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	<title>Politique culturelle &#8211; L&#039;Agenda</title>
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		<title>Thierry Apothéloz et le Canton de Genève rêvent l’art « tout le temps, partout, dès qu’on peut » </title>
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		<pubDate>Thu, 23 Jan 2025 18:04:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Jeudi 23 janvier dans la matinée s’est tenue aux bureaux du Département de la cohésion sociale (DCS) de Genève une [&#8230;]]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Jeudi 23 janvier dans la matinée s’est tenue aux bureaux du Département de la cohésion sociale (DCS) de Genève une discussion avec Thierry Apothéloz, Conseiller d’État en charge du département, et Cléa Redalié, Cheffe du Service cantonal de la Culture, autour des enjeux de la politique culturelle genevoise.</strong> </p>

<p class="wp-block-paragraph">Katia Meylan </p>

<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;heure n&rsquo;est pas à une annonce spécifique, plutôt à un point de situation informel sur les avancées, les impacts et le chemin qui reste à parcourir suite à la nouvelle <a href="https://www.ge.ch/document/loi-promotion-culture-creation-artistique-lpcca" target="_blank" rel="noopener nofollow">Loi pour la promotion de la culture et de la création artistique (LPCCA)</a> 2023-2026, dont la mise en œuvre a démarré en janvier 2024, et pour laquelle le Conseil d’État avait annoncé – et se tient – à une enveloppe de 11 millions. </p>

<p class="wp-block-paragraph">Thierry Apothéloz ouvre la rencontre en rappelant l’objectif auquel il tend, à la tête du DCS: « Placer l’art tout le temps, partout, dès qu’on peut ». S’assurer que chacune et chacun est entouré·e d’art et de culture, en somme, car c’est cela qui nous rapproche en tant que membres d’une même société trop souvent divisée.  </p>

<p class="wp-block-paragraph">Il ajoute que la mise en place de la LPCCA passe par une redéfinition des tâches pour le service qui, au-delà de « gérer les fichiers Excel des subventions », a désormais pour devoir « d’écrire en Word »  selon ses termes, d’imaginer comment accompagner les entités culturelles, mieux financer la création et améliorer les conditions professionnelles, comment mieux atteindre les publics, comment rapprocher les domaines – culture et sport, patrimoine et culture émergente, musique classique et musiques actuelles, pour citer quelques exemples qui sont souvent mis en compétition. </p>

<p class="wp-block-paragraph">Selon Thierry Apothéloz et Cléa Redalié, la réalisation des objectifs compte plusieurs enjeux, notamment la volonté du Grand Conseil à jouer son nouveau rôle, et le développement du co-financement entre canton et communes.  </p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Actions et projets déjà amorcés</strong> </p>

<p class="wp-block-paragraph">Dans le cadre de la LPCCA, en plus du financement conjoint de 28 grandes institutions (dont le Grand Théâtre, La Bâtie ou encore le Théâtre Am Stram Gram), le Canton de Genève a notamment récemment mis en place un <a href="https://www.ge.ch/mesures-soutien-aux-domaines-artistiques/soutien-cantonal-aux-institutions-culturelles" target="_blank" rel="noopener nofollow">soutien complémentaire</a> destiné aux institutions culturelles subventionnées par une ou plusieurs communes genevoises, pour la période 2025-2028. </p>

<p class="wp-block-paragraph">En parallèle, des appels à projets spécifiques lancés en 2024 permettent actuellement à des structures de mettre en place de nouvelles idées. <strong><em>Métamorphose</em></strong>, notamment, encourage les initiatives participatives et inclusives, et <strong><em>Champ Libre</em></strong> incite à imaginer une culture qui investit les lieux publics (centre commerciaux, parcs, etc.). Cléa Redalié cite un exemple parlant: les <a href="https://locg.ch/fr/chantons-dans-les-supermarches" target="_blank" rel="noopener nofollow">concerts dans les supermarchés</a>, qui réunissent instrumentistes de l’OCG et choristes employé·e·s et client·e·s du magasin, dirigé par un·e chef·fe de chœur du quartier. </p>
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									<p><em>Photo de haut de page: Alexandre Favez</em></p>								</div>
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									<p><strong>Préoccupations</strong></p>
<p><span data-contrast="auto">Au moment des interventions des personnes présentes, les préoccupations et défis auxquels se confronte chaucn</span><span data-contrast="none">·e</span><span data-contrast="auto"> dans son domaine rattrapent la discussion. Après la théorie, les perspectives d’application. Les questions très spécifiques, soit à un domaine (par exemple, la presse, dont la situation est alarmante), à un art (la littérature, dont les auteur·ice·s n&rsquo;ont pas de lieu à leur image à Genève), à un lieu (la Villa Masset qui n’a pas été acquise), ou aux projets-phares coûteux sur lesquels les yeux sont rivés, tels que la rénovation du système de machinerie du Grand Théâtre (8 millions), confirment qu’en parallèle de la culture commune à rêver, il y a mille et unes réalités concrètes qui espèrent ne pas être les oubliées du programme. </span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:1,&quot;335551620&quot;:1,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:0,&quot;335559739&quot;:160,&quot;335559740&quot;:259}"> </span></p>
<p><strong>Perspectives</strong></p>
<p><span data-contrast="auto">Parmi les belles perspectives présentées on retient: l’</span><b><span data-contrast="auto">Espace Concorde</span></b><span data-contrast="auto"> dédié à la danse et à la musique, à Châtelaine, dont la co-direction vient d’être nommée et dont le bâtiment est prévu pour septembre 2026. Le futur </span><b><span data-contrast="auto">Musée de la BD </span></b><span data-contrast="auto">au Grand-Saconnex, prévu pour l’automne 2027. </span><b><span data-contrast="auto">Les Livrées</span></b><span data-contrast="auto">, un festival littéraire qui remplacera Poésie en Ville et La Fureur de Lire, avec quatre manifestations par année avec pour centre névralgique les gares du Léman Express. </span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:1,&quot;335551620&quot;:1,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:0,&quot;335559739&quot;:160,&quot;335559740&quot;:259}"> </span></p>
<p>**</p>								</div>
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									<p data-ccp-border-bottom="0.6666666666666666px solid #000000" data-ccp-padding-bottom="5.333333333333333px"><strong>Soutiens et appels à projets du Canton de Genève toujours en cours: </strong></p>
<p data-ccp-border-top="0.6666666666666666px solid #000000" data-ccp-padding-top="5.333333333333333px" data-ccp-border-bottom="0.6666666666666666px solid #000000" data-ccp-padding-bottom="5.333333333333333px">Mesures de soutien aux domaines artistiques:<br /><a href="https://www.ge.ch/mesures-soutien-aux-domaines-artistiques" target="_blank" rel="noopener nofollow"><span data-contrast="none">www.ge.ch/mesures-soutien-aux-domaines-artistiques</span></a><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:1,&quot;335551620&quot;:1,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:0,&quot;335559739&quot;:160,&quot;335559740&quot;:259,&quot;335572071&quot;:4,&quot;335572072&quot;:4,&quot;335572073&quot;:0,&quot;335572075&quot;:4,&quot;335572076&quot;:4,&quot;335572077&quot;:0,&quot;335572079&quot;:4,&quot;335572080&quot;:4,&quot;335572081&quot;:0,&quot;335572083&quot;:4,&quot;335572084&quot;:4,&quot;335572085&quot;:0,&quot;469789798&quot;:&quot;single&quot;,&quot;469789802&quot;:&quot;single&quot;,&quot;469789806&quot;:&quot;single&quot;,&quot;469789810&quot;:&quot;single&quot;}"> </span></p>
<p data-ccp-border-top="0.6666666666666666px solid #000000" data-ccp-padding-top="5.333333333333333px"><b><span data-contrast="auto">Soutien aux organismes culturels spécialisés, </span></b><span data-contrast="auto">dont la mission principale est de favoriser la participation culturelle et l&rsquo;accès à la culture à des populations sous-représentées parmi les publics de l&rsquo;offre culturelle genevoise. </span><b><span data-contrast="auto">Délai: 2 mars 2025</span></b> <br /><a href="https://www.ge.ch/mesures-acces-culture/soutien-aux-organismes-culturels-specialises" target="_blank" rel="noopener nofollow"><span data-contrast="none">www.ge.ch/mesures-acces-culture/soutien-aux-organismes-culturels-specialises</span></a> </p>								</div>
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		<title>Quand le spectacle vivant joue avec le petit écran</title>
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		<dc:creator><![CDATA[blogcom]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Nov 2024 08:23:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Selon l’Office Fédéral de la Statistique, la Suisse comptait 285&#8217;000 travailleur·euse·s culturel·le·s en 2023, soit 5,6% de la population active, [&#8230;]]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Selon l’Office Fédéral de la Statistique, la Suisse comptait 285&rsquo;000 travailleur</strong><strong>·</strong><strong>euse</strong><strong>·</strong><strong>s culturel</strong><strong>·</strong><strong>le</strong><strong>·</strong><strong>s en 2023, soit 5,6% de la population active, dont la moitié occupe un emploi à temps partiel. Sont inclus les domaines créatifs tels que les médias, l&rsquo;architecture, les jeux vidéo et la publicité. Avec un salaire médian en dessous de la moyenne : 69’600 pour les professionnel·les de la culture, contre 72’000 CHF dans l’économie de manière générale. Face à ce constat, comment se réinventer ? En s’associant ? C’est en tout cas ce que font les professionnel·le·s de l’audiovisuel et du spectacle vivant depuis quelques années.</strong></p>

<p class="wp-block-paragraph">Éclairage : Mélissa Henry       <img decoding="async" class="alignnone  wp-image-242126" src="https://www.l-agenda.ch/wp-content/uploads/2024/11/Logo_CultureEnJeu_01_noir-300x275.png" alt="Logo - CultureEnJeu" width="81" height="74" srcset="https://www.l-agenda.ch/wp-content/uploads/2024/11/Logo_CultureEnJeu_01_noir-300x275.png 300w, https://www.l-agenda.ch/wp-content/uploads/2024/11/Logo_CultureEnJeu_01_noir-545x500.png 545w, https://www.l-agenda.ch/wp-content/uploads/2024/11/Logo_CultureEnJeu_01_noir-768x704.png 768w, https://www.l-agenda.ch/wp-content/uploads/2024/11/Logo_CultureEnJeu_01_noir.png 1084w" sizes="(max-width: 81px) 100vw, 81px" /></p>
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									<p>Différents formats ont alors émergé de ce désir de réinvention. En premier lieu, bien sûr, les captations. L’occasion pour les artistes d’apprendre des tournées passées en les visionnant, mais aussi pour le public de découvrir un spectacle, ou pour les écoles de voir une pièce étudiée au programme, et ce, même si elle n’est pas jouée en salle. Les captations de spectacles font alors office d’archives, pérennisant mises en scènes et jeux d’acteur·ice·s au format audiovisuel, tout en diffusant la richesse des œuvres de notre patrimoine culturel.</p>
<p>À l’inverse, l’audiovisuel se fait parfois « vitrine » des pièces de théâtre. En témoignent ces productions à succès qui ont fait connaître des pièces de théâtres modernes, comme <em>Le dîner de cons</em> ou <em>Le prénom</em>. Encore faut-il savoir que ces films cultes sont tirés du spectacle vivant.</p>
<p>Il arrive aussi que l’audiovisuel transcende la pièce initiale. Le ballet-féérie <em>Casse-Noisette</em> a été présenté pour la première fois le 18 décembre 1892, sur une musique de Piotr Illitch Tchaïkovski, et sous la direction de Riccardo Drigo, chorégraphié par Lev Ivanov, au théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg. Si l’œuvre ne cesse d’être représentée aujourd’hui, c’est aussi parce qu’elle a été revisitée de nombreuses fois, des comédies musicales aux dessins animés comme <em>Tom et Jerry </em>ou <em>Fantasia</em>, et même en film d’animation japonais.</p>
<p><strong>Les « recréations » du spectacle vivant</strong></p>
<p>Les modèles hybrides mêlant spectacle vivant et production audiovisuelle se multiplient ces dernières années. En témoigne l’appel à projet de la RTS qui s’est terminé en septembre, annonçant la sixième édition du programme <em>De la scène à l’écran</em>. Une initiative de l’association du même nom, constituée par la RTS, la <span style="text-decoration: underline;"><a href="https://ssa.ch/fr/" rel="nofollow noopener" target="_blank">Société Suisse des Auteurs (SSA)</a></span>, la <a href="https://www.suissimage.ch/fr/fonds-culturel/" target="_blank" rel="noopener nofollow"><span style="text-decoration: underline;">Fondation culturelle SUISSIMAGE (SI)</span></a> et l’<span style="text-decoration: underline;"><a href="https://aropa.ch/" rel="nofollow noopener" target="_blank">Association Romande de la Production Audiovisuelle (AROPA)</a></span>. Loin de proposer une simple captation de spectacle, la recréation est la rencontre artistique entre un·e cinéaste et des auteur·ice·s de spectacles, qui ensemble recréent un spectacle audiovisuel et novateur. Sont exclus de ce fonds de soutien l’humour, la musique classique et l’opéra, qui bénéficient de leurs propres programmes TV. Dans ce programme, les genres les moins valorisés habituellement comme le théâtre et la danse, sont cette fois-ci mis à l’honneur. Le but étant de <em>décloisonner</em> les domaines culturels. Christine Salvadé, responsable de l’Unité Culture de la RTS et membre du jury, insiste sur ce point.</p>
<p>Parmi les critères de sélection, se trouvent l&rsquo;intérêt artistique de la pièce et la capacité de celle-ci à être portée à l’écran. « Je trouve que regarder un spectacle sur un écran d’ordinateur peut être déceptif par rapport à l’émotion dans une salle de spectacle. La démarche ici est vraiment faite pour l’écran. Qu’on ait vu ou pas la pièce, l&rsquo;œuvre tient toute seule, elle augmente le spectacle, lui donne une autre dimension et lui sert de deuxième vie », souligne Christine Salvadé.</p>
<p>Les recréations sont diffusées après l’émission Ramdam (diffusée sur le la RTS 1 et disponible sur la <span style="text-decoration: underline;"><a href="https://www.rts.ch/play/tv/categories/culture" target="_blank" rel="noopener nofollow">page culture de Play RTS</a></span>) consacrée à la recréation, ce qui permet d’élargir l’audience des amateur·ice·s de théâtre.</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><a href="https://www.rts.ch/entreprise/espace-pro/communiques-de-presse/13453941-de-la-scene-a-lecran-cinq-nouveaux-spectacles-romands-deviendront-audiovisuels.html" target="_blank" rel="noopener nofollow">Projets de la 4<sup>e</sup> saison</a></p>								</div>
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									<p><strong>Scène et écran, vers des formats hybrides interdépendants ?</strong></p>
<p>Au cœur du processus de création, les metteur·euse·s en scène comme les réalisateur·ice·s partagent leurs réflexions et prolongent ainsi la pièce. « Mon seul objectif est d’être fidèle à ce que je capte et de donner la possibilité à un public de découvrir les coulisses d&rsquo;un spectacle, de témoigner du déploiement d&rsquo;énergie phénoménal et de l&rsquo;implication des techniciens, comédiens etc. pour un résultat éphémère », précise Romain Girard, réalisateur de <em>Cyrano 2020, </em>lauréat de l’appel à projet de la 2e édition. « La réalisation et la production sont appelées à réfléchir ensemble : comment traduire le spectacle pour un public de TV ou de plateforme de streaming ? Et pourquoi pas : comment donner envie aux gens d’aller voir le spectacle ? » insiste la responsable de l’Unité Culture de la RTS. Le réalisateur du groupe Point Prod Actua la rejoint sur ce point : « pour moi, si au moins une personne décide d’aller s’acheter un billet après avoir regardé une recréation, le pari est gagné. »</p>
<p>Pour les acteur·ice·s de l’audiovisuel, le défi en vaut la chandelle.  « J’aime bien l’idée de transposer dans un format télévisuel une œuvre écrite pour la scène. Comme c’est par définition impossible, on écrit ses propres règles. » explique Romain Girard. La recréation représente aussi un véritable défi sur scène : « Il fallait tout le temps essayer d&rsquo;être au service à la fois du spectacle et de l’œuvre de Romain Girard, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une œuvre dans une œuvre », relève Jean Liermier, directeur du Théâtre de Carouge et metteur en scène, notamment du documentaire <em>Cyrano 2020</em>, une coproduction <a href="https://www.actuafilms.com/fr/nos-bureaux/actua-geneve/" target="_blank" rel="noopener nofollow">Actua Films</a>.</p>
<p>Mais alors, comment choisir les scènes à montrer et celles à suggérer ? « Il y a des scènes très connues dans <em>Cyrano</em>, la tirade des nez, les « non merci », la scène de Christian et Roxane au balcon. C’est important de les utiliser, elles sont magnifiquement écrites, ce sont des références absolues. (&#8230;) Ensuite, il faut garder une cohérence narrative, ce sont des choix qui s’opèrent plutôt au moment du montage », précise Romain Girard.</p>
<p>Des choix éditoriaux inhérents au format. « On a articulé le tournage autour de quelques séquences choisies ensemble et ça participe vraiment à créer un objet particulier qui ne se targue pas de représenter l&rsquo;ensemble de l&rsquo;œuvre, mais plutôt de soulever des questions : quelle est la pertinence aujourd&rsquo;hui de monter un texte qui peut dater de 50, 100 ans ou 300 ans, et voir comment les auteurs ont quelque chose à nous apporter aujourd&rsquo;hui, avec un questionnement qui touche l&rsquo;humain d&rsquo;une façon générale, qui traverse le temps. Je trouve que la caméra rend bien compte de cela et ce sont des questionnements que je trouve plutôt sains ».</p>
<p>Le documentaire <em>Cyrano 2020</em>, de par son format, transcende même la recréation : « D’une certaine manière, on a tordu le bras à la demande originale en faisant une proposition documentaire et non une « recréation » qui aurait préservé l’intégralité du texte ». D’où l’importance, pour le directeur du Théâtre de Carouge, d&rsquo;essayer de ne pas réécrire le texte. « On peut intervenir sur l’interprétation d’une pièce à travers le montage ». Une évidence pour le réalisateur avec qui il a collaboré : « On dit pour les livres que traduction = trahison. On peut faire de même : captation = trahison. Une captation, une recréation ne pourront jamais se substituer au réel de la salle de spectacle. C’est pour ça que l’approche documentaire est plus intéressante à mon sens ».</p>								</div>
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															<img decoding="async" width="650" height="480" src="https://www.l-agenda.ch/wp-content/uploads/2024/11/Cyrano-2020-Actua-FilmsRTS.jpg" class="attachment-large size-large wp-image-242085" alt="Cyrano 2020 - Actua FilmsRTS" srcset="https://www.l-agenda.ch/wp-content/uploads/2024/11/Cyrano-2020-Actua-FilmsRTS.jpg 650w, https://www.l-agenda.ch/wp-content/uploads/2024/11/Cyrano-2020-Actua-FilmsRTS-300x222.jpg 300w" sizes="(max-width: 650px) 100vw, 650px" />															</div>
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									<p style="text-align: right;"><em>Cyrano 2020</em> &#8211; ©Actua FilmsRTS<br />Photo de haut de page: <em>Lion Ascendant Canard</em> ©Stéphanie Friedli</p>								</div>
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									<p><strong>Une répartition scène-production qui pose question </strong></p>
<p>Quid de la rémunération ? Sur la page du dernier appel à projet, il est précisé que le « budget prévisionnel (&#8230;) doit préciser clairement les coûts relatifs aux collaborateur·trice·s du spectacle vivant et pas seulement les coûts relatifs aux collaborateur·trice·s audiovisuel·le·s », sachant que « la contribution du fonds se monte en principe à CHF 70&rsquo;000.- par production. Des apports propres et tiers, provenant par exemple de compagnies ou de théâtres, complètent cette contribution. » La répartition appartient aux sociétés de production qui remportent le projet. « Notre mission est audiovisuelle, le but est donc de financer une recréation en partant du principe que le spectacle en lui-même existe déjà », souligne Christine Salvadé, rappelant ensuite l&rsquo;avantage de croiser les publics et ainsi donner une visibilité au spectacle, souvent encore en tournée au moment de la diffusion de la recréation.</p>
<p>Pour les acteur·ice·s du spectacle vivant, ce n’est pas toujours suffisant. En témoigne Jean Liermier : « Si j&rsquo;avais à apporter une critique, c&rsquo;est que bien souvent, avec la somme qui est allouée, les derniers auxquels on pense sont les comédiennes et les comédiens, alors que le spectacle, c’est eux qui le créent. Donc c&rsquo;est assez délicat d&rsquo;arriver à trouver des contrats qui permettent de valoriser leur travail. Les productions au théâtre comme <em>Cyrano de Bergerac</em> sont chères. Donc si je regarde la part mise par le théâtre, avec tout le travail qui a été fait pendant huit semaines de répétitions et quelques jours de tournage, c&rsquo;est le théâtre qui est producteur. Selon moi, il y a une disparité entre les moyens qui sont octroyés à toutes celles et ceux qui ont participé au spectacle, et à l&rsquo;équipe de cinéma ».</p>
<p><strong>Toutes les pièces peuvent-elles passer de la scène à l’écran ? </strong></p>
<p>Quant à savoir si toutes les pièces sont transposables en format audiovisuel, Christine Salvadé répond par l’affirmative, précisant que cela « dépend de l’imagination qui naît de la rencontre entre une pièce de théâtre et un·e réalisateur·ice. » Pour le metteur en scène, le format audiovisuel n’est pas nécessaire à toutes les pièces, contrairement aux œuvres classiques : « Je l&rsquo;ai vu sur <em>On ne badine pas avec l&rsquo;amour </em>que j&rsquo;ai montée l&rsquo;année passée. Quand on a comme credo de revisiter les classiques, il y a un fort intérêt de la part des écoles et des pédagogues. Après, se posent des questions de droit ». Concernant ces droits, la SSA précise que « les auteur·ices scène et réalisateur·ices définissent entre eux une clé de répartition. Généralement, les droits reviennent aux auteur·ices « scène » mais les réalisateur·ices peuvent parfois aussi prétendre à une partie des droits. »</p>
<p><strong>Filmer le théâtre, c’est ouvrir le champ des possibles </strong></p>
<p>Pour pousser la créativité encore plus loin, Jean Liermier cite deux exemples de mélanges des genres qui sont pour lui des chef-d’œuvres : « Une réussite absolue, c&rsquo;est <em>Vanya, 42ᵉ Rue</em>, qu’a fait Louis Malle, sur une équipe à New York qui répète<em> Oncle Vania</em> de Tchekhov. Là, je trouve que c&rsquo;est une réussite parfaite parce que c&rsquo;est tourné dans un théâtre et c&rsquo;est assez près des interprètes, qui sont des stars de cinéma. Par exemple, il y a une scène où il les filme à table. Puis, à un moment donné, la caméra recule et on voit Louis Malle avec eux et qui dit « Bon, on va faire une petite pause ? », ce qui crée tout d&rsquo;un coup un dialogue entre la réalisation, le temps du cinéma qui n&rsquo;est pas celui du théâtre, où nous, on est sur des plans séquences en continu. Et je trouve que quand il commence à y avoir un vrai dialogue, c&rsquo;est super, surtout quand on filme du théâtre. »</p>
<p>Et de citer un autre exemple, étudié dans le cadre de la préparation du documentaire <em>Cyrano 2020</em> en compagnie du réalisateur : « <em>Looking for Richard</em>, d’Al Pacino, là aussi, est une forme super intéressante et qui rejoint l&rsquo;éventuelle frustration qu&rsquo;on pourrait avoir de ne pas embrasser l&rsquo;ensemble de la pièce. Al Pacino se promène à New York en demandant « qu&rsquo;est-ce que vous pensez de <em>Richard III</em>? Qu’est-ce que vous pensez de Shakespeare ? » C&rsquo;est une œuvre à part entière qui fait sens et rend hommage à la pièce, faisant le lien avec Shakespeare, avec <em>Richard III</em>, sans être une captation à proprement parler. Je trouve qu&rsquo;il y a probablement encore des formes de ce type à inventer », conclut Jean Liermier.</p>
<p>Le metteur en scène propose d’ailleurs dès le 26 novembre au Théâtre de Carouge une nouvelle mise en scène de <em>La Crise</em>, film culte de Coline Serreau adapté pour le théâtre par son fils Samuel Tasinaje… Prouvant, une fois encore, que les œuvres du spectacle vivant comme de l’audiovisuel se réinventent sans cesse, et que la culture peut encore et toujours nous surprendre.</p>
<p>Vous connaissiez ces recréations ? Qu’en pensez-vous ? Dites-le nous en commentaires.</p>								</div>
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									<p><strong>+ d’infos:</strong></p>
<p>Au sujet de l’association De la scène à l’écran :<br /><a href="https://ssa.ch/fr/projets-laureats-de-la-scene-a-lecran-2024/" target="_blank" rel="noopener nofollow"><u>www.ssa.ch/fr/de-la-scene-a-lecran</u></a></p>
<p>Recréations à voir sur <u style="font-style: inherit; font-weight: inherit;"><a href="https://www.rts.ch/play/tv/detail/de-la-scene--a-lecran?id=df567be1-39e7-4121-957f-80541bfaa45e" target="_blank" rel="noopener nofollow">Play RTS</a></u></p>
<p>Pour visionner <em>Cyrano 2020</em> :<br /><u><a href="https://www.rts.ch/play/tv/ramdam/video/cyrano-le-documentaire?urn=urn:rts:video:12029037" target="_blank" rel="noopener nofollow">www.rts.ch/play/tv/ramdam/video/cyrano-le-documentaire</a></u></p>								</div>
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		<title>Là où les indemnités Covid laissent un trou</title>
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		<pubDate>Wed, 16 Oct 2024 07:42:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Si, pour certain∙e∙s, la crise semble déjà loin et revenir sur les indemnités Covid suscite de l’étonnement voire de l’irritation, [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="238316" class="elementor elementor-238316" data-elementor-settings="{&quot;ha_cmc_init_switcher&quot;:&quot;no&quot;}">
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									<p><strong>Si, pour certain∙e∙s, la crise semble déjà loin et revenir sur les indemnités Covid suscite de l’étonnement voire de l’irritation, pour d’autres, elle reste une réalité impactant le présent et le futur de leur entité culturelle. Faut-il chercher un</strong> <strong>canton fautif, un théâtre incompétent, une aberration politique à pointer ?</strong></p>
<p>Texte et propos recueillis par Katia Meylan       <img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone  wp-image-242126" src="https://www.l-agenda.ch/wp-content/uploads/2024/11/Logo_CultureEnJeu_01_noir-300x275.png" alt="Logo - CultureEnJeu" width="89" height="81" srcset="https://www.l-agenda.ch/wp-content/uploads/2024/11/Logo_CultureEnJeu_01_noir-300x275.png 300w, https://www.l-agenda.ch/wp-content/uploads/2024/11/Logo_CultureEnJeu_01_noir-545x500.png 545w, https://www.l-agenda.ch/wp-content/uploads/2024/11/Logo_CultureEnJeu_01_noir-768x704.png 768w, https://www.l-agenda.ch/wp-content/uploads/2024/11/Logo_CultureEnJeu_01_noir.png 1084w" sizes="(max-width: 89px) 100vw, 89px" /></p>								</div>
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									<p><!-- /wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --></p>
<p>« En quelle année sommes-nous ? » s’est parfois vu répondre la journaliste qui, récemment, questionnait des structures culturelles au sujet du remboursement des indemnités Covid.<br /><br />Et pourtant&#8230; Pas plus tard qu’en juillet 2024, on apprenait que le Tribunal cantonal fribourgeois sommait Radio Fribourg de <span style="text-decoration: underline;"><a href="https://www.rts.ch/info/regions/fribourg/2024/article/radio-fribourg-devra-rembourser-une-partie-de-l-aide-covid-28580877.html" target="_blank" rel="noopener nofollow">restituer 138&rsquo;743 francs d’indemnités</a></span> reçues durant la crise du Covid. Pour les médias audiovisuels, l’aide du Canton devait être subsidiaire à celle de la Confédération, alors que pour la presse écrite, elle était complémentaire. Verdict: la radio avait « trop » reçu, et l’argument de la précarité du secteur n’y a rien fait.</p>
<p><!-- /wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --></p>
<p>À Fribourg toujours, la Fondation Equilibre-Nuithonie est actuellement en procès avec l’État qui lui demande un remboursement de 322&rsquo;000 francs d’indemnités reçues en 2020. Le directeur, Thierry Loup, se désole. « Au moment de faire les demandes, personne ne savait où on allait. Nous avons fait ce que le Service culturel nous a dit: payez les compagnies et vous serez indemnisés. Après la tempête, l’inspection des finances a constaté que nos comptes 2020 présentaient un ‘bénéfice’. C’était le cas, et avec cette provision – qui avait été demandée par le conseiller d’État en charge de la culture de l’époque – nous avons tenu le coup en 2021 et 2022 sans recevoir d’indemnisations. Sur les trois années Covid, nous arrivons à un résultat nul, la Fondation ne s’est pas enrichie. Rembourser cette somme la mettrait en surendettement. Nous attendons depuis des mois d’être reçus par la conseillère d’État en charge de la culture, mais en vain ! »</p>
<p><!-- /wp:paragraph --></p>
<p><strong>Impact sur les liquidités</strong></p>
<p>Quelque 18 demandes sur les 567 accordées par le canton de Fribourg à la culture sont concernées par un remboursement partiel ou total. Le montant restitué s’élève à 1,8% de la somme octroyée aux artistes et à 9,7% aux entreprises culturelles. Toutes n’ont pas souffert: l’Orchestre de Chambre de Fribourg, qui a procédé en 2022 à un remboursement intégral des 15&rsquo;330 francs reçus en 2020, affirme que cela ne l’a « pas placé dans une situation difficile ». Le Théâtre des Osses a pour sa part dû rembourser « la plus grande partie des 30&rsquo;000 francs d’indemnités reçues (hors RHT), qui était effectivement superflue », atteste son administratrice Marie-Claude Jenny.</p>
<p>Les disparités dans la taille et le fonctionnement des structures, les sommes reçues, le montant demandé en retour et ce qu’il représente en termes de budget font évidemment la différence entre les problèmes rencontrés ou non. Equilibre-Nuithonie est un cas emblématique d’embarras financier, mais n’est pas seul dans cette situation. Le Nouvel Opéra de Fribourg (NOF), ayant reçu des indemnités pour des productions reportées, avait pensé limiter les risques en reprogrammant l’une d’elles en 2023. Toutefois, 2023 n’entrant administrativement plus dans la période Covid, la provision a été considérée comme un bénéfice et une partie de l’argent a dû être remboursé en 2024. « Il est plus question d’impact sur les liquidités que de pertes, explique son administrateur. La saison 24-25 avait déjà été annoncée, c’est tout un travail de restructuration de compenser cette sortie d’argent. Et ça nous oblige aussi à reconsidérer la saison 25-26 ».</p>
<p><strong>Soutiens politiques</strong></p>
<p>Le problème ne semble pourtant pas généralisé. Thierry Luisier, secrétaire général de la Fédération Romande des Arts de la Scène (FRAS), confirme: « Généralement, les membres sont plutôt enclins à solliciter des actions collectives pour des prises de positions politiques, mais là, à part Equilibre-Nuithonie, ce n’est pas venu à mes oreilles ».</p>
<p>Au Théâtre du Grütli à Genève, Marc-Erwan Le Roux, administrateur, relate « un imbroglio qui s’est transformé en calvaire comptable ». En raison notamment de reports de charges et d’une comptabilisation de l’indemnité sur 2020, le bilan du Grütli pour l’exercice en question a présenté un résultat bénéficiaire. L’histoire ressemble donc à celle d’Equilibre-Nuithonie, mais avec une conclusion heureuse. « Une partie des indemnités pour pertes financières reçues du canton durant la première phase a effectivement dû être remboursée, mais uniquement pour des raisons comptables, et le canton nous a alloué un nouveau soutien. La légitimité de la demande a toujours été reconnue, c’était la forme qui restait à trouver. Nous sommes satisfait∙e∙s de la manière dont ça s’est passé, car nous avons pu discuter, comprendre, clarifier les situations. Le Grütli a pu obtenir un soutien suffisant et les sommes ont pu atteindre les personnes en situation de précarité, c’est ce qui est important ».</p>
<p>Le Théâtre Vidy-Lausanne avait, quant à lui, demandé des soutiens exceptionnels au début de la crise dans le cas où sa structure n&rsquo;aurait pas été éligible aux RHT. Les RHT ayant été acceptées, les indemnités avaient donc été rendues. Lorsque des compléments de RHT ont été versés rétroactivement en 2022-2023, générant par conséquent un bénéfice, le théâtre a rencontré un soutien  au niveau politique : Sophie Mercier, sa directrice administrative et financière, relate avoir demandé à la Ville, au Fonds intercommunal de soutien, à la Loterie Romande et au Canton de Vaud ce qui devait être fait des bénéfices. « Le Canton et le Fonds intercommunal de soutien nous ont, à titre exceptionnel, laissé faire des réserves. C’était une manière symbolique de faire un geste pour accompagner le coût de la vie »  </p>
<p><strong>Fribourg mauvais élève ?</strong></p>
<p>Dans le cas des institutions culturelles à but non lucratif, dont tout bénéfice est dédié au fonctionnement de l’association, un profit peut difficilement finir dans des poches privées. De plus, le critère d’utilisation « à bon escient » des indemnités, formulé par le <span style="text-decoration: underline;"><a href="https://www.parlinfo.fr.ch/dl.php/fr/ax-65a95253276e5/fr_RGC_2022-DEE-70_rapport_final_mesures_Covid.pdf" target="_blank" rel="noopener nofollow">Rapport sur les mesures d&rsquo;urgence et de relance du Canton de Fribourg</a></span> [1], contient une grande part de subjectivité dans ce contexte Covid sans visibilité, même à court terme. La Direction de la formation et des affaires culturelle (DFAC) fribourgeoise n’aurait-elle pas pu, comme ses homologues, « passer l&rsquo;éponge » et allouer ces montants au soutien à la culture pour les saisons à venir?</p>
<p>Non, répond Marianne Meyer Genilloud, secrétaire générale adjointe du département. « Il est attendu de l’administration et de ses services une application des dispositions légales telles qu’elles ont été prévues. Il n’est pas possible de changer les règles du jeu en cours de route, de modifier l’affectation des montants prévus dans le cadre du Covid ou de les transformer en soutiens financiers sans base légale ».</p>
<p>Du point de vue des structures qui en souffrent encore aujourd’hui, cette posture de l’État n’est pas juridique mais politique et témoigne d’une volonté défaillante de soutien à la culture. Pourtant, lorsque l’on regarde les <a href="https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/culture-medias-societe-information-sport/culture/financement/public/cantons-communes.html" rel="nofollow noopener" target="_blank">statistiques de l’OFS des dépenses culturelles des cantons </a>– hors dépenses extraordinaires advenues pour le Covid – Fribourg n’est pas à la traine puisqu’il a dépensé 190 francs par habitant·e en 2021; il est donc au-dessus de la moyenne romande de 162 francs. [2]</p>
<p><strong>« Le sport a apparemment été traité différemment dans ce Canton »</strong></p>
<p>La différence de fonctionnement entre la Direction de la sécurité, de la justice et du sport (DSJS) et la DFAC semble corroborer la supposition de différence de traitement entre sport et culture que formule Thierry Loup. Dans le Rapport sur les mesures d&rsquo;urgence mentionné plus haut, là où le bilan du plan de reprise culture exige des légitimes conditions « d’utilisation à bon escient », une « vérification générale » et des restitutions faites ou à faire, celui du sport est plus court, informant simplement que « les demandes ont été traitées par le Service du sport et validées ensuite par une commission ad hoc ». Contacté, le service confirme que des contrôles ont été régulièrement réalisés sans avoir révélé de situations abusives et qu’effectivement, par conséquent, le Département n’a pas eu besoin de revenir dessus.</p>
<p><strong>Solidarité et financements</strong></p>
<p>De telles différences de fonctionnement se retrouvent à tous les niveaux: entre les cantons, les départements, mais aussi entre les structures culturelles d’un même domaine, chacune ayant une envergure et une économie particulière. Malgré la grande utilité des faitières et fédérations à porter les intérêts communs au niveau national, dans une situation qui la place à part, une structure pourra se retrouver à se battre « seul·e ». Et « seul·e » prend encore un tout autre sens pour une compagnie ou un·e artiste indépendant·e. La plupart des théâtres ont pris le parti de payer les compagnies dont les spectacles avaient été annulés et de présenter eux-mêmes la perte au canton, comme cela a été le cas du Théâtre de Vidy et du Grütli. Marc-Erwan Le Roux souligne que le Grütli a eu la chance d’avoir les « ressources pour assumer une procédure qui s’est étendue sur deux ans et demi ». Ressources en temps et en connaissances administratives dont ne bénéficient pas toutes les compagnies et les indépendant·e·s.</p>
<p>Au-delà des situations de crise, cela pose la question de la marge de manœuvre institutionnelle par rapport aux règles fixées, lorsque ces dernières créent des laissé·e·s-pour-compte. Par ailleurs, les institutions ont-elles la responsabilité de prévenir l’entièreté des acteurs·ice·s culturel·le·s du danger? Quelle part peut dépendre d’une solidarité entre les membres du domaine, et quelle part doit venir de « plus haut » ?</p>
<p> </p>								</div>
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									<p><strong>Sources:</strong></p>
<p>[1] <a href="https://www.parlinfo.fr.ch/dl.php/fr/ax-65a95253276e5/fr_RGC_2022-DEE-70_rapport_final_mesures_Covid.pdf" rel="nofollow noopener" target="_blank">https://www.parlinfo.fr.ch/dl.php/fr/ax-65a95253276e5/fr_RGC_2022-DEE-70_rapport_final_mesures_Covid.pdf</a> , juin 2023</p>
<p>[2] <a href="https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/culture-medias-societe-information-sport/culture/financement/public/cantons-communes.html" rel="nofollow noopener" target="_blank">https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/culture-medias-societe-information-sport/culture/financement/public/cantons-communes.html</a></p>								</div>
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