vie, que ce sont des anciens camarades de classe avec qui repartir en école buissonnière!</p>								</div>
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									<p><iframe title="Tatiana Eva-Marie + The Echoes of Django – Chez Jacquet (DJANGO)" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/kPg_yMyvpoA?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>								</div>
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									<p><strong>Ensemble vous avez enregistré un album, <em>Django’s Tiger</em>, à paraitre fin 2025. Un répertoire qui vous lie, que vous connaissez sur le bout des doigts&#8230; </strong></p>
<p>&#8230; et avec lequel on a tout le temps des surprises ! Django Reinhardt a tellement écrit, et on l’a tellement entendu interprété de la même manière. C&rsquo;est un immense compositeur, il nous offre de la matière tout le temps, si on veut bien oser écouter différemment. Ce que j’ai voulu faire, c’est le chanter, alors j’ai écrit beaucoup de paroles sur ses musiques. C’était un grand défi et j’avais un peu peur, car c’est un dieu sacré dans ce monde qui peut être assez fermé, codifié&#8230; Mais j’ai été extrêmement bien accueillie ! Ça donne envie d’explorer encore et encore, j’ai l’impression que c’est infini.</p>
<p><strong>Quels sont les projets sur lesquels tu travailles en ce moment ?</strong></p>
<p>Je sais pas si c’est une question d’âge, mais j’ai de plus en plus envie de passer de l’autre côté, c’est pour ça que je commence à écrire. J’aimerais faire de la mise en scène aussi, peut-être réaliser un film. Mon rêve absolu – que je partage avec Gérard [<em>Massini</em>] – c’est d’avoir un centre culturel, un lieu de création où on pourrait allier toutes les formes d’art et de fête. Pour l’instant, on prépare un nouveau projet d’opéra, inspiré de <em>L’Écume des jours</em>. On a déjà écrit et composé un tiers, on a commencé à faire le casting. On est allés rendre visite à Nicole Bertolt, qui s’occupe de la Fondation Boris Vian à Paris – elle est extraordinaire –, elle nous a fait visiter l’appartement de Boris Vian, sa terrasse qu’il partageait avec le Moulin Rouge. Pour moi qui suis une <em>fan girl </em>de Boris Vian depuis toujours, c’est encore plus stressant d’écrire une adaptation qu’un livret original ! C’est un beau projet&#8230; J’ai l’impression de faire un bébé avec Boris Vian, avec Gérard Massini comme mère porteuse (<em>rire</em>).</p>
<p><strong>Comment tu t’imagines à 80 ans ?</strong></p>
<p>À 80 ans ?! &#8230; Vivante, déjà&#8230; En fait, je m’imagine assez clairement. Je m’imagine en une sorte de marraine un peu folle, qui a un serpent dans une cage et un perroquet mort en guise de chapeau – un peu Tim Burton, tu vois ? Avec un espace pour accueillir les jeunes des artistes qui viendraient peindre, ou jouer du piano. Je ferais le café, j’amènerais les gâteaux, et on aurait des grandes conversations philosophiques.</p>
<p>***</p>								</div>
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					<h4 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Petit questionnaire de Proust de Tatiana Eva-Marie</h4>				</div>
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									<p><strong>Un objet que tu emmènes partout</strong><br />Mes clés&#8230; (<em>elle cherche dans son sac) </em>mais pour une raison particulière<em>&#8230; (elle en sort son porte-clés, une petite cloche de vache aux motifs suisses</em>). Maintenant que je me suis souvenue d’où je viens !</p>
<p><strong>L’activité qui occupe le plus clair de ton temps<br /></strong>Réfléchir à mes prochains projets artistiques.</p>
<p><strong>Ta madeleine </strong><br />L’odeur du Lac Léman.</p>
<p><strong>Un conseil que tu n’as jamais écouté</strong><br />Fais attention.</p>
<p><strong>Un conseil que tu donnerais à une petite Tatiana</strong><br />Fais attention ! On a besoin de conseils qu’on écoute pas.</p>								</div>
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		<title>Quand l’IA fait son cinéma</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Jul 2025 07:38:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[À chaque étape de production son intelligence artificielle : en pré-production, l’IA peut co-écrire des scénarios ou anticiper le succès [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="260867" class="elementor elementor-260867" data-elementor-settings="{&quot;ha_cmc_init_switcher&quot;:&quot;no&quot;}">
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									<p></p>
<p><strong>À chaque étape de production son intelligence artificielle : en pré-production, l’IA peut co-écrire des scénarios ou anticiper le succès d’un projet grâce à l’analyse de données. En période de tournage, elle permet de générer des décors, des doublures numériques ou des effets visuels sans caméra réelle. En post-production, elle automatise le montage, le doublage, le sous-titrage et la création musicale. L’IA s’invite même dans la distribution, où elle personnalise les bandes-annonces selon le profil des spectateur·ice·s. Si certain·e<strong>·</strong>s craignent pour leur avenir professionnel, d’autres au contraire surfent sur la vague des algorithmes. Comment l’IA va-t-elle continuer à faire évoluer le milieu de l’audiovisuel et du cinéma ?</strong></p>
<p></p>
<p>Enquête : Mélissa Henry</p>
<p></p>								</div>
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									<p>L’IA se retrouve tellement partout dans les métiers de l’audiovisuel que certain·e·s sont persuadé·e·s qu’elle va les remplacer. D’autres, au contraire, y voient une formidable opportunité de pousser plus loin les limites de leur propre créativité. C’est l’avis que partagent Laura Tocmacov, fondatrice et directrice d’Impact IA, et Jonathan O’Hear, artiste explorant les possibilités infinies de l’IA à travers l’art, notamment dans l’audiovisuel. Tous deux parlent de l’IA comme d’une collaboratrice, un « sparring partner » avec qui co-créer. Le festival AiiA, laboratoire d’art et d’intelligence artificielle, explore cette approche : « réfléchir ensemble, avec des artistes et penseur·euse·s transdisciplinaires, nous permet d’anticiper car on réfléchit après avoir expérimenté, on imagine différentes options, on retravaille les prototypes. Puis on crée plus de variantes, et on fait un choix. C’est vraiment génial car on va au-delà de ses limites », souligne Laura Tocmacov, pour qui l’IA ne s’anticipe pas car elle ne va jamais dans la direction imaginée.</p>
<p class="MsoNormal"><b><span lang="fr">Des IA créatives ?</span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="fr">En 2018, lorsqu’elle a cofondé Impact IA avec Tim O’Hear, e<span style="background-image: initial; background-position: initial; background-size: initial; background-repeat: initial; background-attachment: initial; background-origin: initial; background-clip: initial;">xpert en intelligence artificielle et innovations digitales, tous deux étaient persuadé·e·s que l’IA allait « exploser ». Et Laura Tocmacov d’interroger: </span>« qui aurait pu imaginer que cette application moche qui inventait pour répondre à des questions débiles en 2022, parvienne, trois ans plus tard, à autant d’innovations avec des agents IA qui réfléchissent ? » Pour elle, il n’est pas possible d’anticiper ce que sera concrètement l’IA de demain : « on a une idée de ce qui bouge, mais on ne voit pas tous les signaux faibles, qui vont en fait être des facteurs de changements directs ».</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="fr">Quant à savoir si les IA peuvent être créatives, les avis sont partagés. Pour l’artiste Jonathan O’Hear, « cela dépend de ce qu’on appelle <i>créativité</i>. Certains artistes examinent le langage même du medium, comme David Lynch avec <i>Mulholland Drive</i> par exemple ». Explorer la manière dont on raconte le cinéma, les codes du langage et de la narration, pourrait être une piste de création selon Romed Wyder, qui précise cependant : « mais toute une partie de l’audiovisuel, celle qui sort de la norme, n’est pas possible de générer avec des IA ». Pour Laura Tocmacov, les IA sont déjà créatives : « on est en train de passer d’assistants IA à agents IA. Avant 2022, on avait des chatbots, puis les assistants IA avec ChatGPT, etc. à qui on prompte une demande pour qu’ils nous répondent. Maintenant, les agents IA sont orientés sur des objectifs, ce qui change tout. Même ChatGPT est déjà dans un fonctionnement visant des objectifs. Ça les rend plus créatives ». Pour d’autres, comme le réalisateur Romed Wyder, c’est l’humain qui apporte la créativité car « si on ne donne rien à l’IA, on n’a rien en retour. » </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="fr">La question de la propriété intellectuelle, inhérente à la créativité, fait débat. Ces dernières années, les tribunaux ont tenté de légiférer sur la question : à Pékin en 2023, un tribunal a conféré un caractère d’originalité à une image générée par StabilityAI. Plus récemment, le 26 juin, le Tribunal fédéral administratif suisse a accepté l’inscription de l’informaticien Stephen Thaler comme co-auteur d’une invention qu’il souhaitait breveter. Une semi-victoire pour ce chercheur américain, puisque cette invention était, selon lui, l’œuvre de son IA seule. Mais pour l’heure, les brevets ne sont pas délivrés aux IA. </span></p>
<p class="MsoNormal"><b><span lang="fr">Ce que l’IA projette au cinéma </span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="fr">Demeurent les modèles hybrides, celles que l’on peut qualifier de « collaboration » avec une IA, comme le projet <a href="https://www.chimere.ai/" target="_blank" rel="noopener nofollow"><i><span style="color: #1155cc;">Chimères Communities</span></i></a><i> </i>œuvre nourrie par la collaboration des communautés,<i> </i>présenté lors du <a href="https://aiiafestival.org/" target="_blank" rel="noopener nofollow"><span style="color: #1155cc;">AiiA festival</span></a>. Œuvre collaborative, IA interactive, l’artiste Jonathan O’Hear expérimente l’IA sous différentes formes, dans le milieu artistique comme audiovisuel. En témoigne le projet du réalisateur Romed Wyder. Dans le film, <em>Où est Ava ?</em>, Romed Wyder avait besoin d’images de la fille de ses protagonistes, Mona, dans une version féminine et une version masculine, générées à partir de photos des parents, qui sont en revanche des acteurs en chair et en os. Sans IA, les options auraient été le maquillage ou la sélection au casting de frères et sœurs. Les images restant quelques secondes seulement à l’écran, l’utilisation d’une IA fut l’option la moins onéreuse, et a permis de placer les personnages dans des situations complexes en tournage. « À l’époque où j’ai généré ces images, il fallait encore faire des retouches, comme l’écriture sur la pancarte que tenait le personnage au milieu d’une manifestation, qui n’apparaissait pas très nettement. Tous les deux mois, la technologie évolue et devient plus performante et moins chère. Il faut alors faire de petites adaptations, mais c’est pour être plus efficace ensuite. C’est vraiment grisant ! »</span></p>								</div>
				</div>
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									<p style="text-align: right;"><em>Haut de page: Image générée par une IA pour le film </em>Où est Ava?<em> de Romed Wyder (Paradigma films).<br />Ci-dessus: images d’Ava et de sa version masculine, générées par IA (Paradigma Films).</em></p>								</div>
				</div>
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									<p>En parallèle, une expérience numérique est en train de voir le jour : elle plonge dans le même univers que le film linéaire <em>Où est Ava ?</em> : de manière interactive, il est possible de discuter avec les quatre protagonistes. Un service analyse en temps réel les questions qui lui sont posées, et recherche dans la base de données les caractéristiques du personnage, avant de générer une réponse, d’abord à l’écrit puis de façon vocale et visuelle, pour que le personnage réponde physiquement et verbalement à la question posée. « C’est un travail énorme », souligne Romed Wyder, avant d’admettre : « on se rend compte que ça va être extrêmement cher à utiliser. Chaque question va coûter une fortune, on va devoir trouver une solution, comme par exemple proposer l’expérience uniquement lors de festivals avec un budget alloué pour cela ».</p>
<p>Avoir littéralement accès aux points de vue subjectifs des personnages d’un film fait partie des évolutions possibles de l’audiovisuel. Jonathan O’Hear « rêve de ce moment où on aura accès à toutes les histoires autour des histoires », des histoires extrapolées, la réalité alternative, les embranchements de ce que le récit aurait pu être. Et de rappeler : « on en revient à la question de ce que ça ouvre comme possibilités, qu’est-ce qu’on en fait ? »</p>
<p>Jonathan O’Hear exploite également les glitches, ces effets qui fragmentent ou brouillent les images, les font sauter parfois, pour en faire apparaître d’autres. L’un de ses projets porte sur la statue préhistorique de bronze <em><a href="https://youtu.be/mh0-NUQepbU?si=pGD0c-IuzhD0KSWz" target="_blank" rel="noopener nofollow">Dancing girl</a></em> qu’il a photographiée au National Museum de New Delhi. À partir de cinq images, Jonathan O’Hear a créé un modèle en IA qui lui a ensuite permis d’affiner une multitude de répliques. Pour l’artiste, le plus fascinant est la série d’images générées qui donnent vie à la statuette <em>Dancing girl</em>, animée de manière saccadée à la manière d’un folioscope qui produit un effet de mouvements aux personnages dessinés sur des feuilles de papier. Car ce n’est pas la perfection ni le réalisme qui intéresse l’artiste.</p>
<p><strong>Sur les traces des blockbusters </strong></p>
<p>« Pour l’instant on se moque des vidéos générées par IA. Il y a eu cette fameuse vidéo de Will Smith en train de manger des pâtes, sortie il y a deux ans, complètement ridicule. Le temps de se moquer, une autre version sortait. Et puis, il y a eu Sora » lance Laura Tocmacov. Sora est une intelligence artificielle développée par OpenAI qui permet de générer des vidéos réalistes à partir de simples descriptions textuelles. Il n’y a qu’à voir <a href="https://www.youtube.com/watch?v=HK6y8DAPN_0" rel="nofollow noopener" target="_blank">le teaser</a> de Sora pour se rendre compte du potentiel de cette IA. Pour les créatifs·ves, Sora permet de réaliser des storyboards animés, tester des idées visuelles (sizzle reels), ou encore de générer des contenus sans budget ni équipe technique. La qualité n’est pas encore parfaite, avec parfois des artefacts dans les visages, et des limites sur les scènes complexes mettant en scène des interactions entre plusieurs personnages. Mais comme toujours avec l’IA, c’est une question de temps.</p>
<p>Ces productions, faites par une IA sans humain dans la boucle, pourraient rapidement développer des blockbusters. Après tout, les scénarios de ces films fonctionnent déjà d’après des templates narratifs, aussi appelés « storytelling matrix » comme la <em>Save the Cat! Beat Sheet</em> de Blake Snyder qui repose sur une quinzaine d’étapes-clefs, et massivement utilisée à Hollywood. Il n’y a qu’à regarder les films de Noël pour être convaincu·e qu’un certain nombre de cases ont été cochées. L’IA repose elle aussi sur des scénarisations automatisées, et peut donc déjà aisément reprendre ces recettes de films à succès.</p>
<p><strong>Quel avenir pour les métiers de l’audiovisuel ? </strong></p>								</div>
				</div>
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									<p style="text-align: right;"><em>Image générée par une IA. Crédit : Kjpargeter (Freepik)</em></p>								</div>
				</div>
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									<p>Bien utilisée, l’IA pourrait renforcer l’excellence individuelle, en améliorant à la fois la qualité et la productivité, tout en élargissant nos connaissances et notre créativité. C’est ce que montre une étude récente publiée par Ethan Mollick, professeur à la Wharton School de l’Université de Pennsylvanie, une école de commerce américaine de référence. Sur son site One Useful Thing, il analyse les résultats d’une expérimentation menée auprès de 758 consultant·e·s du Boston Consulting Group pour évaluer l’impact de l’IA générative sur la performance professionnelle.</p>
<p>Car l’IA nous permet de dégager du temps pour laisser libre cours à notre créativité. Retirer un bruit de fond, sauf cas complexes, ne relève pas d’un savoir-faire particulier. Utiliser l’IA dans des cas similaires permettra d’avoir davantage de temps pour un montage plus élaboré ou un travail éditorial qui requiert réflexion et expertise. La valeur ajoutée de l’IA n’est évidemment pas la même pour tout le monde : des tâches administratives ou de comptabilité, compliquées ou chronophages pour certaines personnes, seront passionnantes pour d’autres.</p>
<p>L’IA menace tout de même des métiers et des œuvres relevant de la propriété intellectuelle, comme les voix-off. « Il ne faut pas non plus être naïf·ves, l’IA va tuer certains métiers, en transformer d’autres, et probablement nous emmener sur des nouveaux chemins intéressants, aussi. Mais si on met toutes nos énergies à être contre, on ne crée plus ». Pour Laura Tocmacov, l’essentiel est de savoir comment se réinventer. « Le plus gros danger, c’est de rester bloqués dans ces bulles cognitives, qui nous empêchent de découvrir de la nouveauté. Or, dans l’audiovisuel, on a besoin d’être surpris ». Deux idées concomitantes soutiennent que le travail tel qu’on le connaît aujourd’hui n’existera plus dans quelques années, et que l’IA va créer de nouveaux métiers. Tout comme la révolution industrielle, la crise est inévitable face à l’explosion fulgurante de l’IA dans tous les domaines.</p>
<p>L’IA a aussi ses propres limites. En témoigne Romed Wyder qui a testé Genario, pour créer des scénarios : « même avec un texte de base original, c’est l’évidence même qui va sortir. Les fiches de lecture sont bateau, que ce soit avec mon scénario ou celui de Sofia Coppola ». Pour le réalisateur, « là où l’IA est intéressante, c’est quand on peut prompter soi-même ». Comme avec ChatGPT qui offre des recherches et développements plus efficaces.</p>
<p>D’autres plateformes spécifiques au milieu de l’audiovisuel existent, comme <a href="http://largo.ai" target="_blank" rel="noopener nofollow">Largo.ai</a>, développée par une start-up de l’EPFL, qui utilise une base de données de plus de 400’000 films, 950’000 talents, et donne des recommandations de scénarios, de bande-son ou d’image. La plateforme organise notamment des ateliers à destination des professionnels du métier, afin d’interroger le potentiel de l’IA dans le cinéma, d’abord en utilisant l’IA générative, puis en demandant à Largo.ai de tester le potentiel d’audience des projets issus de ses ateliers. Jusqu’à présent, la place de la créativité humaine apparaît comme un vecteur <em>sine qua non</em> d’originalité, inhérent au succès d’un film.</p>
<p><strong>IA or not IA ?</strong></p>
<p>Chaque fois, c’est un choix qu’il faut opérer. Dans son prochain film, Romed Wyder souhaitait filmer un chevreuil. « S’est alors posée la question de l’utilisation d’une IA, en transformant une chèvre en chevreuil ». Parfois, utiliser une IA est plus compliqué que de tourner à l’ancienne. Notamment quand on voit les rendus un peu trop oniriques ou dignes de Picasso lorsque l’on fait appel à Midjourney pour créer des personnages. Mais les deep fakes ont prouvé que certaines IA sont plus convaincantes que d’autres pour transformer le réel. Une bonne chose, selon Romed Wyder : « Je trouve que les IA, notamment les Deep fakes, vont apprendre aux gens à se méfier de tout. Et dans quelques temps, quand on doutera de tout, on aura besoin de médias pour confirmer la véracité des faits et des images ».</p>
<p>Quant aux films interactifs, impliquant une personne active qui participerait littéralement à l&rsquo;œuvre cinématographique, le réalisateur doute de leur potentiel : « les gens ont quand même envie de suivre une histoire de A à Z, linéaire. Autrement, on s’oriente vers un jeu vidéo. Je ne suis pas sûre que le cinéma change tant que cela à l’avenir, si ce n’est au niveau des décors ». Et de rêver d’un avenir proche où décors et univers se matérialiseront à l’écran, grâce à l’IA.</p>
<p>Pour la CEO de la fondation ImpactIA, l’interactivité pourrait être encore plus poussée à l’avenir : « il suffirait qu’on apprenne à identifier les expressions du visage, les traits d’émotions, pour amener le niveau d’émotion recherché. Un épisode de <em>Black Mirro</em>r explore cela. C’est très plausible ». Des films et séries sur-mesure qui se baseraient sur nos réactions et les émotions recherchées : la Vidéo à la Demande du futur. Avec l’effet de surprise en prime. « Je pense que ce qui est intéressant est ce qui nous surprend », souligne Romed Wyder. Mais selon lui, « l’IA a toujours du mal à sortir des sentiers battus. On aura toujours besoin de l’humain ». D’autant plus si, comme Laura Tocmacov l’espère aussi, les IA nous renverront à notre humanité, en s’adressant à nous avec politesse et bienveillance, des qualités parfois en voie de disparition dans les métiers de l’audiovisuel &#8211; comme d’autres domaines d’ailleurs.</p>
<p>Entre expérimentations et inquiétudes, l’IA impose désormais une redéfinition des rôles. Plus qu’un outil, elle devient une collaboratrice et invite à revoir nos priorités, à explorer nos domaines d’expertise. La question n’est plus « si » l’IA transformera le secteur, mais « comment » nous déciderons d’en faire un levier d’émancipation plutôt qu’un simple outil de raccourci, au risque de standardiser davantage encore la production. Reste à savoir si le septième art saura garder son humanité et sa créativité… En pleine conscience.</p>								</div>
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					<h4 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Échanges avec le réalisateur Jean-Stéphane Bron… 
En collaboration avec ChatGPT
</h4>				</div>
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									<p><strong>Jean-Stéphane Bron : </strong>Par curiosité et un peu par provocation (et aussi par manque temps soyons honnête), j’ai demandé à CHATGPT de répondre à ma place en lui disant qui j’étais, ce que j’avais fait, etc. ! Voici ses réponses après deux secondes de réflexion. Je vous laisse juge. En rouge mes commentaires (sans aide…)</p>
<p><strong>ChatGPT :</strong> Voici une réponse rédigée dans le style du réalisateur <strong>Jean-Stéphane Bron</strong>, avec une voix qui mêle lucidité, engagement artistique et intérêt pour les questions éthiques et sociétales — caractéristiques que l&rsquo;on retrouve dans ses documentaires comme <em>5 Nouvelles du cerveau</em>, <em>L&rsquo;Expérience Blocher</em>, ou encore <em>Cleveland contre Wall Street.</em></p>								</div>
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									<p><strong>CultureEnJeu: Comment l’IA transforme-t-elle votre métier de cinéaste ?</strong></p>
<p><strong>ChatGPT :</strong> Je dirais que l’IA agit un peu comme un révélateur : elle transforme la manière dont on conçoit le cinéma, mais elle révèle aussi ce qu’il y a de profondément humain dans notre métier. Il y a cette tentation de l’automatisation, de l’optimisation permanente, qui entre parfois en collision avec la dimension artisanale, sensorielle, intuitive de la création cinématographique. On est face à un miroir qui nous demande : qu’est-ce qui, dans ce que nous faisons, peut être reproduit, et qu’est-ce qui ne le peut pas ?</p>
<p><strong><span style="color: #941626;">Jean-Stéphane Bron :</span> </strong><span style="color: #941626;"><em>D’ici quelques années, démêler le vrai du faux sera impossible. Dans le domaine de l’information, la guerre des images et des sons ne fait que commencer. De mon côté, j’ai commencé à utiliser des assistances IA dans le domaine du son et les résultats sont vraiment étonnants (essais de voix, nettoyages, remplacement de mots, etc.). Aussi, ayant découvert la puiss<span style="color: #941626;">ance de ces outils, je comprends mieux pourquoi les acte</span>urs et les scénaristes ont fait grève il y a trois ans à Hollywood.</em></span></p>
<p><strong>En tant que réalisateur, percevez-vous l’IA plutôt comme une opportunité ou une menace ?</strong></p>
<p><strong>ChatGPT :</strong> Je suis partagé. Il y a un potentiel indéniable : l’IA peut nous aider à explorer des récits, des structures narratives, à visualiser autrement. Mais elle est aussi une menace si elle devient un outil de standardisation, ou pire, un moyen pour les plateformes de réduire encore la prise de risque artistique. Le danger, ce n’est pas l’IA elle-même, c’est ce que les logiques industrielles pourraient en faire.</p>
<p><span style="color: #941626;"><em>Rien à redire. Bien imité..</em></span></p>
<p><strong>Voyez-vous des initiatives ou des projets en Suisse utilisant l’IA que vous jugez particulièrement intéressants ?</strong></p>
<p><strong>ChatGPT :</strong> Oui, notamment dans la recherche, entre Lausanne et Genève, il y a des ponts passionnants entre neurosciences, arts visuels et IA. J’ai rencontré, lors du tournage de <em>Cinq Nouvelles du cerveau</em>, des chercheurs à l’EPFL ou à l’Université de Genève qui travaillent sur des interfaces cerveau-machine avec une ouverture poétique que je trouve stimulante. C’est souvent dans ces marges — entre science, art et philosophie — que l’on voit émerger les idées les plus fécondes.</p>
<p><span style="color: #941626;"><em>Et les menaces sur la démocratie, les vois-tu émerger ??</em></span></p>
<p><strong>Qu’est-ce que votre projet Cinq Nouvelles du Cerveau vous a appris, notamment sur le rapport entre l’humain et l’IA ?</strong></p>
<p><strong>ChatGPT :</strong> Que ce rapport est ambivalent, fondamentalement. L’IA fascine parce qu’elle nous ressemble de plus en plus, mais elle inquiète parce qu’elle agit sans conscience. Le film m’a appris qu’on ne peut pas penser l’IA sans réfléchir en même temps à ce que nous sommes, à nos limites, à notre vulnérabilité. L’enjeu n’est pas seulement technologique, il est existentiel.</p>
<p><span style="color: #941626;"><em>Pour dire vrai, il est politique. Qui détient le pouvoir ? Et à quelles fins ? Lisez les inspirateurs du Trumpisme (Curtis Yarvin en tête) et voyez ce qu’ils pensent de l’IA et à qui elle devrait servir. Le peuple dans des caves abrutis de jeux vidéo, les éclairés, les puissants, régnant en maître sur le monde. C’est un peu délirant, mais c’est une théorie en vogue dans la Silicon Valley. Le développement inéluctable de l’IA est vendu avec l’idée, elle aussi inéluctable, de l’obsolescence de la démocratie.</em></span></p>
<p><strong>Quel est votre avis sur l’écriture, le montage ou d’autres aspects de la création assistés par l’IA ?</strong></p>
<p><strong>ChatGPT :</strong> Je suis curieux. J’ai testé certains outils d’écriture assistée, notamment pour jouer avec des structures narratives ou faire émerger des associations d’idées. Mais je garde une distance critique. Le risque, c’est que ces outils réduisent la complexité, qu’ils nous enferment dans des formats prédictifs. Je ne veux pas d’un cinéma où les scénarios sont générés en fonction d’algorithmes calibrés pour “plaire”.</p>
<p><span style="color: #941626;"><em>So true.</em></span></p>
<p><strong>Que répondez-vous à celles et ceux qui pensent que l’IA va détruire des métiers, notamment dans le milieu du cinéma ?</strong></p>
<p><strong>ChatGPT :</strong> Je comprends leur inquiétude. Oui, certains métiers vont être profondément transformés. Des postes liés à la post-production, aux effets visuels ou au repérage vont devoir évoluer. Mais la réponse ne peut pas être le repli. Il faut former, accompagner, imaginer de nouvelles façons de collaborer avec ces technologies. Et surtout, défendre la valeur de la pensée humaine, de l’expérience vécue.</p>
<p><em><span style="color: #941626;">Haha, bonne réponse, mesurée, prudente, tellement moi, ça fait peur… ;-)&nbsp;</span> </em></p>
<p><strong>Quel est, d’après vous, le rôle des cinéastes face à cette transformation ?</strong></p>
<p><strong>ChatGPT :</strong> C’est un rôle politique et artistique. Politique, parce qu’il faut résister à la tentation de l’automatisation du goût. Artistique, parce qu’il faut continuer à inventer, à raconter des histoires que personne n’attendait. L’IA pousse à la standardisation. Le cinéma, lui, doit rester le lieu de l’imprévisible, du singulier.</p>
<p><span style="color: #941626;"><em>Oui, de l’expérience aussi, au sens scientifique. Nous devons nous astreindre à être des chercheurs.</em></span></p>
<p><strong>Selon vous, quel impact l’IA va-t-elle avoir sur le rapport des salles de cinéma avec le public ?</strong></p>
<p><strong>ChatGPT :</strong> Là aussi, tout dépendra de l’usage. Il y a des expérimentations intéressantes avec des œuvres interactives ou des médiations augmentées. Mais j’espère qu’on ne va pas faire du cinéma une expérience purement “optimisée”. Le cinéma, ce n’est pas Netflix dans une salle. C’est un lieu de partage, de trouble, de silence. Il faut préserver cela.</p>
<p><span style="color: #941626;"><em>Un lieu de trouble, j’adore.</em></span></p>
<p><strong>Comment vous préparez-vous, en tant que cinéaste, à l’évolution des usages liés à l’IA ? Quel rôle vont y jouer la formation, le dialogue professionnel ou la création de réseaux ?</strong></p>
<p><strong>ChatGPT :</strong> Je crois à la nécessité de créer des espaces de dialogue, entre artistes, chercheurs, ingénieurs. La formation est essentielle, mais elle doit être critique. Il ne s’agit pas d’apprendre à “bien utiliser” l’IA, mais de penser ses usages, ses effets, ses angles morts. Le cinéma a toujours été une forme en dialogue avec la technique. L’enjeu est de ne pas céder notre autonomie de pensée à la machine.</p>
<p><span style="color: #941626;"><em>Penser les angles morts, c’est beau !!</em></span></p>								</div>
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		<title>Estelle Revaz &#8211; Haute mer par beau temps</title>
		<link>https://www.l-agenda.ch/estelle-revaz-2025/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[blogcom]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 16 May 2025 08:31:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Classique et opéra]]></category>
		<category><![CDATA[#interview]]></category>
		<category><![CDATA[#KatiaMeylan]]></category>
		<category><![CDATA[#musique]]></category>
		<category><![CDATA[#rencontre]]></category>
		<category><![CDATA[#violoncelle]]></category>
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					<description><![CDATA[Fin avril 2025 au café Pages &#38; Sips à Genève, où nous la retrouvons pour cette interview, Estelle Revaz est [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="257186" class="elementor elementor-257186" data-elementor-settings="{&quot;ha_cmc_init_switcher&quot;:&quot;no&quot;}">
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<p><strong>Fin avril 2025 au café Pages &amp; Sips à Genève, où nous la retrouvons pour cette interview, Estelle Revaz est volubile, sereine, radieuse. Cela fait bientôt deux ans, depuis son élection à Berne en 2023, que la jeune femme conjugue les rôles de violoncelliste internationale et de conseillère nationale. Première artiste en activité à accéder au parlement, elle tient corps et âme à mener ses deux carrières de front. Une ambition qui semble lui conférer une force tranquille, à l’approche de projets réjouissants.</strong></p>

<p>Texte et propos recueillis par Katia Meylan<br />Photo de haut de page: © V. Flauraud</p>

<p>Que le temps passe vite ! C’était il y a trois ans déjà que nous échangions avec Estelle Revaz au sujet de son album <em>Inspiration populaire</em>, enregistré avec la pianiste Anaïs Crestin. Son combat pour une meilleure indemnisation des artistes durant le Covid était encore frais, et ses propos traversés de courants émotionnels forts. Aujourd’hui, son âme d’artiste semble voguer en haute mer par beau temps.</p>
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					<h6 class="elementor-heading-title elementor-size-default"><a href="https://www.l-agenda.ch/3d-flip-book/lagenda-96/#lagenda-96/12/">→ Lire l'interview paru dans L'Agenda 96, mai-juin 2022</a></h6>				</div>
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									<p> </p>
<p>En automne dernier, elle sortait les <strong><em>Caprices pour violoncelle solo </em></strong>du compositeur baroque Dall’Abaco, un sixième album venant rejoindre sa discographie. Avec ce programme &#8211; mais pas uniquement &#8211; la musicienne est très active sur les scènes d’Europe et de la région. De beaux projets en perspective, qu’elle a partagés avec nous.</p>								</div>
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									<p><iframe title="Dall&#039;Abaco | Capriccio no 11 | Estelle Revaz (cello) | Virtuoso Cello Music" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/PEeRZKZTsrU?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>								</div>
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									<p><strong>Katia, pour L’Agenda : Je n’avais jamais entendu parler de Dall’Abaco. Il est un secret bien gardé des musicien∙ne∙s?</strong></p>
<p><strong>Estelle Revaz :</strong> Même pas ! Car avant ce projet, je ne le connaissais pas non plus (<em>rire</em>) ! Un jour, j’ai reçu une commande d’un danseur qui voulait créer un spectacle sur certains de ses Caprices. J’ai dit « on va voir »&#8230; et en les écoutant, j’ai dit « waouh ». C’est une musique baroque, et en même temps elle a ce côté extrêmement moderne qui capte, qui captive. Par rapport à Bach, que je joue en bis lors des concerts, je me dis que Dall’Abaco était plus foufou ! À l’oreille, la différence est beaucoup plus grande que les quelques années qui les séparent. Comme ces œuvres sont rarement jouées, les seuls enregistrements que j’ai trouvés ont été faits sur des violoncelles baroques, accordés avec diapason baroque. Alors j’ai eu envie de leur donner un petit coup de modernité. Pour moi, ça allait dans l’optique du compositeur : il faut s’imaginer que pendant longtemps, le violoncelle a été un instrument d’accompagnement, jusqu’à ce que Bach arrive et que les violoncellistes commencent à s’imaginer en tant que solistes. Les sonates, les caprices de cette époque étaient en partie écrits dans un but de recherche instrumentale. Je suis sûre que Dall’Abaco aurait aimé tester les cordes en métal et un diapason plus propice à la brillance! D’après ce qu’il a écrit, j’ai l’impression qu’il aimait tester pas mal de choses (<em>rire</em>). C’est bien plus alambiqué que bien des partitions contemporaines dont on dit « c’est injouable »!</p>
<p><strong>Depuis, quel chemin as-tu parcouru avec ces Caprices ?</strong></p>
<p>Il y a eu plusieurs phases. L’enregistrement était presque la première pierre du projet. J’ai mené une réflexion très intellectuelle sur ce que je voulais, sur chaque note. Ce qui est intéressant dans ces œuvres, c’est qu’elles laissent une marge énorme à l’inspiration, dans le sens où elles ne donnent pas d’indication de tempo. En même temps, c’est génial car ça ouvre un champ des possibles quasi infini, mais c’est aussi plus de risques de s’éparpiller, de s’engager dans des impasses. Il y a eu beaucoup de recherche et de confrontation pour comprendre ce que je voulais faire entendre. Après l’enregistrement, je ne les ai pas touchées pendant presque une année – c’était au moment de l’écriture de mon livre (<em>ndlr : La Saltimbanque, Éditions Slatkine, 2023). </em>Une fois le livre paru, j’ai repris ces pièces en concert, ce qui m’a permis d’approfondir le rapport à l’improvisation. Puis le disque est sorti, et là j’ai entamé une tournée. En jouant beaucoup et de façon resserrée, dans différents lieux, avec différents publics, j’ai pu tester plein de choses. Dans certains lieux, la réverbération naturelle est comme un acteur supplémentaire dans l’interprétation qui me permet de jouer avec la polyphonie, alors que dans une acoustique sèche, je dois trouver d’autres moyens, faire d’autres choix de tempi et d’organisation. Parfois, les pianissimi à peine effleurés peuvent suspendre la salle, et une autre fois, perdre l’attention du public&#8230; Il faut savoir prendre et doser les risques! Chaque fois que je joue, beaucoup de choses sont remises en question. Arriver à cette capacité d’adaptation demande plus de rigueur dans le travail personnel.</p>
<p><strong>As-tu eu l’impression que ton élection au Conseil national a donné plus de visibilité à ta carrière de musicienne ?</strong></p>
<p>Les salles de la tournée Dall’Abaco étaient pleines, mais ça, c’est plutôt un signe de bonne santé de la curiosité du public ! Ma carrière artistique avait déjà un rayonnement international, alors que mon rayonnement comme politicienne reste à l’échelle fédérale. Hors de Suisse, personne ne sait que je suis Conseillère nationale, c’est une anecdote!  En tant qu’artiste, ce qui te fait connaitre, ce sont les valeurs que tu défends et comment tu te positionnes. J’ai toujours réfléchi à ce que signifie être artiste, à notre place dans la société et à comme la faire évoluer de la façon la plus positive possible. Mon engagement à Berne, c’en est le prolongement. Car après la réflexion, si tu veux faire bouger les choses, il faut être là où les lois se font !</p>
<p><strong>Comment s’équilibrent tes deux casquettes ?</strong></p>
<p>On m’a dit « la politique va ruiner ta carrière ». Ca ne ruine rien du tout : cette année j’ai 65 concerts, dont une tournée en Asie et en Amérique du Sud. J’assume simplement que désormais je mène deux vies très exigeantes en parallèle, alors je prends ça sur le temps de sommeil et la vie privée (<em>sourire</em>). Je ne dis pas que c’est parfait ni que c’est toujours facile, mais je dis que c’est possible, et en montrant que c’est possible, j’espère que ça pourra susciter quelques vocations, car en tant qu’artiste, on a une vision qui peut être utile au pays. Faire de la musique de chambre et faire de la politique, c’est l’art du compromis dans l’instant, c’est exprimer sa vision du monde et être attentif à celle des autres, négocier au sein de la marge de manœuvre, rebondir aux propositions pour jouer ensemble. Et quand ça marche, c’est beau.</p>
<p><strong>La tournée Dall’Abaco se calme, qu’est-ce qui t’occupe présentement ?</strong></p>
<p>En ce moment je fais une orgie de musique germanique ! Bach, Mozart, Beethoven, Schubert, Brahms&#8230; Tout à coup, je suis plongée dans un tout autre monde que celui du récital. Pendant la période qui a suivi mon élection, j’étais contente d’avoir des concerts solo, c’était plus simple en termes d’organisation et ça m’a permis de trouver mes marques au parlement tout en menant ma vie de musicienne. Mais maintenant c’est une joie de retrouver une phase avec plus de travail collectif.</p>
<p><strong>Parmi les programmes de tes prochains concerts, soit les Folles Journées J.S. Bach</strong> <strong>le 23 mai à Lutry, les Musicales de Coppet le 25 mai et le concert en faveur de l’association Bilifou-Bilifou avec Christian Chamorel et Damien Bachmann au Victoria Hall</strong> <strong>le 6 juin, qu’est-ce qui te réjouit particulièrement ?</strong></p>
<p>&#8230; tout ! En reprenant ou en apprenant les œuvres ces derniers jours, je me rendu compte de la chance j’avais d’être auprès de ces chefs d’œuvres, qui ont chacun dans leurs styles des moments de grâce inouïs ! Le <em>Trio des Esprits</em> de Beethoven, moi qui adore les fantômes, je suis servie. Et Le Trio de Schubert&#8230; ce deuxième mouvement ! [<em>Elle fredonne la mélodie du violoncelle</em>] c’est tellement de mélancolie… Pour le concert caritatif au Victoria Hall avec Christian Chamorel et Damien Bachmann, on a choisi des pièces qu’on avait emmenées en tournée en Asie il y a dix ans, un programme qui permet de projeter, d’éblouir mais aussi de réfléchir à ce qu’engendre la musique chez les auditeurs. Ce sont des pièces qui font partie de mon « best of » de musique de chambre, avec lesquelles je me sens à la maison. Et à l’inverse, je prépare aussi des œuvres que je n’ai encore jamais jouées, comme le Quintette à deux violoncelles de Schubert (Coppet) ou les <em>Inventions à 3 voix</em> de Bach (Lutry). À 35 ans, je découvre encore des œuvres du répertoire comme si j’étais une ado ! </p>
<p><strong>Pour avoir un aperçu complet, il faut venir vous écouter tout l’été? :)</strong></p>
<p>En tout cas, les trois dates à venir seront très différentes ! Au Victoria Hall, ce sera un programme « feu d’artifice ». Le festival de Lutry, qui a une esthétique et une réputation de longue date, représente bien, pour moi, ce que fait la Suisse en terme de concerts : de la qualité dans des petits lieux adorables. Et la date des Musicales de Coppet est la proposition la plus atypique, sur le modèle des Schubertiades, avec six concerts et un fil rouge fort. Le public vient passer une journée avec Schubert, qui est la « star » du programme, et nous, les musicien∙ne∙s, on apporte notre contribution à ce moment chaleureux.</p>
<p><strong> ****</strong></p>
<ul>
<li><strong>« Les trois B »</strong><br />Œuvres de J.S. Bach, Beethoven et J. Brahms<br />Vendredi 23 mai 2025 à 20h<br /><a href="https://concerts-bach.lutry.org/activites/folles-journees-j-s-bach-2025/fj-bach-23-05-2025/" target="_blank" rel="noopener nofollow">Les Folles Journées J.S. Bach, Temple de Lutry</a></li>
</ul>
<ul>
<li><strong>Schubert au Château</strong><br />Dimanche 25 mai 2025 dès 11h<br /><a href="https://musicales-coppet.com/" target="_blank" rel="noopener nofollow">Les Musicales de Coppet, Château de Coppet</a></li>
</ul>
<ul>
<li><strong>Estelle Revaz, Christian Chamorel et Damien Bachmann<br /></strong>Œuvres de Beethoven, Brahms, Schnyder etc.<br />Vendredi 6 juin 2025 à 20h<br /><a href="https://www.bilifou.ch/?event=bilifou-event-2" target="_blank" rel="noopener nofollow">Association Bilifou-Bilifou</a>, au Victoria Hall, Genève</li>
</ul>
<p>Cet été, Estelle prendra notamment part à la cérémonie d’ouverture du <a href="https://www.verbierfestival.com/en/show/vf25-07-16-1900/" target="_blank" rel="noopener nofollow"><strong>Verbier Festival</strong></a> le 16 juillet, avec la Rhapsodie hongroise de Popper. Pour les lèves-tôt, elle jouera un programme <em>Amor y pasión</em> avec la harpiste Laudine Dard le 12 août aux <a href="https://lesaubes.ch/" target="_blank" rel="noopener nofollow"><strong>Bains des Pâquis</strong>.</a></p>
<p>Voir tous ses prochains concerts sur : <span style="text-decoration: underline;"><a href="http://www.estellerevaz.com/agenda" target="_blank" rel="noopener nofollow">www.estellerevaz.com/agenda</a></span></p>								</div>
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		<title>Éric Constantin, du divertissement en littérature !</title>
		<link>https://www.l-agenda.ch/eric-constantin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[blogcom]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Apr 2025 11:02:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Humour]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[#humour]]></category>
		<category><![CDATA[#interview]]></category>
		<category><![CDATA[#littérature]]></category>
		<category><![CDATA[#Marie-SophiePéclard]]></category>
		<category><![CDATA[#rencontre]]></category>
		<category><![CDATA[#stand-up]]></category>
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					<description><![CDATA[Rencontre avec Éric Constantin, le prof Dicodeur, pour son spectacle Voltaire, Rimbaud, Internet et moi, qu’il jouera le 10 avril [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="256091" class="elementor elementor-256091" data-elementor-settings="{&quot;ha_cmc_init_switcher&quot;:&quot;no&quot;}">
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<p><strong>Rencontre avec Éric Constantin, le prof Dicodeur, pour son </strong><strong>spectacle <em>Voltaire, Rimbaud, Internet et moi</em>, qu’il jouera le 10 avril au Théâtre du Pré-aux-Moines à Cossonay et le 2</strong> <strong>mai au Hameau-z&rsquo;Arts à Payerne.</strong></p>

<p>Texte et propos recueillis par Marie-Sophie Péclard</p>

<p>Éric Constantin est prof, mais pas que. Il a été chanteur pendant la première partie de sa vie, avant de rejoindre l’équipe des Dicodeurs sur la RTS. Depuis 2023, il sillonne les scènes romandes avec son premier seul-en-scène, <em>Voltaire, Rimbaud, Internet et moi.</em> Son but ? Faire rire avec de la littérature. Sur le papier, ce n’est pas gagné, mais Éric Constantin connaît ses classiques et s’inscrit dans la tradition du théâtre de Molière, « Plaire et instruire », avec les outils du 21<sup>e</sup> siècle. Une très jolie porte d’entrée sur la littérature par laquelle l’humoriste cherche « par tous les moyens » à dépoussiérer les classiques et à soigner quelques traumatismes des cours de français. Micro, guitare et humour en main, il convoque les grand∙e∙s auteur∙ice∙s mais aussi le yoga, le football, Aya Nakamura, des figurines pour enfants et des histoires de vie. Nous avons le plaisir de le rencontrer avant son passage à Cossonay.</p>
<p><strong>L’Agenda : Vous avez joué la première de votre spectacle en 2023, comment a-t-il évolué ?</strong></p>
<p><strong>Éric Constantin : </strong>J’ai plus d’interactions avec le public. D’abord parce que je suis plus à l’aise et aussi parce que j’ai fait beaucoup de scolaires, je me suis rendu compte qu’il fallait parfois s’habituer au public en fonction de ses réactions parce que ce n’est pas un sujet facile. On va parler littérature pendant une heure et demie, ça demande des petits sas de décompression.</p>
<p><strong>À force de le jouer, avez-vous repéré des passages où les réactions sont les mêmes à chaque fois ?</strong></p>
<p>Il y a deux passages. Au début, il y a une série de réactions symptomatiques quand je pose des questions au public du type « Qu’est-ce qu’a écrit Voltaire » ou que je parle de figures de style. Je vois la tête des gens se demander si ça va être comme ça pendant 1h, et ça m’amuse parce que je sais que derrière il y a des choses qui vont les détendre un peu. Il y a aussi le passage où je parle de Céline, qui pose toujours la question de l’homme et de l’artiste. Beaucoup de gens pensent que c’était juste un collabo et un antisémite et ne vont jamais le lire. J’essaie de le ramener à quelque chose que je connais, le style. La réaction est toujours la même après avoir entendu un extrait de texte, ils sont surpris de voir qu’il écrivait bien.</p>
<p><strong>Votre spectacle suit l’idée que la littérature n’est pas là où on s’y attend et qu’elle n’est pas si inaccessible que l’on pense…</strong></p>
<p>Je pense que parfois la littérature est inaccessible, je le vois avec mes élèves. Il y a des gens qui y sont imperméables et mon but est avant tout de les faire rire, qu’ils associent la littérature à un moment rigolo. Je ne veux pas les convertir ou qu’ils aient des regrets. Après, si le spectacle peut leur donner envie de lire et de faire un pas vers la littérature, c’est super.</p>
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									<p style="text-align: right;"><em>Photo: © Johanna Rohrbasser<br />Photo de haut de page: © Guillaume Perret</em></p>								</div>
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									<p><strong>Votre spectacle part tout de même du constat que la littérature, c’est ennuyeux. Est-ce qu’on pourrait l’enseigner de manière plus attractive ?</strong></p>
<p>J’ai un vrai amour pour les artistes qui essaient de faire rire et de nous apprendre quelque chose en même temps. J’ai une grande passion pour Alexandre Astier et ses deux spectacles, j’aime beaucoup Alex Vizorek, et je dirais que ça montre qu’on peut tout enseigner différemment. Mais cela reste du divertissement et, quand on est enseignant, on a d’autres enjeux. Il faut suivre le programme, mettre des notes, il y a des objectifs et c’est difficile pour la plupart des profs de faire différemment. C’est pourquoi je ne peux pas blâmer personne. Mais je ne pense pas non plus que l’ennui soit une fatalité, au contraire. De mon côté, comme dans le spectacle, j’essaie d’introduire les figures de style avec des chansons. On doit essayer de faire comprendre à quel point Voltaire était fun, à quel point Molière était malin, pertinent, en avance sur son temps. Je trouve que c’est ça, notre enjeu.  </p>
<p><strong>Pendant votre spectacle, vous commencez avec une fausse conférence, commentez un match de foot, faites parler des figurines, prenez la guitare… Faire plein de choses sur scène, c’est aussi un moyen de ne pas s’enfermer dans une case ?</strong></p>
<p>Honnêtement, il y a pire comme case. Même si je ne me résume pas à ça, je suis content d’être associé à la littérature. J’ai une frustration qui vient mes études, comme je n’ai pas fait de doctorat, je ne me considère pas comme un expert et personne ne m’avait parlé en expert de la littérature avant aujourd’hui. Je crois que c’est une petite vengeance sur la vie. En tous cas, littérature/rire est une case dans laquelle j’ai encore de la marge avant de m’embêter…</p>
<p><strong>Pourquoi avoir choisi les Lettres ?</strong></p>
<p>Sûrement parce qu’à un moment ça m’a parlé. J’aimais consacrer plusieurs heures de ma journée à lire et j’ai toujours aimé comprendre comment fonctionne les choses, j’aime analyser. Par exemple pour ce spectacle, j’ai regardé beaucoup de vidéos sur comment faire un spectacle.</p>
<p><strong>Quel a été votre sujet de mémoire ?</strong></p>
<p>J’ai travaillé sur les <em>Mémoires d’Hadrien</em> de Marguerite Yourcenar, il y a eu une période de vie où j’ai été fasciné par cette femme. J’ai beaucoup aimé écrire mon mémoire, et j’ai retrouvé un peu de se plaisir-là en travaillant sur mon spectacle. Par honnêteté intellectuelle, j’ai tenu à relire <em>Phèdre</em> ou à lire le Comte de <em>Monte-Cristo,</em> qui a été finalement été l’une des meilleures lectures de ma vie.</p>
<p><strong>À quel âge avez-vous commencé à lire ?</strong></p>
<p>Très jeune. Ma tante était prof de français, je l’ai vu lire souvent, elle m’a offert des livres, très vite j’ai compris que c’était cool de lire. D’abord de la bd et ensuite de la littérature. Surtout… j’aimais qu’on me raconte des histoires. J’ai souvenir depuis tout petit d’avoir lu, d’avoir aimé ce que je lisais, et puis je me suis intéressé beaucoup plus tard au style, à comment ça marchait, comment c’était bricolé, pour finalement écrire un spectacle aujourd’hui.</p>
<p><strong>Que vouliez-vous faire comment métier ?</strong></p>
<p>Ça peut paraître prétentieux, mais à dix ans je voulais être prof. À quinze ans, <em>Les Dicodeurs</em> sont arrivés à la radio, et j’ai voulu être Dicodeur. C’était vraiment un but que je voulais atteindre. Quelques mois plus tard, on m’a mis sur une scène pour la première fois et j’ai voulu être humoriste. Aujourd’hui je fais les trois et je mesure ma chance, je me sens vraiment comblé.</p>
<p><strong>Comment avez-vous intégré l’émission </strong><strong>Les Dicodeurs ?</strong></p>
<p>À l’époque, je faisais de la musique. Et je me suis rendu compte que, entre la musique et moi, c’était une histoire d’amour mais qu’on n’irait pas au bout. C’est Thierry Romanens, qui faisait partie des Dicodeurs, qui m’a conseillé d’écrire à la production. J’ai passé des essais, et ensuite une première émission. La première fois, j’étais assis à côté de Marc Donnet-Monay et je n’en revenais pas. Aujourd’hui je peux le regarder comme un être humain, mais j’étais très impressionné. C’est toujours une grande fierté, de faire partie de cette équipe.</p>
<p><strong>Vous avez écrit des chansons, des chroniques, aujourd’hui un spectacle… Quel est votre rapport à l’écriture ?</strong></p>
<p>Quand j’ai commencé à écrire des blagues avec Les Dicodeurs, je me suis imposé une grande rigueur et une vraie discipline. Pour être honnête, je n’ai jamais été aussi appliqué dans l’écriture de chansons. La musique, c’était un exutoire qui me permettait de libérer des émotions. Le spectacle, c’est des émotions, plus une passion, de la structure, c’est une combinaison parfaite de tout ce que j’ai pu écrire jusque-là.</p>
<p><strong>Votre figure de style préféré est la métonymie, quelle est celle que vous aimez le moins ?</strong></p>
<p>Le zeugme. Je vois qu’on essaie de jouer avec le sens des mots et d’associer des éléments qui ne s’associent pas normalement… Je crois que je trouve un peu bête d’avoir mis un mot là-dessus !</p>
<p><strong>Est-ce que vos élèves viennent vous voir ?</strong></p>
<p>J’ai beaucoup d’anciens élèves, encore plus quand c’est gratuit ! Mais c’est l’une des choses qui me touche le plus, parce que ça veut dire qu’ils ont fait la démarche d’aller voir un spectacle vivant, alors que je ne suis plus leur prof et que rien ne les y oblige.  </p>
<p><strong>Qu’est-ce que le spectacle a amélioré dans votre manière d’enseigner ?</strong></p>
<p>Je me rappellerai toujours la première fois quand j’ai joué au Strap à Fribourg… J’avais 1h15 de spectacle et j’avais l’impression d’un grand vertige… Et une fois qu’on a fait ça, je dois dire qu’on est vraiment libéré à tous les niveaux. La semaine suivante, quand j’ai donné mes cours, je me suis dit « qu’est-ce qui peut te faire peur, après ça ? »</p>
<p><strong>Vous débutez le spectacle en taclant gentiment l’écriture inclusive. Que pensez-vous de son utilisation et, plus globalement, des différentes réformes orthographiques qui animent les débats ?</strong></p>
<p>En tant qu’humoriste, je trouve que c’est une bonne matière à rire, avec certaines limites, parce que c’est un changement. De mon point de vue, toutes les réformes se valent, la guerre des accents par exemple, je trouve que c’est absolument insignifiant. L’écriture inclusive, ça me semble intéressant parce que c’est l’archétype d’une règle qui n’est pas compliquée à comprendre et que beaucoup de gens ont réussi à rendre incompréhensible. Elle suit une certaine logique et ça nous oblige à réfléchir au sens des mots. Si on aime la littérature, si on aime l’humour, les mots ont un sens et l’accord des mots a aussi un sens. Quand on inclut dans le langage des minorités, je ne vois pas en quoi c’est mal. Ça nous oblige, quand on parle et quand on écrit, à penser à tout le monde et je trouve ça bien.</p>
<p><strong>Éric Constantin – Voltaire, Rimbaud, Internet et moi!</strong></p>
<ul>
<li>Jeudi 10 avril 2025 à 20h au <a href="https://www.preauxmoines.ch/#calendar-7a486c9a-b245-4103-a242-5e3ffa794070-event-lzsicsff" rel="nofollow noopener" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;">Théâtre du Pré-aux-Moines</span></a>, Cossonay</li>
<li>Vendredi 2 mai 2025 à 20h30 à <span style="text-decoration: underline;"><a href="https://hameauzarts.ch/" rel="nofollow noopener" target="_blank">Hameau-z&rsquo;Arts</a>,</span> Payerne</li>
</ul>
<p><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://www.ericconstantin.ch/" target="_blank" rel="noopener nofollow">www.ericconstantin.ch</a></span></p>								</div>
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		<item>
		<title>« J’aime quand la musique dit quelque chose qui n’est pas dans le texte »: Giuseppe Grazioli dirige Don Pasquale à l’Opéra de Lausanne</title>
		<link>https://www.l-agenda.ch/don-pasquale-giuseppe-grazioli/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[blogcom]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Apr 2025 13:07:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Classique et opéra]]></category>
		<category><![CDATA[#classique]]></category>
		<category><![CDATA[#interview]]></category>
		<category><![CDATA[#KatiaMeylan]]></category>
		<category><![CDATA[#lausanne]]></category>
		<category><![CDATA[#musique]]></category>
		<category><![CDATA[#opéra]]></category>
		<category><![CDATA[#rencontre]]></category>
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					<description><![CDATA[Mercredi 2 avril, 17h25, l’entrée des artistes de l’Opéra de Lausanne s’emplit peu à peu de choristes enjoué∙e∙s et emperruqué∙e∙s, [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="256011" class="elementor elementor-256011" data-elementor-settings="{&quot;ha_cmc_init_switcher&quot;:&quot;no&quot;}">
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									<p><strong>Mercredi 2 avril, 17h25, l’entrée des artistes de l’Opéra de Lausanne s’emplit peu à peu de choristes enjoué∙e∙s et emperruqué∙e∙s, à une heure de la pré-générale de <em>Don Pasquale</em>. « On va répéter les saluts, ce soir » « les costumes sont incroyables! » « dans le premier tableau je suis plutôt devant, tu verras ». On attrape des bribes de conversations autour d’un café ou au téléphone. Giuseppe Grazioli, le directeur musical avec qui nous avons rendez-vous, est là aussi et s&rsquo;avance pour nous serrer la main avec un grand sourire.</strong></p>
<p><!-- /wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --></p>
<p>Texte et propos recueillis par Katia Meylan</p>
<p>Giuseppe Grazioli n’avait encore jamais travaillé à l’Opéra de Lausanne : monter <a href="https://www.opera-lausanne.ch/show/don-pasquale/" target="_blank" rel="noopener nofollow"><strong><em>Don Pasquale</em></strong></a>, l’œuvre la plus populaire de Donizetti, était donc une belle occasion pour l&rsquo;institution d&rsquo;inviter ce spécialiste du répertoire romantique italien ! <strong>Du 6 au 13 avril</strong>, le chef guidera l’Orchestre de Chambre de Lausanne dans une partition mélan-comique, accompagnant les quatre personnages principaux dans la poursuite de leurs intérêts : Don Pasquale l’homme de pouvoir vieillissant, Ernesto le jeune amoureux cupide, Norina la bicéphale, et Malatesta le « docteur » aux commandes des ficelles.</p>
<p>Avec une aisance décontractée, Giuseppe Grazioli nous parle de cette œuvre dont il est si familier et qui, avec beaucoup d’humour, traite du rapport démesuré aux rivaux, de recherche de reconnaissance et d’un patriarcat déclinant s’accrochant à un pouvoir qui lui échappe.</p>
<p><!-- /wp:paragraph --></p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><em>Giuseppe Grazioli. Photo: Marco Borrelli</em></p>								</div>
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									<p><strong>L’Agenda : </strong><strong>Ce n’est pas la première fois de votre carrière que vous dirigez <em>Don Pasquale. </em>Comment voyez-vous cette oeuvre ?</strong></p>
<p><strong>Giuseppe Grazioli :</strong> Il y a plusieurs niveaux à cet opéra. Le premier est comique : l’histoire parle d’un vieil homme qui veut épouser la jeune fiancée de son neveu, et que tout le monde tourne en dérision. Un niveau plus intime et psychologique survient lorsqu’on se demande <em>pourquoi</em> il veut le faire. Est-ce que ce n’est vraiment qu’une question d’héritage, ou Don Pasquale est-il aussi poussé par la peur de vieillir, de mourir ? Dans cette histoire, on ne sait pas vraiment qui est dans le juste, qui sont les méchants. Le public est libre de prendre parti pour qui il veut. Malatesta, qui n’est pas médecin mais qu’on appelle « Dottor » simplement parce qu’il a lu un peu plus que les autres, est dans la lignée des personnages d&rsquo;opéra qui se mêlent de tout, comme Figaro dans <em>Le Barbier de Séville</em>. Son nom, en italien, suggère qu’il n’agit pas forcément dans l’intérêt des autres. Quant à Norina, on la croit d’abord victime, mais la tournure des événements – sans vouloir spoiler – révèle que c’est elle qui a le caractère le plus fort de tous les personnages. Quand je pense aux femmes de Puccini par exemple, qui sont toujours des victimes de l’amour et se retrouvent dans des situations où l’homme à tout le pouvoir, là, chez Donizetti, ce n’est pas le cas du tout : Norina est active et refuse d’être victime de la situation. Cette trame ne coulait pas forcément de source, surtout si on considère l’époque à laquelle l’œuvre a été écrite.</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><em>Photo ci-dessous et photo de haut de page:<br />Don Pasquale</em>, © Opéra de Lausanne. Carole Parodi</p>								</div>
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									<p><strong>Comment les spécificités de la mise en scène de <a href="https://vimeo.com/894260352" target="_blank" rel="noopener nofollow">Tim Sheader</a> influencent votre manière d’aborder la direction musicale ?</strong></p>
<p>C’est ma troisième production de Don Pasquale, et les trois étaient complètement différentes les unes des autres, que ce soit dans les costumes, les décors ou l’interprétation du metteur en scène. Celle-ci est vraiment drôle, tous les aspects comiques du texte sont pris en charge. La vitesse qu’il peut y avoir dans la mise en scène, le côté loufoque, ont une influence jusque dans les tempi qu’on prend. Quant au côté plus intime dont je parlais, il est déjà dans la musique de Donizetti. Le chef d’orchestre peut faire beaucoup, on peut transformer un simple accord en quelque chose de surprenant. La question est : jusqu’où aller ? Est-ce qu’on ajoute quelque chose qui peut aider à la situation dramatique, ou on ne touche rien ? La musique a à la fois cette liberté créative, et à la fois, dans les <em>recitativi</em> – les parties parlées qui font avancer l’histoire –, il faut être collé au texte avec chaque accord, souligner les mots, leur donner une couleur, une valeur. C’est ça le plus difficile.</p>
<p><strong>Est-ce que cette œuvre continue à vous surprendre ?</strong></p>
<p>Absolument. Déjà parce qu’on a toujours des chanteurs différents. Chacun amène son vécu sur scène quand il chante, et nous, on doit réagir à ça. C’est la beauté de ce métier d’avoir une communication avec ceux qui sont sur le plateau. La façon dont on reçoit la pièce dépend aussi beaucoup des interprètes, même physiquement ! Si on a un Don Pasquale très vieux, on voit la chose comme s’il était condamné. S’il commence tout juste à lutter contre l’âge, on a envie de le soutenir, de lui donner une chance.</p>
<p><strong>Et là, qu’en est-il ?</strong></p>
<p>Ben ça&#8230; ! Je suis moi-même plus vieux que Don Pasquale dans cette production ! Je revois en lui ce que j’ai pu vivre, donc forcément, j’ai envie de le soutenir. Mais j’essaie d’être objectif. Un peu (<em>sourire</em>).</p>
<p><strong>Y a-t-il un aspect, un moment que vous aimez particulièrement dans cette œuvre ?</strong></p>
<p>J’aime quand la musique dit quelque chose qui n’est pas dans le texte. Il y a des passages dans lesquels un parcours harmonique raconte en deux ou trois mesures les étapes que le personnage est en train de vivre. En cela, des compositeurs aussi éloignés que Donizetti et Wagner ont des points de contacts ! On voit que, déjà à l’époque romantique de Donizetti – on est en 1843 –, la musique n’est pas seulement un accompagnement, elle est au service de la compréhension du texte dans une dimension plus profonde. Quand Don Pasquale se rend compte qu’il est tombé dans un piège et que sa vie n’a pas pris la direction qu’il voulait, Donizetti répète quatre fois la même phrase. Exactement la même phrase. L’orchestre lui aussi, comme Don Pasquale, dit « pour moi c’est fini », mais à chaque fois avec une orchestration différente. La première phrase jouée par les violons est presque romantique, puis elle est répétée avec le piccolo et la clarinette à une distance très lointaine. Ensuite vient le basson, qui est entre le pathétique et le nostalgique. Finalement, il ajoute un crescendo-diminuendo joué par les cordes, comme pour couvrir le thème d’une sorte de brouillard. C’est une invention prodigieuse que fait Donizetti pour exprimer que chaque personnage a différentes facettes.</p>
<p>Par ailleurs, cette partition est très variée : il y a presque un passage de rap, qui fait prononcer des syllabes à une vitesse impossible au chanteur, ou une partie qui fait penser à du reggae : Donizetti enlève les accents là où on les attend pour les déplacer ailleurs. Ça donne une espèce d’électricité à la musique. On peut dire que c’est quelqu’un qui savait comment surprendre son public !</p>
<p>***</p>
<p><strong>Don Pasquale</strong><br />Du 6 au 13 avril 2025<br />Opéra de Lausanne<br /><a href="https://www.opera-lausanne.ch/show/don-pasquale/" target="_blank" rel="noopener nofollow"><span style="text-decoration: underline;">www.opera-lausanne.ch</span></a></p>								</div>
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		<title>Le clarinettiste Adrien Philipp nous raconte le dernier concerto de Mozart et les « Adieux » de Haydn</title>
		<link>https://www.l-agenda.ch/adrien-philipp/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[blogcom]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Apr 2025 10:16:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Classique et opéra]]></category>
		<category><![CDATA[#genève]]></category>
		<category><![CDATA[#interview]]></category>
		<category><![CDATA[#KatiaMeylan]]></category>
		<category><![CDATA[#musique]]></category>
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		<category><![CDATA[#rencontre]]></category>
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					<description><![CDATA[Sous la direction de son fondateur Nikolay Khozyainov, l’Orchestre Philharmonique de la Paix interprètera le Concerto pour clarinette de Mozart [&#8230;]]]></description>
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									<p><strong>Sous la direction de son fondateur <a href="https://www.l-agenda.ch/nikolay-khozyainov/" target="_blank" rel="noopener">Nikolay Khozyainov</a>, l’Orchestre Philharmonique de la Paix interprètera le Concerto pour clarinette de Mozart et la Symphonie « Les Adieux » de Haydn, vendredi 11 avril au Victoria Hall de Genève. Le clarinettiste soliste, Adrien Philipp, est encore peu connu dans nos contrées ; pourtant, il est le seul Suisse à avoir été sélectionné au Concours Tchaïkovski de St-Pétersbourg en 2019, lors de la première édition du concours à intégrer des instruments à vent.</strong></p>								</div>
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					<h6 class="elementor-heading-title elementor-size-default"><a href="https://www.l-agenda.ch/nikolay-khozyainov/">(Lire l'interview de Nikolay Khozyainov) ←</a></h6>				</div>
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<p>Texte et propos recueillis par Katia Meylan</p>
<p>Dans le petit café du quartier des Pâquis où nous avons fixé rendez-vous, la conversation, influencée par sa modestie ou par déformation professionnelle d’enseignant, se dirige rapidement sur l’histoire des œuvres plutôt que sur lui-même. En écoutant Adrien Philipp, on regrette que notre médium ne soit pas le podcast, tant le clarinettiste se révèle plaisant conteur. Sa réserve, qui d’abord joue des coudes avec son enthousiasme, s’envole après quelques minutes à évoquer Mozart et Haydn, laissant l’amour de la musique seul en pole position.</p>
<p><strong>L’Agenda : Vous avez déjà joué dans l’Orchestre Philharmonique de la Paix lors du concert inaugural en janvier 2025. Comment décririez-vous la « personnalité » de l’orchestre ?</strong></p>
<p><strong>Adrien Philipp : </strong>Jeune, avec un grand enthousiasme et une volonté de bien faire. L’atmosphère de travail est idéale ! Moi qui ai fait beaucoup de remplacements ici et là, surtout à l’étranger, j’ai pu remarquer que ce n’est pas toujours le cas : quand les gens sont assis dans le même orchestre toute l’année depuis des années, un climat de lassitude peut parfois se faire sentir. Pendant le concert inaugural, tout le monde était très attentif. Non seulement car ce projet est unique, mais aussi car Nikolay a pris des initiatives musicales personnelles, inhabituelles par rapport aux enregistrements qu’on connait de ces œuvres.</p>
<p><strong>Au cours de différentes interviews, on a souvent pu entendre Nikolay Khozyainov dire que ce n’est qu’à travers le partage de la musique que nous sommes sont véritablement uni</strong><strong>·</strong><strong>e</strong><strong>·</strong><strong>s. Dans votre parcours de musicien, quelles expériences vous l’ont confirmé ?</strong></p>
<p>En 2016 au Schleswig-Holstein Musik Festival en Allemagne puis en 2019 à Sapporo au Japon, j’ai eu la chance de participer à deux académies d’orchestre, fondées à l’origine par Léonard Bernstein pour favoriser la paix et le dialogue entre les peuples. La musique est le véhicule idéal pour ce genre d’initiatives car elle est le même langage pour tout le monde. C’est ça que font Nikolay Khozyainov et Bozena Schmidt [<em>ndrl</em>, <em>la présidente de l’association des Amis de Nikolay Khozyainov</em>] avec l’Orchestre Philharmonique de la Paix : rassembler des personnes de différentes nationalités, qui parlent la même langue universelle qu’est la musique. Un contrebassiste américain partage le même pupitre qu’une contrebassiste russe, et chez les violons, le Konzertmeister russe joue côte à côte avec des Urkainiens, malgré les contextes politiques qu’il peut y avoir dans le monde.</p>
<p><strong>Le Concerto pour clarinette de Mozart, que vous jouerez le 11 avril, est une pièce centrale pour les clarinettistes : que représente-t-il pour vous ?</strong></p>
<p>Évidemment, je l’ai beaucoup travaillé &#8211; c’est un peu notre Everest à nous &#8211; mais c&rsquo;est la première fois que je le jouerai en entier en concert. D’ailleurs, est-ce que vous connaissez l’histoire de ce concerto ? [<em>Non</em>. <em>Non?</em>] Il a été composé en 1791, dans un climat bouillonnant en Europe, deux ans après la Révolution française, l’année de la mort de Mozart. Quand on écoute ce concerto, on a l’impression qu’il nous embrasse, qu’il nous prend dans les bras&#8230; et dans certains passages, qu’il nous dit même aurevoir. À 35 ans, Mozart est débordé de travail. Il écrit en même temps <em>La Clémence de Titus</em>, une commande pour le couronnement de l’empereur, et <em>La Flûte enchantée, </em>un opéra populaire en allemand qui doit faire du chiffre – et qui va être le succès qu’on connait. Alors qu’il a déjà deux opéras sur le feu, il écrit un concerto inhabituellement long pour l’époque, qui apparait de nulle part en quelque sorte, à une période où il n’écrivait presque plus que des œuvres vocales. Ce concerto ressemble à un petit opéra d’une demi-heure, où l’instrument est traité comme un chanteur. Comme deux chanteurs, même ! Car Mozart joue avec les caractéristiques de la clarinette en la, qui a un côté sombre dans les graves, et un côté plus aigu. On entend deux voix qui se répondent, comme une prima donna et une basse qui lui donnerait la réplique.</p>
<p>Mozart compose cette œuvre pour le clarinettiste Anton Stadler, son frère franc-maçon avec qui il jouait beaucoup, dans les cérémonies maçonniques ou pour récolter des fonds pour des frères dans le besoin. La fraternité est une valeur centrale chez les francs-maçons, et elle est un fondement pour la paix, par ce qu’elle implique de solidarité, d’amitié, de bienveillance envers ses congénères humains.</p>
<p><strong>Je ne connais pas non plus l’histoire de la Symphonie de Haydn ! [<em>Non?</em> <em>Non&#8230;</em>]</strong></p>
<p>À l’époque de cette œuvre, en 1772, Haydn est au service du prince autrichien Esterházy. Ce prince, qui vit à Eisenstadt, au sud de Vienne, a une résidence secondaire en Hongrie actuelle. Il s’y rend chaque été quelques mois avec tout son orchestre, qui compte une trentaine de musiciens et pour lequel Haydn compose. Cette année-là, le prince n’a apparemment pas l’intention de rentrer à Vienne, deux mois passent, puis trois, puis dix&#8230; Les musiciens, des jeunes gens pour certains fraichement mariés, commencent à se plaindre à Haydn de ce séjour qui s’éternise. Haydn réfléchit, et par solidarité avec ses musiciens, compose une espèce de « grève musicale ». Dans le dernier mouvement de cette Symphonie « Les Adieux », les musiciens arrêtent de jouer, éteignent la bougie et sortent de scène, les uns après les autres. Seuls deux violons – l’un était Haydn – terminent la symphonie. Le lendemain, sans même en avoir parlé car tout le monde avait compris, l’orchestre rentre à Eisenstadt.</p>
<p>***</p>
<p>On quitte Adrien Philipp avec l’impression d’avoir voyagé une petite heure au 18e siècle, reconnaissante aux musicien·ne·s d’aujourd’hui de porter, par leur passion et leur talent, les voix des compositeurs de génie d’hier. Nul doute que le Victoria Hall s’emplira d’un esprit pacifique en ce prochain 11 avril.</p>
<p><strong>Orchestre Philharmonique de la Paix</strong><br />Vendredi 11 avril à 19h30<br />Victoria Hall, Genève<br /><span style="text-decoration: underline;"><a href="http://www.peacephilharmonic.org/fr/concerts" target="_blank" rel="noopener nofollow">www.peacephilharmonic.org/fr/concerts</a></span></p>
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		<title>Nikolay Khozyainov, saisir ce qui peut l’être</title>
		<link>https://www.l-agenda.ch/nikolay-khozyainov/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[blogcom]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Apr 2025 14:39:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Classique et opéra]]></category>
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					<description><![CDATA[Pianiste virtuose, chef d’orchestre, compositeur, improvisateur, il construit ses interprétations en étudiant les manuscrits originaux, parle onze langues, discute poésie [&#8230;]]]></description>
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<p><strong>Pianiste virtuose, chef d’orchestre, compositeur, improvisateur, il construit ses interprétations en étudiant les manuscrits originaux, parle onze langues, discute poésie avec l’empereur du Japon et porte le titre de Chevalier Commandeur, décerné en 2022 par la famille royale d’Espagne. En 2010, il était le plus jeune lauréat à remporter le Concours Chopin à Varsovie. À </strong><strong>l’approche du second concert que donnera son Orchestre </strong><strong>Philharmonique de la Paix, le 11 avril au Victoria Hall, Nikolay Khozyainov s’est rendu disponible pour L’Agenda.</strong></p>

<p>Texte et propos recueillis par Katia Meylan<br />Photo: Antonio Gambuzza</p>
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									<p><strong>L’Agenda : Vous avez fondé l’Orchestre Philharmonique de la Paix à Genève en tout début 2025. Qu’est-ce qui vous a mené à le faire ?</strong></p>
<p><strong>Nikolay Khozyainov : </strong>En tant que pianiste, j’ai donné beaucoup de récitals pour la paix, notamment lors de la première mondiale de ma composition « Pétales de la Paix » commandée par les Nations Unies en 2022, ou lors d’un concert en hommage à Mandela à l’Université de Genève en 2023. J’ai toujours cru au pouvoir pacificateur de la musique. Je dirais même que ce n’est que pendant les moments de musique que nous sommes véritablement unis. Avec l’orchestre, ça prend une nouvelle ampleur : malgré les religions, les nationalités et les ethnies différentes, les musiciens et le public sont réunis par la musique.</p>								</div>
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									<p><iframe title="Mozart: Piano Concerto No. 21 // Nikolay Khozyainov &amp; Peace Philharmonic Orchestra" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/brirhn2flYw?start=16&feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>								</div>
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									<p><strong>Selon vous, toute musique est-elle porteuse de paix, ou doit-elle avoir des caractéristiques spécifiques ?</strong></p>
<p>… C’est une bonne question. La musique, en général, nous réunit. Je parle bien sûr de la haute musique, de la musique classique. Je respecte qu’on aime d’autres musiques, mais après avoir entendu Mozart, Chostakovitch et Rachmaninov, je ne peux plus revenir à quelque chose de plus simple. Dans la salle de concert, j’apprécie aussi le silence. C’est le silence qui fait l’union.</p>
<p><strong>Vous consultez régulièrement les manuscrits originaux des œuvres que vous interprétez. Qu’est-ce qui vous interpelle le plus dans ce processus ?</strong></p>
<p>C’est surtout l’atmosphère. En touchant un manuscrit, on touche au compositeur. Je vous donne un exemple avec la dernière composition de Chopin, la Mazurka en fa mineur, qu’il a écrite à Paris dans son dernier appartement. À l’époque, Chopin ne pouvait même pas marcher, il était trop faible pour se mettre au piano, alors il écrivait cette Mazurka dans son lit. La partition imprimée ne nous dit pas ça. Mais en regardant son écriture est cassée dans le manuscrit original, on saisit à quel point il a souffert physiquement. Après avoir vu ce manuscrit, on ne joue plus jamais de la même façon.</p>
<p><strong>Avez-vous pu consulter le manuscrit de la Symphonie « Les Adieux » de Haydn que vous allez jouer le 11 avril ?</strong></p>
<p>Oui – je consulte toujours les manuscrits lorsqu’ils existent et n’ont pas été perdus – et là c’est le cas, il se trouve à Budapest. On apprend beaucoup des petites phrases notées à la main, des parties que le compositeur a modifiées, etc. Là, tout est bien précisé et indiqué, comment chaque musicien sort de scène, par exemple. Quelle idée géniale, d’inventer une œuvre où les musiciens partent l’un après l’autre ! On ressent tout le génie de Haydn.</p>
<p><strong>Comment intégrez-vous ce que vous avez vu à votre interprétation ?</strong></p>
<p>Quand je découvre un manuscrit, la musique commence à sonner dans ma tête, et ce que je n’oublie jamais, c’est l’esprit de l’œuvre. Je note des idées pour l’interprétation, et si je veux vérifier un détail technique plus tard, je peux consulter des copies. Assez souvent, ces choses sont imprimées, mais pas toujours. Une fois que le compositeur a transmis son manuscrit, c’est l’éditeur qui décide. Très souvent, il fait des fautes. Sur les premières éditions, lorsque le compositeur était encore vivant et avait en avait l’occasion, il faisait les corrections à la main – c’était par exemple le cas de Liszt ou Schumann, dont il existe des éditions imprimées corrigées de la main du compositeur. Ça aussi, c’est très intéressant à regarder, car on y voit non seulement des corrections mais aussi des nouvelles idées ajoutées après-coup. Tout ça enrichit l’interprétation.</p>
<p><strong>Est-ce qu’il y a eu des fautes dans l’édition de votre pièce « Pétales de la Paix » ? (<em>Clin d’œil</em>)<br /></strong>Non ! (<em>Rire</em>). J’ai passé beaucoup de temps à vérifier !</p>
<p><strong>À quels éléments avez-vous pensé en composant cette pièce ?</strong></p>
<p>J’ai été inspirée de l’image des pétales pour parler de quelque chose qu’on a du mal à saisir. Je crois que j’avais en tête les fleurs de cerisiers, qui ne sont là qu’un instant, presque comme un mirage. Quand je compose, j’ai des idées qui viennent, je m’assois au piano, je commence à improviser, et je choisis les parties qui me plaisent pour mettre sur papier. J’écris à la main, jamais à l’ordinateur. Si je simplifie, c’est à peu près ça.</p>
<p><strong>C’est peut-être une question un peu personnelle, mais est-ce que le temps se distend différemment pour vous, qui réussissez à apprendre onze langues et tant de choses au sujet de la musique ? </strong></p>
<p>Comme vous dites, le temps n’est pas toujours suffisant pour faire tout ce que nous voulons. Mais j’essaie quand même, alors je dors moins (<em>sourire</em>). Je prépare mes programmes de concert, je lis, je garde une vie sociale, je prends toujours le temps d’apprendre de nouvelles choses : des nouvelles œuvres au piano ou à la direction, des nouvelles langues… Je voyage beaucoup pour mes concerts, et je profite de parler avec mes ami·e·s dans leur propre langue. Cette recherche de l’original est liée à ma passion pour les manuscrits ! Pour moi, lire des haïku, Baudelaire ou de la poésie chinoise en langue originale me procure un plaisir incroyable. La musique et la poésie sont des sœurs : la sonorité originale tient une grande part dans l’intention du poète, et sans elle, la traduction n’est jamais vraiment exacte.</p>
<p><strong>Quelle sera votre douzième langue ?</strong></p>
<p>Le coréen. Et la treizième, le turc.</p>
<p><strong>Que vous réjouissez-vous de faire écouter au public le 11 avril ?</strong></p>
<p>Le Concerto pour clarinette de Mozart a été composé dans la dernière année de sa vie, la plus mûre. Une grande profondeur musicale est attendue du soliste, et le clarinettiste Adrien Philipp a cette qualité. C’est un musicien extraordinaire qui ressent la musique au fond de lui. Ce qui me frappe chez lui, c’est sa sonorité très douce, très sensible.<br />[<em>L&rsquo;Agenda a interviewé Adrien Philipp: <span style="text-decoration: underline;"><a href="https://www.l-agenda.ch/adrien-philipp/" target="_blank" rel="noopener">lire l&rsquo;interview ici</a>]</span></em></p>
<p>Nous jouerons aussi l’ouverture d’<em>Apollo et Hyacinthus</em>, un opéra de Mozart très peu joué qu’il a écrit lorsqu’il avait 13 ans. Je voulais le faire connaitre au public !</p>
<p>***</p>
<p>Prochaines dates de concert :</p>
<ul>
<li><strong>Orchestre </strong><strong>Philharmonique de la Paix</strong><br />Mozart :<br /><em>Apollo et Hyacinthus</em>, K. 38 – Ouverture<br />Concerto pour clarinette en la majeur, K. 622<br />Haydn :<br />Symphonie n° 45 en fa dièse mineur, « Les Adieux »<br />Vendredi 11 avril 2025 à 19h30<br />Victoria Hall, Genève<br /><span style="text-decoration: underline;"><a href="http://www.peacephilharmonic.org" rel="nofollow noopener" target="_blank">www.peacephilharmonic.org</a></span></li>
</ul>
<ul>
<li>Nikolay Khozyainov, récital de piano<br />Vendredi 9 mai 2025 à 19h30<br />Victoria Hall, Genève<br /><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://www.nikolaykhozyainov.com/" target="_blank" rel="noopener nofollow">www.nikolaykhozyainov.com</a>(</span>
<p> </p>
</li>
</ul>								</div>
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		<title>Louise Knobil : le jazz engagé, brut et coloré</title>
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		<dc:creator><![CDATA[blogcom]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Mar 2025 08:27:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Jazz]]></category>
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<p><strong>Fin d’après-midi, alors que les rues lausannoises fourmillent, je rencontre la musicienne Louise Knobil dans un café. Avoir pu trouver un moment pour s’entretenir avec la compositrice-interprète aux multiples facettes – contrebasse, basse, chant – tient presque du miracle dans son agenda foisonnant de concerts. On se glisse au coin de la salle, le temps d&rsquo;évoquer son nouveau mini-album aux lignes poétiques et puissantes, « Knobisous », et son prochain concert au Cully Jazz Festival, accompagnée de Chloé Marsigny à la clarinette basse et de Vincent Andreae à la batterie. Un trio à écouter en live sous le Chapiteau le vendredi 4 avril.</strong></p>

<p style="text-align: left;">Texte et propos recueillis par Laetitia Pralong<br />Photo: Pierre Daendliker</p>
<p><strong>Laetitia Pralong – L’Agenda : Vous avez sorti un nouvel mini-album en automne passé, « Knobisous ». On peut lire dans la presse que c’est un projet coloré, joyeux, frais. Et vous, comment qualifieriez-vous cet album ?</strong></p>
<p><strong>Louise Knobil</strong> : Je dirais que c’est de la militance et des situations de vie joyeuses mais avec une couche assez intense. Je trouve ce projet quand même un peu plus sombre, un peu plus travaillé que le premier album, surtout parce que j’ai décidé de virer les instruments harmoniques. Il y a quelque chose de plus brut et de plus assumé dans ce que je raconte.</p>
<p><strong>On a aussi l’impression que les textes jouent avec la musique, que les mots répondent aux contours musicaux. Est-ce que le texte émerge en même temps que la musique ?</strong></p>
<p>Dans ma manière de composer ce sont des étapes qui s’entremêlent à chaque fois, mais l’idée première c’est une thématique. Je vais penser à un sujet – par exemple le coming-out –, ce sujet va m’accompagner dans la vie de tous les jours et, petit à petit, certains mots, certains bouts de phrases vont émerger. En général, j’arrive avec un texte assez élaboré et je m’amuse à faire une mélodie à partir de ce texte. Puis, je vais au piano, j’essaie de trouver une harmonie, je prends ma contrebasse et je cherche une ligne basse. Vient ensuite la partie la plus difficile qui consiste à synchroniser la base avec ma partie de contrebasse ; à ce moment, la mélodie peut encore bouger… Donc c’est processus avec des étapes, oui, mais c’est aussi un processus où tout se fait ensemble.</p>
<p><strong>Vous avez écrit précédemment en anglais, dans ce mini-album vous chantez entièrement en français. Comment choisissez-vous votre langue, vos mots ? </strong></p>
<p>Je suis passée au français parce que je trouve que les mots ont des sonorités très amusantes. Il y a des mots qui sont drôles, absurdes ou plus brutaux. Souvent, je trouve un mot qui m’amuse en lien avec une thématique et je construis un texte autour.</p>
<p><strong>Le projet musical Knobil c’est un univers visuel affirmé, vous avez notamment dessiné la pochette de l’album. Quel est le lien le visuel et la musique dans votre travail?</strong></p>
<p>J’ai l’impression que la musique et le dessin, ce sont des extensions de ce qui se passe dans mon cerveau. J’aime les contrastes, la couleur – littéralement, dans les arts visuels –, les atmosphères. J’ai l’impression que ma musique permet justement de créer des ambiances très définies grâce à son côté minimaliste.</p>
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									<p><strong>J’ai été frappée par la récurrence de termes comme « rebelle » ou « punk » dans les articles à votre sujet. Comment recevez-vous ces qualificatifs ? </strong></p>
<p>Cela me fait toujours un peu rire, parce qu’au départ, dans mes premiers groupes, j’étais à la basse électrique et on faisait du garage punk dans les squats. Progressivement je suis passée au jazz, qui est un univers perçu comme plus élitiste, plus sérieux. Donc je trouve amusant quand le monde du jazz me qualifie comme rebelle, parce que j’ai été bien plus rebelle dans le passé ! Au final, je suis assez fière que ce soit cela qui ressorte dans la musique que je défends actuellement. Et, pour moi, le jazz à la base c’est une musique de contre-culture, qui est politique et qui doit le rester.</p>
<p><strong>Vous êtes en tournée avec votre trio et vous jouez un nombre impressionnant de concerts, en Suisse romande, en Suisse allemande mais aussi en France. En quoi le fait de jouer toutes ces dates transforme-t-il votre rapport aux morceaux ?</strong></p>
<p>Artistiquement je pense que c’est une chance énorme de pouvoir jouer autant pour le trio. Pour reprendre l’historique du jazz, les groupes iconiques – comme le quartet de Coltrane –, jouaient tous les soirs trois sets et ils ont marqué l’histoire du jazz parce qu’ils avaient un son de groupe unique. En tant que personne qui vient du jazz et qui aime cette musique, je trouve incroyable qu’on puisse jouer autant pour pouvoir développer notre son. J’espère que cela va durer longtemps !</p>
<p><strong>Et j’imagine que vous ressentez déjà une évolution entre le son du trio au début de votre tournée et maintenant…</strong></p>
<p>Oui ! Et en fait, pour moi, l’intérêt du jazz et des musiques improvisées c’est le concert, parce que, quand tu vas voir un concert, tu sais que tu vas voir quelque chose que tu ne pourras pas voir une deuxième fois. Je me questionne aujourd’hui de plus en plus sur l’intérêt de réaliser un album de jazz avec beaucoup de parties improvisées étant donné qu’avec les technologies actuelles on peut tout corriger. Je sais que je n’ai pas le même investissement émotionnel lorsque j’écoute un disque de jazz des années soixante – qui est capté d’une seule traite – que lorsque j’écoute un disque de jazz enregistré aujourd’hui. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai décidé que le concert qu’on va jouer au Cully Jazz sera un disque enregistré en live, tel quel, avec tous les risques que ça comporte.</p>
<p><strong>Pourquoi avoir choisi de cet faire cet enregistrement à l’occasion du Cully Jazz ?</strong></p>
<p>Parce que je suis née à Lausanne, j’ai grandi avec ce festival et c’est vraiment un honneur et un accomplissement de pouvoir faire le chapiteau de ce festival. C’est un rêve de gosse.</p>
<p><strong>Vous aurez le temps d’aller un peu traîner dans les caveaux et d’aller écouter quelques concerts ? </strong></p>
<p>J’espère ! En tous cas je suis sûre d’aller voir les concerts des copain∙e∙s, et d’aller jamer dans le festival off.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><a href="http://%0dwww.knobil-music.com/" target="_blank" rel="noopener nofollow">www.knobil-music.com</a></span></p>
<p><a href="http://www.cullyjazz.ch/fr/concert/recjYvLSuNWBKS18W-chucho-valdes-royal-quartet" target="_blank" rel="noopener nofollow"><span style="text-decoration: underline;">www.cullyjazz.ch</span></a></p>								</div>
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