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	<description>La culture romande sous tous les angles</description>
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		<title>Promenade sylvestre avec Monteverdi</title>
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		<dc:creator><![CDATA[blogcom]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Oct 2026 13:27:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Classique et opéra]]></category>
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					<description><![CDATA[L’Académie Vocale de Suisse Romande et l’Ensemble Barberine s’aménagent un petit chez-soi à l’Espace Amaretto à Lausanne : ce week-end, le [&#8230;]]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’Académie Vocale de Suisse Romande et l’Ensemble Barberine s’aménagent un petit chez-soi à l’Espace Amaretto à Lausanne : ce week-end, le lieu deviendra forêt, et même <em>Foret intégrale</em>, puisqu’y résonneront les 37 pièces qui composent <em>La Selva morale e spirituale,</em> recueil complet des œuvres que Monteverdi a écrites entre 1613 et 1640 pour la basilique Saint-Marc. Je suis allée faire un petit tour dans les bois.</strong></p>

<p class="wp-block-paragraph">Texte et propos recueillis par Katia Meylan</p>

<p class="wp-block-paragraph">Vers la fin de sa vie, Monteverdi publie <em>La Selva morale e spirituale,</em> qui fait état de près de trente ans de compositions pour « sa » basilique vénitienne, dont il était maître de chapelle. Le recueil est pensé comme un répertoire, très pratique, dans lequel se servir selon l’occasion : pièce de messe, offices de vêpres ou madrigaux profanes.</p>

<p class="wp-block-paragraph">À l’époque, rien ne prédestinait ces œuvres à être jouée en intégrale. L’idée inédite du chef de chœur Renaud Bouvier n’est toutefois pas de faire courir un marathon au public, mais de l’inviter à une balade en forêt, dont chacun∙e pourra décider de la longueur. Les 4 heures de musique seront réparties en cinq concerts plutôt courts, sur le week-end.</p>

<p class="wp-block-paragraph">Co-fondateur de l’Académie Vocale de Suisse Romande et interprète sur ce projet, Dominique Tille m’explique que si l’AVSR a choisi d’investir l’Espace Amaretto pour ce mini-festival, c’est que le lieu permet une certaine souplesse. Plus neutre qu’une église, il permet aux artistes de s’y installer en résidence pendant deux semaines, d’aménager l’espace à leur guise en y intégrant notamment un bar et du mapping vidéo, tout comme il permet au public de se sentir peut-être plus légitime de pousser la porte, s’assoir par terre, rester debout adossé à un arbre (pardon, à un pilier) ou circuler dans l’espace. Venue assister à un petit moment de répétition, je m’amuse de l’image incongrue qui m’est offerte : des musicien∙ne∙s en manteau et en écharpe s’accordant sur la rythmique d’une mesure dans cet environnement industriel à la résonnance&#8230; ma foi idéale.</p>
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									<p>Dominique sourit : « On peut apercevoir un côté urbain qui ronronne à l’extérieur, tout en étant au chaud dans notre son&#8230; Je trouve ce lieu très beau ! ».</p>
<p id="_jlLfaomrAfi79u8Psr2-iQo_59" class="LC20lb MBeuO DKV0Md">🌳🚦 </p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><em>Dominique Tille. Photo: Croki.ch</em></p>								</div>
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<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p class="wp-block-paragraph">Toutes les couleurs de cette <em>Forêt intégrale</em> s’exprimeront dans des configurations différentes, allant des parties solistiques aux ensembles instrumentaux à huit voix où chaque chanteur∙euse interprète une mélodie différente. Les pièces ont été programmées dans une logique d’usage : les Vêpres (office religieux de la prière du soir) seront jouées vendredi, samedi et dimanche en début de soirée. Plus légers, les madrigaux s’écouteront le samedi soir à 21h30, pourquoi pas autour d’un verre au bar. Quant à la messe a capella – la plus longue pièce du recueil, d’une quinzaine de minutes – elle sera donnée le dimanche matin à 10h.</p>
<p></p>
<p class="wp-block-paragraph">« En tant que musicien, le côté maximaliste de cette liste de pièces à travailler permet de se rendre compte des spécificités de chacune. J’ai constaté que certaines sont plus rythmiques, d’autres plus drôles, enjouées ou facile d’accès – ce qui peut expliquer, peut-être, pourquoi elles sont plus souvent interprétées », me dit Dominique. Tout en suivant la partition sur sa tablette, il me fait relever quelques caractéristiques de la musique baroque : des tessitures moins amples mais une rythmique très exigeante, une proximité entre la musique et le texte qui demande une interprétation presque théâtrale, et une part laissée à l’improvisation.</p>
<p></p>
<p class="wp-block-paragraph">Je reviendrai volontiers me promener dans ces bois ce week-end et j’espère vous y croiser !</p>
<p></p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>La Forêt intégrale<br /></strong>Du 30 octobre au 1<sup>er</sup> novembre 2026<br /><a href="https://amaretto.online/" target="_blank" rel="noopener nofollow">Espace Amaretto</a>, Lausanne</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><a href="http://www.avsr.net/concert/selva-morale-e-spirituale" target="_blank" rel="noopener nofollow">www.avsr.net/concert/selva-morale-e-spirituale</a></span></p>
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		<title>IA-t-il un slameur pour sauver l’humanité ?</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Oct 2026 12:30:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Du 22 octobre au 1er novembre, au Bateau-Lune à Cheseaux, Loc Nguyen, alias Honorable Scarabée, fait étalage de tout son [&#8230;]]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Du 22 octobre au 1<sup>er</sup> novembre, au Bateau-Lune à Cheseaux, Loc Nguyen, alias Honorable Scarabée, fait étalage de tout son talent oratoire dans une performance d’une heure. Il y confronte, avec humour, rythme et poésie, cet immense ami-ennemi que semble représenter l’Intelligence Artificielle.           </strong></p>

<p class="wp-block-paragraph">Texte de Grégoire de Rham</p>
<p>Au soir du 21 octobre, la maison d’édition de Thélyson Orélien annonce qu’elle interrompt sa collaboration avec l’auteur présumé de <em>C’était ça ou mourir </em>suite au scandale initié par la suspicion d’utilisation de textes générés par IA<em>. </em>En quelques semaines, nous avons pu faire face à la première grande polémique ayant trait, en Francophonie, à l’intelligence artificielle dans le milieu littéraire. Cette création qui donne désormais aussi bien les détails de la  recette du gratin de choux-fleurs que ceux d’un lancement de missiles a, en quelques mois, en quelques années, envahi nos vies au point que l’on ne saurait déjà plus très bien s’en passer. Et voilà qu’un auteur à l’ouvrage primé se voit empêtré dans une affaire tellement insoluble que tout artiste tremble à l’idée qu’un robot puisse un jour prendre sa place et faire tout aussi bien que lui.</p>
<p>Au soir de ce même 21 octobre, dans un petit théâtre des environs de Lausanne a lieu, dans une intimité confidentielle, la répétition générale du nouveau spectacle d’un slameur au nom de sage bouddhiste. Quel rapport entre ces deux faits concomitants, me direz-vous ? Le rapport se trouvait ce fameux 21 octobre sur la scène du Bateau-Lune à Cheseaux-sur-Lausanne. Le rapport y proposait un nouveau spectacle de son cru. Le rapport s’appelle Loc Nguyen, quoique beaucoup le connaissent davantage sous son nom de scène : Honorable Scarabée.</p>
<p><em>Intelligents artificiers,</em> la toute fraîche création de cet artiste protéiforme s’articule précisément autour de cette nouveauté technologique qui effraie autant qu’elle fascine. Succession de petites scènes slamées (ou peut-être sont-ce des slams scénographiés), son quatrième spectacle questionne la place grandissante de ces intelligences alternatives dans le monde de l’art scénique. Poétisant le numérique et raillant les datas, celui qui a décroché en 2025 le titre de vice-champion du monde de slam fait résonner sa verve poétique dans ce lieu à l’ambiance intimiste. Une heure durant, longeant ce fil rouge auquel il se raccroche souvent, il y évoque tour à tour les méthodes d’apprentissage de l’allemand, l’esprit patriarcal d’un réparateur de photocopieuses ou les peintresses oubliées.</p>
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									<p style="text-align: right;"><em>Intelligents Artificiers -Loc Nguyen ©Pierre-Benoît Querton</em></p>								</div>
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									<p>Mais c’est encore quand il parle de lui que l’on atteint une strate supérieure. On découvre alors un être pétri de doute, un Loc Nguyen qui, de par sa timidité presque maladive, s’est effacé au profit d’Honorable Scarabée, un double à la fois rassurant et étouffant, dont il tient à se défaire pour faire jaillir pleinement ce lui-même qu’il peine à retrouver. On se prend à quelques soupirs effarés devant le racisme ordinaire qu’a enduré dès l’enfance celui qui demeure fier d’être né ici. On s’attache avec compassion à cet ado en quête d’un sens à donner à sa vie et qui finit, sur scène, par trouver la façon la plus adéquate d’exprimer tout ce qui n’avait eu de cesse de s’imprimer en lui. Une part toute personnelle et un courage certain pour dévoiler un peu de soi, encore magnifié par l’échange opéré entre l’artiste et son metteur en scène, le tout nouveau directeur des lieux Fabian Ferrari.</p>
<p>Le sujet épineux pour lequel on imagine que tout artiste ne peut s’empêcher de prendre parti pourrait aisément virer à la diatribe facile ou au pamphlet militant. C’est pourtant avec une habileté certaine que le comédien-slameur évite cet écueil. Loin de nous crier sa haine de l’IA, de maudire Anthropic ou de cracher sur les chatbots, il parvient, sans rien théoriser, par le simple art des mots et par une démonstration d’absurdités à nous montrer les limites d’un système dont on s’imagine déjà qu’il nous remplacera demain.</p>
<p>Mais une question pourra tarauder le·a spectateur·ice provocateur·ice : et si Loc Nguyen/Honorable Scarabée nous faisait en ce moment l’entourloupe la plus maligne qui soit ? Et si tout ce spectacle avait été généré par Claude, ChatGPT ou Microsoft Copilot ? Et si l’arrosé était en fait arroseur ? Avouez que la tromperie serait habile…</p>
<p>Il est pourtant des signes qui ne trompent pas et qui ne nécessitent pas la médiation d’un logiciel de détection aux résultats litigieux. Le premier perle aux paupières de celui qui semble imprégné de chaque mot qu’il prononce. L’émotion est palpable et on ne peut l’imaginer simulée quand bien même on aurait affaire à l’acteur le plus talentueux qui soit. Le deuxième réside dans cet art si particulier du slam pour lequel la précision dans le maniement des mots, dans l’enchaînement des rimes, des allitérations et des assonances est telle, qu’on doute qu’un cerveau autre que sensible ait pu en écrire ne serait-ce qu’une ligne. Enfin, si vous n’êtes pas convaincu·e par ces premiers éléments, une simple discussion avec le principal intéressé vous démontrera sans équivoque qu’il est pleinement auteur de chacune de ces lignes.</p>
<p>Quant à savoir si cet article a été écrit par un· humain·e, je vous en laisserai seul·e juge…</p>
<p><strong>Intelligents artificiers<br /></strong>Du 22 octobre au 1<sup>er</sup> novembre 2026<br />Bateau-Lune, Cheseaux-sur-Lausanne<br /><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://bateaulune.ch/spectacles/intelligents-artificiers/" target="_blank" rel="noopener nofollow">www.bateaulune.ch/spectacles/intelligents-artificiers</a></span></p>								</div>
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		<title>La rentrée littéraire de Zaza lit &#8211; Épisode 10/13 &#8211; Le Petit Nicolas revient, et c’est très bien</title>
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		<dc:creator><![CDATA[blogcom]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Oct 2026 05:36:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[C’est la rentrée du livre ! Chaque semaine, Zaza lit, alias notre chroniqueuse Isabelle Falconnier, partage ses coups de cœur, [&#8230;]]]></description>
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					<h5 class="elementor-heading-title elementor-size-default">C’est la rentrée du livre ! Chaque semaine, Zaza lit, alias notre chroniqueuse Isabelle Falconnier, partage ses coups de cœur, conseils et rencontres. Cette semaine, Zaza a lu « Le Petit Nicolas. Je reviens ! », les douze nouvelles histoires du mythique Petit Nicolas écrite par Anne Goscinny, la propre fille de son créateur René Goscinny.</h5>				</div>
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									<p><em>Photo de haut de page: © <a href="https://www.alexandrina.ch/" target="_blank" rel="noopener nofollow">Alexandrina Birsan </a></em></p>								</div>
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					<h6 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Épisode 10/13</h6>				</div>
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									<p><strong>Le Petit Nicolas revient, et c’est très bien</strong></p><p>Quand j’étais une petite fille, j’aimais beaucoup le Petit Nicolas.</p><p>Ses aventures, écrites une vingtaine d’années avant que je ne les lise, distillaient un parfum à la fois familier – la famille, l’école, les copains, les vacances et leurs mini-tragédies et joies simples, je connaissais &#8211; et déjà résolument, et délicieusement, rétro. Je n’avais pas de proviseur, les classes étaient naturellement mixtes, les garçons ne juraient que par Goldorak et ma mère partait au travail tous les matins. Le Petit Nicolas était une sorte de petit frère du passé que je regardais faire ses bêtises en sachant que tout finirait toujours par un goûter de pain et de chocolat.</p>								</div>
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									<p><em>&#8211; annonce &#8211;</em></p>								</div>
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									<p>Alors lorsqu’Anne Goscinny a annoncé, début octobre, la sortie de nouvelles aventures du Petit Nicolas, non pas « simplement » des inédits posthumes retrouvés de son papa mais des histoires toutes neuves, écrites de sa propre main, mon sang n’a fait qu’un tour. J’ai été partagée entre curiosité, admiration devant son courage et agacement devant cette énième exploitation du personnage.</p><p>J’ai donc lu les douze nouvelles histoires de <em>Le Petit Nicolas. Je reviens !</em>. Je les ai lues sans déplaisir. « Le Nouvel-An », où les parents finissent par rester regarder la télévision avec le Petit Nicolas et sa mémé au lieu de sortir s’amuser, et « Je joue de la flûte », dans laquelle Nicolas se voit offrir deux flûtes à bec le même jour pour finir par les utiliser pour se battre avec Alceste « comme des mousquetaires », sont les plus réussies. J’ai passé un moment sympathique, oui, mais rien de plus ; comme lorsqu’on regarde une comédie franchouillarde qui nous fait pouffer et perdre notre temps à la fois.</p><p>Je me suis surtout demandée : à quoi bon !? Entre 1959 et 1965, René Goscinny a écrit et publié plus de deux cents vingt histoires du Petit Nicolas, d’abord dans les colonnes du journal Sud-Ouest Dimanche, puis dans des recueils publiés par les éditions Denoël. Le Petit Nicolas était né une première fois en 1955 sous le trait de crayon de Sempé : entre 1955 et 1956, une vingtaine de planches BD signée Sempé et Goscinny paraîtront dans le magazine belge Le Moustique. Mais Goscinny est viré de Moustique pour activités syndicales et Sempé n’aime pas la bande dessinée – c’est sous la forme de ces petits contes en prose, illustrés de deux ou trois dessins de Sempé, que la série du <em>Petit Nicolas</em> trouve son succès populaire durable. Cocasse : le jeune personnage doit son nom à la chaine de magasins de vin éponyme, dont une publicité figure sur un bus qui passe sous les yeux de Sempé lorsqu’il s’agit de baptiser le garçonnet qu’il vient de dessiner…  À quoi bon !? Car en sus des plus de deux cents histoires du Petit Nicolas publiées du vivant de Goscinny, se sont ajoutées dès les années 2000 plusieurs dizaines d’histoires inédites, retrouvées et éditées par Anne Goscinny, qui fonde pour cela les éditions IMAV, maison désormais éditrice de l’intégralité des livres du Petit Nicolas (15 volumes) et gestionnaires des droits d’adaptation et merchandising dans le monde entier. Et ça marche : en 2009, à l’occasion des cinquante ans de sa création, c’est non seulement un nouveau recueil d’inédits qui sort mais en sus un film à succès avec Kad Merad et Valérie Lemercier, ainsi qu’une série animée pour la TV. À quoi bon, alors que le grenier à provisions est bien rempli, qu’il y a amplement de quoi se mettre sous la dent et consommer du Petit Nicolas des années durant, écrire de nouvelles histoires ? D’autant plus qu’Anne Goscinny ne fait pas la révolution en décidant par exemple de raconter les histoires d’un gamin parisien du 21<sup>e</sup> siècle : elle se contente, explique-t-elle, d’avancer dans le temps d’une petite décennie, saisissant les années 1970, le moment où les écoles deviennent mixtes (c’est en 1976 que la mixité, de légale dès 1957, devient obligatoire dans les écoles primaires françaises), où les mamans se mettent pour de bon à aller au travail comme les papas et où déguster du saumon fumé à Nouvel An devient un incontournable des tables familiales.</p><p>Je pense que la réponse est ailleurs. Anne Goscinny est née le 19 mai 1968. Ce qu’elle raconte, ce sont ses propres années d’enfance. Ce qu’elle raconte, c’est l’enfance dont son papa n’a pas été témoin, ou si peu, parce qu’il est mort le 5 novembre 1977, lorsqu’elle avait 9 ans. <em>Le Petit Nicolas. Je reviens !</em>, c’est Anne qui raconte à son papa la vie lorsqu’on est des filles et des garçons dans la même classe, ce que lui n’a pas connu enfant. <em>Le Petit Nicolas. Je reviens !</em>, c’est Anne qui raconte à René ce monde post Mai-68 qu’il aura si peu connu, qui lui raconte comment la vie a continué, après sa mort survenue bien trop tôt.</p><p>C’est ainsi que les écrivains survivent dans le cœur de leur fille et que les filles d’écrivains parlent à leur père mort trop tôt. Il n’y a pas de meilleure raison.</p><p style="text-align: right;"><strong>Isabelle Falconnier</strong></p>								</div>
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									<p><em>Le Petit Nicolas. Je reviens !<br /></em>De Anne Goscinny. Avec Jean-Philippe Arrou-Vignod. Illustrations de Fursy Teyssier. D’après l’œuvre de Goscinny et Sempé. IMAV éditions, 198 pages.</p>								</div>
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		<title>Avec sincérité, passion et sérieux : découvrez l’univers d’Alex Carmin</title>
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		<pubDate>Tue, 20 Oct 2026 15:23:08 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Le 23 octobre marque un moment important dans la carrière de musicien et compositeur d’Alex Carmin, avec la sortie de [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="282750" class="elementor elementor-282750" data-elementor-settings="{&quot;ha_cmc_init_switcher&quot;:&quot;no&quot;}">
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le 23 octobre marque un moment important dans la carrière de musicien et compositeur d’Alex Carmin, avec la sortie de son premier album, « Sérieusement ». Il nous raconte comment l’humour, la nostalgie, le personnage du dandy désinvolte, le monde du travail et son passé de comédien sont autant de mosaïques qui composent son nouveau projet… avec sérieux.</strong></p>
<p>Texte et propos recueillis par Jeanne Möschler</p>
<p><strong>De la radio à ses compos</strong></p>
<p>« Je me réjouis tellement de sortir l’album et, en même temps, ça me paraît irréel d’être arrivé au point de la publication, après y avoir consacré deux ans de travail », raconte Alex Carmin. « C’est vraiment un projet qui marque l’aboutissement d’une certaine période de ma vie. »</p>
<p>Enfant, il a été bercé par le son de la radio qu’écoutaient ses parents, ainsi que par celui de sa grand-mère au piano. Le jeune artiste a pu développer sa sensibilité musicale à travers des cours de guitare et de chant, ainsi que de manière très personnelle, en composant en autodidacte. Aujourd’hui, il est à la fois musicien, photographe et animateur musical pour les enfants dans les classes. Alex Carmin aime développer sa créativité dans des disciplines variées, qui l’inspirent pour créer sa musique. « Pour écrire une chanson, le processus varie, mais je pars souvent d’une émotion ou d’une idée, puis pose quelques mots, suivis d’une mélodie à la guitare. Je peux m’inspirer de chansons existantes, mais je recrée toujours une mélodie qui vient de moi. »</p>
<p>Le musicien met son expérience de comédien au Conservatoire de Genève au service de son écriture, afin de travailler le texte en profondeur pour le faire vivre lors de la composition, puis sur scène. L’artiste aime aussi se mettre dans la peau d’un « dandy moderne, un peu coquet, à la fois classe, mais qui ne roule pas sur l’or ». S’identifier à un tel personnage permet au musicien de dépasser certains moments difficiles de son histoire personnelle : « C’est une figure qui passe à travers les événements comme si ça ne l’impactait pas trop, ce que moi-même, j’ai eu plus de peine à faire au travers d’expériences passées. Alors, me mettre dans la peau de quelqu’un pour avancer peut m’aider. »</p>
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									<p style="text-align: right;"><em>Photo: © Jocelyne Rouge</em></p>								</div>
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									<p><strong>Un album… sérieusement ?</strong></p>
<p>Le titre <em>Sérieusement</em> questionne notre rapport aux choses du quotidien et au monde qui nous entoure. « Est-ce qu’on est sérieux dans la vie de tous les jours ? Est-ce que je suis sérieux dans ma pratique musicale ? C’est une question que beaucoup de gens me posent. Sortir un album en 2026, est-ce vraiment sérieux au niveau commercial ? Aujourd’hui, moins d’artistes en réalisent, car sortir toutes les chansons en même temps est moins valorisé dans l’industrie musicale, à moins d’être extrêmement connu. »</p>
<p>Sur ce dernier point, l’artiste poursuit son idée depuis des années : il aime l’album comme objet, avec un sujet global et des chansons connectées entre elles. En sortir un est un rêve qu’il nourrit depuis l’adolescence. « Je suis quelqu’un qui écoute beaucoup d’albums. Je suis un fan de chanson française et de musique anglo-saxonne. <em>Wish You Were Here</em> de Pink Floyd, par exemple, m’accompagne depuis plus de 15 ans et me donne encore des frissons aujourd’hui. Ce n’est pas dans le même style que mon projet, mais on retrouve la thématique de la solitude. Après, mon album est un patchwork. Je mélange les époques, entre des inspirations des Beatles, de Led Zeppelin, de Philippe Katerine, avec le côté robotique, ou de Benjamin Biolay, pour le côté moderne… Le tout arrangé avec une touche funky. »</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><em>Photo (et photo de haut de page): © Blaise Collaud</em></p>								</div>
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									<p><strong>Rire aide à avancer, créer aide à rassembler</strong></p>
<p>Dans son deuxième EP, <em>Enfariné</em>, il engageait une réflexion sur l’approche de la trentaine, avec notamment un clip vidéo musico-culinaire, poétique et ironique, réalisé avec FOG Artistics, basé à Renens. Entre humour, ironie et sérieux, son nouvel album vient dépeindre les contradictions de notre monde, ainsi que des sujets personnels et de santé publique. « L’humour aide à prendre de la distance. Sur des sujets difficiles comme la nostalgie ou la santé mentale, mettre des mots plus légers peut créer du lien entre les gens, en apportant une bulle d’oxygène dans la morosité. »</p>
<p>Pour Alex Carmin, l’art, que ce soit au théâtre, en photographie ou sous d’autres formes, permet de montrer des émotions et de faire sortir quelque chose de soi, afin que d’autres personnes puissent s’y reconnaître. « J’étais un enfant et un ado sensible, et grandir dans la campagne vaudoise a rendu le processus de se confier et d’en parler plus difficile. Même au 21<sup>e</sup> siècle, les garçons doivent encore être des hommes forts », confie le musicien, énervé par ces clichés qui persistent. « Les émotions, maintenant, je peux en parler en musique et ça aide. Par exemple, la chanson <em>Accroche-toi</em>, sur la dépression, j’ai mis cinq ans à l’écrire. Mais, à la fin, ça m’a permis de tourner une page de ma vie. »</p>
<p>Il se réjouit de faire découvrir son premier album et de laisser les auditeur∙ice∙s écouter librement les chansons, à la maison ou lors de son concert du 23 octobre à L’Amalgame, à Yverdon. « J’ai un côté perfectionniste et je suis plutôt stressé avant… mais ensuite  j’aime beaucoup être sur scène, m’amuser et partager avec les gens. »</p>
<p><strong>Alex Carmin &#8211; Vernissage de l’album <em>Sérieusement<br /></em></strong>Soirée partagée avec le concert du duo Bonne Nuit<strong><br /></strong>Vendredi 23 octobre à 20h<br /><a href="https://www.amalgameclub.ch/evenement/bonne-nuit-fr-alex-carmin-ch-vernissage/" target="_blank" rel="noopener nofollow"><span style="text-decoration: underline;">L’Amalgame</span></a>, Yverdon-les-Bains</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://www.alexcarmin.com/" target="_blank" rel="noopener nofollow">www.alexcarmin.com</a></span></p>								</div>
				</div>
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		<title>Nora Rupp – La joie résistera ! </title>
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		<pubDate>Thu, 15 Oct 2026 15:32:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Où se situe la violence ? Dans les actions parfois illégales qui visent à construire un monde où toutes les [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="282214" class="elementor elementor-282214" data-elementor-settings="{&quot;ha_cmc_init_switcher&quot;:&quot;no&quot;}">
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									<p><strong>Où se situe la violence ? Dans les actions parfois illégales qui visent à construire un monde où toutes les vies se valent ? Ou dans l’extermination du vivant ? La Ferme des Tilleuls a donné carte blanche à la photographe lausannoise Nora Rupp pour exposer ses images réalisées entre octobre 2020 et mars 2021, lors de l’occupation de la colline du Mormont par les activistes face au chantier Holcim. L’émotion est puissante, le constat est à la fois déchirant et beau : la joie résiste et <em><em>La joie résistera, </em></em>encore.</strong></p>
<p>Texte et propos recueillis par Katia Meylan</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><strong>La joie résistera!<br /></strong>Du 3 septembre au 6 décembre 2026<br /><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://fermedestilleuls.ch/exhibition/la-joie-resistera/" target="_blank" rel="noopener nofollow">La Ferme des Tilleuls</a></span></p>								</div>
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									<p>Mercredi 2 septembre 2026, La Ferme des Tilleuls fourmille de vie en ce vernissage. Dans le jardin, alors que l’air est encore doux à la tombée de la nuit, on entonne un refrain avec la fanfare militante, on boit des verres. Je m’éclipse à l’intérieur pour visiter l’exposition. Au fil des salles, comme moi, des visiteur∙euse∙s découvrent. D’autres se souviennent. De l’organisation d’un quotidien en communauté jusqu’à l’expulsion par la police le 30 mars 2021. Les cabanes, les tentes, les barricades. L’action éco-féministe, la grande fête avant la fin du monde. Les gens, surtout : leurs vêtements colorés, pratiques, non-genrés, leurs mots doux écrits sur les murs et dans la cuisine, leurs masques, leurs maquillages, leurs corps, leurs yeux. Leurs yeux&#8230; Ce sont surtout les portraits qui m’accrochent. Les portraits masqués, mais aussi les portraits que Nora Rupp a pu prendre à visages découverts et sur lesquels l’artiste Jeanne Schütze a brodé des masques, pour protéger l’identité des zadistes.</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><em>© Nora Rupp</em></p>								</div>
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									<p>Dans les escaliers, une série de photographies d’identité judiciaire détournées pointe du doigt l’absurdité de la situation. Méconnaissables sous les déguisements, mi-bandits mi-super-héros, les zadistes figurent là, chacun∙e aux côtés de son « crime » et de sa sentence. <em>3 mois de prison et 1600 francs d’amende pour délit de tendresse</em>. En descendant ces escaliers, j’ai l’impression d’être écrasée par les jugements qu’ils et elles ont reçus. <em>2 mois de prison et 1600 francs d’amende.</em></p>
<p><em>3 mois de prison et 1700 francs d’amande</em>.</p>
<p><em>3 mois de prison et 2050 francs d’amende</em>.</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><em>© Nora Rupp</em></p>								</div>
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									<p>Après avoir traversé les salles, écouté leurs conversations, leurs revendications, leurs rires, leurs chansons fredonnées doucement ou leurs hymnes sortis du chœur, je réemprunte ces mêmes escaliers en sens inverse et, en montant, me sens portée par leurs actes de rébellion. </p>
<p><em>Prendre de la hauteur.</em></p>
<p><em>Laisser tomber le béton</em>.</p>
<p><em>Respirer de l’air frais.</em></p>
<p><em>Rêver d’un monde meilleur.</em></p>
<p><em>Apprendre à cohabiter avec la nature.</em></p>
<p><em>Ne pas rester passif∙ve∙x face à des violations des droits humains.</em></p>
<p><strong>De la curiosité à l’envie viscérale de comprendre</strong></p>
<p>Il y a quelques jours, j’ai eu l’occasion de prendre un café avec Nora Rupp pour parler de <em>La joie résistera ! </em>dont le geste est aussi militant qu’artistique. Elle nous raconte son premier jour à la ZAD, en octobre 2020, envoyée prendre quelques images par le journal zurichois Woz. C’était une semaine après l’installation des activistes, lors d’un week-end portes ouvertes en collaboration avec l’association Sauvons le Mormont, qui organisait des actions de sensibilisation autour de la biodiversité. « J’avais entendu parler de la ZAD et m’étais dit que c’était une bonne opportunité pour aller jeter un œil. J’y suis allée très naïvement avec mon appareil photo sur l’épaule. Il y avait beaucoup de monde, il faisait beau, l’atmosphère était festive mais&#8230; ça a été plus compliqué que prévu. Au sein de la ZAD, on ne m’a pas laissée faire de photos. On m’a dit que montrer des visages, c’était mettre les gens en danger. C’était la première fois que je rencontrais des activistes, que j’étais face à une telle problématique. » Pour son mandat, Nora réalise quelques images de la carrière et de la visite guidée, mais pressent toutefois que cette vision « touristique » ne représentait pas ce qu’était réellement la ZAD. « Ça m’a donné envie d’y retourner, de comprendre. Je n’avais aucun plan, juste un besoin de faire des images. Au début, la réponse était souvent la même : <em>pas de photos</em>. Je rentrais chez moi et je me disais que j&rsquo;allais laisser tomber car c’était dur, il faisait froid, je n’étais pas bien reçue par tout le monde. Puis j’y retournais. C’était viscéral. J’ai commencé à y aller plusieurs fois par semaine, j’ai cuisiné, passé des soirées et dormi sur place plusieurs fois&#8230; D’abord je prenais en photo des détails, avec beaucoup de précautions, sans jamais qu’on ne voit de visage. Peu à peu, certain∙e∙s ont accepté que je fasse des portraits ; je les ai imprimés et les leur ai offerts. C’était aussi une preuve que je le faisais pour elleux, pour comprendre et garder une trace de leur action. Après trois mois, on avait créé un vrai lien de confiance. »</p>								</div>
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									<p><strong>L’expulsion &#8211; <em>J’ai vu que c’était fini</em></strong></p>
<p>La grande majorité de la carte blanche à Nora Rupp au sein de la Ferme des Tilleuls témoigne des idéaux et du fonctionnement de cette micro-société qu’a été la ZAD de la colline pendant six mois. L&rsquo;artiste nous explique avoir travaillé les salles par thèmes. Cela lui a notamment permis de cantonner l’expulsion, qui n&rsquo;est qu’une petite partie de l’histoire, à une salle à part. Je lui demande de me raconter cette journée du 30 mars 2021, qu’elle se remémore avoir été très intense. « Elle a commencé à 5h du matin, avec l’appel au mégaphone qui disait que la police encerclait la colline », raconte-t-elle. « Ils étaient retenus en bas par d’autres activistes venus en renfort, ça a mis quelques heures avant qu’on les voie apparaitre. Je me souviens d’avoir pris un café et un pancake vegan pour le petit déjeuner – une cantine itinérante tenue par des Allemands était venue faire à manger. Petit à petit, la fanfare militante a commencé à jouer. Il y avait cette radio ZAD, diffusée dans les arbres, qui passait de la musique, des interviews et donnait des informations sur l’avancée de la police. La première ligne de policiers que j’ai vue arriver, c’était du côté de la carrière, elle avançait en direction d’Extinction Rébellion, qui étaient torses nus attachés dans des barils.</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><em> © Nora Rupp</em></p>								</div>
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									<p>Je circulais d’un côté et de l’autre, on se croisait avec les copaines. J’ai des souvenirs par petites bribes de ces moments. Je suis allée du côté de la route, où les activistes récitaient des poèmes sur les droits du vivant à la police. Au fur et à mesure, il y a eu des tirs de balles en caoutchouc, des lacrymogènes, des barricades de feu allumées par les zadistes. Je me souviens de ce moment où on s’était tous regroupé∙e∙s, on essayait de résister, moi je faisais mes images, eux ils lançaient des boules de compost. Et tout à coup la police s’est retrouvée dans la ZAD. On pensait tenir quelques jours, ça a duré quelques heures. J’ai continué à faire des images tant que je n’étais pas interpellée, et quand un policier est venu vers moi et m’a dit « Vous sortez ou je vous arrête », j’ai vu que c’était fini, j’ai décidé de sortir. J’avais mes enfants à la maison, je ne m’imaginais pas être arrêtée et rester en garde à vue jusqu’au lendemain ».</p>
<p><strong>L’âme de la ZAD</strong></p>
<p>Si Nora Rupp s’est vue « happée » par la ZAD, comme elle le dit plusieurs fois, elle ne se positionne toutefois pas comme zadiste. Le Prix Nobel Jacques Dubochet, à qui elle donne la parole dans <a href="https://edition-hausamgern.ch/LA_JOIE_RESISTERA" target="_blank" rel="noopener nofollow"><span style="text-decoration: underline;">le livre de l’exposition</span></a> en tant que président de l’association des Orchidées du Mormont, formule : <em>« [&#8230;] pour accéder à l’âme de la ZAD, il fallait y vivre, y travailler, y manger, y dormir. Nous savions que le combat des zadistes était juste, mais nous ne pouvions guère que constater, essayer de comprendre et admirer leur force et leur détermination [&#8230;] ».</em> Nora elle aussi, bien qu’ayant adhéré à leurs valeurs et leurs combats, ne se considérait pas zadiste, « par respect pour elleux ». Cette maman de trois enfants me sourit : « Je n’y ai pas vécu les 165 jours, je n’ai pas traversé l’hiver dans le froid&#8230; Si j’avais eu dix ans de moins, si je n’avais pas eu d’enfants j’aurais été sur cette colline ! ».</p>
<p><strong>Un regard unique</strong></p>
<p>La photographe confie être reconnaissante de ce statut d’entre-deux qu’était le sien. « Ça me donne la possibilité d’avoir ce regard-là, de transmettre ce qui s’est passé à l’intérieur sans en avoir fait entièrement partie. » En s’entourant d’une équipe curatoriale composée de personnes à la fois internes et externes à la ZAD, Nora Rupp s’ouvre aux réflexions communes, s’inspirant du fonctionnement collectif et horizontal vécu sur la ZAD.</p>
<p>Le laps de temps écoulé entre l’occupation de la colline et l’exposition a lui-aussi été bénéfique au mûrissement des idées. « Je n’aurais certainement pas monté l’expo de la même manière à vif. La projection, le montage avec le son de la colline, la sérigraphie et la broderie, l’installation avec la roche&#8230; c’est parce que ces idées avaient déjà fait du chemin dans ma tête que j’ai pu les réaliser si rapidement. La Ferme des Tilleuls m’a proposé la carte blanche en août dernier, et en juin de cette année je devais avoir tout terminé. »</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><em>© Nora Rupp</em></p>								</div>
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									<p><strong>Messagère du dialogue entre zadistes et public </strong></p>
<p>Nora Rupp conçoit son exposition comme « un espace de dialogue entre le public et celleux qui ont habité la colline ». Aussi, je suis curieuse de savoir quelles sont les questions qu’elle a le plus entendues, des deux côtés. De la part du public venu visiter la Ferme des Tilleuls depuis le 3 septembre, elle affirme avoir reçu beaucoup de questions concernant le mode de vie sur la ZAD : est- ce qu’il y avait l’eau courante, l’électricité, combien de temps ça a duré, combien ils étaient, mais aussi ce qu’ils sont devenus après.<br />Côté zadistes, du temps de la colline, elle s’entendait régulièrement questionner sur ce qu’elle allait faire de toutes ces images. « Je répondais que je ne savais pas&#8230; À ce moment-là, ce qu’elles allaient devenir n’était pas du tout une évidence pour moi ». Beaucoup ont été prêtées à des milieux militants, nous explique-t-elle, car pas question de s’approprier la lutte : « Si tu viens tirer de la matière de cette ZAD, c’est pour le bien commun ». Tout comme Nora a prêté ses images, d&rsquo;autres lui ont prêté leurs enregistrements sonores, qui se sont retrouvés intégrés à l’exposition. C&rsquo;est le cas notamment d’Automne, une militante qui avait enregistré la série <em>Récits de ZAD</em> pour le podcast féministe <span style="text-decoration: underline;"><a href="https://ultraviolet-t.ch/" target="_blank" rel="noopener nofollow">ULTRAVIOLET.T.</a></span></p>
<p><strong>Ce qu’elle en garde auprès d’elle</strong></p>
<p>La beauté entrevue dans l’exposition me donne envie de savoir ce que Nora Rupp garde de cette expérience auprès d’elle, au quotidien. Elle me répond du tac au tac : « Tellement de choses ! Une envie de révolte. Un besoin de me battre, de lutter contre la fascisation du monde ».</p>								</div>
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																<a href="https://www.l-agenda.ch/wp-content/uploads/2026/10/Nora-Rupp-interview.jpeg" data-elementor-open-lightbox="yes" data-elementor-lightbox-title="Nora Rupp interview" data-e-action-hash="#elementor-action%3Aaction%3Dlightbox%26settings%3DeyJpZCI6MjgyMzQ0LCJ1cmwiOiJodHRwczpcL1wvd3d3LmwtYWdlbmRhLmNoXC93cC1jb250ZW50XC91cGxvYWRzXC8yMDI2XC8xMFwvTm9yYS1SdXBwLWludGVydmlldy5qcGVnIn0%3D">
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									<p style="text-align: right;"><em>Nora Rupp pendant l&rsquo;interview. Photo: Katia Meylan</em></p>								</div>
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									<p>Elle nous confie aussi qu’en plus de la ZAD, une autre expérience survenue une année avant l’a transformée. « À 37 ans, j’ai fait un AVC. Je n’avais jamais montré mon travail artistique car j’avais peur qu’il ne soit pas légitime. Après avoir failli mourir, je me suis dit, en fait&#8230; je vais vivre, je vais faire ce qui a un sens pour moi, et si les gens ne me trouvent pas légitime, tant pis ! Après une année de digestion, j’ai quitté mon travail institutionnel dans lequel j’étais depuis dix ans, qui me donnait un supposé statut social dont je n’avais pas besoin. Question finances, ça faisait peur&#8230; Mais ça a aussi été une reconstruction féministe de me montrer dans l’espace public. De m’y imposer même ! Je n’avais pas envie d’attendre qu’une institution veuille bien valider mon travail, alors en 2021 j’ai monté ma première exposition, <em><a href="https://editionslaveilleuse.ch/product/un-corps-a-soi/" target="_blank" rel="noopener nofollow">Un corps à soi,</a></em> dans un hangar désaffecté. J’ai eu un relai médiatique incroyable ! D’abord j’ai presque été submergée, je ne comprenais pas ce qui m’arrivait&#8230; puis j’ai surfé sur la vague », sourit-elle. Quand Nora Rupp propose <em><a href="https://www.images.ch/archives/artiste/nora-rupp/" target="_blank" rel="noopener nofollow">Un corps à soi à Images Vevey</a></em> en 2024, le projet est accepté. Certaines de ses images de la ZAD, montrées au Musée d’ethnographie de Neuchâtel, lui ont valu un Swiss Press Award en 2022 et sont aujourd’hui l’objet d’une carte blanche à La Ferme des Tilleuls.</p>
<p>En ayant affirmé sa position d’artiste, de militante, Nora Rupp s’inscrit, avec ses images, dans l’histoire des luttes féministes et anticapitalistes.</p>								</div>
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									<p><strong>La joie résistera !</strong><br />La Ferme des Tilleuls, Renens</p>
<ul>
<li>Du 3 septembre au 6 décembre 2026: exposition<br />Du mardi au dimanche de 11h à 18h, prix libre</li>
<li>Plusieurs dates: Visite guidée<br />Par Nora Rupp, Eva Barras ou un∙e guide (<span style="text-decoration: underline;"><a href="https://fermedestilleuls.ch/evenements/" target="_blank" rel="noopener nofollow">voir l&rsquo;agenda</a></span>)</li>
<li>Jeudi 19 novembre à 20h30: Faire cabanes<br />Soirée littéraire et artistique avec Antoine Rubin, Alia Bengana et Nora Rupp</li>
</ul>
<p><span style="text-decoration: underline;"><a href="http://www.fermedestilleuls.ch/exhibition/la-joie-resistera" target="_blank" rel="noopener nofollow">www.fermedestilleuls.ch/exhibition/la-joie-resistera</a></span></p>								</div>
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		<title>Le temps et la réalité en perspective</title>
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		<dc:creator><![CDATA[blogcom]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Oct 2026 12:28:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Exposition]]></category>
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					<description><![CDATA[Jusqu’au 15 novembre 2026, la galerie du Boléro à Versoix donne à voir deux expositions temporaires : Cités délaissées de Jean-Marc [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="281922" class="elementor elementor-281922" data-elementor-settings="{&quot;ha_cmc_init_switcher&quot;:&quot;no&quot;}">
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Jusqu’au 15 novembre 2026, la galerie du Boléro à Versoix donne à voir deux expositions temporaires :</strong> <strong><em>Cités délaissées</em> de Jean-Marc Yersin</strong> <strong>et <em>Mirages</em> Antoine Roth. Je suis allée les découvrir.</strong></p>
<p>Texte de Katia Meylan</p>
								</div>
				</div>
					</div>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cités délaissées &#8211; Jean-Marc Yersin<br /></strong><strong>Mirages &#8211; Antoine Roth <br /></strong>Du 27 août au 15 novembre 2026<br /><a href="https://www.versoix.ch/sites-bolero-galerie/bolero-galerie/" target="_blank" rel="noopener nofollow">Galerie du Boléro</a>, Versoix</p>
<p>Date à venir:<br />Samedi 10 octobre à 15h : visite guidée (<span style="text-decoration: underline;"><a href="https://www.versoix.ch/agenda/bolero-galerie/visite-guidee-exposition-mirages-%7C-samedi-10-octobre-2026-a-15h-%7C-galerie-du-bolero-9280" target="_blank" rel="noopener nofollow">vers le lien</a></span>)</p>
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<p class="wp-block-paragraph">À Versoix, les bureaux du service de la culture sont en colocation avec la galerie du Boléro. J’adore l’idée de ce lieu où employées, habitant∙e∙s et amateur∙ice∙s d’art se croisent à deux pas de la gare (littéralement, mettons quinze pas), et dont l’espace laisse place aux rencontres.</p>
<p>En ce moment, deux expositions temporaires de photographes romands y cohabitent : <em>Cités délaissées</em>, de Jean-Marc Yersin, et <em>Mirages</em>, d’Antoine Roth. Une concordance des agendas qui offre un contraste inattendu entre l’implacabilité de l’une et l’immatérialité de l’autre.</p>
<p><strong>Entrevoir le futur</strong></p>
<p><em>Cités délaissées</em> expose une sélection de 60 images prises de 2011 à 2024 entre la Suisse, la France, l’Espagne et l’Italie par Jean-Marc Yersin, ancien directeur du Musée suisse de l’appareil photographique de Vevey et co-fondateur du Festival Images.</p>
<p>Dans sa préface, l’auteur et historien de l’art Philippe Kaenel dit de la méthode de l’artiste qu’elle se rapproche de celle du touriste « qui déambule dans des paysages choisis », des paysages « suspendus entre leur industrieux passé et leur ruine future ». Je pars donc sur ses traces, en touriste, à la découverte de ces villes. En guise de guide, le feuillet de salle me rassure. <em>Ah, il me semblait bien avoir reconnu cette tour, place Chauderon. Et là, oui, c’est bien La Défense. </em>Mais l’essentiel est ailleurs, et bientôt je ne le consulte plus mais adopte la même posture flâneuse que le photographe. Je reste à l’extérieur, ne rentre presque jamais dans les bâtiments – à une exception près, l’École de Commerce et de Culture générale de Sierre. J’admire tant l’architecture suisse du 21<sup>e</sup> siècle que la cité ouvrière désaffectée bâtie à Viviers en 1880. Les lignes et les courbes sont imposantes à la fois de créativité et de massiveté ; figées dans le temps par le cadre et le noir/blanc, on les imagine pourtant à tout moment rouler, basculer, transpercer, sans plus rien à anéantir sur leur passage. En l’absence d’âme qui vive, c’est la leur qui s’impose. Je ne croise d’ailleurs personne ou presque ; ici un visage, au loin une nuée d’oiseaux. Sans ces rencontres, je me serais crue seule au monde. Seule à braver ces cités aux « pénuries fréquentes » et au « climat suffoquant » que décrit l’artiste dans son « carnet d’un autre temps n°5 ». Quel temps ? Est-ce le passé ? Le futur ? Proche ou lointain ?</p>
								</div>
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									<p><strong>Entrevoir un mirage</strong></p>
<p>Une cimaise traversée et la touriste que je suis se trouble. À l’horizon – ou à la verticale –, rien que des mirages. Les formes aperçues ne sont pas l’effet d’un appareil photo, ni le résultat de retouches mais bien de la patience du scientifique et photographe autodidacte qu’est Antoine Roth, posté au bord du Léman, aux aguets de ce phénomène atmosphérique rare appelé Fata Morgana. Au loin les voiles ondulent, les immeubles et les arbres <em>glitchent. </em>Lac, ciel et terre se confondent dans ces « zones de densité variable qui dévient les rayons lumineux ». Plisser mes yeux et questionner la réalité physique de notre monde devant les formats paysages, plisser mes yeux et questionner ma psychologie devant les fentes surréalistes des formats que l’artiste a choisi d’exposer renversés.</p>								</div>
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									<p>Réunies presque par hasard, les deux expositions offrent, par leurs respectives flâneries citadine et lacustre, une distanciation avec notre temps et notre réalité.</p>
<p>***</p>
<p><strong>Cités délaissées &#8211; Jean-Marc Yersin<br /></strong>Du 27 août au 15 novembre 2026<strong><br />Mirages &#8211; Antoine Roth <br /></strong>Du 27 août au 15 novembre 2026</p>
<p>Galerie du Boléro, Versoix</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://www.versoix.ch/sites-bolero-galerie/bolero-galerie/" target="_blank" rel="noopener nofollow">www.versoix.ch/sites-bolero-galerie</a></span></p>								</div>
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		<title>Sophie Gardaz – Le Petit Théâtre, comme à la maison</title>
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		<pubDate>Fri, 09 Oct 2026 08:27:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Sophie Gardaz prendra sa retraite à la fin de cette saison, après 22 ans à la direction du Petit Théâtre [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="281902" class="elementor elementor-281902" data-elementor-settings="{&quot;ha_cmc_init_switcher&quot;:&quot;no&quot;}">
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									<p><strong>Sophie Gardaz prendra sa retraite à la fin de cette saison, après 22 ans à la direction du Petit Théâtre de Lausanne. J’ai toujours trouvé magique ce lieu en vieille ville. J’ai trouvé de la beauté, de l’inspiration, du rêve, du courage, de l’impertinence, des larmes et de la joie dans chaque pièce que j’y ai vue – parfois tout en même temps. J’aurais pu poser mille questions à cette artiste comédienne, metteuse en scène, syndicaliste puis directrice, qui a tant fait pour la scène culturelle locale – preuve en est notamment son Prix suisse des arts de la scène reçu en 2022. Mais pour l’occasion, nous avons surtout parlé de ce petit bateau volant qui aura été sa vie professionnelle pendant 22 ans.</strong></p>
<p>Texte et propos recueillis par Katia Meylan</p>
<p><strong>Katia, pour L’Agenda : Est-ce que vous vous rappelez dans quelle optique vous êtes arrivée au Petit Théâtre en 2005 ?</strong></p>
<p><strong>Sophie Gardaz :</strong> Quand je suis arrivée, rien n’était acquis. Il faut dire que le théâtre nécessitait&#8230; disons&#8230; des soins intensifs ! Mes prédécesseurs, qui avaient démarré l’aventure en 1990, avaient investi énormément de rêves, d’énergie, mais n’avaient pas vraiment de moyens. Ils faisaient le plus de choses possibles avec l’argent à disposition – la moitié du budget d’aujourd’hui environ – et ça marchait. Mais au bout d’un moment, leur enthousiasme s’est épuisé. À mon arrivée, il y avait un écart ingérable entre la mission et les ressources à disposition. Ma préoccupation prioritaire pendant ces premières années était : <em>Comment faire pour que ce théâtre vive ? </em>Puis, petit à petit, on a trouvé des solutions. Un concours de circonstances a fait qu’en 2008, l’autre théâtre jeune public de Lausanne, le TPEL, a fait faillite et sa subvention nous est revenue. J’aurais préféré éviter ce scénario, il y avait largement de la place pour deux, notamment du point de vue de la demande ! Mais à partir de là, le Petit Théâtre a pu remplir sa mission, et j’ai pu me préoccuper d’autre chose que de sa survie. Aujourd’hui c’est un outil extraordinaire, à la fois au niveau des moyens, du lieu, de l’équipe et de sa mission.</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><em>Parmi toutes les personnes qui ont travaillé dans les coulisses du Petit Théâtre pendant ces 22 années, une cinquantaine s’est réunie au printemps 2026</em></p>								</div>
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									<p><strong>Pour vous, c’est quoi être directrice de théâtre ?</strong></p>
<p>Savoir donner les bonnes impulsions et les accompagner. Un peu comme ces artistes de cirque qui font tourner une multitude d’assiettes sur des baguettes.</p>
<p><strong>Une part de votre travail consiste à programmer des spectacles. Quelles sont vos contraintes et vos libertés ?</strong></p>
<p>Ma contrainte principale est de programmer des spectacles de qualité. Je ne fais aucune concession sur l’exigence artistique. C’est une contrainte et à la fois une liberté !</p>
<p>De manière générale je privilégie les projets qui délivrent un message ouvert ou positif. Il me paraît important d’offrir aux enfants des clefs qui leur permettent de se construire et d’affronter les difficultés&#8230;. Il y a aussi la question de l’âge minimum accessible que l’on doit déterminer très longtemps à l’avance. Pour des spectacles qui ne sont parfois même pas écrits, ce n’est pas toujours facile et ça fait partie de ma mission d’en être la garante. Concernant la programmation en général, en revanche, là où d’autres théâtres doivent suivre une ligne esthétique, moi, au contraire, je jouis d’une grande liberté et je peux explorer tous les styles, du moment que ça reste du jeune public.</p>
<p><strong>Un tiers de vos représentations sont des scolaires. Qu’est-ce que ça implique ?</strong></p>
<p>Les samedis et dimanche, on accueille un public familial, homogène et habitué à fréquenter les lieux culturels. En scolaire, c’est autre chose ! Les enfants qui viennent au Petit Théâtre avec leur classe ou leur crèche ouvrent souvent les portes d’un théâtre pour la première fois. C’est une de nos missions prioritaires : participer à la démocratisation de la culture. Nous faisons tout notre possible pour que cette première expérience se passe bien, pour qu’ils aient envie de revenir et d’ouvrir les portes d’autres théâtres. Mais on ne dit pas qu’on « forme les spectateurs de demain ». Les enfants sont des spectateurs à part entière et on est là pour leur donner quelque chose qui compte pour eux aujourd’hui !</p>
<p><strong>Revenons un peu en arrière : en tant que comédienne et metteuse en scène de formation, comment était-ce de changer de casquette et de devenir directrice à plein temps ?</strong></p>
<p>Quand j’ai été nommée à ce poste, mon cahier des charges indiquait que je n’étais pas censée réaliser mes propres mises en scène, sauf exception et ça m’allait très bien. La programmation est un geste artistique en soi. Et le fait de ne pas devoir incarner de ligne artistique m’a permis d’ouvrir le plateau aux autres compagnies, de leur offrir des conditions de travail soignées, à tous les niveaux et d’offrir au public une grande diversité de propositions. Plusieurs chorégraphes, metteurs et metteuses en scène – comme Philippe Saire, la Compagnie Linga, Matthias Urban, Cédric Dorier &#8211; sont ainsi venus au Petit Théâtre pour créer leur premier spectacle jeune public.</p>
<p><strong>Les créations que vous avez montées, <em>Le Petit Prince écarlate</em> en 2014 et <em>Seule dans ma Peau d’âne</em> en 2022, étaient donc de vraies exceptions : deux en 22 ans ! Qu’est-ce qu’on se permet en créant chez soi ?</strong></p>
<p>Avec <a href="https://lepetittheatre.ch/spectacle/le-petit-prince-ecarlate" target="_blank" rel="noopener nofollow"><em>Le Petit Prince écarlate</em></a>, on s’est permis des audaces qui étaient possibles parce qu’on avait choisi de ne pas tourner le spectacle. Les costumes étaient en tyvek, un tissu léger comme le papier. À chaque représentation, les comédiens utilisaient de la peinture pour dessiner sur les murs et finissaient par se battre à coups de pinceau. Il y avait de la peinture partout et on avait prévu un costume par représentation. Pour <a href="https://lepetittheatre.ch/spectacle/seule-dans-ma-peau-dane/" target="_blank" rel="noopener nofollow"><em>Seule dans ma Peau d’âne</em></a>, avec Michel Toman [<em>le co-metteur en scène</em>] on s’est offert le luxe du temps, notamment dans la phase préparatoire, car sa programmation était un fait acquis.</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><em>Seule dans ma peau d’âne © Philippe Pache</em></p>								</div>
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									<p><strong>Votre Petit Théâtre a abrité des centaines et des centaines d’artistes au fil des saisons. Quelles compagnies l’ont transformé ?</strong></p>
<p>Chaque fois qu’une équipe arrive, on s’attend à être perturbés ; ce n’est jamais deux fois pareil et c’est très stimulant.<br /><em>(Elle réfléchit&#8230;)</em> Ah, oui : la compagnie des Plumés ! Quand ils viennent avec leurs poules, leurs canards, leurs dindons, leurs chiens, c’est une gestion, on va dire, atypique ! : les contrôles vétérinaires, les passeports des poules, le chant du coq trop tôt le matin au goût des voisins, l’arrivée des chiens – dont une « stagiaire » Border Collie –, le trac du dindon&#8230; Les animaux sont là pour travailler, il faut en prendre grand soin ! Il a fallu signer une directive qui nous engageait à respecter leur dignité et à ne rien faire qui puisse les ridiculiser. Je trouve ça très bien ! Les humains ne sont pas toujours aussi bien protégés&#8230;</p>
<p>Un autre souvenir qui me vient en tête, c’est quand on a créé <a href="https://lepetittheatre.ch/spectacle/moby-dick" target="_blank" rel="noopener nofollow"><em>Moby Dick</em></a> en 2012 dans la Tour Vagabonde. Tout le monde se rappelle de cet écrin élisabéthain dans le jardin. Elle entrait au centimètre près. Dans ce petit espace, la tour a pris une dimension magique ! C’était en plein hiver&#8230; j’ai le souvenir des gens qui sortaient de ce spectacle de nuit, qui traversaient le jardin avec la lumière dans les yeux.</p>
<p><strong>Quel petit plaisir de directrice va vous manquer ?</strong></p>
<p>Pendant les spectacles, je n’aime pas être dans la salle, ni dans les coulisses parce que je ne veux pas stresser les autres. Alors je viens me mettre dans le couloir sous le gradin, jusqu’à la limite de la lumière. C’est ma petite cachette où je peux à la fois voir le spectacle et entendre les réactions du public. J’ai beaucoup de souvenirs de spectacles à cet endroit-là.</p>
<p><strong>Est-ce que votre dernière saison du Petit Théâtre a quelque chose de différent ?</strong></p>
<p>Bien sûr ! Il y a déjà beaucoup de choses que je fais pour la dernière fois et 22 ans, ça fait un sacré bail ! Mais je ne suis pas une grande adepte de la nostalgie, comme souvent les enfants d’ailleurs. Et comme je vais programmer également la saison prochaine, mon rythme de travail n’est pas différent des années précédentes.</p>
<p>La personne qui me succédera aura ainsi une année pour prendre ses marques et maîtriser ce formidable outil de travail, avant de se lancer elle-même dans la programmation. Des conditions idéales, bien différentes de celles que j’ai connues ! Nous finirons avec <a href="https://lepetittheatre.ch/spectacle/zuza/" target="_blank" rel="noopener nofollow"><em>Zuza</em></a>, un spectacle itinérant qui se déroulera dans la Cité, avec une grande parade qui mêlera les artistes de la compagnie Zanco, des enfants de la Maison de quartier du Vallon, des élèves du Collège de la Barre et des familles de notre public.</p>								</div>
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																<a href="https://www.l-agenda.ch/wp-content/uploads/2026/10/Zuza.jpg" data-elementor-open-lightbox="yes" data-elementor-lightbox-title="Zuza – Cie Zanco | Photo © Nicolas Seguel" data-e-action-hash="#elementor-action%3Aaction%3Dlightbox%26settings%3DeyJpZCI6MjgxOTExLCJ1cmwiOiJodHRwczpcL1wvd3d3LmwtYWdlbmRhLmNoXC93cC1jb250ZW50XC91cGxvYWRzXC8yMDI2XC8xMFwvWnV6YS5qcGcifQ%3D%3D">
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									<p style="text-align: right;"><em>Zuza</em>, Cie Zanco. Photo © Nicolas Seguel</p>								</div>
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									<p>La saison 2026-2027 du Petit Théâtre est lancée depuis un mois déjà ! En ce moment et jusqu’au 11 octobre se joue <em>Autour du feu</em>, un spectacle improvisé à partir d’échanges avec les enfants dès 6 ans.</p>
<p>Tout le programme sur : <span style="text-decoration: underline;"><a href="http://www.lepetittheatre.ch/programme/" target="_blank" rel="noopener nofollow">www.lepetittheatre.ch/programme/</a></span></p>								</div>
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		<title>La rentrée littéraire de Zaza lit &#8211; Épisode 9/13 &#8211; Ce qu’il advient lorsque Marie, Marina et Marie-Hélène vont au musée</title>
		<link>https://www.l-agenda.ch/la-rentree-litteraire-de-zaza-lit-episode-9-13-ce-quil-advient-lorsque-marie-marina-et-marie-helene-vont-au-musee/</link>
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		<pubDate>Wed, 07 Oct 2026 05:05:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[C’est la rentrée du livre ! Chaque semaine jusqu&#8217;à la remise du Prix Goncourt 2026, Zaza lit, alias notre chroniqueuse [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="281782" class="elementor elementor-281782" data-elementor-settings="{&quot;ha_cmc_init_switcher&quot;:&quot;no&quot;}">
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					<h5 class="elementor-heading-title elementor-size-default">C’est la rentrée du livre ! Chaque semaine jusqu'à la remise du Prix Goncourt 2026, Zaza lit, alias notre chroniqueuse Isabelle Falconnier, partage ses coups de cœur et rencontres. Cette semaine, Zaza lit deux écrivaines qui disent leur fascination pour l’art. Marie Petitcuénot s’empare d’une performance de Marina Abramović et Marie-Hélène Lafon des « Nymphéas » de Claude Monet.</h5>				</div>
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									<p><em>Photo de haut de page: © <a href="https://www.alexandrina.ch/" target="_blank" rel="noopener nofollow">Alexandrina Birsan </a></em></p>								</div>
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					<h6 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Épisode 9/13</h6>				</div>
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									<p><strong>Ce qu’il advient lorsque Marie, Marina et Marie-Hélène vont au musée</strong></p><p>Que s’est-il passé ce jour d’hiver 1974 à Naples dans la galerie d’art qu’inaugure ce soir-là Andrea, un jeune galeriste fasciné par l’art corporel avant-gardiste ? Dans les faits, on le sait. Marina Abramović, jeune artiste serbe de 28 ans alors, propose une performance intitulée <em>Rhythm 0</em>. Les quarante personnes invitées pour la soirée arrivent dans une grande pièce vide. Sur une table, 72 objets. Parmi ceux-ci, une rose, une plume, un parfum, du miel, du pain, des raisins, du vin, des ciseaux, un scalpel, des clous, une barre en métal, et un pistolet chargé d&rsquo;une balle. Debout, plus loin, Marina Abramović, immobile et silencieuse.</p>								</div>
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									<p><em>&#8211; annonce &#8211;</em></p>								</div>
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									<p>Une note posée sur la table indique : « <em>Sur la table il y a soixante-douze objets avec lesquels vous pouvez me faire ce que vous voulez. Performance. Je suis un objet. Je prends la responsabilité de tout ce qui se passera dans ce laps de temps. Durée: six heures (20h-2h).</em>» Au début, le public est doux, respectueux, offre une rose, un baiser, orne son corps. Puis, après quelques heures, on la blesse avec les épines de la rose, ses vêtements sont découpés avec les lames de rasoir. Un homme lui entaille la peau près de la gorge et lèche son sang. On la dépose sur la table pour mieux la palper, lui enfoncer des objets dans certaines parties du corps. Le public se divise, certaines femmes s’interposant pour la protéger. On approche des 2 heures du matin lorsque deux hommes s’emparent du pistolet, chargent la balle et s&rsquo;approchent d&rsquo;Abramović, enroulant la propre main de l&rsquo;artiste autour de la gâchette. Le galeriste, resté, selon leur accord, présent mais sans jamais intervenir, se précipite pour arracher l&rsquo;arme des mains de l&rsquo;artiste et le jeter par la fenêtre. La performance s’achève. Lorsque l’artiste se relève, cessant d’être un objet pour redevenir elle-même, le public s&rsquo;échappe, mortifié, incapable de lui faire face en tant que personne.</p><p>Mais que s’est-il vraiment passé ce jour de 1974 à Naples lors de la performance <em>Rhythm 0 </em>de Marina Abramović ? L’écrivaine française Marie Petitcuénot y consacre un roman passionnant – son premier après le récit <em>Ce qui gronde</em>, dédié en 2021 à l’amour maternel. Intitulé <em>Heures sauvages</em>, il raconte les coulisses de la performance d’Abramović, les circonstances de la rencontre entre l’audacieux galeriste, nommé dans la réalité Giuseppe Morra, et l’artiste de Belgrade. Son écriture vibrante et tendue se glisse avec finesse dans la tête du public, avec curiosité et empathie dans celle de l’artiste, imagine la manière dont elle a réussi à se retirer dans ce lieu à l’intérieur d’elle ou rien ne peut l’atteindre. Très documenté, stimulant, <em>Heures sauvages</em> se lit comme un reportage littéraire à suspense au service d’une expérience artistique unique, restée de l’aveu de l’artiste l&rsquo;œuvre la plus intense et extrême de sa carrière. Ce qu’elle recherchait s’est déroulé à la perfection: renverser la nature de l’art, exhiber ce que les gens font de leur liberté, explorer la nature humaine et y débusquer l’origine du mal. Elle que l’on qualifiait de dégénérée, d’exhibitionniste et de masochiste prouve que ce n’est pas elle, le problème. Marina Abramović a lu le roman de Marie Petitcuénot et autorisé sa publication, sans en changer une virgule, laissant à l’écrivaine la responsabilité et la liberté de sa propre interprétation.</p>								</div>
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									<p><em> « </em><em>Heures Sauvages</em> ». Marie Petitcuénot. Éditions Héloise d’Ormesson, 130 p.</p><p><em>Photo: Alexandrina Birsan</em></p>								</div>
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									<p>Direction la France. À l’invitation du musée de l’Orangerie à Paris, Marie-Hélène Lafon a pu passer, le 9 décembre 2025, de longues heures seule en tête-à-tête avec les <em>Nymphéas</em> de Claude Monet. <em>Les Nymphéas</em>, cycle de plus de deux cents tableaux installés selon les plans du peintre au musée de l&rsquo;Orangerie en 1927, quelques mois après sa mort, est l’une des plus vastes réalisations monumentales de la peinture de la première moitié du XXe siècle, qualifiée de véritable « Sixtine de l’impressionnisme ». C’est en visitant l’Exposition universelle de 1889 que Monet découvre une nouveauté de pépiniériste, les nénuphars colorés – jusque-là, la plante n’existait en Europe que sous sa forme blanche &#8211; et développe une passion pour cette plante aquatique. Il passera trente ans à les cultiver et à les peindre, devenant peu à peu aveugle. Il voulait que la mise en scène de l’Orangerie plonge le spectateur dans sa peinture comme au sein d’un « aquarium géant fleuri ». C’est cette immersion que raconte Marie-Hélène Lafon dans ce bref texte poétique, simplement intitulé <em>Nymphéas</em>, à lire à voix haute, comme elle-même l’a fait ce printemps lors d’une performance en musique au cœur de l’Orangerie. L’écrivaine du Cantal raconte comment, ce 9 décembre 2025, elle s’allonge sur le banc de la salle la plus « crépusculaire » du musée, celle du fond, qui lui penser à une « tanière » et parle à sa nature de « sauvagine ». Et trouve les mots pour dire les couleurs, les formes, les ombres et les lumières qui jaillissent alors devant ses yeux, et même les paupières closes, le pouvoir de la peinture, le dialogue possible avec la poésie. Un tout petit livre à l’immense pouvoir évocateur, à emporter lors d’un prochain voyage à Paris, en se souvenant de ce peintre qui perd la vue, perd ses mains qui ne lui obéissent plus, mais lutte encore pour nous donner cette extraordinaire vision de l’éternité. Bon à savoir : les <em>Nymphéas </em>n’ont eu aucun succès à leur inauguration, en 1927. Au point qu’on les cache longtemps derrière d’autres toiles. Il faudra l’intérêt du MoMa à New York dans les années 1950, puis celui de collectionneurs japonais, pour réveiller celui des Français. Désormais, le musée de l’Orangerie et les jardins de Giverny en Normandie sont parmi les lieux les plus visités par les touristes du monde entier.</p>								</div>
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									<p>« <em>Nymphéas </em>». Marie-Hélène Lafon. Buchet-Chastel, 30 p.</p>								</div>
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		<title>L’église de Compesières acquiert le plus céleste des instruments</title>
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		<dc:creator><![CDATA[blogcom]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Oct 2026 14:50:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Classique et opéra]]></category>
		<category><![CDATA[#classique]]></category>
		<category><![CDATA[#compesières]]></category>
		<category><![CDATA[#KatiaBaltera]]></category>
		<category><![CDATA[#musique]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 18 octobre prochain sera un jour de fête pour Compesières. Ce hameau de la campagne genevoise, et haut lieu [&#8230;]]]></description>
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									<p></p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le 18 octobre prochain sera un jour de fête pour Compesières. Ce hameau de la campagne genevoise, et haut lieu du patrimoine historique genevois, inaugure l’acquisition d’un nouvel orgue majestueux en l’Eglise Saint Sylvestre avec la Messe Solennelle de Sainte Cécile de Gounod accompagnée d’un chœur de 70 chanteur∙euse∙s.</strong></p>
<p></p>
<p class="wp-block-paragraph">Texte&nbsp;: Katia Baltera</p>
<p>Acquérir un orgue n’est pas chose aisée. Pour mener à bien ce projet d’envergure, il aura fallu le concours et la ténacité de Claire Haugrel, directrice du projet et des Musicales de Compesières, ainsi que de Diego Innocenzi, organiste-expert et complice de la première heure, sans oublier les généreux donateurs qui ont financé cet orgue à hauteur de plus de deux millions de francs, parmi lesquels on retrouve la Loterie Romande, la Fondation Petram ainsi que les municipalités de Bardonnex et de Plan-les-Ouates.</p>
<p><strong>Pourquoi un nouvel orgue ?</strong></p>
<p>L’orgue construit en 1922 présentait des inégalités de sonorité et n’était plus à même d’aborder les grandes pages du répertoire organistique, qu’elles soient d’oratorio ou d’orgue seul. En 20 ans de saisons musicales dans cette église dotée d’une très belle acoustique, jamais l’orgue n’a pu être utilisé et ne servait plus qu’à accompagner les cérémonies religieuses.</p>
<p>L’éventualité d’une restauration a naturellement été envisagée. Après consultation de différentes manufactures d’orgues, il s’est avéré que les coûts d’une restauration auraient été très élevés pour un résultat peu satisfaisant. L’instrument de Compesières avait en effet subi plusieurs modifications en faveur de sonorités claires et éclatantes, permettant de répondre au goût et à l’idée d’une esthétique baroque. Ainsi, entre 1955 et 1998 plusieurs campagnes de travaux l’ont profondément modifié jusqu’à le dénaturer. À cela s’ajoutaient les dommages du temps; ce fut donc une évidence: il fallait le remplacer.</p>
<p><strong>Un long chemin</strong></p>
<p>L’orgue est un instrument, mais c’est aussi une extraordinaire machine à la structure et à la mécanique complexe capable d’ « imiter » de nombreux instruments, ce qui en fait la richesse infinie. La conception esthétique de sa sonorité change avec les époques. Ce n’est par conséquent pas une mince affaire d’en faire l’acquisition.</p>
<p>C’est donc après la consultation de plusieurs facteurs d’orgues que le choix s’est finalement porté sur un orgue d’esthétique romantique allemande, construit par Hermann Eule, qui présentait l’avantage d’offrir un instrument très souple en nuances et riche en couleurs pour accompagner des liturgies et rendre possible l’organisation de concerts dans un édifice à l’excellente acoustique.</p>
<p></p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><em>Photos: Christophe Renaud</em></p>								</div>
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									<p>La manufacture Eule a acquis une très grande expérience dans la construction d’orgues dans le style romantique allemand. Pour ses instruments neufs, la maison Eule a su recréer les sons anciens tout en intégrant les technologiques actuelles utilisées pour la construction des orgues.</p>
<p>Cette croisade semée d’embûches qu’a menée Claire Haugrel depuis dix ans est profondément liée aux Musicales de Compesières. Grâce à la pugnacité de cette dernière, c’est une extraordinaire saison organistique 2027 qui s’annonce, avec des concerts donnés par les organistes titulaires des grandes cathédrales de France. Mais avant cela, à l’occasion de l’inauguration le 18 octobre 2026, c’est Diego Innocenzi qui interprétera des pièces, entre autres, de Félix Mendelssohn et Max Reger. Puis, le 22 novembre, ce sera au tour de Martin Schmeding, organiste au parcours émérite et professeur dans de nombreuses écoles de musique prestigieuses, qui offrira un concert avec un florilège des grandes pages d’orgues, parmi lesquelles des œuvres de Franz Liszt, Félix Mendelssohn Johannes Brahms et Robert Schumann.</p>
<p>L’orgue est certainement l’instrument le plus extraordinaire que l’homme ait conçu. Il fait naître en nous le sentiment du divin et nous absorbe dans sa dimension sonore. Un concert d’orgue est en quelque sorte un voyage dans la quatrième dimension, une expérience sensorielle et spirituelle qui ne peut que nous élever.</p>
<p>Le nouvel orgue Eule de l’église Saint-Sylvestre de Compesières constitue une tentative à ce jour unique dans le monde de l’orgue francophone : celle de renouer avec l’idéal sonore des orgues construits en Allemagne au XIXe siècle par le facteur Friedrich Ladegast. C’est pourquoi l’on ne peut que se réjouir de l’acquisition d’un orgue qui permettra la mise sur pied de concerts inédits.</p>
<p>Gageons que l’église Saint Sylvestre sera souvent pleine dans les années à venir !</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><em>Photos: Christophe Renaud</em></p>								</div>
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									<p><strong>Prochaines dates</strong></p>
<ul>
<li>Dimanche 22 novembre 2026: Martin Schmeding</li>
</ul>
<ul>
<li>Dimanche 28 février 2027: Pierre Méa<br />Organiste titulaire de la Cathédrale de Reims</li>
</ul>
<ul>
<li>
<p>Dimanche 11 avril 2027: Pascal Reber<br />Organiste titulaire de la Cathédrale de Strasbourg</p>
</li>
<li>
<p>Dimanche 9 mai 2027 Thierry Escaich<br />Organiste titulaire de la Cathédrale Notre Dame de Paris</p>
</li>
<li>
<p>Dimanche 12 septembre 2027: Frédéric Mayeur<br />Organiste titulaire de la Cathédrale de Dijon</p>
</li>
<li>
<p>Dimanche 24 octobre 2027: Frédéric Deschamps<br />Organiste titulaire de la Cathédrale d’Albi</p>
</li>
<li>
<p>Dimanche 28 novembre 2027: Jean-Baptiste Dupont<br />Organisate titulaire de la Cathédrale de Bordeaux</p>
</li>
</ul>								</div>
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		<title>Hangmen, a scathing delight</title>
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		<dc:creator><![CDATA[blogcom]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 11:51:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[#AliceMarion]]></category>
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					<description><![CDATA[La Geneva English Drama Society présente actuellement sa nouvelle pièce au Théâtre de l’Espérance à Genève : Hangmen. Cette comédie noire [&#8230;]]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>La Geneva English Drama Society présente actuellement sa nouvelle pièce au Théâtre de l’Espérance à Genève : <em>Hangmen</em>. Cette comédie noire a de quoi séduire avec son ton grinçant, ses dialogues savoureux et ses personnages cinglants parfaitement interprétés.</strong></p>

<p class="wp-block-paragraph">Texte : Alice Marion</p>
								</div>
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									<p><strong>Hangmen</strong><br />Du 29 septembre au 3 octobre 2026<br />Théâtre de l’Espérance, Genève<br /><span style="text-decoration: underline;"><a href="http://geds.ch" target="_blank" rel="noopener nofollow">Geneva English Drama Society (GEDS)</a></span></p>								</div>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>Hangmen</em> est une pièce de théâtre écrite par Martin McDonagh, dramaturge, scénariste et réalisateur né à Londres de parents irlandais. Il est remarqué dès ses premières pièces, les fameuses trilogies <em>The Leenane Trilogy</em> et <em>The Aran Islands Trilogy</em>, en raison de son style particulier qui mêle humour noir, drame palpitant et absurde. Son travail, qui dépasse les frontières du Royaume-Uni et se joue dans le monde entier, s’est vu récompensé à de multiples reprises par des prix prestigieux. <em>Hangmen</em> ne fait pas exception : cette pièce, représentée pour la première fois en 2015 au Royal Court Theatre de Londres, a connu un grand succès, a reçu d’excellentes critiques ainsi que deux Olivier Awards dont celui de Best New Play en 2016.  </p>
<p>Si le sujet de la pièce intrigue d’emblée – il est question d’un bourreau ou plutôt d’un ex-bourreau – le prologue de la pièce capte également tout de suite l’attention du public : Harry Wade (Will Fihn Ramsay) procède à l’exécution par pendaison d’un homme nommé Hennessy (Robin Serugendo), qui clame pourtant son innocence et maudit son meurtrier. Ce dernier possède un pub au nord de l’Angleterre avec sa femme, Alice (Kate Richardson), dans lequel viennent des habitués moins pour la qualité de la bière que par fascination morbide pour le propriétaire des lieux. Après l’abolition de la peine de mort, un journaliste (Dibyaudh Das) se mêle aux assidus pour recueillir la réaction d’Harry, deuxième meilleur bourreau du pays après son ennemi, Albert Pierrepoint – bourreau ayant réellement existé. Un mystérieux étranger aux intentions peu claires (Jack Goldsworthy) rôde et s’invite dans ce cercle restreint qu’il déstabilise ; il détone dans ce pub avec son accent londonien et son comportement bizarre voire sinistre. Lorsque Shirley, la fille solitaire du bourreau (Josamine Brønnvik) disparaît, et que Syd (Angus MacDonald), l’ancien assistant d’Harry refait surface, l’intrigue se précipite. Celle-ci se déroule dans les années 1960, et excède donc le cadre fictionnel : la dernière exécution ayant eu lieu en 1964 et le <em>Murder (Abolition of Death Penalty) Act </em>qui abolit la peine capitale en Angleterre ayant été adopté l’année suivante pour une durée de cinq ans avant de devenir définitif par la suite.</p>
<p>Le metteur en scène John Ward, Irlandais basé à Genève, raconte s’être intéressé au travail de Martin McDonagh après avoir vu son film <em>In Bruges</em> qui lui a rappelé <em>En Attendant Godot</em> – pièce qu’il a montée avec la <em>Geneva English Drama Society</em> en 2021. Comme il le précise dans sa note d’intention, « <em>Hangmen</em> est bien des choses : une comédie, un thriller bien sûr, mais aussi une exploration de l&rsquo;éthique de la peine de mort, des risques que le système commette des erreurs et de l&rsquo;ambivalence face à la mort que suscite  l&rsquo;autorisation de la peine capitale par l&rsquo;Etat ». John Ward signe ici une mise en scène simple et terriblement efficace. Le dialogue entre Harry et le journaliste se propose par exemple comme un flashback : les deux personnages sont seuls sur la scène, face au public, seuls deux projecteurs les éclairent alors qu’ils échangent sur la meilleure méthode d’exécution et l’ancienne carrière d’Harry. Celui-ci soutient, avec sa douceur habituelle, que la pendaison est préférable à tout autre puisqu’elle constitue le procédé le moins douloureux et respecte la dignité des condamnés contrairement à la chaise électrique qui « grille les personnes comme des oignons » ou à la guillotine qui oblige le bourreau à ramasser les morceaux après coup. Il s’est toujours refusé à révéler par fierté le nombre exact de personnes qu’il a exécutées ; ce chiffre mystérieux – que le journaliste parvient finalement à lui soutirer – entretient l’intérêt à son égard et nourrit son orgueil. Le reporter évoque Hennessy, ce coupable ou bien cet innocent injustement mis à mort… Harry demeure toujours très détaché de ses actions passées sur lesquelles il ne paraît pas se questionner outre-mesure. Les scènes à deux, loin de casser le rythme de celles où tous les protagonistes se retrouvent autour du bar, sont très bien menées et tout aussi drôles. Ainsi, l’échange entre Shirley et sa mère est excellent, la première expliquant à sa fille que les hommes acceptent les femmes qui geignent seulement si elles sont <em>drop dead gorgeous</em> – référence discrète à la comédie satirique de 1999 ? – mais, comme le souligne abruptement Alice, Shirley ne l’est pas. Le ton moqueur d’Alice dans cette scène est caractéristique de la dureté avec laquelle les parents traitent leur fille adolescente, si différente d’eux et qui pleurniche en permanence. Tout est matière à rire dans cette pièce, y compris les relations filiales.</p>
<p>Les costumes, réalisés par Liz Comstock-Smith, reflètent parfaitement les personnages : Alice, coquette, porte toujours un habit rose sur elle ; les habitués du bar arborent quant à eux la casquette plate, accessoire manifestant leur lien et le fait qu’ils fonctionnent en groupe et non en tant qu’individus propres. Leur bande présente un énorme potentiel comique, plus potache notamment avec le personnage d’Arthur, à moitié sourd et à qui il faut tout répéter.</p>
<p>Cette pièce à l’humour décapant reste très exigeante et ne peut convenir qu’à un public au niveau d’anglais avancé. L’accent du nord de l’Angleterre rend les propos des protagonistes parfois difficiles à saisir mais nous ne pouvons que saluer la performance des comédien·ne·s qui ont adopté cet accent à la perfection. Les acteur·ice·s, amateur·ice·s pour la plupart, sont brillant·e·s et leurs rôles semblent avoir été taillés sur mesure. Nous avions eu la chance de voir Will Fihn Ramsay dans <em>Much Ado About Nothing</em> de Hoops of Iron et Kate Richardson dans <em>Steel Magnolias</em> mais c’était un plaisir de découvrir l’ensemble de ce brillant casting. Les avis du public lors de la première hier soir vont tous dans ce sens : <em>Hangmen</em> est l’une des meilleures pièces mises en scène par la GEDS !</p>
<p>***</p>
<p><strong>Hangmen</strong><br />Du 29 septembre au 3 octobre 2026<br />Théâtre de l’Espérance, Genève<br /><span style="text-decoration: underline;"><a href="http://geds.ch" target="_blank" rel="noopener nofollow">Geneva English Drama Society (GEDS)</a></span></p>
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		<title>La rentrée littéraire de Zaza lit &#8211; Épisode 8/13 &#8211; Vu de Pologne : le désir d’amour et de liberté des femmes</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 04:55:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[C’est la rentrée du livre ! Chaque semaine jusqu&#8217;à la remise du Prix Goncourt 2026, Zaza lit, alias notre chroniqueuse [&#8230;]]]></description>
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					<h5 class="elementor-heading-title elementor-size-default">C’est la rentrée du livre ! Chaque semaine jusqu'à la remise du Prix Goncourt 2026, Zaza lit, alias notre chroniqueuse Isabelle Falconnier, partage ses coups de cœur et rencontres. Cette semaine, destination la Pologne romanesque de Joanna Bator et Agnieszka Szpila.</h5>				</div>
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									<p><em>Photo de haut de page: © <a href="https://www.alexandrina.ch/" target="_blank" rel="noopener nofollow">Alexandrina Birsan </a></em></p>								</div>
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					<h6 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Épisode 8/13</h6>				</div>
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									<p><strong>Vu de Pologne : le désir d’amour et de liberté des femmes</strong></p><p>Naître avec huit vagins est-il une chance inouïe ou un terrible handicap ? Avons-nous toutes en nous une lézarde ou un orang-outan prêts se réveiller lorsque le désir animal en nous refait surface ? Pourquoi ce qui nous excite le plus est aussi masochistement ce qui nous fait, ou nous a fait, le plus souffrir ? Qu’est-ce qui suscite une lignée de filles-mères où les hommes ne laissent, génération après génération, que béances, amertume et blessures ?</p>								</div>
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									<p>Je ne suis jamais allée en Pologne. Qu’à cela ne tienne. La Pologne vient à moi cet automne à travers deux extraordinaires femmes écrivaines, très populaires dans leur pays, Joanna Bator et Agnieszka Szpila. Rien de plus différents a priori que leur livre respectif. Mais leur est commune, contagieuse et bienvenue, une énergie unique, débridée, imaginative, qui a l’odeur des vastes forêts primitives, d’une rage de vivre vivante et d’une éternelle insurrection. Ce sont des femmes qui mettent en scènes d’autres femmes créatives, curieuses, hardies, parfois vengeresses, parfois en colère de trop d’années sous le joug d’un homme stupide. Homme lecteur trop, ou pas assez, sûr de toi, passe ton chemin. Tous les autres, plongez, laissez-vous griser, apprenez.</p><p>Agnieszka Szpila, écrivaine écoféministe et activiste née en 1977, associe le vivant – la terre, les animaux, les plantes – à une profonde réinvention de la jouissance et pense la jouissance comme condition à un profond changement de société. Son précédent <em>Hexes</em> – salué comme une « torpille » par la nobelisée Olga Tokarczuk – célébrait la force subversive d’une folie contemporaine capable de bouleverser l’ordre capitalistico-patriarcal. Recueil de cinq nouvelles décapantes, <em>Octopuss</em>y se chauffe du même bois, enflammant les sens autant qu’il titille l’âme, rageur, joueur et habité, livrant une vision des relations entre les sexes littéralement bouleversante.</p><p>Joanna Bator, voix importante de la littérature polonaise contemporaine, née en 1968, appartient à la génération d’Olga Tokarczuk et son nouveau roman, <em>Amer, amer</em>, nous emmène en Basse-Silésie, célèbre à l’époque où la région était allemande pour son air vivifiant et ses sanatoriums, région familière des lecteurs de Tokarczuk – relire son beau <em>Le Banquet des Empouses</em>. Épique, ample, ambitieux, limpide et émouvant, <em>Amer, amer</em> raconte la destinée de quatre générations d’une lignée de femmes: Berta, Barbara, Violetta et Kalina. C’est la plus jeune, notre contemporaine, qui raconte. Elle vient d’acquérir une maison centenaire d’un village de montagne en Basse-Silésie, avec en prime « un chien à gueule de loup ayant le corps d’un ours polaire qui se serait roulé dans la poussière ». Kalina a été élevée par sa grand-mère. Sa mère, Violetta, revenait parfois, lui offrant un cadeau sans même tenter de se faire pardonner. Enfant, elle avait toujours l’impression « d’avoir plusieurs mères et de n’en avoir aucune ». À l’adolescence, elle décide un jour de brûler un par un tous les cadeaux de sa mère, dans un rituel purificateur, croyant naïvement qu’ils se transformeraient en cendres aussitôt – hélas, la cérémonie se transforme en purge interminable et puante. Berta, son arrière-grand-mère, la première de la lignée, grandit sans mère du tout, avec un père boucher qui la reluque. Fille-mère, elle donne naissance à Barbara, qui grandit à l’orphelinat, pâle, muette, presque invisible. Adoptée à l’âge de 6 ans, Barbara prie avant de s’endormir que sa nouvelle maman ne la rende pas. Barbara donne naissance à Violetta, qui elle-même sera abandonnée par le père de sa fille Kalina. Après une vie d’aventures, Violetta devient serveuse à l’Auberge Tradition, affublée d’une costume pseudo-folklorique avec corset moulant et jupe plissée à rayures, jouant un rôle presque comme sur une scène, son rêve de toujours, la situation du restaurant au bord d’une route lui donnant l’illusion qu’à tout moment, son destin peut basculer et l’emmener loin, très loin. Quant à Kalina, elle comprend enfin qu’il lui faut cesser d’attendre son amour d’enfance, qui lui manque, mais à qui elle ne manque pas. Joanna Bator procède par cercles concentriques, s’autorisant de féconds allers-retours dans le temps, des impitoyables années 1930 aux étranges années communistes, le passé éclairant forcément le présent ; et racontant, en douce, l’histoire de la maison centenaire d’un minuscule village de Basse-Silésie que la descendante de Berta, Barbara et Violetta a acheté.</p><p style="text-align: right;"><strong>Isabelle Falconnier</strong></p>								</div>
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									<p><em> « Amer, amer », </em>de Joanna Bator. Noir sur Blanc, 672 p.</p>								</div>
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									<p><em>« Octopussy. La fille aux huit vagins et autres histoire postporno », </em>de Agnieszka Szpila. Noir sur Blanc, 200 p.<br /><em>Sortie le 1er octobre</em></p>								</div>
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		<title>Lausanne a fait (re)vivre le matrimoine ce week-end </title>
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		<dc:creator><![CDATA[blogcom]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Sep 2026 09:20:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Ce week-end se tenait la troisième édition des Journées du Matrimoine de Lausanne. Près de 1050 personnes ont participé aux [&#8230;]]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ce week-end se tenait la troisième édition des Journées du Matrimoine de Lausanne. Près de 1050 personnes ont participé aux ateliers, balades guidées, tables rondes et performances. </strong></p>

<p class="wp-block-paragraph">Texte et propos recueillis par Mélissa Henry</p>
<p><span style="font-weight: 400;">C’est en découvrant les Journées du Matrimoine de Bruxelles que Carla Caucotto, médiatrice culturelle, a souhaité les initier à Lausanne. Avec Amélie Kolly et Sarah Gutierrez, toutes deux diplômées en études genre, elles ont lancé </span><i><span style="font-weight: 400;">Sujettes</span></i><span style="font-weight: 400;">, association dédiée à la mise en valeur du matrimoine suisse. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">« Le matrimoine n’est pas en opposition au patrimoine, c’est un complément nécessaire », souligne Amélie Kolly, co-fondatrice et co-directrice de </span><i><span style="font-weight: 400;">Sujettes</span></i><span style="font-weight: 400;">. Selon </span><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://www.rts.ch/info/suisse/10488606-peu-dartistes-femmes-sont-exposees-dans-les-musees-en-suisse.html" target="_blank" rel="noopener nofollow"><span style="font-weight: 400;">une recherche</span></a></span><span style="font-weight: 400;"> menée par swissinfo et La RTS datant de 2019, seuls 26 % des musées d’art en Suisse ont consacré des expositions individuelles à des artistes femmes, sur un total de 125 établissements, pour la période 2008-2019. Face à ce constat, les Journées du Matrimoine cherchent à rendre visibles ces héritages, tout en élargissant le regard à des parcours moins représentés. Pour les organisatrices, l’enjeu ne se limite pas à réhabiliter la place des femmes qui ont fait l’histoire. Il est aussi question de rendre visibles les parcours de personnes minorisées, afin d’éclairer la pluralité des trajectoires. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Durant trois jours, le matrimoine investit l’espace public, et invite à s’arrêter, se questionner et prendre le temps de partager. « Les gens ont envie d’être présents et de partir avec quelque chose, puis de le transmettre plus loin. Même moi, j’en apprends tous les jours ! » se réjouit Sarah Gutierrez. </span></p>
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									<p><span style="font-weight: 400;">Les Journées du Matrimoine de Lausanne ont également inspiré d’autres communes, qui ont pris contact avec les co-directrices de </span><i><span style="font-weight: 400;">Sujettes</span></i><span style="font-weight: 400;">. « Il y a souvent beaucoup de freins, notamment financiers. Mais l’intérêt est là, c’est certain », insiste Amélie Kolly.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Une soixantaine d’intervenant·e·s et artistes ont fait vivre la trentaine d’événements à Lausanne. Cette édition était l’occasion de tester de nouveaux formats, avec par exemple la balade guidée “Rendre à mémé” proposée par Pauline Meylan et Elsa Thebault, dans les rues de Lausanne, la table ronde “Marie, Saintes ou nanas” dans la cathédrale de Lausanne, ou encore la performance aquatique « Le chant du Ô » réalisée par la compagnie Vachement Synchro à la piscine de Mon-Repos. Pendant les trois jours des Journées du Matrimoine, une trentaine de bénévoles ont également été mobilisé·e·s sur les différents sites. La programmation a, elle, été définie par le comité de coordination et le comité scientifique, qui ont sélectionné des projets issus des appels à projets, mais aussi des propositions spontanées d’artistes et de médiatrices culturelles. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Cette année, l’enjeu est monté d’un cran, avec la collaboration avec La Nuit des Musées et de nombreuses institutions. « Maintenant qu’on a une certaine légitimité, on a d’autres responsabilités, c’est un stress supplémentaire par rapport à la première édition », soulignent les co-directrices. Depuis trois ans, les retours sont très positifs, ce qui encourage les organisatrices à poursuivre l’aventure. En attendant la prochaine édition, de nombreux ateliers et activités de la programmation continuent de faire vivre tout au long de l’année ces biens (im)matériels hérités des femmes.</span><span style="font-weight: 400;"><br /></span></p>
<p><i><span style="font-weight: 400;">Plus d’infos sur le site </span></i><span style="text-decoration: underline;"><a href="http://sujettes.ch" target="_blank" rel="noopener nofollow"><i><span style="font-weight: 400;">sujettes.ch</span></i></a><i><span style="font-weight: 400;"> </span></i></span></p>								</div>
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		<title>On va à Concorde ce week-end ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[blogcom]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 26 Sep 2026 12:08:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Présentation de saison]]></category>
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					<description><![CDATA[Ça y est, c’est ce week-end que Concorde ouvre ses portes ! Plus tôt dans la semaine, je me suis [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="281200" class="elementor elementor-281200" data-elementor-settings="{&quot;ha_cmc_init_switcher&quot;:&quot;no&quot;}">
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ça y est, c’est ce week-end que Concorde ouvre ses portes ! Plus tôt dans la semaine, je me suis aventurée sur place pour m’entretenir avec Eve-Anouk Jebejian et Frédéric Steinbrüchel, le binôme à la tête de ce nouvel Espace Culture genevois. L’imminence du coup d’envoi du projet sur lequel ils travaillent sans relâche depuis plus d’un an n’altérait ni la complicité ni la disponibilité du duo, qui a pris le temps de s’assoir avec moi pour parler de leur programmation. Autour, c’est un ballet de régisseur∙euse∙s, chargé∙e∙s de communication, électricien∙ne∙s, responsables billetterie et sûrement même déjà quelques artistes. Une fête se prépare.</strong></p>

<p class="wp-block-paragraph">Texte et propos recueillis par Katia Meylan<br />Photo: Nikita Thévoz</p>
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									<p><strong>Concorde ouvre ses portes !</strong><br />Du 25 au 27 septembre 2026<br />Vernier<br /><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://www.concorde.ch/fr/programmation/week-end-douverture" target="_blank" rel="noopener nofollow">www.concorde.ch/week-end-douverture</a></span></p>
<p><strong>Lancement de la saison 2026-2026<br /></strong>Samedi 3 octobre 2026 avec Isha &amp; Limsa d’Aulnay<br />Voir toute la saison sur : <span style="text-decoration: underline;"><a href="https://www.concorde.ch/fr/programmation/saison-2026-2027" target="_blank" rel="noopener nofollow">www.concorde.ch/saison-2026-2027</a></span></p>								</div>
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									<p>Si certains lieux sont encore en travaux ou remplis de cartons, si le gril de la scène principale était en cours de montage, si le bar terminait les dernières installations, si les traces de pas imprimées dans la poussière matérialisaient les milliers d’aller et venues des derniers jours,&#8230; qu’à cela ne tienne! </p>
<p>Concorde est prêt à accueillir, ce week-end et comme promis, son public pour la première fois. L&rsquo;occasion d’assister à un spectacle ou un atelier, se glisser dans les coulisses, échanger avec les artistes et les équipes, et faire la fête.</p>
<p>Puis, le 3 octobre, débutera la toute première saison de ce nouveau lieu culturel.</p>
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									<p><em>Là, c&rsquo;est moi en visite dans la grande salle de spectacle</em></p>								</div>
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<p><strong>Rêvée et réalisée</strong></p>
<p>Très éclectique, la programmation, révélée jeudi, reflète une pluridisciplinarité héritée de la mission qu&rsquo;assumait jusqu’ici Vernier Culture. 47 spectacles, 97 représentations entre danse, théâtre, musique, cirque, magie et formes hybrides. Une programmation qu’Eve-Anouk et Frédéric avaient commencé à élaborer « sans attendre d’avoir le job ». Ils me racontent que, pendant le processus de postulation, ils avaient été jusqu’à contacter des compagnies pour construire une saison hypothétique. « Évidemment, beaucoup d’éléments ont changé depuis, mais la toute première personne qu’on avait appelée – en lui précisant bien le contexte hypothétique – c’était Edouard Hue&#8230; qui est arrivé en résidence il y a quelques jours ! », raconte Frédéric, réjoui que leurs premières intuitions figurent au programme de cette saison où de celles à venir.  </p>
<p><strong>La perméabilité de Concorde</strong></p>
<p>D’autres projets s’entrelacent avec la saison, notamment ceux visant à créer un lien très direct entre Concorde et les citoyen∙ne∙s alentours. Plusieurs spectacles ont un format participatif, invitant, par exemple, le public à venir travailler au plateau avec des artistes professionnels. « C’est une façon de découvrir, en étant au cœur du processus de création, que fabriquer un spectacle c’est long, fatigant, chouette, joyeux, étonnant, &#8230; c’est tellement de chose ! », sourit Eve-Anouk. La directrice mentionne notamment les spectacles <em>Pillowgraphies</em>, dont une version se donnera avec une douzaine d’amateur∙ice∙s, et <em>Marelle </em>dans lequel des enfants exploreront la création avec un compositeur et une danseuse. « Et ce ne sont pas activités de médiation annexes ; elles sont partie intégrante des spectacles programmés dans la grande salle ! ».</p>
<p><strong>Des complices</strong></p>
<p>Pour cette mission d’intégration, Concorde bénéficiera notamment du concours de quatre <strong>artistes complices. </strong>Le Collectif du Feu de dieu, la compagnie d’improvisation Alliance Créative, le danseur Kiyan Khoshoie et le musicien Pekodjinn seront ainsi les premiers colocataires et ambassadeur·ice·s du lieu, pour une période de trois ans, selon une convention souple qui se verra modifiée au fil des besoins. « Les critères importants pour nous étaient que les compagnies ne se connaissent pas, que leurs pratiques soient complémentaires, et qu’elles aient déjà un lien fort avec Vernier », explique Eve-Anouk. Frédéric ajoute : « L’idée derrière ce concept d’artistes complices est d’être un échange, un dialogue. On se demande à la fois comment Concorde peut se mettre à l’écoute des rêves et des besoins des artistes, et à la fois ce que ces artistes ont à apporter à ce lieu de diffusion, de création, de participation culturelle et de vie ».</p>
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									<p style="text-align: right;"><em>Eve-Anouk Jebejian et Frédéric Steinbrüchel à l&rsquo;<strong>i</strong>nauguration Concorde le 25 septembre 2026.</em><br /><em>Photo: Sébastien Moritz</em></p>								</div>
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					<h4 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Mini Questionnaire de Proust</h4>				</div>
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					<h5 class="elementor-heading-title elementor-size-default">À Frédéric Steinbrüchel et  Eve-Anouk Jebejian</h5>				</div>
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									<p><strong>Si vous étiez&#8230; un lieu de Concorde ?</strong></p>
<p><strong>Eve-Anouk : </strong>&#8230; toi tu sais ?<br /><strong>Frédéric : </strong>Ouaiiiis !<br /><strong>Eve-Anouk :</strong> Commence alors.</p>
<p><strong>Frédéric :</strong> Moi, je serais le sol noisette. Enfin, c’est pas que je <em>serais </em>le sol noisette<em> –</em> ce serait étrange <em>–</em> mais plutôt que j’aime ce qu’il représente : on peut marcher dessus sans y penser, le trouver joli&#8230; mais il est surtout très représentatif de ce qu’on a voulu faire à Concorde, de la façon dont on y est accueilli, même sans s’en rendre compte. [<em>ndlr : le sol de Concorde est incrusté de coquilles de noisettes, un matériau recyclé et très résistant</em>]</p>
<p><strong>Eve-Anouk :</strong> Moi je serais&#8230; Je serais une loge. On y est fébrile, fragile, concentré, c’est la grande tension avant, le grand soulagement après. Un lieu un peu magique, où on a besoin de se sentir bien&#8230; et ce n’est pas un endroit complètement privé non plus, on peut aussi aller y féliciter quelqu’un après le spectacle. Une loge, c’est petit, mais ce qui s’y passe est assez primordial.</p>
<p><strong>Une étape de la saison culturelle ?</strong></p>
<p><strong>Eve-Anouk :</strong> L’ouverture des portes ce week-end au public ! C&rsquo;est un moment complètement charnière pour nous. Depuis un an, ce lieu est déjà riche de beaucoup de personnes, de personnalités, d’inspirations, de questions, d’enjeux en tout genre&#8230; mais ça restait à huis-clos, quelque part. Là, c’est comme donner naissance ! À la seconde 1 de la vie de mon premier enfant, j’avais été frappée de réaliser à quel point c’était déjà complètement quelqu’un, mais pas celui qu&rsquo;on avait imaginé ! Là, je pense que ce sera un peu pareil.</p>
<p><strong>Frédéric :</strong> Moi, je m’inscrirais une année après. Jusque-là, on a été dans une course effrénée à l’ouverture et ça va continuer. L’été prochain, il y aura du silence à Concorde. Dans le silence, il y aura une année de choses qui se seront passées. Je me réjouis d’avoir le temps d’absorber tout ça, voir comment ça résonne.</p>
<p><strong>Une musique pour vous sentir bien ?</strong></p>
<p><strong>Frédéric : </strong><em>Captain</em>, de Danitsa. C’est à la fois simple et très bien construit, joyeux, avec une forme d’affirmation positive&#8230; j’adore.</p>
<p><strong>Eve-Anouk : </strong>[<em>en voulant aller chercher sur son téléphone</em>] Je peux répondre à côté ? J’ai réalisé que sur mes fils d’actualité, j’ai soit des vidéos de surfeurs de l’extrême qui frôlent la mort, soit des bébés dans des baignoires d’eau tièdes qui ont l’air d’être au Nirvana. Les deux états résument assez bien ma vie depuis quelques mois. Si on donnait ça à un psy il saurait quoi faire avec !  &#8230; mais ça n’a rien à voir avec la musique. J’écoute de la musique brésilienne en ce moment, je voulais aller chercher les titres mais je ne les connais pas.</p>
<p><strong>Ce que vous avez le plus dit ces derniers jours ?</strong></p>
<p><strong>Eve-Anouk : </strong>Y a du réseau ?<br /><strong>Frédéric :</strong> (<em>rire</em>) Non&#8230; le mot qu’on a utilisé le plus ces derniers mois, c’est – <br /><strong>Les deux en même temps :</strong> – la joie.</p>								</div>
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		<title>« Une heure de tranquillité » au théâtre</title>
		<link>https://www.l-agenda.ch/une-heure-de-tranquillite-creve-coeur/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[blogcom]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Sep 2026 06:00:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Humour]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[#cologny]]></category>
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		<category><![CDATA[#EugénieRousak]]></category>
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		<category><![CDATA[#théâtre]]></category>
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					<description><![CDATA[Alors qu’il s’accorde enfin avoir un moment de tranquillité pour écouter son nouveau 33 tours, Michel est sans cesse interrompu. [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="281106" class="elementor elementor-281106" data-elementor-settings="{&quot;ha_cmc_init_switcher&quot;:&quot;no&quot;}">
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Alors qu’il s’accorde enfin avoir un moment de tranquillité pour écouter son nouveau 33 tours, Michel est sans cesse interrompu. Femme, fils, amis, maîtresse, toutes et tous ont soudain besoin de lui, poussant le protagoniste à multiplier la ruse et la manipulation. Avec ce vaudeville de Florian Zeller, Didier Carrier invite le public à s’octroyer un moment pour soi dans une réalité où le rythme ne cesse d’augmenter. Échange avec le metteur en scène avant de découvrir <em>Une heure de tranquillité</em> au Théâtre le Crève-Cœur à Cologny du 15 septembre au 11 octobre 2026.</strong></p>

<p class="wp-block-paragraph">Texte et interview : Eugénie Rousak</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une heure de tranquillité</strong><br />Du 15 septembre au 11 octobre 2026<br />Théâtre le Crève-Cœur, Cologny<br /><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://lecrevecoeur.ch/spectacle/une-heure-de-tranquillite/" target="_blank" rel="noopener nofollow">www.lecrevecoeur.ch</a></span></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Eugénie Rousak, pour L’Agenda : Ce n’est pas la première fois que vous mettez en scène une pièce de Florian Zeller. Qu’est-ce qui vous interloque dans son travail ?</strong></p>
<p><strong>Didier Carrier :</strong> Si Florian Zeller est surtout connu pour ses drames, comme <em>Le Père</em> ou <em>Le Fils</em>, il a également écrit des comédies truculentes, parfois un peu féroces. Après avoir monté <em>L’Envers du décor</em> au Crève-Cœur en 2023, j’ai exploré plus largement son œuvre et suis tombé sur <em>Une heure de tranquillité</em>. J’ai trouvé cette pièce complètement folle, avec un mélange de plusieurs registres, du tragique au fantastique, avec parfois quelque chose qui rappelle l’univers de Harold Pinter. Comme souvent chez Florian Zeller, les relations familiales occupent une place centrale et permettent de questionner sur les valeurs du couple. Faut-il toujours dire la vérité ? Existe-t-il une vérité absolue ? Peut-on finir par se convaincre soi-même de sa propre vérité ? À travers l’humour, l’auteur aborde finalement des questions très profondes, presque métaphysiques pour émouvoir la salle, tout en faisant réfléchir le public.</p>
<p><strong>Par sa légèreté, est-ce que le genre de comédie permet de rendre les messages plus accessibles et favoriser la réceptivité du public ?</strong></p>
<p>Fondamentalement, je ne pense pas. En revanche, le mot « comédie » attire davantage. Aujourd’hui, le public ne recherche pas forcément une simple gaudriole avec un amant caché dans le placard, mais plutôt des pièces plus pointues, qui font rire, tout en l’amenant à réfléchir.</p>
<p><strong>Michel, le personnage principal, est en permanence interrompu. Comment abordez-vous cette situation, pour à la fois avoir ce comique de répétition, mais en même temps transmettre son agacement grandissant à la salle ?</strong></p>
<p>La pièce débute avec cette envie de Michel d’écouter tranquillement le disque qu’il vient enfin d’acheter. Mais très rapidement l’histoire se concentre sur les échanges humains. Dans cette farce, les personnages de plus en plus inattendus surgissent les uns après les autres et souvent au plus mauvais moment. Michel est alors dépassé, se réfugie dans le mensonge et ses émotions grandissantes se transmettent sur le public, curieux de voir comment il va s’en sortir ! Pour mettre en scène cette mécanique comique, nous avons beaucoup travaillé avec les comédiens sur la psychologie et les émotions des personnages. J’aime aussi jouer avec des tics ou des éléments qui se répètent pour faire passer des messages assez simples, en faisant des clins d’œil aux spectateurs.</p>
<p><strong>Et justement, comment s’est passé ce travail de création avec les comédiens ?</strong></p>
<p>Même si je débute le travail créatif par une lecture attentive de la pièce, il est important de ne pas trop prévoir pour laisser une place à l’improvisation. Les comédiens peuvent ainsi explorer le texte, faire de l’improvisation, proposer leur vision du texte, apporter des idées auxquelles je n’avais pas forcément pensé. Ensuite, nous regardons ensemble ce qui fonctionne bien ou moins bien avançons progressivement dans la construction de la pièce. C’est vraiment un travail collectif, qui se construit petit à petit, cube par cube, structure par structure. Et même après presque quarante ans de métier, j’ai encore l’impression de débuter à chaque fois. J’aime cette exploration perpétuelle, qui permet d’essayer de nouvelles formes et de prendre les risques. Par exemple, je travaille actuellement sur les poèmes de Victor Hugo, qui ne sont initialement pas destinés au théâtre. C’est justement cette transformation d’un texte en spectacle qui me passionne !</p>
<p><strong>Une heure de tranquillité</strong><br />Du 15 septembre au 11 octobre 2026<br />Théâtre le Crève-Cœur, Cologny<br /><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://lecrevecoeur.ch/spectacle/une-heure-de-tranquillite/" target="_blank" rel="noopener nofollow">www.lecrevecoeur.ch</a></span></p>
<p> </p>
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		<title>Lucas Vuilleumier, de toutes les femmes, c’est sa mère et Jésus qu’il préfère</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Sep 2026 04:30:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Humour]]></category>
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					<description><![CDATA[Épreuve du feu réussie pour Lucas Vuilleumier et son deuxième seul-en-scène, Le pédé original, mis en scène par Brigitte Rosset, en [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="281044" class="elementor elementor-281044" data-elementor-settings="{&quot;ha_cmc_init_switcher&quot;:&quot;no&quot;}">
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Épreuve du feu réussie pour Lucas Vuilleumier et son deuxième seul-en-scène, <em>Le pédé original</em>, mis en scène par Brigitte Rosset, en création au théâtre Boulimie à Lausanne avant de partir en tournée romande.</strong></p>

<p class="wp-block-paragraph">Texte et interview : Isabelle Falconnier</p>
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<p class="wp-block-paragraph" style="text-align: right;"><strong>Lucas Vuilleumier &#8211; Le pédé original <br /></strong>Du 23 septembre au 3 octobre 2026<br /><a href="https://theatreboulimie.com/spectacle/lucas-vuilleumier/" target="_blank" rel="noopener nofollow">Tthéâtre Boulimie</a>, Lausanne</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Chouette, Lucas Vuilleumier revient et confirme qu’il est là pour de bon, prêt à occuper sur la scène des humoristes romands une place bien à lui. Ni stand-upper, ni purement comique, ni imitateur, mais comédien de sa propre comédie humaine, entrant pleinement dans la peau de personnages auxquels il donne vie avec un immense sens de l’aplomb, une place entre Zouc, Claude-Inga Barbey et Gorgoni.<em> Le pédé original</em>, créé hier 23 septembre au théâtre Boulimie à Lausanne, reprend – en l’affirmant – la formule gagnante de son baptême du feu et premier seul-en-scène, <em>Rien prouvé</em>, produit et tourné en 2022, au sortir du confinement pour nous et pour lui, d’une série de chroniques vidéos intitulée « Un confinement avec Maman» qui, ayant beaucoup plu, lui a permis de trouver, et conquérir, une première audience en Suisse romande.</p>
<p>La formule gagnante ? Une galerie de personnages, principalement féminins, racontée et déclinée par le biais d’imitations-hommages drôles et subtiles et une occupation tonique du plateau décoré d’un seul fauteuil – rose ici s’il vous plait –, le tout allié à une vision de la société décalée, ironique jusqu’à un cynisme ravigotant, relevant avec doigté la méchanceté sans jamais l’être à son tour, anthropologue piquant de nos manies les plus inconscientes.</p>
<p>Défilent ainsi sa grand-mère Imelda, rousse bourgeoise flamboyante qui intercepte les cartes postales envoyées par les maîtresses de son mari, ses grand-tantes Mirina, fervente catholique et pourtant maîtresse d’un autre fervent catholique marié, et Antoinette, le cœur brisé depuis que, jeune fille au pair, elle était tombée amoureuse d’un jeune paysan mort en tombant dans un silo, et bien sûr sa mère, personnalité forte et affirmée qu’il brocarde avec tendresse depuis ses débuts de comédiens. <em>Le pédé original</em> lorgne ainsi avec générosité du côté de l’enfance. C’est que le petit Lucas ne savait pas ce qu’il voulait. Gamin, on le trouve « bizarre », raconte-t-il, on le surnomme Christophe Willem, alias « la tortue », ce qui le blesse. Lui ne veut être ni « bizarre », ni « original ». Il veut juste être une belle princesse, ce qui lui semble la chose la plus naturelle du monde – à la maison, ses parents doivent l’appeler Pocahontas pour qu’il obéisse. Et les hommes ? « J’aime bien », forcément, « je suis le G dans LGBTQIA+ !». Mais il se sent plus proche d’Eve, qui au paradis croque la pomme, que d’Adam. De la gent masculine, émergent son père, figure de paterfamilias pourfendeur des injustices du préau de l’école à l’hôpital… et Jésus, que Lucas aime d’amour inexplicable, au point que sa grand-mère lui lance qu’il aurait « dû être pasteur » !</p>
<p>Sur scène, quelle aisance ! Il faut le voir arpenter les planches en scandant <em>Work Bitch</em> de Britney Spears, s’affaler ou se tortiller dans le fauteuil qui lui sert de sparring-partner consentant, se déhancher, virevolter, souple, élastique, occupant l’espace avec une assurance montant en puissance. Quant à sa voix, elle est clairement l’un des atours majeurs du comédien de 35 ans. Sonore, enveloppante, modulée, d’une belle tessiture, il faut l’entendre rire, ricaner, gronder, hurler, hululer, chanter ou chuchoter. À la fin, Dieu merci, original, Lucas Vuilleumier l’est resté, et désormais l’affirme.</p>
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									<p style="text-align: right;">© DR</p>								</div>
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					<h4 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Interview</h4>				</div>
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					<h5 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Lucas Vuilleumier : « Je prends plaisir à me réapproprier le mot pédé ! »</h5>				</div>
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									<p><strong>Isabelle Falconnier, pour L’Agenda : D’où vient le titre, très accrocheur, de votre spectacle <em>Le pédé original</em> ?</strong></p>
<p><strong>Lucas Vuilleumier :</strong> Il vient d’un jeu de mot à partir de l’expression « le péché originel » et le pédé original que je suis, puisque tout comme Eve se détourne du paradis et préfère la pomme de la connaissance, moi je me détourne des hommes pour les femmes ! J’ai toujours adoré la féminité. Il y a quelques soirs, j’avais une possibilité de flirt avec un joli jeune homme. Mais voilà, j’étais avec mes copines et mes copines, c’est sacré, tout comme les femmes de ma famille, qui m’ont aidé à m’affirmer, à me construire. Je les ai préférées au jeune homme et à l’aventure amoureuse.</p>
<p><strong>Vous revendiquez l’usage du mot « pédé », pourtant considéré aujourd’hui comme politiquement très incorrect, injurieux ? Par provocation ? Revendication </strong></p>
<p>Les deux ! On me l’a beaucoup servi dans ma vie, et pas pour me faire plaisir. Je prends plaisir à me le réapproprier aujourd’hui. Et entre nous, entre pédés, on l’utilise. Le mot « gay » est très politiquement correct, ce sont les autres qui l’utilisent. Et personne ne sait jamais comment vraiment le prononcer… ça me plait de redorer le blason d’un mot que l’on a cantonné à l’insulte. En plus, il sonne bien !</p>
<p><strong>C’est un spectacle qui annonce un « pédé » mais qui parle quasi uniquement de femmes. Paradoxal, non ?</strong></p>
<p>C’est qu’il parle d’un pédé assez original pour s’intéresser davantage aux femmes qu’aux hommes ! Raconter les femmes de ma famille, ma mère, mes grands-mères, ma grand-tante, est un bonheur. J’ai passé ma vie à les observer, à les écouter, à deviner ce qu’elles ne disent pas. Ce sont les femmes qui m’ont fait. Il n’y a rien dans mes relations amoureuses qui soit aussi drôle ou poignant que ma grand-mère bourgeoise et originale ou une pasteure progressiste qui s’emmêle les pinceaux à force de bonne volonté inclusive.</p>
<p><strong>Qu’est-ce qui vous pousse à monter sur scène ? </strong></p>
<p>Le grand amour pour le théâtre que ma mère m’a transmis. Petits, avec mes frères, elle nous emmenait souvent au Petit Théâtre à Lausanne. Et l’émotion intense éprouvée lorsqu’avec mon frère cadet, nous avons vu le film <em>Huit femmes </em>de François Ozon, cette pièce de boulevard revisitée façon Truffaut et truffées de références cinématographique. J’avais 14 ans, mon frère 10. Nous avons dû nous le repasser trois cents fois ! Un choc fondateur qui m’a donné envie de faire ma Fanny Ardant, mon Isabelle Huppert. Sur une scène, je jubile. J’ai toujours eu l’impression que je devais faire cela, que c’était pour moi. Tout comme le journalisme, d’ailleurs !</p>
<p><strong>Journaliste, comédien, quels liens entre vos deux métiers ?</strong></p>
<p>Je suis une véritable éponge ! Depuis toujours, j’ai de grandes capacités d’observation des gens. Je vois tout, j’enregistre tous les détails. J’adore ces deux métiers. L’un nourrit l’autre. Je n’ai ni l’envie ni l’intention de choisir. Les deux racontent la société, les gens, les non-dits, parlent de nous.</p>
<p><strong>Quels sont vos modèles de scène ?</strong></p>
<p>Ma grande idole au théâtre, c’est Zouc, mais hélas je suis trop jeune pour l’avoir vue sur scène. Sinon Muriel Robin, Sylvie Joly – ah, son sketch « Catherine ! » -, Florence Foresti ou Chantal Ladesou sont des artistes que j’aime beaucoup. Oui, toutes des femmes. Moi, gamin, je voulais du glamour, ce sont les robes à paillettes des stars qui m’intéressaient sur les pochettes de disques, c’est la Femme avec un grand « F » qui me fascine. Mais j’aime montrer toutes les facettes d’une femme, ses grands airs, mais aussi ses lâchetés, ses méchancetés, ses aspects touchants, fragiles.</p>
<p><strong>Il est presque autant question de religion que de femmes dans votre spectacle…</strong></p>
<p>C’est bien là l’originalité de ce pédé qu’est Lucas… Déjà minoritaire par l’orientation sexuelle, je le suis doublement en tant que chrétien, croyant. Je lis la Bible, je prie, je crois en le Christ, je remercie Dieu avant mes spectacles. Ma mère est catholique mais elle nous a « fait » protestants, nous ses fils, même si je suis le seul à y être resté. Je suis un calviniste, les saints ne sont pas dans mon vocabulaire, j’aime revenir à l’os du texte biblique. Ma grand-mère disait que j’aurais dû faire pasteur. Je pourrais être aumônier de rues, une sorte de Mère Sofia, sans prosélytisme, mais aider les autres porté par un souffle chrétien. Peut-être dans une prochaine vie !</p>								</div>
				</div>
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									<p><strong>Lucas Vuilleumier &#8211; Le pédé original </strong></p>
<ul>
<li>Du 23 septembre au 3 octobre 2026<br /><a href="https://theatreboulimie.com/spectacle/lucas-vuilleumier/" target="_blank" rel="noopener nofollow">Tthéâtre Boulimie</a>, Lausanne</li>
<li>Les 5 et 6 novembre 2026 à 20h<br /><a href="https://theatregrenette.ch/evenements/lucas-vuilleumier-le-pede-original/" target="_blank" rel="noopener nofollow">Théâtre grenette</a>, Vevey</li>
<li>Le 22 janvier 2027 à 20h30<br /><a href="https://grange-casino.ch/spectacle/lucas-vuilleumier/" target="_blank" rel="noopener nofollow">La Grange Deluxe</a>, Le Locle</li>
<li>11 février 2027 à 20h<br /><a href="https://pointfavre.ch/evenement/lucas-vuilleumier/" target="_blank" rel="noopener nofollow">Point Favre</a>, Chêne-Bourg</li>
</ul>
<p><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://lucasvuilleumier.com/" target="_blank" rel="noopener nofollow">www.lucasvuilleumier.com</a></span></p>								</div>
				</div>
					</div>
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