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	<title>L&#039;Agenda</title>
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	<description>La culture romande sous tous les angles</description>
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		<title>Contrebasse et voix : entre nuances, jeu et liberté</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Jun 2026 13:42:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Pour la sortie de son album CAMAÏEU le 5 juin, le duo TON SUR TON, avec Sylvie Klijn à la [&#8230;]]]></description>
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<p><strong>Pour la sortie de son album CAMAÏEU le 5 juin, le duo TON SUR TON, avec Sylvie Klijn à la voix et Christoph Utzinger à la contrebasse, nous emmène dans son univers espiègle, doux et coloré. Rencontre avec deux musicien·ne·s qui joignent leur instrument dans un « setting » atypique et envoûtant.</strong></p>

<p>Textes et propos recueillis par Jeanne Möschler</p>

<p><strong>Une rencontre musicale tout en « playfulness »</strong></p>
<p>C’est lors d’un festival à Schaffhouse que les deux artistes se rencontrent en personne pour la première fois, en 2024. « On avait déjà travaillé ensemble pour des mix et quand on a discuté, on a réalisé qu’on cherchait les deux un nouveau projet qui sort un peu du commun », raconte Christoph. À 6 ans déjà, il jouait de la contrebasse « aussi grande que celle de maintenant », debout sur une chaise, en accompagnant ses parents violonistes, dans des musiques folkloriques européennes. « À l’époque, il n’y avait pas assez de bassistes, c’était un instrument qui était là et libre, et que très peu de gens jouaient. » Dans TON SUR TON, la contrebasse, plutôt que de rester un simple accompagnement, joue avec la voix mélodique, dans une division des rôles qui sort de la tradition. En effet, Sylvie souhaitait depuis longtemps créer un projet en s’inspirant du duo néerlandais formé par Hein van de Geyn et Paulien van Schaik : « la différence entre la voix très basse de la contrebasse et celle de la chanteuse crée un grand espace de liberté et de jeu dans les standards classiques. Nous, on prend ces espaces et on cherche à s’approcher entre nous, parfois on ajoute une couche avec du loop et du clavier, on cherche quelque chose de subtil et intime, en racontant des histoires dans une même famille de couleur. ». L’univers du jazz leur permet de créer des compositions personnelles avec une grande liberté : « le fait d’être deux permet de se répondre, de se taquiner et donne aussi plus de responsabilité à chacun et chacune. Notre approche est dans la « playfulness » », estiment nos deux artistes.</p>
<p><strong>L’écriture, entre pizz, sons et langues</strong></p>
<p>Pour les compositions, ils apportent des idées de mélodie et développent ensuite la dramaturgie ensemble. Leur producteur, Matthias Kohler, a également apporté son aide précieuse en studio pour réarranger les morceaux. Les paroles, c’est surtout Sylvie qui s’en occupe, avec des titres cette fois-ci principalement en anglais. « Je chante souvent en espagnol et en portugais mais pour ce projet, j’avais envie de chanter dans la langue la plus proche de nous deux et de nos racines. Et quand la langue me parle directement, je sens l’atmosphère de chaque mot et ça m’aide à sentir pleinement le message que j’ai envie de transmettre. Ce projet s’inscrit dans une tradition où on a grandi, avec des histoires très personnelles. » Le titre <em>Tied</em> parle notamment de trouver dans les connexions avec les autres individus l’une des raisons d’être sur terre. « J’ai écrit les paroles après une balade, où j’avais demandé à quelqu’un mon chemin. La personne m’a proposé de boire quelque chose et une relation s’est construite, je me sens très chanceuse d’avoir ces amitiés », raconte Sylvie. Certains passages en scat (technique de chant jazz avec des syllabes sans paroles) entretiennent une part de mystère autour des histoires racontées, et laissent au public un éventail de possibilités d’interprétation, dans un jeu permanent entre ce que le duo souhaite raconter, et comment les gens le ressentiront. Quant à la contrebasse, elle est jouée principalement en pizzicato, pour garder le « pulse » et l’énergie.</p>
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									<p style="text-align: right;"><em>TON SUR TON en live.<br />Photo de haut de page: </em>© <em>Atilla Janes</em></p>								</div>
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									<p><strong>Entre Suisse et Japon : une musique qui voyage et fait voyager</strong></p>
<p>L’énergie musicale est étroitement liée à la dimension humaine. « Pour moi, c’est de plus en plus important de faire de la musique avec des personnes avec qui cela résonne humainement », explique Christoph. « Dans TON SUR TON, on peut discuter de tout, Sylvie a une grande ouverture d’esprit et on peut vraiment faire un travail constructif et aller dans la profondeur. »<br />« Et moi, j’adore travailler avec Christoph, j’aime beaucoup sa musicalité, son intention et il a un jeu très stable », ajoute Sylvie. « On a des profils très compatibles dans le travail et on couvre en plus deux parties différentes de la Suisse, avec un réseau entre Berne et l’Allemagne, et la partie francophone et française. »<br />Le duo se prépare pour une série de concerts où il se réjouit d’être en contact avec le public, entre la Suisse… et le Japon, « un pays où le jazz est très présent depuis des années », pour une tournée de plus de deux semaines dans une grande partie du pays.</p>
<p>Un public international donc, qui sera bientôt emmené dans la musique authentique, franche et espiègle de nos deux artistes : « nos chansons sont dans un univers atmosphérique, avec quelques morceaux plus punchy et extravertis, mais toujours dans une ambiance intime. On met beaucoup d’énergie dans le détail et on veut prendre soin des oreilles de nos auditeurs et auditrices – c’est assez japonais dans cette approche », commentent-ils en riant. « On souhaite à notre public de sortir apaisé de l’espace qu’on a créé et d’avoir pu sortir du quotidien. C’est comme quand tu reviens d’un voyage et que tu ramènes quelque chose avec toi… qui résonne. »</p>
<p><strong>TON SUR TON – tournée de sortie du CD</strong> <strong>CAMAÏEU</strong></p>
<ul>
<li>Vendredi 5 juin 2026<br />Grange de Florissant, Renens</li>
<li>Samedi 6 juin 2026<br />Session d’écoute, Das Kulturat, Berne</li>
<li>&#8211; Lundi 8 juin 2026 <br />Les Athénéennes, Genève</li>
<li>&#8211; Mardi 14 juillet 2026<br />BeJazz, Berne</li>
<li>Mardi 11 août 2026<br />Jazzchur, Chur</li>
</ul>
<p>Japon : du 24 septembre au 3 octobre 2026</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><a href="http://www.sylvieklijn.nl" target="_blank" rel="noopener nofollow">www.sylvieklijn.nl</a></span> <br /><br /><br /></p>								</div>
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		<title>Il était une fois… une fille, des ogres et des livres</title>
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		<pubDate>Fri, 29 May 2026 13:14:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Pour sa 22e édition, le festival de dessin PictoBello réunit des artistes autour du thème Il était une fois… L’occasion [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="275567" class="elementor elementor-275567" data-elementor-settings="{&quot;ha_cmc_init_switcher&quot;:&quot;no&quot;}">
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									<p><strong>Pour sa 22<sup>e</sup> édition, le festival de dessin PictoBello réunit des artistes autour du thème <em>Il était une fois</em>… L’occasion de revisiter le conte où les monstres ne sont pas ceux que l’on croit. Rencontre avec l’autrice et conteuse invitée Céline Cerny et l’artiste Max Jeann.</strong></p>
<p><!-- /wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --></p>
<p>Texte et propos recueillis par Géraldine Desarzens<br /><em>Illustration de haut de page: Max Jeann</em></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CH">Du 30 mai au 14 juin 2026, les 21 artistes s’inspireront du texte de Céline Cerny, une fiction aux allures de conte écrite pour l’occasion, afin d’aborder des problématiques actuelles. En collaboration avec le Festival de Littérature Jeunesse pour la première fois, PictoBello prend le pari de réinvestir le répertoire de contes traditionnels. Max Jeann est l’une des artistes invitées à participer cette année au festival de dessin. Entre satire et engagement, les univers des deux femmes se croiseront et donneront une nouvelle interprétation de notre imaginaire collectif. </span></p>
<p><strong>Inclure et rassembler</strong></p>
<p>Les sorcières, les monstres et les magiciens : tels sont les archétypes des contes traditionnels revisités cette année par PictoBello. La formulette <em>il était une fois</em> permet de s’adresser au grand public, aux jeunes générations comme aux plus âgés. L’autrice invitée Céline Cerny tient à cette dimension inclusive, qu’elle cherche à intégrer dans son activité de médiation à la Fondation Bibliomedia, qui œuvre pour la promotion de la lecture et le développement des bibliothèques de lecture publique : « il y a des publics qu’on ne voit jamais ou qui ne se sentent pas légitimes [dans les bibliothèques] », souligne-t-elle. « Il existe autant de barrages symboliques que réels, comme la mobilité réduite ou la difficulté avec la lecture. Mon métier de médiatrice consiste à accueillir tous ces publics ». Une inclusivité qui est l’essence-même de PictoBello, où les publics sont invités chaque année à découvrir des illustrations grand format dans les rues de Vevey. « J’adore l’idée du dispositif ouvert au grand public, de faire intervenir l’art dans la rue et de rassembler les artistes », se réjouit Céline Cerny.</p>
<p><!-- /wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --></p>
<p><!-- /wp:paragraph --></p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><em>Céline Cerny à Bibliomedia</em></p>								</div>
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									<p>La dimension de rassemblement réjouit également Max Jeann, l’une des 21 artistes invité∙e∙s cette année. C’est surtout « se sentir appartenir » qu’elle met en avant. Venant des arts visuels, l’artiste s’est distancée des galeries pour intégrer le milieu de la bande dessinée alternative, qu’elle décrit comme « plus convivial ». Un sentiment qu’elle va retrouver le samedi 30 mai, lorsqu’elle va participer à la journée dessin de PictoBello avec d’autres artistes.</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><em>Max Jeann</em></p>								</div>
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									<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; tab-stops: 167.8pt;"><b><span lang="FR-CH">Des monstres pas comme les autres</span></b></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; tab-stops: 167.8pt;"><span lang="FR-CH">Le conte est une manière de s’échapper de la réalité. Il est « un moyen de garder un peu d’enfance dans nos vies d’adultes », selon Max Jeann. Le rêve et l’imaginaire sont les sources de son univers graphique, peuplé de créatures fantasques et de situations étranges. Toutefois, le monde des contes est également rempli de monstres. Le thème est-il adéquat pour les jeunes publics ? Céline Cerny nuance : « les enfants ne sont pas dupes ». Elle affirme encore que la formulette <i>il était une fois</i> est « une manière poétique et rythmée de créer de la distance et devient la manière d’entrer dans le monde de l’imaginaire ». </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; tab-stops: 167.8pt;"><span lang="FR-CH">Le travail de conteur∙euse revient à se réapproprier le conte traditionnel. Pour PictoBello, Céline Cerny va encore plus loin en se lançant le défi de l’inverser. Les ogres et les ogresses habitent son texte, mais ils sont dans les maisons et certains dirigent la ville. Tandis que ces monstres sont traditionnellement dans les forêts et représentent une menace extérieure, ils envahissent dorénavant les espaces intérieurs. Une référence subtile aux violences faites aux enfants : « parfois les ogres vivent dans nos maisons ». Un sujet tabou, mais de plus en plus discuté et médiatisé. La forêt et le monde sauvage deviennent alors le monde rêvé. La conteuse glisse également un clin d’œil à nos manières de consommer, lorsque les ogres dirigeants mangent des enfants « préparés », dont ils ne connaissent plus la provenance. Le sens critique est également recherché par Max Jeann, lorsqu’elle dit que son univers « est une quête existentielle ouvertement critique de nos sociétés ». Mais <span style="color: black; mso-themecolor: text1;">« avec poésie », ajoute-t-elle, « car je n’ai pas envie d’être trop sombre ». </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><b><span lang="FR-CH">Des femmes et des livres</span></b></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span lang="FR-CH">Un autre point commun entre les deux femmes est la protagoniste féminine. La petite fille à la cage thoracique ouverte du conte créé par Céline Cerny et Pétrole, l’héroïne du premier roman graphique quasi-autobiographique de Max Jeann. L’univers de la seconde est peuplé de femmes fortes et dominantes, où l’homme est souvent effacé : est-ce là un souhait engagé ? « Plutôt la conséquence d’avoir grandi dans une famille de cinq sœurs », répond-elle le sourire en coin. Du côté de Céline Cerny, le système binaire n’est pas essentiel, bien que le personnage féminin conserve son importance. La conteuse se sent légitime à parler d’expériences de femmes : « j’aurais plus de difficulté à me mettre à la place d’un homme ». La femme est aussi centrale dans le dessin grand format qu’a créé Max Jeann pour la vitrine de la librairie La Fontaine à Vevey. L’artiste a imaginé deux héroïnes, qui portent des capes, et deux créatures à leurs côtés : les quatre sauvent les livres qui parsèment le dessin. Un moyen pour Max Jeann de faire honneur au livre, car « c’est l’objet qui va nous sauver ». </span></p>								</div>
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									<p><em>Planche tirée de la bande dessinée « Pétrole, pour une tranche de tarte » de Max Jeann</em></p>								</div>
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									<div style="text-align: right;"><em>Illustration créée par Max Jeann pour la librairie de La Fontaine à Vevey<br /></em></div>
<div> </div>								</div>
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									<p>L’objet livre réunit les deux femmes, qu’il s’agisse de créer ou lire son contenu. Leurs univers seront à découvrir à PictoBello, du 30 mai au 14 juin 2026, où les contenus, fidèles aux contes traditionnels, seront positifs malgré les monstres. « Tant que le conte finit bien », conclut Céline Cerny.</p>
<p><strong>PictoBello</strong></p>
<p>Journée de dessins : samedi 30 mai 2026</p>
<ul>
<li>De 10h à 18h : artistes à l’œuvre sur les panneaux de Vevey</li>
<li>18h : lecture et discussion avec Céline Cerny sous la Grenette</li>
<li>18h30 : vernissage public sous la Grenette</li>
</ul>
<p>Du 30 mai au 14 juin 2026<br />Exposition en plein air des illustrations réalisées</p>
<p>Du 23 mai au 31 juillet 2026<br />Œuvre de Max Jeann dans la vitrine de la librairie La Fontaine dans le cadre des PictoExpos dans les commerces de Vevey</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://www.pictobello.ch/edition-2026/" target="_blank" rel="noopener nofollow">www.pictobello.ch/edition-2026/</a></span></p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><em>Pictobello 2025 © Celine Michel</em></p>								</div>
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		<title>35 ans, le moment d’assoir son aura, de faire une cure de jouvence ou de s’abandonner à un élan de créativité ? Les trois !</title>
		<link>https://www.l-agenda.ch/concours-dinterpretation-musical-lausanne-horizons-musicaux-suisses/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[blogcom]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 May 2026 09:05:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Classique et opéra]]></category>
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					<description><![CDATA[Depuis sa création en 1991, il y a 35 ans, le Concours d’Interprétation Musicale de Lausanne (CIML) a toujours eu [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="275523" class="elementor elementor-275523" data-elementor-settings="{&quot;ha_cmc_init_switcher&quot;:&quot;no&quot;}">
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<p><strong>Depuis sa création en 1991, il y a 35 ans, le Concours d’Interprétation Musicale de Lausanne (CIML) a toujours eu pour but premier de soutenir les jeunes talents issus des hautes écoles. Cette année, le concours n’aura pas lieu. Il prépare – en musique – sa transformation pour mai 2027.</strong></p>

<p>Texte et propos recueillis par Katia Meylan</p>

<p>Se donner rendez-vous autour d’un Lied de Schubert puis partir en direction de l’Amérique Latine, c’est le voyage que proposent le pianiste Jorge Viladoms, le ténor Benjamin Appl, le violoncelliste Lionel Cottet et l’Ensemble <strong>Astera, </strong><strong>vendredi 19 juin au Casino de Montbenon</strong> lors d’un <strong>concert de gala</strong>, qui sera aussi et surtout l’occasion d’une annonce : celle de la transformation du Concours d’Interprétation Musicale de Lausanne en un Concours de projet.</p>
<p>Nous avons échangé avec le compositeur Christian Favre, fondateur et directeur du CIML, et le pianiste Jorge Viladoms, entré au comité l’année dernière, pour en savoir un peu plus. Spoiler alert !</p>
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									<p><strong>La transformation</strong></p>
<p>Les deux pianistes et collègues professeurs à l’HEMU, l’un retraité l’autre en fonction, s’accordent à dire qu’à travers le monde, des concours, il y en a à foison. « Et aujourd’hui, le niveau des interprètes est incroyable. Si un enfant de 12 ans en Corée joue comme un dieu, tout le monde peut le savoir en ouvrant YouTube », note Jorge Viladoms. Leur comité a donc envisagé la transformation du concours sur la base d’une constatation cruciale : dans ce contexte, c’est par sa créativité, ses propositions et son univers que se démarque un∙e artiste. Pour poursuivre au mieux son but, le CIML devait donc s’adapter aux nouvelles attentes à la fois du public et des musicien∙ne∙s.</p>
<p>D’un concours d’interprétation destiné aux pianistes, violonistes ou violoncellistes, selon les éditions, il se transforme donc en concours de projet, ouvert à tous les instruments – y compris la voix – et à différents types de formations, du solo jusqu’à l’octuor. Plus de contrainte non plus niveau programme, hormis celle de proposer un concert d’environ 40 à 50 minutes. « L’idée est de donner la parole à des artistes convaincants, qui ont développé un projet abouti tant sur le plan instrumental qu’au niveau de la cohérence du programme », affirme Christian Favre. « La présence artistique, aussi, compte énormément, bien qu’en juger ne soit pas toujours dans le domaine du rationnel&#8230; Comme beaucoup, je n’ai jamais aimé la notion de concours, que je ne trouve pas compatible avec l’art. Là, avec cette nouvelle proposition – qui ne portera d’ailleurs plus le titre de « concours », mais d’<strong>Horizons Musicaux Suisses</strong>, je crois on arrive à une belle solution ! ». Ainsi, artistes, jury et public et seront réunis durant trois jours à Lausanne autour d’une quinzaine de projets, à la structure et aux univers très différents.</p>
<p><strong>Une carte de visite précieuse</strong></p>
<p>Jorge Viladoms, au sein de sa fondation Crescendo con la Musica, organisait depuis quelques années un concours à l’HEMU dont le premier prix était l’enregistrement d’un album avec le label Aparté. Il alliera désormais cette récompense à l’aura du CIML, fusionnant le meilleur des deux initiatives. « Le fait d’enregistrer un CD offre une vraie crédibilité. Pas uniquement pour l’objet que ça représente, à l’ère d’ITunes et de Spotify, mais pour la qualité de l’enregistrement. Oui, les gens vont écouter l’artiste sur Instagram, mais ils vont entendre l’acoustique incroyable de la Salle de musique de La Chaux-de-Fonds, l’expertise de l’ingénieur du son&#8230; Pour l’artiste, c’est une crédibilité bien différente que de s’être enregistré dans son salon  », souligne Jorge Viladoms avec enthousiasme. « C’est aussi une carte de visite précieuse, lorsqu’on cherche à être programmé en salle ou en festival », relève de son côté Christian Favre. Dans cette même optique d’offrir aux artistes une plus grande visibilité, le jury sera composé non plus uniquement de musicien∙ne∙s mais aussi d’agents, d’organisateurs de concert ou encore de journalistes.</p>
<p><strong>Le concert </strong></p>
<p>Christian Favre et Jorge Viladoms auront été généreux en confidences ! Cela dit, il vaudra toujours amplement la peine de se rendre au Casino de Montbenon le 19 juin. En partant de Lieder de Schubert, les artistes voyageront ensuite vers l’Amérique du Sud, avec certains arrangements de pièces mexicaines écrits spécialement pour l’occasion. Avec cette programmation inhabituelle, réunissant un pianiste et un violoncelliste complices, un baryton mondialement connu et un quintette à vent au souffle créatif, le concert de gala préfigure la tournure inventive que prendra le concours.</p>
<p>***</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><em>Lionel Cottet. Photo: © Niels Ackermann / Lundi13</em></p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><em>Benjamin Appl. Photo: © David Ruano </em></p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><em>Jorge Viladoms au Moonlight Concert</em></p>								</div>
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									<ul>
<li><strong>Concert de Gala </strong><br />Vendredi 19 juin à 19h30<br />Salle Paderewski, Casino de Montbenon, Lausanne</li>
<li><strong>Première édition du nouveau concept : Swiss Musical Horizons</strong><br />Du 21 au 23 mai 2027<br />Salle Paderewski, Casino de Montbenon, Lausanne</li>
</ul>
<p><span style="text-decoration: underline;"><a href="http://www.ciml.ch" target="_blank" rel="noopener nofollow">www.ciml.ch</a></span></p>								</div>
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		<title>ZAZA LIT Lorraine Fouchet</title>
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		<pubDate>Wed, 27 May 2026 08:21:50 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[#auteur]]></category>
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		<category><![CDATA[#IsabelleFalconnier]]></category>
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					<description><![CDATA[La chronique littéraire d&#8217;Isabelle Falconnier « Du goût pour le bonheur », de Lorraine Fouchet J’ai rencontré Lorraine Fouchet dans [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="275514" class="elementor elementor-275514" data-elementor-settings="{&quot;ha_cmc_init_switcher&quot;:&quot;no&quot;}">
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									<p><strong>La chronique littéraire d&rsquo;Isabelle Falconnier</strong></p>								</div>
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									<p><em>«</em><em> Du goût pour le bonheur », de Lorraine Fouchet </em></p>								</div>
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									<p>J’ai rencontré Lorraine Fouchet dans une piscine. Elle participait à un salon du livre que j’organisais. Nous avions toutes deux choisi d’entamer la longue journée qui nous attendait par quelques brasses dans la piscine de l’hôtel qui nous hébergeait. Nous avions papoté en brassant, c’était charmant et amical. Je la regardais comme une sainte parce que dans une ancienne vie, elle était médecin urgentiste pour SOS Médecins et qu’un dimanche matin, appelée rue Saint-Benoît dans le 6<sup>e</sup> arrondissement de Paris, c’est le certificat de décès de Marguerite Duras qu’elle avait signé – Duras, idole de toujours, si chère à mon cœur.</p><p>Lorraine était devenue médecin pour faire plaisir à son père, mort d’un infarctus un mois après son bac, qui lui avait confié la veille que c’était le plus beau métier du monde. Mais c’est écrire qu’elle voulait, Lorraine, depuis l’enfance. Lorsqu’elle signe le fameux certificat de décès de Marguerite Duras, elle a quarante ans. Elle est alors une médecin qui vole du temps pour écrire. Quelques mois après, elle démissionne, décide de vivre sa propre vie, et devient écrivain à temps plein.</p><p>Elle publie un livre par an depuis trente ans – dont <em>J’ai rendez-vous avec toi</em>, émouvante et belle lettre ouverte à son père, homme politique et diplomate, ami de Charles de Gaulle, Saint-Exupéry, Alexandra David-Néel et André Malraux. Elle vit entre les Yvelines, près de Paris, et sa chère île de Groix, en Bretagne. J’adore suivre son fil Facebook parce qu’on y voit ses deux amours : ses lectrices et lecteurs, auxquels elle donne rendez-vous quasiment chaque week-end que Dieu fait dans les librairies et festivals d’un bout à l’autre de la francophonie, et ses chiens, deux adorables terriers Westie, Lisa et Muffin, qui viennent de succéder à Mon Pote dans la vie et le cœur de Lorraine.</p><p>Son autre amour est plus discret : l’an dernier, à plus de 60 ans, Lorraine est devenue maman d’une fille de 23 ans. Mère adoptive d’une Mathilde qu’elle connait depuis l’enfance, tout comme sa mère biologique. Une histoire d’amour – et de loyauté, et de liens familiaux choisis, et d’amitié de jeunesse – qu’elle raconte, indirectement, dans son irrésistible nouveau roman, <em>Du goût pour le bonheur</em> : ou comment Pia, 20 ans, qui a grandi entre sa mère célibataire, Rose, et son parrain, Max, découvrent qu’ils pourraient devenir fille et père. Et Pia et Max de se lancer dans une procédure d’adoption qui chamboulent forcément leur entourage.</p><p>A Lorraine Fouchet et ses romans, libraires et critiques ont peu à peu accolé l’étiquette « feel-good », les vendant comme une boîte de bonbons ou un petit remontant de fin de repas. C’est réducteur et misogyne. Foin de bons sentiments sempiternellement optimistes façon <em>Pollyanna</em>: dans l’univers romanesque de cette femme à l’empathie contagieuse, qui perce à jour ses semblables mieux que personne, c’est la vie qui domine, dans ses chambardements, ses joies, ses surprises, ses drames. L’immense bienveillance dont elle fait preuve envers ses personnages, qu’ils soient paumés, héros ou victimes, bouleverse les certitudes. Que ses histoires finissent – souvent – bien n’est pas une faiblesse mais une façon d’avoir foi en nous, ses semblables. Qu’elle nous montre parfois la voie n’est pas le moindre de ses talents ! Médecin un jour, médecin toujours : désormais, Lorraine Fouchet soigne nos âmes.</p><p style="text-align: right;"><strong>Isabelle Falconnier</strong></p>								</div>
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									<p><em>« </em><em>Du goût pour le bonheur », </em>de Lorraine Fouchet.<br /><a href="https://www.lisez.com/livres/du-gout-pour-le-bonheur/9782487819849" target="_blank" rel="noopener nofollow">Éditions Héloïse d’Ormesson</a>, 250 p.</p>								</div>
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									<p><strong>PS </strong><strong>:<br /></strong>Vous avez aimé <em>Du goût pour le bonheur</em> ? Vous craquerez itou pour <em>Les Amants du Loto</em> (Presses de la Cité) de Catherine Siguret, l’histoire d’un jeune couple qui, en 1975 à Paris, gagne le premier jackpot du Loto. Leur vie en sera chamboulée. Pour le meilleur ? Le pire ? Faites vos jeux… Catherine Siguret sera au <a href="https://www.festival-du-lac.com/" target="_blank" rel="noopener nofollow">Festival du LÀC</a> (Lire à Collonges) près de Genève les 6 et 7 juin !</p>								</div>
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									<p><em>« </em><em>Les Amants du Loto », </em>de Catherine Siguret.<br /><a href="https://www.lisez.com/livres/les-amants-du-loto/9782258214842" target="_blank" rel="noopener nofollow">Presses de la Cité</a>, 304 p.</p>								</div>
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		<title>Une journée au festival Lavaux Classic</title>
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		<dc:creator><![CDATA[blogcom]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 May 2026 17:06:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Classique et opéra]]></category>
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					<description><![CDATA[Du 19 au 28 juin 2026, le festival Lavaux Classic s’immisce dans les paysages classés du Lavaux pour dessiner une [&#8230;]]]></description>
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<p><strong>Du 19 au 28 juin 2026, le festival Lavaux Classic s’immisce dans les paysages classés du Lavaux pour dessiner une constellation de lieux musicaux où se croisent les talents locaux,  internationaux, émergents et confirmés. Entre concerts IN et rendez-vous OFF, le public se laissera charmer et surprendre au rythme d’une programmation exigeante, accessible et audacieuse. Directeur artistique depuis 2019, Guillaume Hersperger a imaginé chaque journée comme une immersion musicale complète.</strong></p>

<p>Texte et propos recueillis par Marie-Sophie Péclard<br />Photo: Anne-Laure Lechat</p>

<p>Pour sa 26<sup>e</sup> édition, le festival Lavaux Classic réunit à Cully plus de quatre-vingts artistes. Prenons par exemple la journée du 20 juin, qui propose huit rendez-vous musicaux répartis dans six lieux d’exception. Dès 10h30 et jusqu’au cœur de la nuit, les instruments se succèdent et les genres se répondent : balades musicales et récitals, cordes et claviers, œuvres classiques et folkloriques, rythmes populaires et improvisations composent une programmation aussi foisonnante qu’éclectique. Vous suivez le guide ?</p>
<p><strong>Le IN, une traversée musicale </strong></p>
<p>Le <strong>Quatuor Trapèze</strong> ouvre cette journée à 10h30 en accompagnant les balades musicales au cœur des vignobles d’œuvres classiques, folkloriques et populaires. Le festival propose trois itinéraires classés par niveau de difficulté et encadrés par des guides certifiés, pour découvrir toute la richesse de ces terrasses viticoles. Promeneur∙euse∙s et musicien∙ne∙s se retrouvent ensuite au Temple de Cully pour un dernier moment de partage musical.</p>
<p>C’est dans cette même église que se produira le jeune violoncelliste <strong>Lyam Chenaux</strong>. Pendant une heure (dès 13h30), le public pourra écouter et échanger avec le virtuose de 16 ans, révélé par l’émission « Prodiges ». Il sera succédé, à 18h, par le duo alto et piano formé pour l’occasion par <strong>Sarah Strohm</strong> et <strong>Lidija Bizjak</strong>. De Schubert à Chostakovitch en passant par Bach et Stravinski, les deux musiciennes offrent un véritable éventail d’émotions. La même exigence expressive guide le pianiste et improvisateur <strong>Jean-Baptiste Doulcet</strong> qui clôture le volet IN à 20h dans la salle Davel.</p>
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					<h4 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Jean-Baptiste Doulcet, improviser l’instant</h4>				</div>
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									<p>Artiste multifacettes, le pianiste Jean-Baptiste Doulcet propose une parenthèse singulière et réjouissante dans laquelle le répertoire rencontre l’improvisation. Il nous explique la genèse du projet :</p>
<p><strong>Jean-Baptiste Doulcet :</strong> J’ai rencontré Guillaume Hersperger lors d’un de mes concerts et il m’a proposé très vite de venir cette année. Ensuite, on a eu plusieurs échanges au téléphone. Il était très intéressé par cette fusion entre improvisation et répertoire, et c’est aussi ce que j’aime le plus. Cela permet de montrer au public deux facettes de ce que je fais et de proposer une expérience unique, dans le sens où elle n’est pas reproductible. Les gens sont très sensibles à cela. Il tenait à ce qu’il y ait de l’improvisation, mais pour le répertoire il était assez ouvert. Pour l’instant, je ne sais pas encore exactement comment je vais structurer le concert. Je le saurai probablement le jour même : est-ce que je fais d’abord du répertoire puis de l’improvisation ? Est-ce que je demande des idées au public ? Est-ce que j’improvise entre les œuvres ? J’aime bien cette idée de connivence avec le public, de le faire participer. Cela engage tout le monde dans l’écoute.</p>
<p><strong>L’Agenda : Quand vous recevez des idées du public, qu’est-ce qui se passe concrètement dans votre esprit ?</strong></p>
<p>Ça va très vite. Si quelqu’un me donne quelque chose d’abstrait, qui n’est pas musical, par exemple « le rouge », je vais essayer d’aller chercher ce que cela signifie pour moi. C’est forcément très subjectif. Mais même lorsqu’une idée n’a pas de représentation musicale tangible, chacun va projeter quelque chose dans la musique. Il y a des stéréotypes, des imaginaires personnels… L’idée, c’est de trouver un équilibre entre quelque chose de reconnaissable et ce que cela évoque en moi. Et je pense que les gens sont très attentifs à cela : comment l’artiste perçoit lui-même le thème proposé.</p>
<p><strong>Il y a aussi une part de surprise…</strong></p>
<p>Oui, exactement. Aller parfois à rebours des idées reçues. J’essaie surtout de ne pas me demander comment les gens perçoivent le rouge, mais plutôt comment, moi, je peux mettre de la musique sur cette idée.</p>
<p><strong>Le concert s’organise autour du Carnaval de Vienne de Schumann et de la Ballade op. 24 de Grieg. Comment avez-vous choisi ces œuvres ?</strong></p>
<p>Ce sont surtout des œuvres que j’aime beaucoup et que j’ai beaucoup jouées récemment. J’ai remarqué que Grieg, et plus largement la musique nordique, ont un impact énorme sur le public. Les gens y sont très sensibles. Et puis la <em>Ballade</em> n’est pas une œuvre qu’on entend si souvent, donc j’aime aussi cette idée de faire découvrir certaines pièces. C’est une musique très évocatrice, qui traverse tout un spectre d’émotions. <em>Le Carnaval de Vienne</em>, lui, est peut-être plus populaire, plus enjoué aussi. C’est une œuvre pleine de vitalité.</p>
<p><strong>Donc si tout se passe bien… ce sera un moment joyeux.</strong></p>
<p>Si tout se passe bien… oui !</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://www.l-agenda.ch/lavaux-classic-jean-baptiste-doulcet/" target="_blank" rel="noopener"><em>Retrouvez ici l’entretien complet de Jean-Baptiste Doulcet</em></a></span></p>								</div>
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									<p><strong>Le OFF en mouvement </strong></p>
<p>Le Quatuor Trapèze, que l’on aura déjà rencontré dans le IN, est également au rendez-vous du OFF, avec une proposition de concerts itinérants dans le village du Cully, entre le Temple (12h), le bord du lac (16h) et l’ancien pressoir de la Maison Jaune (19h). Ne vous éloignez pas trop du lac où se succéderont entre 13h et 16h les lauréat∙e∙s du concours de piano Lavaux Classic. Le Léman se fait alors le théâtre d’une véritable <em>Odyssée de piano, </em>menée par une dizaine de pianistes de tous âges.</p>
<p>Le OFF vous invite ensuite à passer côté jardin, dans le décor poétique du Domaine Potterat. À 16h30, les jardins deviennent un lieu de passage où le Duo Transfiguration, se fait passeur du monde classique à la musique populaire d’Amérique Latine. Cette dernière trouve toute son expressivité dans le dernier concert de la journée, à 21h30. La chanteuse Dominique Hunziker présente son premier album <em>Regresar, </em>accompagnée de l’altiste Jacinta Balbontin Odi.</p>								</div>
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					<h4 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Duo Transfiguration, le voyage émotionnel </h4>				</div>
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									<p>Pour le festival, la soprano Valentina Merlo et le pianiste Jean Hiron vous invitent à découvrir leur univers tissé de mélodies et de chants populaires sud-américains. L’occasion d’aller à la rencontre de ce duo formé en 2023. </p>
<p><strong>L’Agenda : Qu’entendez-vous par « Transfiguration » ?</strong></p>
<p><strong>Jean Hiron </strong>: Il y a le voyage intérieur : permettre au public d’être traversé par des émotions que l’on propose musicalement, et que chacun reçoit différemment. Mais il y aussi le partage extérieur, on est souvent amené à faire chanter les gens ensemble. On apporte parfois des musiques qu’ils ne connaissent pas, mais aussi des morceaux familiers, parce qu’on trouve important de créer cette connexion. L’idée, c’est surtout de se mettre au service des gens.</p>
<p><strong>Valentina Merlo</strong> : Pour moi, cela fonctionne beaucoup de manière instinctive. Bien sûr, quand on prépare un concert, il y a un répertoire, une idée principale, une histoire que l’on veut raconter. Mais ensuite, beaucoup de choses se passent dans l’intuition. Je me déplace beaucoup dans la salle, je vais vers les gens et peux ressentir l’état du public : est-ce que je peux les inviter à chanter avec moi, à applaudir, à faire des rythmes, parfois même à danser ? Ou est-ce qu’au contraire c’est un public plus calme, plus dans l’écoute ? Il y a toujours une ligne générale, mais il peut aussi se passer des choses magnifiques et spontanées.</p>
<p><strong>J.H. :</strong> Après, cela dépend aussi du cadre. Pour le concert que nous jouerons au Lavaux Classic, il y a un programme établi. Mais pour d’autres concerts, notamment ceux du Cœur [<em>ndrl : les Concerts du Cœur sont donnés notamment en EMS, en prison ou en hôpitaux pour des personnes ayant difficilement accès aux salles de concerts</em>], on peut modifier le déroulé, ajouter une chanson plus entraînante que les gens connaissent afin de les reconnecter… C’est un équilibre qui dépend vraiment du public.</p>
<p><strong>V.M.</strong> : C’était aussi l’une des idées de notre duo. Souvent, dans nos autres projets, nous acceptons un répertoire déjà défini. Ici, il s’agit vraiment de créer notre propre univers et de le partager avec les autres. C’est pour cela qu’on a choisi beaucoup de répertoire argentin, de musique latino-américaine, mais aussi des chansons françaises. Le duo nous offre l’opportunité de créer nos propres spectacles, ainsi qu’une grande liberté.</p>
<p><strong><br />Pour ce concert au Lavaux Classic, vous avez choisi de puiser dans le répertoire populaire argentin, pour quelles raisons ?</strong></p>
<p><strong>Jean Hiron</strong> :  Ce sont des cycles que nous avions déjà travaillés, notamment dans le cadre de mon master en accompagnement. J’ai ensuite reçu un prix de la Fondation Leenaards qui nous a permis d’enregistrer un disque qui devrait sortir à la fin de l’année. Ce concert reprend le programme du CD, dans son ordre original. Le cycle <em>Edad del Asombro</em> de Guastavino est à l’origine écrit pour chœur d’enfants, Valentina le chantait déjà quand elle était petite. C’est presque un classique des chœurs d’enfants là-bas. L’idée était donc d’en proposer un nouvel enregistrement, différent de ce qui existe déjà, et surtout de défendre cette musique que nous trouvons extrêmement poétique et magnifique.</p>
<p><strong>Valentina Merlo</strong> : Ce que je trouve très beau chez Carlos Guastavino, c’est la simplicité de sa musique, et surtout la poésie de ces pièces. Elles parlent de la vie d’un enfant, de sa découverte du monde, et je trouve cela profondément beau. Même ici, les gens réagissent très bien à ce répertoire. Même sans comprendre l’espagnol, il y a une simplicité dans la musique qui fait que tout le monde peut y entrer. Après tout, nous avons tous été enfants. Cela nous amène aussi à nous demander comment retrouver cette innocence dans notre quotidien.</p>
<p><strong>J.H.</strong> : Oui, retrouver cette innocence, cela rejoint complètement l’idée de transfiguration. Et ce qui est intéressant, c’est que ces textes sont d’une très grande simplicité dans leur expression artistique, mais en même temps l’écriture est remarquable. Il y a vraiment plusieurs niveaux de lecture, et c’est ce qu’on aime dans ces pièces : elles parlent à des publics très différents. C’est aussi le cas chez Ginastera : ce sont des chansons populaires, donc on garde cette dimension très accessible. Mais son écriture reste extrêmement reconnaissable. Ceux qui veulent aller dans l’analyse musicale peuvent le faire, mais ceux qui veulent simplement se laisser porter peuvent aussi profiter pleinement de la musique.</p>
<p><strong>V.M.</strong>: Je crois que la musique latino-américaine a une force particulière. Comme la musique andalouse ou espagnole, que j’aime aussi beaucoup interpréter, elle a quelque chose de très terrestre, de très incarné. Elle invite à se laisser porter par les émotions.</p>
<p><strong>J.H. </strong>: Et puis, dans le cadre de cette journée complète du 20 juin, le fait de terminer avec des chansons populaires permet aussi de faire le lien avec la suite du OFF, qui sera également autour d’un projet sud-américain. C’était l’idée de Martin Jollet : commencer avec un concert plus classique et aller progressivement vers quelque chose de plus populaire dans la soirée. Tout cela a vraiment été pensé comme un ensemble.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://www.l-agenda.ch/lavaux-classic-duo-transfiguration/" target="_blank" rel="noopener"><em>Retrouvez ici l’entretien complet du Duo Transfiguration</em></a></span></p>								</div>
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									<p>Que vous le parcouriez en marathonien∙ne ou en flâneur∙euse, le festival saura embrasser votre rythme et, au détour d’une balade ou d’un concert, vous initiez à ceux des nombreux∙ses artistes invité∙e∙s. Retrouvez la programmation complète sur le site du Lavaux Classic.</p>
<p><strong>Lavaux Classic – 23<sup>e</sup> édition<br /></strong>Du 19 au 28 juin 2026<br />Cully et alentours<br /><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://www.lavauxclassic.ch/" target="_blank" rel="noopener nofollow">www.lavauxclassic.ch</a></span></p>								</div>
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		<title>Jean-Baptiste Doulcet, curiosité et variations</title>
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		<dc:creator><![CDATA[blogcom]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 May 2026 17:03:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Le pianiste et improvisateur Jean-Baptiste Doulcet sera à Cully le 20 juin dans le cadre du festival Lavaux Classic pour [&#8230;]]]></description>
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<p><strong>Le pianiste et improvisateur Jean-Baptiste Doulcet sera à Cully le 20 juin dans le cadre du festival Lavaux Classic pour un concert où le grand répertoire dialogue avec l’improvisation. Entre le Carnaval de Viennede Schumann et la Ballade op. 24 de Grieg, le musicien invitera aussi le public à proposer des thèmes dont il s’emparera pour créer, sur le moment, une musique entièrement nouvelle. Rencontre.</strong></p>

<p>Propos recueillis par Marie-Sophie Péclard<br />Photo: © Theo Martin</p>

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									<p style="text-align: right;">Samedi 20 juin à 20h30<br />Salle Davel, Cully<br /><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://www.lavauxclassic.ch/concert/20-06-2026-jean-baptiste-doulcet-20h-salle-davel-cully-vrai-2026/" target="_blank" rel="noopener nofollow">lavauxclassic.ch</a></span></p>								</div>
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									<p><strong>Vous revenez d’une tournée au Japon, quelles images en ramenez-vous?</strong></p>
<p>À force de voyager, on finit par prendre cette étrange habitude de se sentir étranger. Mais c’est un sentiment que j’aime énormément : être perdu dans un autre monde, s’acclimater, puis revenir en rapportant plein de choses qui nourrissent aussi la musique. Une autre écoute, une autre manière de percevoir… c’est super intéressant.</p>
<p><strong>Voyager, vous en rêviez plus jeune ?</strong></p>
<p>Honnêtement, c’est venu avec le métier. Quand on est jeune, on ne se rend pas vraiment compte de ce que ça représente, de ce rythme de vie. Et puis la vie change aussi quand on commence à avoir des projets. Je dirais que c’est quelque chose qui s’est construit avec l’habitude. Je savais que je voulais faire de la musique, mais sans forcément avoir conscience de ce que cela signifiait vraiment, notamment faire des concerts.</p>
<p><strong>Quand avez-vous commencé la musique ?</strong></p>
<p>C’est mon père qui m’a fait commencer le piano quand j’avais quatre ans. Ce n’est pas venu d’un désir personnel au départ, mais ça s’est construit comme ça. J’ai développé un amour très instinctif pour la musique, mais aussi pour l’improvisation. Mon père m’a beaucoup poussé à être créatif. Je n’étais pas enfermé dans des schémas de travail très rigides, coupé du monde, comme certaines personnes peuvent le vivre plus jeunes. Et puis, au début de l’adolescence, c’est devenu évident que c’était ce que je voulais faire.</p>
<p><strong>Il y a aussi la question du talent…</strong></p>
<p>Oui, mais c’est aussi une question d’affinités. On peut aimer la musique sans avoir envie d’en faire sa vie. Le talent, c’est quelque chose qu’on nourrit. C’est un mélange de discipline, de curiosité, et aussi de chance : les professeurs qu’on rencontre, les circonstances… Il y a énormément de facteurs.</p>
<p><strong>Vous avez donc été initié très tôt à l’improvisation ?</strong></p>
<p>Oui, j’ai appris un peu tout comme ça : le répertoire, l’improvisation, l’écriture, tout ce qui touche à la connaissance et à la structure de la musique. Tout fonctionne ensemble. Quand on joue une partition, avoir une compréhension plus large de la manière dont elle est construite, ça aide toujours.</p>
<p><strong>Vous avez suivi un parcours assez classique, avec le Conservatoire de Paris, les concours… mais il y a toujours cette improvisation qui fait votre singularité et qui montre aussi votre curiosité, peut-être une envie de pousser le cadre…</strong></p>
<p>Oui, absolument. Mais en réalité, ça ne vient pas vraiment d’un questionnement intellectuel. Jouer du piano a toujours été lié à la créativité et à l’improvisation. Tout ça est imbriqué depuis le début. Bien sûr, on finit par se poser des questions pour pouvoir en parler aujourd’hui, mais je n’ai pas envie de trop toucher à cet endroit-là, parce que cela va un peu à l’encontre de ce qu’est la créativité. Il faut laisser certaines choses indemnes de trop de réflexions.</p>
<p><strong>Revenons à l’improvisation. Le concert que vous proposez au festival sera en partie improvisé. Comment ce projet est-il né ?</strong></p>
<p>J’ai rencontré Guillaume Hersperger lors d’un concert et il m’a proposé très vite de venir cette année. Ensuite, on a eu plusieurs échanges au téléphone. Il était très intéressé par cette fusion entre improvisation et répertoire, et c’est aussi ce que j’aime le plus. Cela permet de montrer au public deux facettes de ce que je fais et de proposer une expérience unique, dans le sens où elle n’est pas reproductible. Les gens sont très sensibles à cela. Il tenait à ce qu’il y ait de l’improvisation, mais pour le répertoire il était assez ouvert. Pour l’instant, je ne sais pas encore exactement comment je vais structurer le concert. Je le saurai probablement le jour même : est-ce que je fais d’abord du répertoire puis de l’improvisation ? Est-ce que je demande des idées au public ? Est-ce que j’improvise entre les œuvres ? J’aime bien cette idée de connivence avec le public, de le faire participer. Cela engage tout le monde dans l’écoute.</p>
<p><strong>Quand vous recevez des idées du public, qu’est-ce qui se passe concrètement dans votre esprit ?</strong></p>
<p>Ça va très vite. Si quelqu’un me donne quelque chose d’abstrait, qui n’est pas musical, par exemple « le rouge », je vais essayer d’aller chercher ce que cela signifie pour moi. C’est forcément très subjectif. Mais même lorsqu’une idée n’a pas de représentation musicale tangible, chacun va projeter quelque chose dans la musique. Il y a des stéréotypes, des imaginaires personnels… L’idée, c’est de trouver un équilibre entre quelque chose de reconnaissable et ce que cela évoque en moi. Et je pense que les gens sont très attentifs à cela : comment l’artiste perçoit lui-même le thème proposé.</p>
<p><strong>Il y a aussi une part de surprise…</strong></p>
<p>Oui, exactement. Aller parfois à rebours des idées reçues. J’essaie surtout de ne pas me demander comment les gens perçoivent le rouge, mais plutôt comment, moi, je peux mettre de la musique sur cette idée.</p>
<p><strong>Je rebondis sur cet exemple du rouge : j’imagine que vous recevez souvent ce genre de thèmes, mais est-ce qu’il y a aussi des consignes plus musicales ?</strong></p>
<p>Oui, ça peut arriver. En général, j’essaie d’aiguiller un peu les gens, parce que lorsqu’on demande un thème, ils pensent souvent à quelque chose de directement musical. Alors que justement, l’intérêt de l’improvisation, c’est de créer à partir de quelque chose qui n’a pas forcément de lien avec la musique. Mais il y a vraiment de tout. La dernière fois, à Washington, quelqu’un m’a proposé : « Imaginez que vous êtes à un date et que vous avez oublié votre portefeuille. » Là, on est dans quelque chose de très situationniste, presque comique. Et ça pose aussi la question de l’humour en musique, ce qui change complètement le ton du concert.</p>
<p><strong>Le concert s’organise autour du Carnaval de Vienne de Schumann et de la Ballade op. 24 de Grieg</strong><strong>. Comment avez-vous choisi ces œuvres ?</strong></p>
<p>Ce sont surtout des œuvres que j’aime beaucoup et que j’ai beaucoup jouées récemment. J’ai remarqué que Grieg, et plus largement la musique nordique, ont un impact énorme sur le public. Les gens y sont très sensibles. Et puis la <em>Ballade</em> n’est pas une œuvre qu’on entend si souvent, donc j’aime aussi cette idée de faire découvrir certaines pièces. C’est une musique très évocatrice, qui traverse tout un spectre d’émotions. <em>Le Carnaval de Vienne</em>, lui, est peut-être plus populaire, plus enjoué aussi. C’est une œuvre pleine de vitalité.</p>
<p><strong>Donc si tout se passe bien… ce sera un moment joyeux.</strong></p>
<p>Si tout se passe bien… oui !</p>
<p><strong>Dans ce genre de concert improvisé, est-ce qu’il y a toujours une peur de ne pas être inspiré ? Une part de risque que vous appréciez aussi ?</strong></p>
<p>De peur, jamais. Dans le répertoire il peut y avoir cette peur très naturelle du trou de mémoire… tout ce qui crée le trac avant d’entrer sur scène, le bon trac d’ailleurs, celui qui permet d’être concentré. Mais dans l’improvisation, quoi qu’il arrive, je reste seul maître à bord. Il n’y a pas de fausses notes, pas de trou de mémoire. Si je fais quelque chose qui ne sonne pas bien, je peux toujours développer cette idée, et dans la réalité personne ne peut savoir que ce n’était pas intentionnel. C’est un peu comme un jeu : quand on maîtrise l’improvisation, il y a des filets de sécurité partout.</p>
<p>Après, la question du risque est très importante justement pour éviter de s’enfermer dans quelque chose de répétitif. Le danger, quand on maîtrise l’improvisation, c’est de refaire toujours les mêmes choses, de savoir ce que le public aime et de limiter inconsciemment sa créativité. Ce qui m’intéresse, et ce qui me semble être le cœur du travail, c’est justement de pousser les curseurs de la curiosité et d’aller vers des choses qu’on ne maîtrise pas totalement. C’est là que réside la prise de risque. Et finalement, ça se termine toujours bien parce qu’on connaît quand même ses propres limites. Je peux me dire, par exemple : “Qu’est-ce que ça donne si je fais une samba à cinq temps uniquement avec la main gauche ?” Ce genre de contraintes m’intéresse parce que ça m’empêche de me répéter.</p>
<p><strong>Là, on parle très concrètement de moyens d’augmenter cette prise de risque, notamment en se donnant des contraintes. Est-ce qu’il y a d’autres choses que vous faites ? Écouter d’autres compositeurs, par exemple ?</strong></p>
<p>Oui, tout à fait. Mais la curiosité est à la fois musicale et extra-musicale. Je peux aussi me forcer à improviser dans un état extrêmement apaisé, par exemple, ou développer des techniques très physiques. Et puis, au-delà de la musique, s’ouvrir à ce qu’il y a autour de nous reste toujours la source de la créativité. Par exemple, je ne maîtrise pas du tout les rythmes indiens, et justement il faut parfois se plonger dans des réalités qu’on ne connaît pas. C’est ça, la culture au fond.</p>
<p><strong>Vous allez jouer dans la salle Davel à Cully, à proximité des vignes et du lac. Est-ce que les lieux influencent votre état d’esprit ?</strong></p>
<p>Oui, énormément. On entretient tous un rapport particulier aux lieux. Quand on arrive pour un concert, on entre dans un espace qui n’est pas notre quotidien, et les lieux produisent des émotions différentes. Cela finit forcément par se ressentir sur scène. C’est ce qui est intéressant : aucun endroit ne se ressemble vraiment, et cela influence aussi l’humeur dans laquelle on joue.</p>
<p><strong>C’est vrai, d’autant que le Lavaux semble particulièrement propice à l’inspiration. J’espère qu’il vous portera chance. J’ai une dernière question : vous êtes très présent sur les réseaux sociaux et vous créez vous-même des contenus autour de votre musique. Est-ce que cela vous est venu naturellement ou est-ce devenu un passage obligé pour les artistes ?</strong></p>
<p>Un peu les deux. Au départ, ce n’était pas naturel pour moi, mais ça l’est devenu avec le temps, même si ce n’est pas mon métier à la base et que j’aimerais parfois en faire un peu moins parce que cela prend énormément de temps. Malgré tout, c’est devenu important. Et puis cela permet de partager ce qu’on aime avec des gens qui ont envie de le recevoir. Finalement, c’est la même relation entre l’artiste et le public, simplement sous une forme dématérialisée.</p>
<p>***</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;">Samedi 20 juin à 20h30<br />Salle Davel, Cully<br /><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://www.lavauxclassic.ch/concert/20-06-2026-jean-baptiste-doulcet-20h-salle-davel-cully-vrai-2026/" target="_blank" rel="noopener nofollow">lavauxclassic.ch</a></span></p>								</div>
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		<title>Duo Transfiguration : une musique vivante, entre scène et public</title>
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		<dc:creator><![CDATA[blogcom]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 May 2026 16:59:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Classique et opéra]]></category>
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					<description><![CDATA[Le Duo Transfiguration, formé par la soprano Valentina Merlo et le pianiste Jean Hiron, propose un voyage musical entre racines [&#8230;]]]></description>
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									<p><strong>Le Duo Transfiguration, formé par la soprano Valentina Merlo et le pianiste Jean Hiron, propose un voyage musical entre racines argentines et influences andalouses. À travers Ginastera, De Falla, Guastavino et des musiques populaires sud-américaines issues de leur album Raíces, ils tissent un parcours entre musique classique et répertoire populaire, placé sous le signe du partage.</strong></p>
<p><!-- /wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --></p>
<p>Le 20 juin, dans le cadre du festival Lavaux Classic, ils vous invitent à découvrir leur univers dans le cadre poétique des Jardins du Domaine Potterat. L’occasion pour L’Agenda d’aller à la rencontre du duo d’artistes.</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;">Samedi 20 juin à 16h30<br />Jardins du Domaine Potterat, Cully<br /><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://www.lavauxclassic.ch/concert/20-06-2026-off-concert-duo-amerique-latine/" target="_blank" rel="noopener nofollow">lavauxclassic.ch</a></span></p>								</div>
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									<p><!-- wp:paragraph --></p>
<p>Propos recueillis par Marie-Sophie Péclard<br />Photo: Duo Transfiguration © Stefano Arena</p>
<p><strong>Comment vous êtes-vous rencontrés et comment est née l’idée de créer un duo ?</strong></p>
<p><strong>Valentina Merlo :</strong> Par l’amour ! Fin 2022, j’ai participé à la demi-finale du concours de chant Kattenburg et Jean était là pour tourner les pages. À la fin du concert, il est venu me dire qu’il avait aimé ce que j’avais partagé avec le public. Nous avons ensuite eu envie de créer un duo pour pouvoir faire de la musique comme nous aimons.</p>
<p><strong>Vous êtes tous les deux déjà engagés sur plusieurs projets musicaux. Est-il facile de tout concilier ?</strong></p>
<p><strong>Jean Hiron :</strong> En fait, ça s’est fait assez naturellement, ce sont les opportunités qui ont fait que nous nous sommes lancés ensemble. Il y a eu le concours Lavaux Classic, dans le cadre duquel on avait présenté le projet et à la suite duquel on nous a proposé des concerts. Le duo s’est aussi construit autour de ça.</p>
<p><strong>Le festival a donc une place importante dans votre histoire ?</strong></p>
<p><strong>J.H.:</strong> Oui, c’est par exemple de là que vient notre nom. Nous avions proposé pour le concours le parcours d’un personnage traversé par différentes émotions. Quand il a fallu trouver un nom pour les Concerts du Cœur avec lesquels on travaille beaucoup, on a fait le lien parce notre objectif est de faire vivre aux gens un moment qui leur permette de transfigurer quelque chose en eux.</p>
<p><strong>Qu’entendez-vous par « Transfiguration » ?</strong></p>
<p><strong> J.H.</strong> : Il y a le voyage intérieur : permettre au public d’être traversé par des émotions que l’on propose musicalement, et que chacun reçoit différemment. Mais il y aussi le partage extérieur, on est souvent amené à faire chanter les gens ensemble. On apporte parfois des musiques qu’ils ne connaissent pas, mais aussi des morceaux familiers, parce qu’on trouve important de créer cette connexion. L’idée, c’est surtout de se mettre au service des gens.</p>
<p><strong>V.M.</strong> : Pour moi, cela fonctionne beaucoup de manière instinctive. Bien sûr, quand on prépare un concert, il y a un répertoire, une idée principale, une histoire que l’on veut raconter. Mais ensuite, beaucoup de choses se passent dans l’intuition. Je me déplace beaucoup dans la salle, je vais vers les gens et peux ressentir l’état est le public : est-ce que je peux les inviter à chanter avec moi, à applaudir, à faire des rythmes, parfois même à danser ? Ou est-ce qu’au contraire c’est un public plus calme, plus dans l’écoute ? Il y a toujours une ligne générale, mais il peut aussi se passer des choses magnifiques et spontanées.</p>
<p><strong>J.H. :</strong> Après, cela dépend aussi du cadre. Pour le concert que nous jouerons au Lavaux Classic, il y a un programme établi. Mais pour d’autres concerts, notamment ceux du Cœur, on peut modifier le déroulé, ajouter une chanson plus entraînante que les gens connaissent afin de les reconnecter… C’est un équilibre qui dépend vraiment du public.</p>
<p><strong>V.M.</strong> : C’était aussi l’une des idées de notre duo. Souvent, dans nos autres projets, nous acceptons un répertoire déjà défini. Ici, il s’agit vraiment de créer notre propre univers et de le partager avec les autres. C’est pour cela qu’on a choisi beaucoup de répertoire argentin, de musique latino-américaine, mais aussi des chansons françaises. Le duo nous offre l’opportunité de créer nos propres spectacles, ainsi qu’une grande liberté.</p>
<p><strong>Ça vous permet aussi d’expérimenter des choses que vous ne pourriez pas faire dans des projets plus cadrés ?</strong></p>
<p><strong>V.M</strong> : Exactement, et c’est génial. J’aime explorer différentes façons de transmettre, pas seulement dans un format établi, comme on l’a appris dans le classique. Je pense qu’on a tous davantage besoin de connexion avec les autres, et j’ai la sensation que les artistes essaient de se rapprocher du public, ou de mélanger les styles pour être plus en phase avec notre époque.</p>
<p><strong>J.H.</strong> : Je rebondis sur cette idée d’expérimentation : Valentina compose aussi, et ce duo est l’occasion de partager ses chansons, ce qu’on n’aurait probablement pas pu faire dans une production extérieure.</p>
<p><strong>Est-ce que vous vous rappelez d’un concert ou d’un moment qui vous a particulièrement touchés ?</strong></p>
<p><strong>V.M.: </strong>Oui… plusieurs… Un qui me revient : un concert au temple d’Échallens, vraiment magnifique. Il y avait tellement de joie, le public était très attentif, tout le monde chantait avec nous… C’était un vrai moment de communion.</p>
<p><strong>J.H.</strong> : En réalité, tous les concerts qu’on fait avec les Concerts du Cœur sont spéciaux. Souvent, on vient nous dire après le concert : « C’est drôle, cette personne ne parle jamais à personne, elle est très fermée… et là, on l’a vue sourire, chanter… » Ce sont des moments très marquants. Le fait d’apporter quelque chose à des gens qui en ont besoin donne vraiment une raison d’être à notre travail. Il y a aussi un rôle social important dans la musique.</p>
<p><strong>Comment avez-vous commencé la musique ? </strong></p>
<p><strong>J</strong><b>.H. :</b> On a tous les deux un peu la même structure familiale. Mes parents (ma mère est musicienne, mon père vétérinaire) se sont rencontrés au cours de solfège. La musique a toujours été présente, et surtout l’idée que c’était possible d’en faire un métier. Depuis tout petit, j’avais prévu de faire ça. J’ai quand même eu une période de doute pendant mon bachelor. Je me suis demandé pourquoi j&rsquo;avais choisi de me spécialiser dans le piano et non le cor, mon premier instrument, qui est plus collectif et peut-être plus spontané. J’ai aussi traversé une remise en question parce que je ne jouais que des programmes classiques déjà établis, c’était trop d’exigences techniques et physiques sans qu’il y ait vraiment de sens derrière. On peut avoir une grande exigence technique, mais s’il n’y a pas de sens, le corps finit par se demander pourquoi il fait tout ça. J’ai eu des tendinites, j’ai donc été obligé de faire une pause, et je me suis rendu compte que ce que j’aimais profondément, c’était expliquer et transmettre la musique. Aujourd’hui, je le fais lorsque je vais en France et revêt ma casquette de professeur de Formation Musicale, et je suis désormais très heureux d&rsquo;avoir choisi le piano, parce que cela permet justement une forme d’itinérance médiatrice, même si cela implique un peu de logistique.</p>
<p><strong>V.M. </strong>: Mes parents sont chanteurs d’opéra et j’ai reçu une éducation musicale très jeune. Mais la musique faisait aussi partie du quotidien : en Argentine, dans mon entourage, tout le monde chante, dans les fêtes en famille, avec les amis… La musique a toujours été un chemin de partage, c’est aussi elle qui m’a amenée en Europe. Je me suis aussi beaucoup interrogée lorsque j’étudiais au théâtre Colón, à Buenos Aires. J’y suis restée un an et demi avant de partir. C’était une exigence qui se matérialisait par beaucoup de pression, et je voulais faire de la musique classique d’une autre manière. C’est justement cet équilibre que je trouve aujourd’hui avec ce duo : il y a la musique classique, mais aussi la musique populaire. Je me donne aussi la permission de composer, de créer de petits scénarios, de faire autre chose que simplement chanter dans un cadre classique.</p>
<p><strong>Revenons au programme que vous allez présenter pour le concert du Lavaux Classic.  Vous avez choisi de puiser dans le répertoire populaire argentin, pour quelles raisons ?</strong></p>
<p><strong>J.H.</strong> :  Ce sont des cycles que nous avions déjà travaillés, notamment dans le cadre de mon master en accompagnement. J’ai ensuite reçu un prix de la Fondation Leenaards qui nous a permis d’enregistrer un disque qui devrait sortir à la fin de l’année. Ce concert reprend le programme du CD, dans son ordre original.  Le cycle <em>Edad del Asombro</em> de Guastavino est à l’origine écrit pour chœur d’enfants, Valentina le chantait déjà quand elle était petite. C’est presque un classique des chœurs d’enfants là-bas. L’idée était donc d’en proposer un nouvel enregistrement, différent de ce qui existe déjà, et surtout de défendre cette musique que nous trouvons extrêmement poétique et magnifique.</p>
<p><strong> V.M.</strong> : Ce que je trouve très beau chez Carlos Guastavino, c’est la simplicité de sa musique, et surtout la poésie de ces pièces. Elles parlent de la vie d’un enfant, de sa découverte du monde, et je trouve cela profondément beau. Même ici, les gens réagissent très bien à ce répertoire. Même sans comprendre l’espagnol, il y a une simplicité dans la musique qui fait que tout le monde peut y entrer. Après tout, nous avons tous été enfants. Cela nous amène aussi à nous demander comment retrouver cette innocence dans notre quotidien.</p>
<p><strong>J.H.</strong> : Oui, retrouver cette innocence, cela rejoint complètement l’idée de transfiguration. Et ce qui est intéressant, c’est que ces textes sont d’une très grande simplicité dans leur expression artistique, mais en même temps l’écriture est remarquable. Il y a vraiment plusieurs niveaux de lecture, et c’est ce qu’on aime dans ces pièces : elles parlent à des publics très différents. C’est aussi le cas chez Ginastera : ce sont des chansons populaires, donc on garde cette dimension très accessible. Mais son écriture reste extrêmement reconnaissable. Ceux qui veulent aller dans l’analyse musicale peuvent le faire, mais ceux qui veulent simplement se laisser porter peuvent aussi profiter pleinement de la musique.</p>
<p><strong>V.M.</strong> : Je crois que la musique latino-américaine a une force particulière. Comme la musique andalouse ou espagnole, que j’aime aussi beaucoup interpréter, elle a quelque chose de très terrestre, de très incarné. Elle invite à se laisser porter par les émotions.</p>
<p><strong>J.H. </strong>: Et puis, dans le cadre de cette journée complète du 20 juin, le fait de terminer avec des chansons populaires permet aussi de faire le lien avec la suite du off, qui sera également autour d’un projet sud-américain. C’était l’idée de Martin Jollet : commencer avec un concert plus classique et aller progressivement vers quelque chose de plus populaire dans la soirée. Tout cela a vraiment été pensé comme un ensemble.</p>
<p><strong>Dans la programmation du festival, est-ce qu’il y a des concerts que vous avez prévu d’aller voir ? </strong></p>
<p><strong>V.M</strong> : On ira justement voir Dominique Hunziker et Jacinta Balbontin Odi, qui jouent après nous, elles sont fantastiques. Mais personnellement, avant un concert, j’aime rester concentrée. Je ne peux pas écouter trop de choses.</p>
<p><strong>J.H </strong>: C’est aussi quelque chose qui évolue avec le temps. Quand j’étais adolescent ou jeune adulte, il fallait absolument que je sois entouré de monde et que je pense à autre chose avant un concert. Maintenant, c’est devenu presque un processus sportif.</p>
<p><strong>Vous avez des rituels?</strong></p>
<p><strong>J.H.: </strong>Moi, j’aime bien tout rejouer lentement. Et surtout prendre le temps d’être présent, pour pouvoir tout donner au moment du concert. Quand on est jeune, on n’a pas toujours cette possibilité, il y a beaucoup d’exigences et de contraintes. Alors que lorsqu’on peut consacrer ne serait-ce que deux jours entiers à un concert, c’est un vrai luxe.</p>
<p>***</p>
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									<p style="text-align: right;">Samedi 20 juin à 16h30<br />Jardins du Domaine Potterat, Cully<br /><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://www.lavauxclassic.ch/concert/20-06-2026-off-concert-duo-amerique-latine/" target="_blank" rel="noopener nofollow">lavauxclassic.ch</a></span></p>								</div>
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		<title>« Vos idées ont de la valeur » : les artistes à la rencontre des élèves</title>
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		<pubDate>Wed, 20 May 2026 08:59:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Robin Girod, Eriah, La Gale, Greis, La Nefera ou encore DOM LAMPA investissent les établissements du secondaire afin de sensibiliser [&#8230;]]]></description>
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<p><strong>Robin Girod,</strong> <strong>Eriah, La Gale, Greis, La Nefera ou encore DOM LAMPA investissent les établissements du secondaire afin de sensibiliser les élèves au droit d’auteur. À travers des ateliers interactifs, le projet <em>respect ©opyright !</em> illustre en musique les enjeux de la propriété intellectuelle, tout en faisant découvrir aux jeunes les coulisses de la production musicale suisse. Au total, près de 500 écoles à travers la confédération ont déjà accueilli ces introductions interactives et gratuites.</strong></p>

<p>Sujet : Eugénie Rousak</p>
<p>Qu’est-ce que la propriété intellectuelle ? Qu’est-ce qu’une œuvre ? Qui en est l’auteur ? Autant de questions auxquelles les élèves du secondaire sont invité∙e∙s à réfléchir durant les ateliers <em>respect ©opyright ! </em>Pour les accompagner dans ces échanges, un duo, composé d’un·e artiste suisse et d’un·e modérateur·rice, spécialisé·e sur les aspects légaux. « La théorie du droit d’auteur est, il faut l’admettre, une matière juridique assez abstraite et parfois sèche. Lorsqu’un artiste actuellement actif sur la scène musicale suisse explique concrètement les impacts sur sa vie, ses concerts et son parcours, la thématique devient immédiatement plus tangible et compréhensible », explique Brigitte Meier, coordinatrice du projet <em>respect ©opyright !</em>.</p>
<p><strong>Un projet né avec l’explosion du téléchargement</strong></p>
<p>« À partir des années 2000, la musique a pu être consommée par téléchargement. Pour la première fois, le droit d’auteur a ainsi été contourné à grande échelle. L’idée de cette initiative est née sous l’impulsion de Roy Oppenheim de la SUISA, avant d’être soutenue par cinq institutions, <a href="https://www.suisa.ch/fr/" target="_blank" rel="noopener nofollow">SUISA</a>, <a href="https://www.suissimage.ch/fr/" target="_blank" rel="noopener nofollow">Suissimage</a>, <a href="https://ssa.ch/fr/" target="_blank" rel="noopener nofollow">SSA</a>, <a href="https://prolitteris.ch/fr/" target="_blank" rel="noopener nofollow">ProLitteris</a> et <a href="https://www.swissperform.ch/fr/" target="_blank" rel="noopener nofollow">SWISSPERFORM</a>, qui se sont accordées sur l’urgence d’agir face aux bouleversements liés au numérique », se rappelle Brigitte Meier. Depuis son lancement en 2006, <em>respect ©opyright ! </em>est ainsi déjà intervenu auprès de 60 000 élèves dans environ 500 écoles à travers la Suisse.</p>
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							<img loading="lazy" decoding="async" width="375" height="500" src="https://www.l-agenda.ch/wp-content/uploads/2026/05/Atelier-Respect-Copyright-a-Neuchatel-375x500.jpg" class="attachment-large size-large wp-image-275334" alt="Atelier Respect Copyright à Neuchâtel" srcset="https://www.l-agenda.ch/wp-content/uploads/2026/05/Atelier-Respect-Copyright-a-Neuchatel-375x500.jpg 375w, https://www.l-agenda.ch/wp-content/uploads/2026/05/Atelier-Respect-Copyright-a-Neuchatel-225x300.jpg 225w, https://www.l-agenda.ch/wp-content/uploads/2026/05/Atelier-Respect-Copyright-a-Neuchatel-rotated.jpg 750w" sizes="(max-width: 375px) 100vw, 375px" />								</a>
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									<p style="text-align: right;"><em>Atelier Respect Copyright à Neuchâtel.</em><br /><em>Haut de page: Atelier Respect Copyright à Fribourg </em></p>								</div>
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									<p>Le choix de se concentrer sur les établissements du secondaire n’est d’ailleurs pas anodin. Les jeunes de 12 à 16 ans commencent à être à la fois consommateurs et producteurs de contenus, comme la musique, les textes, les photos ou les vidéos. Ainsi, ils sont concernés aussi bien par les règles qui protègent les artistes qu’ils aiment et suivent, que par les droits sur leurs propres créations. « Durant les ateliers, j’explique aux nouvelles générations que leurs pensées, leurs idées et leurs démarches ont une valeur. Ce n’est pas forcément une valeur financière, mais en tout cas une existence qui mérite d’être défendue et protégée », explique Robin Girod, producteur et compositeur actif sur la scène musicale depuis plus de 20 ans. Fondateur du groupe Bandit Voyage et à la tête du label Cheptel Records, il compte plus d’une centaine d’albums à son actif.</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><em>Robin Girod ©Mehdi Benkler</em></p>								</div>
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									<p><strong>Le déroulement des ateliers</strong></p>
<p>L’objectif du projet <em>respect ©opyright !</em> est de donner un aperçu des bases du droit d’auteur aux élèves d’une façon ludique et interactive. Durant une heure, l’artiste et le spécialiste juridique se partagent la scène pour aborder à la fois les notions théoriques et leurs implications pratiques. La propriété intellectuelle est par exemple comparée à la propriété matérielle, illustrée par un cartable et les droits des élèves dessus. L’auteur, quant à lui, est défini comme étant « toujours, toujours, toujours un être humain, ni un groupe, ni un animal, ni une intelligence artificielle » précise Brigitte Meier. Pour aborder le sujet de l’œuvre, quoi de mieux que de la créer ? Pour renforcer le côté immersif, les jeunes sont ainsi accompagné∙e∙s par l’artiste dans l’écriture collective des paroles d’une chanson.</p>
<p>« Cette partie interactive permet de rappeler que la musique ne s’apprend pas exclusivement dans des institutions académiques, elle est partout et tout le monde a le droit de chanter et de composer », explique le musicien avant d’évoquer un souvenir d’un atelier mené à Onex : « J’étais avec ma guitare, on chantait dans les gradins. Il y avait quelque chose de très fort dans le fait de se rappeler que la musique est un besoin collectif, profondément ancré dans nos vies. »</p>
<p>Si le projet a vu le jour à l’ère de l’explosion des téléchargements, les pratiques ont depuis profondément évolué. La généralisation des plateformes comme YouTube, Spotify ou encore Netflix ont profondément redéfini les habitudes d’utilisation et les modèles de travail des artistes. Dans ce paysage aujourd’hui dominé par le steaming, le nouveau virage est celui de l’intelligence artificielle, qui suscite encore plus d’interrogations sur l’usage des œuvres existantes et la reconnaissance du travail.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong><a href="https://respectcopyright.ch/fr/" rel="nofollow noopener" target="_blank">respectcopyright.ch</a></strong></span></p>								</div>
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		<title>Une armée de geeks prend d’assaut Grandson et Morat pour y faire de l’opéra</title>
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		<dc:creator><![CDATA[blogcom]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 May 2026 09:50:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Classique et opéra]]></category>
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<p><strong>C’est un grand projet qui se trame depuis plus de trois ans déjà, et qui touche désormais au but. La production originale <em>Charles l’Opéra</em>, portée par des amoureux fous d’Histoire et d’arts vivants, réunira une soixantaine de personnes sur scène du 23 mai au 14 juin à Grandson puis du 16 juillet au 23 août à Morat. Chanteur·euse·s lyriques, comédien·ne·s et instrumentistes mais aussi choristes amateur·ice·s de tous âges racontent un épisode souvent méconnu de l’Histoire suisse : les défaites, il y a 550 ans, de Charles le Téméraire contre les Confédérés aux châteaux de Grandson et de Morat.</strong></p>

<p>Texte et propos recueillis par Katia Meylan</p>

<p>1,8 million de budget et 130 personnes qui ne comptent plus leurs heures depuis trois ans, plusieurs mois, ou quelques semaines pour les dernier·ère·s à avoir rejoint le projet, porté par l’association <a href="https://www.lumencanor.net/" target="_blank" rel="noopener nofollow">Lumen Canor</a>. C’est en 2021, après avoir accueilli leur création opératique autour de la figure de Jehanne d’Arc, que Camille Verdier, directeur du Château de Grandson, propose à la compagnie de s’attaquer cette fois à Charles le Téméraire, duc de Bourgogne défait à Grandson et Morat en 1476.</p>
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																<a href="https://www.l-agenda.ch/wp-content/uploads/2026/05/RKovacs_04.jpeg" data-elementor-open-lightbox="yes" data-elementor-lightbox-title="Robert Kovacs" data-e-action-hash="#elementor-action%3Aaction%3Dlightbox%26settings%3DeyJpZCI6Mjc1MTMyLCJ1cmwiOiJodHRwczpcL1wvd3d3LmwtYWdlbmRhLmNoXC93cC1jb250ZW50XC91cGxvYWRzXC8yMDI2XC8wNVwvUktvdmFjc18wNC5qcGVnIn0%3D">
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									<p style="text-align: right;"><em>Photos : Robert Kovacs</em></p>								</div>
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									<p><strong>Immersion dans l’Histoire </strong></p>
<p>« La consigne qui nous a été donnée : faire un <em>Game of Thrones</em> version romande ! », résume malicieusement Jimena Marazzi, chef de projet et compositrice. Les scènes de sexe en moins, les recherches historiques en plus, et surtout, une capacité à nous impliquer émotionnellement dans les enjeux des personnages. Mission acceptée ! Cette bande de véritables passionné∙e∙s s’est donc lancée corps et âme dans des recherches sur le 15<sup>e </sup>siècle, non sans l’aide de quelques spécialistes. Notamment, Estelle Doudet, professeure à la Section de français à l’Université de Lausanne, co-autrice de l’ouvrage <em>« Les guerres de Bourgogne. Mémoires et commémorations en Suisse (1476-2026) »</em>, et Hervé Mouillebouche, chercheur en histoire médiévale à l&rsquo;Université de Bourgogne à Dijon et spécialiste de la Bourgogne médiévale. Faire de ce pan de l’Histoire suisse une œuvre épique, oui, la fictionnaliser un peu, d’accord, mais pas n’importe comment !</p>
<p>L’équipe témoigne que leurs recherches l’a menée à quelques surprises. « Charles est souvent considéré comme le téméraire conquérant vaincu à Morat par les Suisses, mais la réalité semble avoir été plus subtile… De qui a-t-il été l’ennemi, de qui a-t-il été le défenseur ? C’est cette recherche de nuances qui nous a guidés dans l’écriture », précisent Grégory Thonney, scénariste et Mélanie Carrel, librettiste et metteuse en scène.</p>
<p><strong>Mise en scène et musique</strong></p>
<p>Inspiré·e·s par l’opportunité de jouer sur les lieux mêmes des faits, Grégory et Mélanie ont cherché dans leur travail à « incarner la mémoire des événements ». En écrivant, notamment, plusieurs pages de <em>background </em>pour chacun des personnages, en leur faisant parfois dire des citations authentiques trouvées dans des sources. Afin de mieux immerger les spectateur·ice·s dans le contexte de l’époque, des personnages, quidams, bouffons ou drapières ayant tous leurs propres buts et histoires, interagiront avec le public avant le début du spectacle et durant l’entracte. Ainsi, des petites scènes spontanées prendront vie ça et là, offrant tantôt une petite clé de compréhension, tantôt une anecdote historique, venant enrichir le récit principal en s’insérant dans toutes ses parenthèses.</p>								</div>
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									<p>Tout comme Grégory Thonney et Mélanie Carrel ont renoncé à faire parler les personnages dans la langue du 15<sup>e</sup> siècle pour des questions de compréhension (les dialogues seront en français et en allemand), Jimena Marazzi a elle aussi pris le parti de ne pas faire de la reconstitution. « Les codes musicaux de l’époque sont très différents de ceux d’aujourd’hui, et n’auraient pas forcément fait passer les émotions escomptées », explique-t-elle. Ses compositions font donc cohabiter « certaines pépites authentiques du répertoire de l’époque » avec de la musique contemporaine et, la plupart du temps, « une musique à l’ambiance médiévale au service de la narration et de l’émotion, dont les codes s’inspirent de la musique de films ».</p>
<p><strong>Les costumes – une visite dans la tanière d’Alice Concordel</strong></p>
<p>Un des choix de l’équipe artistique a été de consacrer un soin particulier aux costumes. Ainsi, robes, tuniques, gambisons, armures, chapeaux, bourses, et autres 400 œillets cousus main sont réalisés par trois costumières et un accessoiriste à l’<a href="https://www.instagram.com/ateliers.reynart/" target="_blank" rel="noopener nofollow">atelier Reyn’art</a> à Etoy, sous la responsabilité d’Alice Concordel, qui nous y a reçu il y a quelque jours.</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><em>Alice Concordel à son atelier Reyn&rsquo;Art à Etoy.<br /></em><em>Photo: Katia Meylan</em></p>								</div>
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									<p>Là aussi, le souhait était d’être au plus près de la réalité. Au sujet de ses sources, Alice Concordel est volubile – cela fait plusieurs mois qu’elle vit pratiquement au 15<sup>e</sup> siècle ! Comment la mode circulait à cette époque, pourquoi sont apparus les crevés, quelles teintures étaient onéreuses ou accessibles au peuple, qui portait ou non une « dague à couilles », elle peut vous le dire. « Objectivement je n’avais pas besoin de faire autant de recherches. Mais ça me passionne, alors je suis au taquet ! », s’enthousiasme-t-elle. La jeune femme, formée en tant que costumière à l’École de couture de Fribourg, admet que jamais avant <em>Chales l’Opéra</em> elle n’avait aussi pleinement eu le temps et le budget pour appliquer les processus appris en cours de dramaturgie : la découpe des scènes, l’analyse de chaque personnage, de son histoire et de ses buts, de ses divers environnements et changements, puis la recherche approfondie pour qu’à ses vêtements il soit immédiatement identifiable par le public. « J’ai beaucoup travaillé à l’opéra et c’est différent, car quand le premier rang est à plusieurs mètres de la scène, on a moins besoin de travailler les détails. Là, le public sera si proche qu’il pourra compter les poils de nez ! » rit-elle.</p>
<p>Alice Concordel nous raconte avoir rassemblé un maximum d’informations auprès de connaissances faisant de la reconstitution historique et de son assistante, Mathilde Marconi, qui au travers de ses études à la STA de Lugano avait accès à d’immenses volumes de sources primaires pour chaque époque. Son énergie créative a fait le reste : « Je n’ai pas voulu enfoncer des portes ouvertes en reprenant ce qui est déjà fait partout dans l’imaginaire médiéval. J’ai essayé d’autres choses qui m’ont interpelées, moins habituelles. Et je peux justifier tous mes choix par une source ! », affirme la costumière.</p>								</div>
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									<p>La plupart des costumes sont créés à l’atelier, et les rares pièces achetées passent par une transformation. « Je connais les endroits qui vendent des costumes médiévaux, il n’y a pas beaucoup de choix, on est vite limité. Par exemple, je n’ai trouvé que trois sortes de gambison, [<em>ndlr, le vêtement matelassé épais porté sous l’armure</em>] : noir, blanc, ou rouge pétant. Déjà, la couleur ne me semblait pas réaliste, ni le fait que les soldats auraient été tous pareils. Les soldats confédérés, on leur donnait un casque et c’est tout ; après, c’était à eux de se débrouiller avec leur mère, leur tante ou leur sœur pour qu’elle leur couse quelque chose ! » raconte Alice, allant et venant dans son atelier pour nous montrer les différents gambisons. « Comme c’est vraiment très long à faire, j’en ai acheté quelques-uns pour les teindre, en ai emprunté d’autres à des ami·e·s rôlistes ou médiévistes. Et le Général Bourguignon, qui est trop grand pour entrer dans les gambisons qu’on a trouvés, en aura un fait à la main ! »</p>
<p>Tout comme certaines pièces ont été acquises lors d’une vente publique de costumes du Grand Théâtre de Genève ou empruntées dans son réseau, certaines seront revendues après le spectacle. Si l’atelier Reyn’art a pu investir beaucoup dans les costumes, c’est aussi car Alice sait qu’ils trouveront très probablement preneur·euse dans la communauté par la suite. Une optique d’économie circulaire qui lui importe beaucoup : « un costume peut avoir plein de vies différentes, il peut être transformé, de manteau de prince à tunique de zombie avant de devenir un chiffon ! »</p>
<p>À l’approche des représentations, la costumière arrive dans la dernière ligne droite. Mais son travail ne se terminera pas à la première le 23 mai ! Car Alice s’est vu attribuer, en marge du spectacle, un personnage de drapière… vous aurez peut-être l’occasion de la croiser et d’entendre son histoire dans la cour du château !</p>
<p><strong>Charles L&rsquo;Opéra – Du hardi au téméraire<br /></strong>&#8211; Du 23 mai au 14 juin 2026<br />Château de Grandson (VD)<strong><br />&#8211; </strong>Du 16 juillet au 23 août 2026<br />Château de Villars-les-Moines (FR)<br /><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://www.charles-opera.ch/" target="_blank" rel="noopener nofollow">www.charles-opera.ch</a></span> <br /><br /><br /></p>								</div>
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		<title>Redécouvrir la Fondation Martin Bodmer dès le 18 septembre 2026 !</title>
		<link>https://www.l-agenda.ch/reouverture-fondation-martin-bodmer-2026/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[blogcom]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 May 2026 15:06:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Exposition]]></category>
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					<description><![CDATA[La Fondation Martin Bodmer rouvrira en septembre 2026 sur une nouvelle exposition permanente. 80% de ce qui sera donné à [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="275104" class="elementor elementor-275104" data-elementor-settings="{&quot;ha_cmc_init_switcher&quot;:&quot;no&quot;}">
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<p><strong>La Fondation Martin Bodmer rouvrira en septembre 2026 sur une nouvelle exposition permanente. 80% de ce qui sera donné à voir au public n’a encore jamais été exposé : cela donne une idée de la richesse de la collection de l’institution, classée UNESCO depuis 2015.</strong></p>

<p>Texte et propos recueillis par Katia Meylan, lors de la conférence de presse du 30 avril 2026</p>

<p>Si on devait faire une shortlist de nos chouchous à L’Agenda, la Fondation Martin Bodmer y figurerait incontestablement ! Nous avons toujours suivi de près ou de loin l’activité de ce musée du livre niché en surplomb du lac Léman à Cologny, et l’on peut dire que l’institution nous rend cette amitié, nous ayant maintes fois prêté ses œuvres pour nos couvertures du temps du magazine papier. </p>
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									<p>L&rsquo;Agenda 78<br /><em>Uniques</em><br />10.2018 &#8211; 08.2019</p>								</div>
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									<p>L&rsquo;Agenda 87<br /><em>Masques et théâtre</em><br />10.2020 &#8211; 04.2021</p>								</div>
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									<p>Alors, quand en ce printemps 2026 la Fondation Martin Bodmer annonce sa réouverture pour septembre, nous partageons sa liesse !</p>
<p>Le Professeur Jacques Berchtold l’affirme de but en blanc : voir approcher la fin des travaux, après presque trois ans de fermeture, fait du bien au moral ! Lors de son entrée en fonction en février 2014, le directeur la Fondation était sûrement loin de s’imaginer que lui et son équipe se retrouveraient, par la force des choses, à être incollables sur les matériaux d’isolation, la vitrerie ou encore l’initiative populaire fédérale pour l’inclusion. Et pourtant ! À les entendre nous en parler avec force détail et intérêt, toutes et tous semblent s’être beaucoup investi∙e∙s dans ces travaux de transformation, qui promettent d’ouvrir leur Fondation sur le monde.</p>
<p><strong>Non-initié∙e∙s bienvenu∙e∙s</strong></p>
<p>En effet, si, dans les années 1940, Martin Bodmer avait acquis cette bâtisse colognote du 18<sup>e</sup> siècle, c’était bien « pour y loger non pas sa famille, mais ses livres », relève le vice-directeur Nicolas Ducimetière. Plutôt sombres, exiguës et mal isolées, les pièces de cette bibliothèque étaient résolument destinées à préserver des ouvrages plutôt qu’à accueillir du public. Le 24 septembre 1998, un article publié par Le Temps débutait d’ailleurs par ces mots : <em>« Qui connaît l&rsquo;existence de la Bibliotheca Bodmeriana, l&rsquo;une des plus riches bibliothèques privées de la planète, sise à Cologny, faubourg chic de Genève? Hormis le cercle restreint des chercheurs et des bibliophiles avertis, très peu de monde assurément ». </em>En 2003 la <em>Bibliotheca Bodmeriana</em> se transformait, grâce à des travaux d’architecture confiés à Mario Botta, en un musée public. Toutefois, pendant de nombreuses années, le lieu a continué à n’être fréquenté que par les érudit∙e∙s. Jacques Berchtold confirme, avec franchise  : « Il y a encore quinze ans, la médiation ne nous concernait pas du tout. Qui n’avait pas les clés pour comprendre ce qu’il voyait n’avait rien à faire là, en somme ».</p>
<p>Aujourd’hui, l’heure n’est plus « à la vénération des reliques », comme le formule le Conseiller d’État Thierry Apothéloz, présent pour l’occasion, « mais à l’ouverture ». La Fondation a une réelle utilité publique et tient à le prouver, non seulement par son contenu comme elle le faisait jusqu’ici, mais aussi par la forme.</p>
<p>La durabilité, le bien-être des collaborateur∙ice∙s et l’accessibilité universelle ont été les trois piliers de ce nouveau projet architectural qui touche au but, soutenu et conseillé entre autres par le Fonds Helios (Handicap : Elimination des Obstacles Sociaux).</p>
<p><strong>Littérature universelle, accessibilité universelle</strong></p>
<p>Nicolas Ducimetière souligne que, tout comme la Bodmeriana célèbre la <em>Weltlitteratur, </em>la « littérature universelle », ce même idéal d’universalité a guidé les travaux dans le but de rendre la visite accessible, confortable et attrayante au plus vaste public possible. Non seulement aux personnes en situation de handicap mais aussi, plus largement, aux allophones, aux enfants, aux personnes âgées, ou même « aux maladroit∙e∙s que nous pouvons toutes et tous être à un moment donné, et qui avaient pour mauvaise habitude de se taper la tête contre les vitres », relève avec humour Jacques Berchtold.</p>
<p>Ainsi, audio-guides en 10 langues, dispositifs numériques, glossaire interactif, parcours thématiques ou encore explications en FALC (faciles à lire et à comprendre), notamment, seront à disposition du public selon les besoins.</p>
<p>Pour certaines améliorations, il a fallu trouver le bon équilibre entre les conditions requises pour la conservation des ouvrages et le confort des visiteur∙euse∙s : des vitrines rétroéclairées pareront désormais au problème de lisibilité dans la pénombre, un tournus sera effectué entre documents originaux et facsimilés, et la durée des expositions temporaires dépendra du diagnostic des restaurateur∙ice∙s.</p>
<p><strong>Exposition permanente, expositions temporaires</strong></p>
<p>L’exposition permanente, prévue sur une durée de cinq ans, aura pour vocation de fait sortir les livres des vitrines, de raconter leurs histoires, leurs parcours, et de les faire dialoguer avec des « objets invités » prêtés par des institutions genevoises partenaires. 80% de ce qui sera donné à voir au public n’a encore jamais été exposé.</p>
<p>Sans encore trop en dévoiler – il faut laisser la surprise pour le 18 septembre ! – mentionnons seulement le fait que le public pourra découvrir une mosaïque romaine antique provenant d’Antioche, que Bodmer avait achetée à l’Université de Princeton. Jusque-là cachée sous un tapis pour des raisons de conservation, elle a été restaurée à Avenches, seul atelier de restauration de mosaïque antique de Suisse, grâce au soutien de la Fondation pour le patrimoine bâti genevois et à l’Association des Amis de la Fondation.</p>
<p>Quant à la première exposition temporaire, elle ouvrira ses portes le 18 novembre, deux mois plus tard, avec pour thème la littérature jeunesse !</p>
<p><strong>Redécouvrir</strong><br />Dès le 18 septembre 2026<br />Fondation Martin Bodmer, Cologny<br /><span style="text-decoration: underline;"><a href="http://www.fondationbodmer.ch/" target="_blank" rel="noopener nofollow">www.fondationbodmer.ch</a></span></p>
<p> </p>
<p style="text-align: right;"><em>Image de haut de page: Le Grand Livre. Photo : Justine Givry </em></p>								</div>
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		<title>ZAZA LIT Alain Claude Sulzer et Siri Hustvedt</title>
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		<dc:creator><![CDATA[blogcom]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 May 2026 07:33:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chronique]]></category>
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					<description><![CDATA[La chronique littéraire d&#8217;Isabelle Falconnier « F. comme frères », de Alain Claude Sulzer « Ghost Stories », de Siri [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="275091" class="elementor elementor-275091" data-elementor-settings="{&quot;ha_cmc_init_switcher&quot;:&quot;no&quot;}">
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									<p><strong>La chronique littéraire d&rsquo;Isabelle Falconnier</strong></p>								</div>
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									<p>C’est l’histoire d’un fantôme. Ou d’un malentendu. Ou des deux. <em>F. comme frères</em>, le nouveau roman de l’écrivain suisse Alain Claude Sulzer, raconte l’histoire de deux amis d’enfance, Frank et le narrateur. Ils sont encore nourrissons lorsque leurs parents emménagent dans le même immeuble, un jour de mai 1962, dans une ville de la Ruhr. Dès lors, ils grandissent comme des frères. Ils perdent chacun leur mère l’année de leurs 17 ans. Leur destin se séparent dès lors. Frank, poussé par un désir inextinguible de devenir un grand artiste, étudie aux Beaux-Arts puis s&rsquo;installe à New York. Le narrateur passe de l’enseignement au monde du film publicitaire. De temps en temps, Frank l’appelle depuis une cabine téléphonique de Manhattan. Il peine à devenir un artiste connu, vivote, multiplie les aventures. Au début des années 1990, c’est depuis un hôpital en Allemagne qu’il l’appelle : malade du sida, il va mourir et aimerait que son ami vienne le voir. A une époque où l&rsquo;on refusait tout contact physique avec les malades du sida, où l&rsquo;on ne leur serrait même pas la main, le narrateur reste à ses côtés au long de ses dernières semaines de vie. Un jour, après l’enterrement, une grande caisse arrive de New York : Frank l’a nommé dépositaire testamentaire de son œuvre, plus de deux cent toiles jamais exposées. Le narrateur les dépose dans son cabanon de jardin avec l&rsquo;intention, sans cesse reportée, de s&rsquo;occuper un jour de l&rsquo;héritage de son ami. Il ne le fait pas. Plus de vingt ans ont passé lorsqu’un matin, il découvre avec stupeur dans le journal la photo d’une œuvre de Frank exposée dans une galerie de Berlin avec des commentaires élogieux évoquant un génie méconnu. Et chez lui, toutes les toiles de Frank ont disparu du cabanon de jardin.</p><p><em>F. comme frères</em> a fait l’objet d’un petit scandale en Suisse alémanique avant même sa sortie : la commission culturelle bâloise a refusé son soutien au roman pour cause d’usage du mot « tsigane », décision qui a fuité dans la presse. Mais l’auteur a tenu bon, justifiant du contexte des années 60 et de l’usage du mot alors. Le mot y figure toujours. Tant mieux. Car <em>F. comme frères</em> n’est ni un livre sur le sida, ni sur l’homosexualité, ni sur l’ostracisme dont étaient, et sont toujours victimes, les tsiganes. C’est un très beau roman sur ce qui nous hante – la culpabilité, les regrets, l’amertume, la tristesse d’avoir eu peur d’on ne sait quoi. Mais aussi sur l’amitié, l’art, les décennies 1960 et 1990, si lointaines et si proches à la fois.</p><p>Une fois de plus, comme dans <em>Un garçon parfait</em> (Prix Médicis étranger 2008, Prix des auditeurs de la RSR 2009), comme dans <em>Sous la lumière des vitrines</em> ou <em>Une autre époque</em>, Alain Claude Sulzer ramène à la lumière, avec sobriété, élégance et circonspection, ce qui a été refoulé. « F. comme frères » explore la différence de perception entre deux hommes qui se sentaient frères : un pianiste traverse le roman, Marek Olsberg, personnage déjà au cœur du précédent roman de Sulzer <em>Une mesure de trop</em>, qui ici irradie les pages des notes du Nocturne no 2 de Chopin. Alors que Frank se délecte de cette musique, au point de la souhaiter à son enterrement, le narrateur n’y est absolument pas sensible, persiflant même sur son immense popularité dans les films et les publicités. Lorsqu’il découvre enfin les tableaux de Frank, il comprend que le monde familier qu’ils habitaient ensemble dans leur jeunesse n’avait pas la même saveur, la même couleur, les mêmes mystères, pour lui que pour son ami. A côté de quoi est-il passé ? Qu’est-ce qui les a éloignés ? A-t-il été lâche ? A-t-il trahi Frank en oubliant ses œuvres dans le cabanon de jardin ? Et pourquoi n’a-t-il jamais eu la curiosité de les regarder ? Par peur d’y voir quoi ? Enfin, lorsqu’il pousse la porte de la galerie de Berlin qui expose les toiles de Frank, pourquoi se reconnait-il dans ce tableau d’un jeune homme nu, solitaire, sexe en main ? La réponse, mes amis, souffle avec le vent. Du grand art.</p><p style="text-align: right;"><strong>Isabelle Falconnier</strong></p>								</div>
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									<p><em>« F. comme frères », </em>de Alain Claude Sulzer. <a href="https://www.editionsphebus.fr/catalogue/f-comme-freres/" target="_blank" rel="noopener nofollow">Phébus</a>, 160 p.</p>								</div>
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									<p><strong>PS </strong><strong>:</strong></p><p>Pour elle, ce n’est pas un roman. Siri Hustvedt a accompagné son mari Paul Auster jusqu’à son dernier souffle le 30 avril 2024. Ils étaient mariés depuis 1982. La si pudique, si réservée Siri livre cette semaine <em>Ghost Stories</em>, un journal de deuil débordant d’amour et de vie, vaste patchwork foutraque et subtil de souvenirs, notations éparses sur le vif, lettres de Siri aux amis durant les derniers mois de vie de Paul, atteint d’un cancer des poumons, lettres de Paul à son petit-fils, blagues de Paul qui les adorait, remémoration de leur jeunesse de poètes amoureux, belles réflexions de Siri sur le deuil et le couple. Elle avait l’habitude de dire à Paul, <em>tu es le cœur de mon cœur</em>. Elle peut l’écrire aujourd’hui : « Il l’était et il l’est. »</p>								</div>
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									<p><em>« Ghost Stories »</em>, de Siri Hustvedt. <a href="https://www.gallimard.fr/catalogue/ghost-stories/9782073132758" target="_blank" rel="noopener nofollow">Gallimard</a>, 420 p.</p>								</div>
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		<title>Deux maestros et « l’un des plus beaux concertos de tout le répertoire » au Victoria Hall</title>
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		<dc:creator><![CDATA[blogcom]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 May 2026 12:36:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Classique et opéra]]></category>
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					<description><![CDATA[Le concert du vendredi 22 mai 2026 au Victoria Hall sera fait de rendez-vous. Rendez-vous entre les artistes Nikolay Khozyainov [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="274976" class="elementor elementor-274976" data-elementor-settings="{&quot;ha_cmc_init_switcher&quot;:&quot;no&quot;}">
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									<p><strong>Le concert du vendredi 22 mai 2026 au Victoria Hall sera fait de rendez-vous. Rendez-vous entre les artistes Nikolay Khozyainov et Philippe Cassard, dans une configuration inédite pour ces amis de longue date ; rendez-vous avec deux œuvres précurseures de leur temps, le</strong> <strong>Concerto pour piano n°4 de Beethoven et la Symphonie n°40 de Mozart ; et rendez-vous entre êtres humains aux potentiels différends transcendés par la beauté de la musique, selon les valeurs que porte l’Orchestre Philharmonique de la Paix.</strong></p>
<p><!-- /wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --></p>
<p>Interlocuteurs : Nikolay Khozyainov et Philippe Cassard<br />Texte et propos recueillis par Katia Meylan</p>
<p><!-- /wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --></p>
<p>L’année dernière, nous avions interviewé le pianiste et chef d’orchestre Nikolay Khozyainov qui vivait sa première saison en tant que fondateur et directeur de l’Orchestre Philharmonique de la Paix à Genève (<a href="https://www.l-agenda.ch/nikolay-khozyainov/" target="_blank" rel="noopener"><u>interview du 1 avril 2025</u></a>). À quelques jours de son prochain concert, nous l’avons retrouvé autour d’un café près de la Gare Cornavin.</p>
<p><!-- /wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --></p>
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									<p><span style="color: #c22b2b;"><strong>Katia :</strong> Bonjour ! Comment vous êtes-vous rendu à notre interview ce matin ?</span><br /><strong>Nikolay Khozyainov:</strong> À pied. J’aime bien marcher ! Et je n’habite pas loin.</p>
<p><span style="color: #c22b2b;">Est-ce que vous avez écouté de la musique ?</span><br />Non.</p>
<p><span style="color: #c22b2b;">Est-ce que vous aviez la musique en tête ?</span><br />Bien sûr ! J’ai toujours de la musique en tête. Aujourd’hui, puisque vous me demandez, c’était le troisième mouvement de la 8<sup>e</sup> Symphonie de Chostakovitch.</p>								</div>
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									<p>Tout juste rentré d’une tournée en Chine, notre interlocuteur a fort bonne mine, un mouchoir en soie dans sa poche de veston et le rire prompt. Il nous raconte, à notre demande, le programme qui l’a fait voyager de Chengdu à Wuhan devant un public conquis : les <em>Années de pèlerinage </em>et la <em>Rhapsodie espagnole</em> de Liszt et, en deuxième partie, quelques pièces de Tchaïkovski, dont une transcription personnelle de la Symphonie n°5, ainsi que la 7<sup>e</sup> sonate de Prokofiev. Sans oublier les nombreux bis, qui sont presque devenus une marque de fabrique du musicien. « Si le public veut m’écouter, je peux jouer toute la nuit ! » affirme-t-il en riant. « Ça m’arrive à chaque fois, que ce soit en Chine, au Théâtre des Champs-Elysées, au Carnegie Hall ou au Victoria Hall : en coulisses, on me dit « Maestro, on doit fermer le théâtre&#8230; ». Même s’ils sont flexibles, il y a des horaires à respecter&#8230; alors parfois je choisis des bis plus courts, car j’aime bien garder un peu de temps aussi pour discuter avec le public à la fin du concert! »</p>
<p>On devine une réelle ouverture à l’autre chez Nikolay Khozyainov – pourquoi apprendre à parler onze langues si ce n’est pour échanger avec les gens ? Sa carrière de soliste l’a mené jusqu’ici sur les plus grandes scènes internationales, et tout en poursuivant son activité de pianiste, il nous confie son souhait de consacrer désormais une bonne partie de son temps à développer son Orchestre Philharmonique de la Paix. « J’aime contribuer à créer ce monde de beauté avec l’orchestre. Depuis qu’on a parlé l’année passée, il me semble qu’il y a encore plus de guerres&#8230; malheureusement ça reste actuel de rappeler qu’on joue pour la Paix. Qu’on peut vivre ensemble, malgré nos différences. C’est un appel à l’humanité qui j’espère peut inspirer ». L’orchestre ne s’est pour l’instant produit qu’à Genève, mais Nikolay Khozyainov espère s’exporter, et a déjà pu témoigner de l’intérêt par le monde pour la saison prochaine&#8230; !</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><em>Nikolay Khozyainov lors du concert du 14 avril 2026 au Victoria Hall</em></p>								</div>
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									<p>Avant cela, le programme du dernier concert de cette saison, le 22 mai au Victoria Hall, s’annonce réjouissant, avec en invité le pianiste Philippe Cassard, ami de longue date de Nikolay Khozyainov. Le premier avait remporté le Concours de Dublin dans les années 80 et, une trentaine d’années plus tard, en 2012, avait été subjugué en tant que membre du jury par la prestation du second. Lorsque l’on écoute Philippe Cassard parler de Nikolay Khozyainov dans son <a href="https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/portraits-de-famille/nikolay-khozyainov-ne-en-1992-5135832" rel="nofollow noopener" target="_blank">Portrait de famille</a> de juin 2024 sur France Musique, on entend au rire dans sa voix que le souvenir est toujours vif : <em>« [&#8230;] comme tous mes collègues, j’avais été fasciné par sa virtuosité aérienne, grisante, électrisante, d’un niveau stratosphérique. Mais Nikolay Khozyainov était aussi un vrai poète du piano, hypersensible, possédant un instinct musical et un goût très sûr, une élégance rare et puis, déjà, une culture du son, de l’écoute intérieure et un amour du chant, du phrasé vocal qui avait transporté jury et public [&#8230;] »</em>. Depuis, chacun suit avec respect, admiration et amitié le parcours de l’autre.</p>
<p>Pour ce concert du 22 mai à venir, les deux hommes ont choisi une configuration dans laquelle ils n’ont encore joué ensemble, soit Philippe Cassard au piano et Nikolay Khozyainov à la direction d’orchestre. La soirée les verra interpréter le Concerto pour piano n°4 de Beethoven et la célébrissime Symphonie n°40 de Mozart.</p>
<p>Au sujet des œuvres, Nikolay Khozyainov nous fait remarquer que même si Mozart, à l’été 1788 durant lequel il composa sa symphonie, était dans une difficulté financière qui l’obligeait à être constamment productif, aucune routine ne s’en ressent : « La 40<sup>e</sup> Symphonie commence sans introduction, directement avec la mélodie. C’était novateur, impensable jusqu’ici, et ça a beaucoup influencé l’histoire de la musique par la suite ». Et de relever le même avant-gardisme dans le Concerto pour piano n°4 de Beethoven, le premier à ouvrir avec le piano seul, avant toute introduction par l’orchestre.</p>
<p>Entendre les deux artistes parler des œuvres est un régal ! Alors, profitant d’avoir Philippe Cassard au téléphone le jour suivant, nous l’avons questionné sur le lien qu’il cultivait avec cette œuvre en particulier. Nous laissons les deux paragraphes ci-dessous à sa voix radiophonique volubile de souvenirs :</p>
<p>« Le 4<sup>e</sup> Concerto de Beethoven est une des œuvres que j’ai le plus écoutée quand j’étais enfant. Mes parents avaient le fameux enregistrement de Wilhelm Kempff dans lequel il avait couplé le 4<sup>e</sup> et le 2<sup>e</sup> concerto, un vinyle Deutsche Grammophon, joué par l’orchestre Philharmonique de Berlin dirigé par Paul van Kempen. Je l’ai écouté, écouté, écouté&#8230; je trouvais la musique de ce concerto absolument sublime. Je n’étais pas en mesure d’en détailler l’interprétation, mais elle a nourri mon enfance. Par la suite, quand j’ai été en âge d’aller à des concerts et de découvrir d’autres versions, mon instinct de musicien – un instinct d’enfant – me disait que rien n’était jamais aussi beau que ce vinyle que j’écoutais. En devenant adulte, je me suis rendu compte que cette version de Wilhelm Kempff était tout simplement l’une des plus belles choses du monde. Pour moi, c’est à emmener sur une île déserte! Si j’ai à citer dix enregistrements qui m’ont marqué, celui-là en fait partie. » Ça c’est pour le disque, dit-il, et on attend qu’il poursuive, happée. « Je suis entré au Conservatoire de Paris à 13 ans, en 1976. J’ai appris ce concerto quelques années plus tard, avec Dominique Merlet – qui est d’ailleurs connu des Genevois, car il a gagné le Concours de Genève en 1957, la même année que Martha Argerich, et a ensuite été professeur au Conservatoire de Genève. Je l’ai joué en concert pour la première fois dans ma ville natale, à Besençon, en 1980 ou 1981; une de mes premières expériences avec orchestre. C’est un concerto qui m’accompagne, en vérité, depuis soixante ans! »</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><em>Philippe Cassard. Photo: Bernard Martinez</em></p>								</div>
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									<p>« Ce que j’aime surtout, c’est ce Beethoven avec le sourire, détendu, heureux, plein de fantaisie. Toute la partition est notée <em>cantabile</em>, chanté, et <em>dolce</em>, doux. Ce n’est pas du tout le Beethoven colérique, hargneux, révolutionnaire, masculin,&#8230; non. Le premier mouvement est comme une grande fantaisie, avec des passages presque improvisés. Les cadences sont absolument sublimes. Le mouvement lent, énigmatique, désespéré, est la lutte du bien et du mal, de David contre Goliath, le piano comme une prière contre l’orchestre impérieux. Peu à peu l’orchestre s’éloigne, devant le chant qui sauve le monde. Le final est plein de charme, d’humour, de gaieté, très brillant. Et ça, ce ne sont pas toujours – presque jamais d’ailleurs – des mots qu’on met souvent sur Beethoven! Pour moi, c’est un des plus beaux concertos de tout le répertoire ».</p>
<p>L’enthousiasme de Philippe Cassard et de Nikolay Khozyainov à l’idée de jouer ensemble, de jouer au Victoria Hall, de jouer ces œuvres, de jouer pour la paix, est palpable et le concert s’annonce un très beau moment&#8230;</p>
<p>On y sera, et vous ?</p>
<p><strong>Orchestre Philharmonique de la Paix, Nikolay Khozyainov et Philippe Cassard<br /></strong>Vendredi 22 mai 2026 à 19h30<br />Victoria Hall, Genève<br /><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://billetterie-culture.geneve.ch/selection/event/date?productId=10229265285415" target="_blank" rel="noopener nofollow">Réservations sur ce lien </a></span></p>								</div>
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		<title>Festival EXPLORE DEMAIN &#8211; Du smartphone au fishbowl : quand le débat sort de scène</title>
		<link>https://www.l-agenda.ch/festival-explore-demain-2026/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[blogcom]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 May 2026 11:08:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Festival]]></category>
		<category><![CDATA[#écologie]]></category>
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		<category><![CDATA[#futur]]></category>
		<category><![CDATA[#genève]]></category>
		<category><![CDATA[#MélissaHenry]]></category>
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					<description><![CDATA[Explore Demain2-9 mai 2026Genèveexploregeneve.ch Vous avez dit « sobriété » ? Numérique, alimentaire, énergétique, alcool : ce sobre mot ouvre [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="274965" class="elementor elementor-274965" data-elementor-settings="{&quot;ha_cmc_init_switcher&quot;:&quot;no&quot;}">
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									<p style="text-align: right;"><br /><b>Explore Demain</b><b><br /></b><span style="font-weight: 400;">2-9 mai 2026</span><span style="font-weight: 400;"><br /></span><span style="font-weight: 400;">Genève</span><b><br /></b><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://exploregeneve.ch/" target="_blank" rel="noopener nofollow"><span style="font-weight: 400;">exploregeneve.ch</span></a></span></p>								</div>
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									<p><span style="font-weight: 400;">Vous avez dit « sobriété » ? Numérique, alimentaire, énergétique, alcool : ce sobre mot ouvre dans votre imaginaire un éventail de possibilités. Mardi, le festival Explore Demain abordait la question de la sobriété alimentaire lors d’une table ronde </span><span style="font-size: 1rem;">« </span><span style="font-style: inherit; font-weight: inherit;">Vivre mieux avec moins. Oui, mais comment ? </span>»<span style="font-style: inherit; font-weight: inherit;">. L’occasion de rendre explicites les liens entre sobriété, bien-être et justice sociale, et réfléchir à ses propres modes de consommation. Une discussion modérée par le journaliste Jonas Schneiter, avec Patricia Bidaux, présidente d’AgriGenève, Sophie Buchs, directrice de Caritas, Thierry Gaudreau, directeur d’Energie et Écologie industrielle SIG, Virginie Keller, responsable du programme </span><i style="font-weight: inherit;">1h par m2</i><span style="font-style: inherit; font-weight: inherit;"> et Nicolas Walder, conseiller d’État. L’échange était précédé d’un fishbowl sur la précarité alimentaire, avec Thierry Apothéloz, Maud Bonnet et Aïda Ostermann. Un format participatif où chacun·e peut prendre part à la discussion et agir concrètement sur ses pratiques de consommation.</span></p><p><span style="font-weight: 400;">La soirée s’est poursuivie avec une rencontre entre Camille Etienne et Thibaud Mabut. Le public était invité à participer tout au long de la rencontre via son smartphone : le panel recevait alors les questions et réponses aux sondages en direct. Le public a par exemple pu choisir les sujets de discussion, parmi les PFAS, le cadmium, la protection des fonds marins, ou encore l’extrême droite. Les fonds marins étaient particulièrement prisés. Camille Etienne a d’ailleurs insisté sur le rôle crucial de la Suisse dans la lutte contre l’exploitation des fonds marins. L’entreprise fribourgeoise Allseas, active dans les projets d’exploitation minière sous-marine, a notamment été pointée du doigt. En Suisse aussi, nos choix sont déterminants pour l’avenir de la biodiversité et la protection des océans.</span><span style="font-weight: 400;"><br /></span></p><p><span style="font-weight: 400;">À Explore Demain, le débat ne reste pas sur scène : il circule dans la salle, dans les téléphones, dans les échanges. Ateliers et tables rondes invitent à réfléchir ensemble aux actions à mettre en place à l’échelle individuelle, comme collective. Entre inquiétudes écologiques et envie d’agir, le festival continue de faire de la participation son moteur. Maintenant, place à la fête !</span><span style="font-weight: 400;"><br /></span></p><p><i><span style="font-weight: 400;">Deux soirées DJ set et concerts ont lieu ce week-end. L’occasion de découvrir les expositions </span></i>« <i><span style="font-weight: 400;">Parenthèses Arctiques </span></i>»<i><span style="font-weight: 400;">, </span></i><span style="font-size: 1rem;">«</span><span style="font-size: 1rem;"> </span><i style="font-weight: inherit;">Écoute Demain </i><span style="font-style: inherit; font-weight: inherit;">»</span><i style="font-weight: inherit;">, et </i>« <i style="font-weight: inherit;">Ma Suisse </i><span style="font-size: 1rem; font-style: inherit; font-weight: inherit;">»</span><i style="font-weight: inherit;">, si vous n’en avez pas encore eu l’occasion. Tous les événements sont gratuits et sans inscription. </i></p><p><i><span style="font-weight: 400;">Plus d’informations sur </span></i><span style="text-decoration: underline;"><a href="http://exploregeneve.ch" target="_blank" rel="noopener nofollow"><i><span style="font-weight: 400;">exploregeneve.ch</span></i></a></span></p><p><b>Explore Demain</b><b><br /></b><span style="font-weight: 400;">2-9 mai 2026</span><span style="font-weight: 400;"><br /></span><span style="font-weight: 400;">Genève</span><b><br /></b><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://exploregeneve.ch/" target="_blank" rel="noopener nofollow"><span style="font-weight: 400;">https://exploregeneve.ch</span></a></span></p>								</div>
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		<title>« Avant que le verre ne cède » d’Uwe Wittwer : quand l’art révèle ce qui dérange</title>
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		<pubDate>Fri, 01 May 2026 14:04:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Exposition]]></category>
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					<description><![CDATA[Les apparences sont souvent trompeuses. C’est ce qui rend la nouvelle exposition d’Uwe Wittwer si captivante. Derrière chaque aquarelle aux [&#8230;]]]></description>
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<p><strong>Les apparences sont souvent trompeuses. C’est ce qui rend la nouvelle exposition d’Uwe Wittwer si captivante. Derrière chaque aquarelle aux nuances pastel se dévoile une histoire insoupçonnée. L’Agenda a assisté à une visite de presse en compagnie des commissaires des trois expositions — celles d’Uwe Wittwer, de Frédéric Cordier et d’Oskar Kokoschka — ainsi que des deux artistes invités.</strong></p>

<p>Texte : Margarita Makarova</p>

<p>Au rez se déploie la première exposition monographique en Suisse romande de l’artiste zurichois Uwe Wittwer, intitulée <em>Avant que le verre ne c</em><em>ède</em>. Répartie sur six salles, elle s’organise en deux volets. Le premier aborde la grande Histoire — marquée par les guerres et le colonialisme — ainsi que les traces qu’elle laisse dans la mémoire collective, notamment à travers des récits autobiographiques et familiaux. Le second propose une réflexion sur l’héritage artistique et sa fragilité.</p>

<p>Le titre lui-même évoque une tension, l’imminence d’une rupture, une fragilité. L’œuvre de Wittwer s’inscrit dans cette perspective : derrière des aquarelles à première vue apaisantes se cache une densité thématique troublante. Issues d’images collectées dans des archives, des bases de données ou sur Internet, ses dessins interrogent et dérangent.</p>
<p>La série <em>Tjideng</em>, composée de treize aquarelles d’une beauté presque impressionniste, traite d’un sujet particulièrement sombre. Elle représente un camp de concentration en Indonésie, destiné à la population néerlandaise et administré par l’armée japonaise durant la Seconde Guerre mondiale. En 1943, plus de 10 000 personnes y sont détenues dans des conditions extrêmement précaires : promiscuité (200 personnes par villa), absence d’infrastructures sanitaires, violences, famine et manque de soins médicaux. À partir de captures d’écran d’un documentaire, l’artiste recompose ces images, créant un contraste saisissant entre esthétique et horreur. Par ailleurs, certaines œuvres nourries d’une collecte de données et de recherches sont accompagnées de QR codes renvoyant aux différentes ressources utilisées par l’artiste.</p>
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									<p style="text-align: right;">Uwe Wittwer, <em>Tjideng</em>, 2021.<br />Série de treize aquarelles sur papier<br />©Uwe Wittwer, Galerie Judin, Berlin<br />Photographie: Conradin Frei</p>								</div>
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									<p>À partir de 2013, Wittwer s’intéresse également à sa propre histoire familiale. Il dessine notamment sa grand-mère, un autoportrait avec son frère, ainsi qu’une lettre datée de 1921. Rédigée sans doute en allemand mais présentée à l’envers, elle devient illisible, incompréhensible, tout comme certains épisodes de nos petites histoires familiales, qui ne sont pas vraiment intimes mais universels, puisqu’ils s’inscrivent dans la grande Histoire.</p>
<p>Dans la série d’aquarelles rougeâtres <em>Widerschein</em>, faisant partie de la deuxième section de son exposition, Wittwer explore la disparition de l’héritage artistique et patrimonial. À partir de photographies d’œuvres conservées dans un bunker berlinois et détruites lors d’un incendie en mai 1945, il ne cherche pas à reconstituer les originaux, mais à produire des « copies de copies ». Il y introduit des marques de destruction, par exemple, une tache ronde ou une bande sur les yeux d’un personnage. Il juxtapose les aquarelles copiant des peintures de nombreuses traditions artistiques — natures mortes, mythes, portraits de la Renaissance — abolissant toute hiérarchie entre elles. Face à leur disparition dans l’incendie, les peintures deviennent toutes égales. L’artiste ne reconstruit pas l’héritage : il en souligne la perte irréversible.</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;">Uwe Wittwer, <em>Widerschein nach Palamedesz</em>, 2016.<br />Aquarelle sur papier<br />©Uwe Wittwer, Galerie Judin, Berlin<br />Photographie: Highlevel<br /><br /><br /></p>								</div>
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									<p style="text-align: right;">Uwe Wittwer, <em>Widerschein nach Raeburn</em>, 2016.<br />Aquarelle sur papier,<br />© Uwe Wittwer, collection particulière, Zurich<br />Photographie : Highlevel</p>								</div>
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									<p>À l’entresol, puis à l’étage, l’exposition <em>Mécanique du paysage</em> de Frédéric Cordier présente des paysages urbains et industriels sous forme de linogravures en noir et blanc. Jouant avec des formes géométriques, l’artiste compose d’abord ses œuvres manuellement, puis les retravaille numériquement avant de les imprimer et de les retravailler encore en ôtant le blanc de la plaque. La manière mécanique de produire les œuvres, également évoquée dans le titre de l’exposition de Frédéric Cordier, rappelle les processus de production modernes des usines que l’artiste représente. Celles-ci mêlent mécanique et automatisation.</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;">Frédéric Cordier, <em> Drill 1</em>, 2019.<br />Linogravure sur papier vélin Arches<br />Musée Jenisch Vevey – Cabinet cantonal des estampes, Collection de l’État de Vaud © Frédéric Cordier</p>								</div>
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									<p>Trois linogravures d’un plus petit format, tirées chacune à vingt exemplaires, sont disponibles à la vente à la boutique du musée. On y trouve également quatre estampes réalisées par Uwe Wittwer à l’occasion de son exposition.</p>
<p>Enfin, <em>L’Odyssée</em> d’Oskar Kokoschka rassemble une série de lithographies inspirées des aventures d’Ulysse dans la fameuse épopée d’Homère. Ce récit fait écho au parcours de vie de Kokoschka lui-même, qui s’identifie à ce héros à la fois fort et vulnérable, confronté aux épreuves et à l’errance.</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;">Oskar Kokoschka, <em>L’Odyssée – Athéna dissipe le brouillard et découvre Ithaque</em>, 1963–1966, publ. 1966<br />Lithographie sur papier,<br />Musée Jenisch Vevey<br />© Fondation Oskar Kokoschka / 2026, ProLitteris, Zurich<br />© Photographie Julien Gremaud<br /><br /></p>								</div>
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									<p>Bien que différentes, les trois expositions rassemblent des œuvres sur papier, portées par une même volonté : nous permettre d’élargir nos horizons et d’approfondir nos connaissances sur leur processus de création et leur contenu. Prévoyez plusieurs heures pour vous adonner à des errances à travers les salles du Musée Jenisch sans rien manquer !</p>								</div>
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									<p><strong>Uwe Wittwer &#8211; Avant que le verre ne cède<br /><br /></strong>1er mai &#8211; 9 août 2026<strong><br /></strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://museejenisch.ch/expositions/uwe-wittwer-avant-que-le-verre-ne-cede/" target="_blank" rel="noopener nofollow">Lien de l&rsquo;expo</a></span><strong><br /></strong></p>								</div>
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									<p><strong>Frédéric Cordier &#8211; Mécanique du paysage<br /><br /></strong>1er mai &#8211; 16 août 2026<br /><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://museejenisch.ch/expositions/frederic-cordier-mecanique-du-paysage/" target="_blank" rel="noopener nofollow">Lien de l&rsquo;expo</a></span></p>								</div>
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									<p><strong>L’odyssée de Kokoschka<br /><br /><br /></strong>1er mai &#8211; 23 août 2026<br /><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://museejenisch.ch/expositions/lodyssee-de-kokoschka/" target="_blank" rel="noopener nofollow">Lien de l&rsquo;expo</a></span></p>								</div>
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									<p> </p>
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		<title>ZAZA LIT Michel Bussi</title>
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		<pubDate>Wed, 29 Apr 2026 07:30:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[La chronique littéraire d&#8217;Isabelle Falconnier « Que la mort nous frôle », de Michel Bussi Cela fait des jours, depuis [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="274622" class="elementor elementor-274622" data-elementor-settings="{&quot;ha_cmc_init_switcher&quot;:&quot;no&quot;}">
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									<p><strong>La chronique littéraire d&rsquo;Isabelle Falconnier</strong></p>								</div>
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									<p>« <em>Que la mort nous frôle</em> », de Michel Bussi</p>								</div>
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									<p>Cela fait des jours, depuis que j’ai refermé le dernier Michel Bussi – et failli tomber de ma chaise en découvrant le twist final – que je cherche frénétiquement sur Google Maps où peut bien se cacher ce fameux Manoir des Amarantes. Ou tout au moins le lieu qui a inspiré le décor de « Que la mort nous frôle ». Indices : une vaste bâtisse historique ayant servi tour à tour d’orphelinat, de clinique et de home pour personnes âgées, entourée d’un grand parc avec sculptures antiques et tour médiévale, le tout à un jet de pierre du Manoir de Ban de Charlie Chaplin à Corsier-sur-Vevey, et donc à deux jets de pierre du village de mon enfance !</p><p>Je pense bien que Michel Bussi, passionné de géographie et d’histoire, visiteur régulier des festivals littéraires des bords du Léman, a tout imaginé de ce lieu mystérieux qui le change de ses habitudes romanesques normandes. Et qu’il est donc normal que je fasse chou blanc. Mais c’est bien la marque d’un bon roman à suspense, lorsqu’il vous pousse vous-même à poursuivre l’enquête ! Et c’est ce qui pousse tant de lecteurs à plébisciter les polars qui se passent près de chez eux : les lieux familiers se parent d’une irrésistible patine de nouveauté et d’imaginaire.</p><p>Ainsi, nous voilà donc, pour le 22<sup>e</sup> roman à suspense de Michel Bussi, auteur au succès littéralement phénoménal depuis <em>Nymphéas noirs</em> en 2011, en Suisse, sur la Riviera vaudoise. Le Manoir des Amarantes accueille depuis 1945 des enfants et adolescents traumatisés par la guerre, comme Téréza, rescapée du ghetto de Varsovie, Charly, orphelin belge qui rêve de faire du cinéma ou encore Jude, maltraitée par le couple d’agriculteurs suisse qui l’accueillait. Des événements inquiétants se produisent : des pensionnaires disparaissent, le médecin-chef semble se livrer à d’obscures expériences et les non-dits s’accumulent. Charly, amoureux de Téréza, se sentant en danger, décide de percer le secret des Amarantes. Quitte à oser franchir la barrière qui le sépare du Manoir du Ban, où vit son idole !</p><p>Si Michel Bussi convoque de manière quelque peu simpliste des pages peu glorieuses de l’histoire suisse du 20<sup>e</sup> siècle – le scandale des enfants tsiganes placés, l’or nazi caché dans les coffres helvètes – il nous concocte une histoire de résilience passionnante, émouvante et originale qui affiche sa foi en l’espérance, en la force vitale qui, de l’enfance à l’âge mûr, nous pousse à vivre encore, chercher sans cesse la vérité, aimer toujours. Quant au titre, cet amoureux de chanson française l’emprunte à la merveilleuse balade de Bernard Lavilliers, ode nostalgique à la joyeuse insolence de la jeunesse : « Nous étions jeunes et larges d&rsquo;épaules / Bandits joyeux, insolents et drôles / On attendait que la mort nous frôle / On the road again, again. »</p><p style="text-align: right;"><strong>Isabelle Falconnier</strong></p>								</div>
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									<p>« <em>Que la mort nous frôle</em> », de Michel Bussi. <a href="https://www.lisez.com/livres/que-la-mort-nous-frole/9782258214460" target="_blank" rel="noopener nofollow">Presses de la Cité</a>, 432 p.</p>								</div>
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									<p><strong>PS </strong><strong>:</strong></p><p>Depuis les rives du Léman, direction l’Islande et ses reines du polar nordique ! Deux nouveautés qui ont clairement raccourci mes dernières nuits : à ma gauche, Yrsa Sigurðardóttir, née en 1963, l’une des auteurs de polars majeurs de la scène littéraire scandinave. Dans « La Proie », un groupe d’amis parti en randonnée dans la réserve naturelle de Lónsöræfis s’évanouit dans le froid. Les secours retrouvent leur campement désert mais tous leurs habits entassés, comme s’ils avaient fui dans la panique, presque nus… À ma droite, Eva Björg Ægisdóttir, née en 1988, autrice de la série à succès des enquêtes d’Elma. Son nouveau roman, un one-shot intitulé « Avant que tombe la nuit », a reçu le Prix du meilleur polar en Islande. À raison, tant ce thriller psychologique captive : Marsi, hantée par la disparition de sa sœur dix ans plus tôt, reçoit une lettre dont elle reconnaît immédiatement l&rsquo;écriture : celle du garçon avec lequel elle entretenait une relation secrète. Et avec lequel elle avait rendez-vous le soir où sa sœur a disparu.</p>								</div>
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									<p>« <em>Avant que tombe la nuit</em> », de Eva Björg Ægisdóttir. <a href="https://www.editionsdelamartiniere.fr/livres/avant-que-tombe-la-nuit/" target="_blank" rel="noopener nofollow">La Martinière</a>, 400 p.</p><p>« <em>La proie</em> », de Yrsa Sigurðardóttir. <a href="https://actes-sud.fr/catalogue/la-proie-020437" target="_blank" rel="noopener nofollow">Actes Sud</a>, 320 p.</p>								</div>
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