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	<description>La culture romande sous tous les angles</description>
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		<title>Dandara Modesto X Edwin Correia</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Apr 2026 14:31:09 +0000</pubDate>
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<p><strong>Quatre ans après leur rencontre fortuite dans un bar à Salvador de Bahia, la chanteuse brésilienne Dandara Modesto et le guitariste franco-brésilien Edwin Correia s’apprêtent à présenter leur premier album en duo. <em>Chama</em> sortira le 30 avril, avec un vernissage prévu le 8 mai à la cave Marignac à Lancy. Pour l’occasion, L’Agenda est allé à la rencontre du guitariste Edwin Correia.</strong></p>

<p>Texte et propos recueillis par Marie-Sophie Péclard</p>

<p>Edwin Correia, aujourd’hui guitariste dans plusieurs formations et professeur à l’EJMA Valais (École de jazz et de musique actuelle), a grandi dans un environnement où la musique s’est imposée très tôt. Il passe son enfance dans un village près de Toulon, entre une mère française et un père brésilien, au contact des musicien·ne·s ami·e·s de sa famille. Il commence la guitare jeune, avec un professeur qui l’initie rapidement au jazz. À 17 ans, il rejoint Paris pour se former au Conservatoire, puis poursuit en musicologie à la Sorbonne.</p>

<p>« À ce moment-là, on parlait beaucoup de l’HEMU qui avait d’excellents professeurs, j’avais des amis sur Lausanne », raconte Edwin Correia. « J’ai adoré de cette ville, y ai découvert une scène déjà très riche, avec des grands festivals comme le Cully ou Montreux… J’ai eu la chance d’être pris en troisième année de bachelor pour finir mes études, j’ai rencontré des musiciens et ai réalisé mon premier album en trio jazz avec des influences de la région de mon père, le Pernambouc. »</p>

<p><strong>Jam session à Salvador</strong></p>
<p>Au fil de son parcours, Edwin Correia intègre progressivement des sonorités plus folkloriques à son jeu, notamment sous l’influence de son professeur de l’HEMU, Sylvain Luc, guitariste reconnu pour sa capacité à élargir les possibilités de l’instrument et à ouvrir le jazz à d’autres influences.</p>
<p>En 2022, il retourne au Brésil pour un voyage de trois mois durant lequel il accompagne une violoncelliste en tant que guide. « On a parcouru le pays, donné quelques concerts, et rencontré de nombreux musiciens qui nous ont transmis leur rapport à la culture populaire », raconte-t-il.</p>
<p>C’est au cours de cette immersion, lors d’une jam session dans un bar de Salvador de Bahia, que les routes d’Edwin et de Dandara Modesto se croisent. « Ce qui m’a frappé, c’est sa présence scénique, et sa façon de connecter avec le public ». Dandara Modesto est une artiste brésilienne dont le parcours s’est construit entre le Brésil et l’Europe. Elle développe un travail où se croisent traditions afro-brésiliennes et création contemporaine, à la frontière de la musique, de la performance et de la scène. Son approche accorde une place centrale au corps, à l’improvisation et à l’énergie du live, dans une recherche constante de connexion avec le public.</p>
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									<p>De cette rencontre naît une évidence musicale. Au-delà de leurs parcours différents, les deux artistes partagent un ancrage brésilien, une ouverture commune au métissage des genres, ainsi qu’une certaine proximité géographique puisque Dandara est basée… à Zurich. </p>
<p><strong>Pop, jazz et poésie </strong></p>
<p>De retour en Suisse, la chanteuse invite le guitariste à la rejoindre sur certaines dates de concerts, d’abord pour des reprises. Le duo rencontre un réel engouement du public tout en affinant leur complémentarité musicale. Pour Edwin, cette collaboration marque un basculement : « C’est la rencontre de deux mondes. Dandara vient de la musique traditionnelle brésilienne et de la pop, je viens du jazz. Ce qui était vraiment intéressant pour moi, c’est que j’avais une idée très académique de l’improvisation et de ses règles, un peu concentrée dans une boîte. Dandara m’a montré que l’on pouvait faire confiance à son corps, à son instinct, à l’interaction avec les autres. Elle a vraiment ce talent-là, improviser est quelque chose de naturel. »</p>
<p>Un projet d’album se dessine rapidement. Edwin compose la majorité des morceaux, tandis que Dandara et d’autres artistes apportent les textes. Les thématiques se précisent : leur musique veut parler de résistance, de l’oppression, de déconstruction, mais aussi laisser place à une poésie à l’interprétation plus libre. Pour Edwin, cette étape est l’occasion de s’interroger sur sa position de musicien : «  On peut apprendre la technique, mais trouver le bon propos, avec sa personnalité, son histoire, c’est un autre travail. Et c’est très intéressant d’y réfléchir. Aujourd’hui, j’ai le sentiment que ce disque est au plus proche de ce que je voulais raconter. »</p>
<p>Le duo puise également dans les références spirituelles de Dandara, notamment le candomblé, religion afro-brésilienne. Cette dimension nourrit en filigrane l’album et participe à sa couleur spirituelle.</p>
<p><strong>« Un cadeau du ciel »</strong></p>
<p>De la même manière, Dandara Modesto et Edwin Correia mélangent leurs influences et traditions, tout en cherchant à montrer une facette différente de la musique brésilienne. « C’était important pour nous de créer quelque chose d’original et de contemporain ».</p>
<p>L’album est enregistré en quatre jours à Bâle, au Beyond Groove Studio, dans une dynamique proche du live. Autour du duo, le batteur et percussionniste Paulo Almeida vient enrichir plusieurs morceaux, en y apportant ses parties rythmiques ainsi que sa voix. Le disque bénéficie ainsi de l’environnement analogique du studio qui façonne son identité sonore, entre textures organiques et couleurs rétro. « L’album a été enregistré sans post production mais les possibilités analogiques du studio ont donné un résultat assez produit qui donne un son résolument moderne », analyse Edwin.</p>
<p>À quelques jours de la sortie de l’album, Edwin Correia mesure le chemin parcouru : « Dandara collaborait beaucoup à l’extérieur de Suisse, avec des artistes portugais et brésiliens, tandis que je travaillais surtout dans le milieu du jazz et moins dans les musiques brésiliennes, ce qui était une vraie envie chez moi. Notre rencontre, un « cadeau du ciel », a permis de remplir ces cases manquantes. »</p>
<p><strong>De la lumière (« Luz ») à la flamme (« Chama »), le duo déploie en neuf titres un parcours musical aux atmosphères contrastées, entre intensité et retenue. Un album lumineux et poétique</strong></p>
<p><strong>Prochaines dates</strong></p>
<ul>
<li>Jeudi 30 avril 2026 : Sortie de l’abum « Chama » sur toutes les plateformes</li>
<li>Vendredi 8 mai 2026, 20h30 : Concert à la <a href="https://www.lancy.ch/agenda/dandara-modesto-edwin-correia" target="_blank" rel="noopener nofollow">Cave Marignac</a> – Genève</li>
<li>Samedi 9 mai 2026, 19h30 : Concert à l’<a href="https://www.emoh-leef.ch/" target="_blank" rel="noopener nofollow">EMOH LEEF</a> – Neuchâtel</li>
<li>Mercredi 24 juin 2026, 19h15 et 21h30 : Concert au <a href="https://www.lavauxclassic.ch/concert/24-06-2026-off-concert-en-duo-chansons-bresiliennes-suite/" target="_blank" rel="noopener nofollow">festival Lavaux Classic</a> – Jardins du Domaine Potterat, Cully</li>
</ul>
<p>Toutes les infos sur  <span style="text-decoration: underline;"><a href="https://edwincorreia.com/fr/" target="_blank" rel="noopener nofollow">www.edwincorreia.com</a></span></p>								</div>
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		<title>Julie Campiche – Unspoken : Donner de la valeur et du crédit à la parole des femmes, c’est quelque chose qui s’apprend</title>
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		<dc:creator><![CDATA[blogcom]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Apr 2026 17:35:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Jazz]]></category>
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<p><strong>Lors de la première édition de la Biennale In Situ en 2024, dans cette inattendue halle brute et volumineuse qu’est l’Espace Amaretto à Lausanne, nous avions découvert le projet <em>Unspoken</em> de la harpiste Julie Campiche. Pour le public installé sur des chaises longues entre des rideaux diaphanes, cette grande halle était soudain devenue un espace intime. Intime et puissant, alors que Julie nous racontait les portraits musicaux de femmes célèbres ou anonymes, redonnant voix à celles trop souvent réduites au silence par l’Histoire. À l’occasion de la sortie de l’album <em>Unspoken</em>, en février dernier, on a rencontré Julie Campiche autour d’un thé vert, chez elle à Plan-les-Ouates.</strong></p>

<p>Texte et propos recueillis par Katia Meylan</p>
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									<p><span data-contrast="auto">On aurait pu parler de son instrument qui s’exprime dans un langage bien à lui; de sa carrière qui s’étend au-delà des frontières suisses depuis des années; du fait que la musicienne a été la toute première harpiste à avoir obtenu le Master en composition et performance jazz à l’HEMU de Lausanne, en 2020. De son quartet qui dure depuis dix ans et qui, de plus en plus collectif dans sa manière d’aborder la création, cohabite à merveille avec ce premier projet solo. De la versatilité avec laquelle Julie se sert de sa harpe mais aussi de sa voix, des voix des autres, d’instruments mécaniques ou percussifs pour tracer les contours des portraits qu’elle raconte. De la façon dont sa musique l’habite. </span><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><i><span data-contrast="auto">Unspoken</span></i><span data-contrast="auto">, c’est de la musique, et c’est aussi un sujet de société, un cri du cœur. Un projet qui s’est fait de manière intuitive car elle en avait besoin, un projet qui l’a fait grandir. Qui la laisse ultra-documentée sur les droits des femmes et les avancées et reculs des lois qui les impactent. Le sujet l’anime, le sujet nous touche, alors on en a parlé.</span><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><b><span data-contrast="auto">Katia, pour L’Agenda : Qui sont pour toi les femmes à qui tu rends hommage dans les huit titres de ton album </span></b><b><i><span data-contrast="auto">Unspoken</span></i></b><b><span data-contrast="auto"> ? Comment es-tu arrivée à elles ?</span></b><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><b><span data-contrast="auto">Julie Campiche : </span></b><span data-contrast="auto">Au début de ce projet, j’ai collaboré avec une documentaliste spécialisée dans l’histoire des femmes, dans le but d’élargir mes connaissances. Et en fait, il y avait </span><i><span data-contrast="auto">tellement</span></i><span data-contrast="auto"> de matière ! Tellement d’histoires hallucinantes, de femmes inspirantes, d’expertes dans tous les domaines&#8230; Je le savais, intellectuellement, mais là, ça m’a fait comprendre </span><i><span data-contrast="auto">physiquement</span></i><span data-contrast="auto"> à quel point le fait d’effacer les femmes de l’espace public est un choix de la part de la société. Peut-être inconscient, qui suit des habitudes, des schémas de pensées&#8230; mais un choix quand même. Si la volonté d’avoir l’égalité dans l’espace publique était là, il y en aurait la possibilité.</span><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">C’était un boulot de titan d’aller creuser tout ça dans le délai qui m’était imparti – et je ne suis ni journaliste, ni historienne. Donc, pour ce projet, j’ai consciemment décidé de revenir à un choix subjectif. J&rsquo;ai composé les portraits de femmes dont les actions m’ont touchée, dont les histoires m’ont fait grandir, dont j’admirais la manière de mener leur vie. Dès le moment où j’ai pris cette décision, ça m’a donné l’opportunité de dégager du temps pour creuser leurs histoires.</span><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><b><span data-contrast="auto">Comment tu as procédé pour les raconter en musique ?</span></b><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">J’ai fonctionné, comme toujours, de manière intuitive, tout en étant très au clair sur </span><i><span data-contrast="auto">pourquoi</span></i><span data-contrast="auto"> je compose. Derrière tous mes morceaux il y a une histoire – plus ou moins explicite. Dans le cas de </span><i><span data-contrast="auto">Unspoken</span></i><span data-contrast="auto">, je savais ce que j’avais envie de raconter, de transmettre comme émotion, pourquoi je voulais faire le portrait de ces femmes.</span><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><b><span data-contrast="auto">Pourquoi ?</span></b><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">Quand je suis devenue maman pour la première fois, j’ai vécu les inégalités de genre beaucoup plus fortement. Jusque-là, en venant d’un milieu peu conservateur, j’avais le sentiment d’être épargnée. Avec l’arrivée de la parentalité, la pression de la société à t’assigner à des rôles genrés est assez trash. Et&#8230; moi ça me convenait pas. J’ai commencé à m’intéresser plus en détail à des sujets de féministes, et en faisant ce travail, j’ai acquis des outils pour poser des mots sur ce que je ressentais, sur des schémas de société, sur les violences faites aux femmes. Poser des mots permet de prendre conscience de ce qui permet à cette violence d’exister, et d’en sortir. Bien sûr, moi, je vis une version très édulcorée de cette violence, mais au fond, c’est la même, car elle est systémique. </span><span data-ccp-props="{}"> </span></p>								</div>
				</div>
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									<p><b><span data-contrast="auto">Ton projet touche à des sujets sensibles. Comment tu gères ça ? En tant que spectatrice, par exemple, je trouve que ton portrait de Maman du ciel, à qui on a retiré la garde de son enfant pour avoir dénoncé une suspicion d’inceste de la part du père, est très fort. On pourrait se laisser submerger par l’émotion&#8230; </span></b><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">Au début, oui c’était ça ! Surtout que je suis le parcours d’autres femmes à qui c’est arrivé – parce que malheureusement, Maman du ciel n’est pas une exception mais un exemple frappant parmi beaucoup d’autres. Il y a des périodes où ce n’est pas facile. Mais je me vois comme un médium – dans le sens, un moyen de faire passer un message, une émotion. Si moi je pleure sur scène, je ne permets pas au public d’accéder à cette émotion. Alors j’ai dû apprendre à prendre de la distance tout en restant ultra impliquée, j’ai dû trouver un équilibre entre ces mouvements contraires qui doivent cohabiter. Aussi, j’ai réfléchi à comment aborder ces sujets sans que ça soit trop violent, pour ne pas que les auditeurs et auditrices se ferment mais au contraire, que ça ouvre des portes, des propositions de chemins. Le cas de Maman du ciel, qui comporte une part de lumière, m’a permis de le faire.</span><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><b><span data-contrast="auto">Pour toi, en tant qu’artiste, cette prise de parole est-elle une forme d’extériorisation, un devoir&#8230; ?</span></b><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">Là aussi, ça part du fait d’être devenue maman. J’ai pu observer qu’une des meilleures manières de faire évoluer les mentalités reste l’exemple. Quand mon aînée, à 4 ans, avait commencé à s’intéresser au saxophone, je lui avais demandé si elle voulait en jouer, et elle a éclaté de rire en disant « mais non maman, c’est un instrument pour les garçons ! ». Tout simplement parce que sa référence, c’était le saxophoniste de mon quartet. Évidemment, après ça, elle a eu le droit de regarder plein de vidéos YouTube de femmes qui jouaient du saxophone ! (</span><i><span data-contrast="auto">rire</span></i><span data-contrast="auto">). Si les enfants ont des références dans tous les domaines, eux-mêmes peuvent se projeter dans tous les domaines. C’est pareil pour le fait de donner de la valeur et du crédit à la parole des femmes : c’est quelque chose qui doit s’apprendre.</span><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><b><span data-contrast="auto">Quels échanges tu as eu avec le public ?</span></b><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">Je n’ai pas fait encore beaucoup de concert avec </span><i><span data-contrast="auto">Unspoken</span></i><span data-contrast="auto">, mais jusqu’à maintenant, à chaque fois, on vient me parler de Grisélidis Réal. Je crois que les gens kiffent ! (</span><i><span data-contrast="auto">rire</span></i><span data-contrast="auto">) Il y a quelque chose dans le groove du morceau, et quelque chose de tellement franc du collier dans sa manière à elle de parler, c’est phénoménal ! </span><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><b><span data-contrast="auto">Quel est le plus beau retour qu’on pourrait te faire au sujet de ce projet ?</span></b><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">Je ne suis pas du genre à avoir des attentes spécifiques, plutôt à recevoir ce qui se passe. Mais par exemple, le fait que ça t’ait touché, pour moi c’est beau à recevoir ! Ce qui a été génial aussi, c’est que j’ai reçu des mails suite à la première, du 8 mars 2024, d’hommes qui m’ont écrit pour me partager leurs histoires, plusieurs jours après le concert. Je me suis dit&#8230; « une graine a été plantée ». Ne pas laisser indifférent, surtout sur des sujets aussi profonds, pour moi c’est le plus beau des cadeaux. </span> </p>
<p><span data-contrast="auto">***</span><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">L’album </span><i><span data-contrast="auto">Unspoken</span></i><span data-contrast="auto"> est sorti en février dernier, et Julie Campiche a entamé une tournée, donc la plupart des concert auront lieu cet automne 2026.</span><span data-contrast="auto"> </span><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><b><span data-contrast="auto">Julie Campiche solo – Unspoken </span></b><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">&#8211; Vendredi 1</span><span data-contrast="auto">er</span><span data-contrast="auto"> mai 2026, <a href="https://schaerholzbau.ch/fr/bau_4/julie-campiche-solo-unspoken/" target="_blank" rel="noopener nofollow">Bau4</a>, Altbüron (Lucerne)</span><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">&#8211; Vendredi 10 juillet 2026,<a href="https://www.podring.ch/" target="_blank" rel="noopener nofollow"> Pod’Ring</a> (Bienne)</span><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">&#8211; Jeudi 26 novembre 2026, Le Groove (Genève)</span> <br /><span data-contrast="auto">Dans le cadre du festival <a href="https://lescreatives.ch/" target="_blank" rel="noopener nofollow">Les Créatives</a></span><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">Pour suivre les dates à venir : </span><a href="http://www.juliecampiche.com/" target="_blank" rel="noopener nofollow"><span data-contrast="none"><span style="text-decoration: underline;">www.juliecampiche.com</span></span></a><b><span data-contrast="auto"> </span></b> </p>								</div>
				</div>
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																<a href="https://www.l-agenda.ch/wp-content/uploads/2026/04/Julie-Campiche.jpg" data-elementor-open-lightbox="yes" data-elementor-lightbox-title="Julie Campiche" data-e-action-hash="#elementor-action%3Aaction%3Dlightbox%26settings%3DeyJpZCI6Mjc0MjcxLCJ1cmwiOiJodHRwczpcL1wvd3d3LmwtYWdlbmRhLmNoXC93cC1jb250ZW50XC91cGxvYWRzXC8yMDI2XC8wNFwvSnVsaWUtQ2FtcGljaGUuanBnIn0%3D">
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		<title>Tatiana Eva-Marie – Une pirate le cœur aux quatre vents</title>
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		<pubDate>Fri, 18 Jul 2025 14:01:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Avril 2024, à l’issue de la première d&#8217;Eden Park au théâtre l’Oriental à Vevey, une jeune femme rejoignait le cast [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="260881" class="elementor elementor-260881" data-elementor-settings="{&quot;ha_cmc_init_switcher&quot;:&quot;no&quot;}">
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<p><strong>Avril 2024, à l’issue de la première d&rsquo;<em>Eden Park</em> au théâtre l’Oriental à Vevey, une jeune femme rejoignait le cast sous les applaudissements du public. Fébrile d’émotion, fière de témoigner du succès de cet opéra dont &#8211; on l’apprendra en sortant &#8211; elle a signé le livret. Tatiana Eva-Marie, chanteuse de jazz établie à Brooklyn, prisée par les clubs, admirée par la presse et le public, est un astre lumineux et enjoué ayant vécu toute sa vie sur scène. Aujourd’hui, elle est aussi une plume, à qui l’air lémanique insuffle une nouvelle trajectoire. En conteuse magnétique, elle nous embarque sans boussole dans ses histoires d’amour géographiques, dans la jungle du business musical new yorkais, dans ses écoles buissonnières manouches.</strong></p>
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					<h6 class="elementor-heading-title elementor-size-default"><a href="#chezjacquet">
→ Tatiana Eva-Marie + The Echoes of Django – Chez Jacquet ← (DJANGO)</a></h6>				</div>
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									<p>Interview: Katia Meylan</p>
<p><strong>Lausanne t’a vue grandir, Paris devenir adulte et Brooklyn bâtir une carrière ; quelle essence tu gardes de chacun de ces lieux ?</strong></p>
<p>C&rsquo;est difficile à dire maintenant, mais plus jeune, je n’étais pas du tout attachée à Lausanne, je m’y sentais enfermée, avec les montagnes en prison métaphorique. Je voulais aller à Paris pour être comédienne, on pouvait pas me retenir ici. Alors je suis partie à Paris à 15 ans, toute seule. Ma mère a dit « pas question que tu ailles jouer à Arthur Rimbaud à Paris, tu vas t’inscrire à l’Université ». J’ai étudié la littérature médiévale anglaise &#8211; j’étais contente, ça m’allait bien car j’étais toujours le nez fourré dans les livres. Paris, c’était une libération. Ce que j’en ai retenu, c’est la vie de bohème totale. Le rêve, la littérature qui se transforme en réalité. Tout ce que j’espérais, je l’ai trouvé à Paris. Après une dizaine d’années, j’étais tellement amoureuse de Paris que je me suis dit « si je pars pas maintenant, je partirais jamais ». J’ai un passeport américain et je voulais faire du jazz&#8230; ça aurait été bête de ne pas aller à New York. C’était comme quitter un amoureux. Je suis arrivée à New York en pensant que j’y resterai un an ou deux, mais j’y suis restée quinze ans.</p>								</div>
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									<p><strong>Nouvel amoureux&#8230;</strong></p>
<p>&#8230; nouvel amoureux, mais en mode syndrome de Stockholm ! New York, c’est le <em>toxic boyfriend, </em>qu’on n’aime pas, mais c’est la passion alors on ne peut pas partir. Ce que j’ai retenu de New York, c’est que ce n’est pas la bohème. Du tout. C’est le business, c’est marche ou crève. Une course qui n’arrête jamais. Tu dois tout le temps faire tes preuves, tout le monde te rappelle bien que tu es remplaçable à n’importe quel instant. Tu vis dans une frénésie, tu es le hamster dans la roue qui tourne. C’est d’une injustice terrible, il n’y a aucune aide, mais en même temps, il y a cette liberté qui vient avec la loi de la jungle. On peut aller frapper aux portes et elles s’ouvrent, même si c’est pour se faire dire « casse-toi ». À New York, on peut être dans un boui-boui assis à côté d’un milliardaire qui va nous dire “je t’offre un boulot demain”. C’est pas un mythe, c’est vraiment comme ça que ça marche aux États-Unis. Les premiers six mois, c’était l’enfer &#8211; j’ai découvert par exemple que je ne savais même pas faire marcher une machine à café &#8211; mais peu à peu, j’ai rencontré les bonnes personnes : le gars dans la finance qui joue du piano en amateur et qui te donne un coup de pouce, le dealer de diamants géorgien qui aime la musique et t’introduit dans un club où il connait tout le monde&#8230; J’ai commencé par jouer dans des petits bars, j’ai travaillé, me suis donnée à fond, j’ai été frapper aux portes, j’ai décroché une place dans la plus grande agence de jazz américaine. À New York, il faut dire oui à tout – enfin non, pas à tout ! (<em>rire</em>). Mais il ne faut pas se méfier des gens par principe, car là-bas, ça marche beaucoup comme ça. Il faut faire confiance à ce qui nous arrive, utiliser son instinct d’araignée, observer : ce tigre-là a l’air repu, il ne va pas me manger ce soir. C’est des risques que je prendrais pas à Paris, parce que j’ai l’impression que là-bas, quand quelqu’un veut faire un écart, c’est pas forcément pour une bonne raison. Alors qu’à New York, tout est perpétuellement ouvert à l’imprévu. Ça m’a convenu parce que j’ai un esprit de pirate et d’aventurière, et que j’ai su jouer de ça. C’est intéressant, d’avoir vécu ça, ça m’a énormément appris.</p>								</div>
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									<p><strong>« D’avoir vécu ça », tu en parles au passé ?</strong></p>
<p>&#8230; Oui&#8230; là, je me demande parfois si tout ça est nécessaire. Peut-être que c’est comme ça que ça marche seulement parce qu’on nous dit que c’est comme ça que ça marche. Je me détache un peu de cette industrie de la musique, qui d’ailleurs n’est plus très actuelle ! &#8230; C’est des vieux dinosaures, qui essaient de garder leur bout de gras en voulant nous faire croire que les choses marchent toujours comme il y a vingt ans, mais c’est pas vrai. Les choses ne marchent même plus comme il y a un an. Et moi je ne sais pas comment je vais changer avec ce monde qui change. Comme je fais ce métier depuis toujours, ça n’a jamais été un <em>rêve</em>, c’était déjà mon quotidien. Mes parents sont tous les deux dans le milieu du spectacle, alors dès qu&rsquo;il y avait besoin d’une petite fille sur scène, j’étais là ! Je n’ai jamais associé le métier de la scène au succès. Pour moi, le succès c’est un outil pour arriver au public, c’est tout. Faire passer un moment de rêve, qui touche, qui fait rire, qui fait pleurer, c’est ça ma vocation.</p>
<p><strong>Donc, tu es à un tournant ? Tu quittes New York ?</strong></p>
<p>Quand la pandémie a éclaté, j’étais en tournée en Europe, et j’avais le choix entre retourner à New York dans une cage à lapin, ou rentrer à Chailly  chez maman, avec un petit jardin. Donc j’ai décidé de revenir ici. Pendant cette période, j’ai pu me promener dans la forêt et au bord du lac, je ne croisais personne. On était en tête à tête, Lausanne et moi, et là&#8230; Je tombe une nouvelle fois amoureuse. Ça me prend complètement par surprise ! Lausanne, c’est le voisin d’à côté que j’ai snobé toute ma vie parce que je me pensais trop bien pour lui ! (<em>rire</em>). Maintenant, je puise toute mon inspiration dans le Lac Léman. Il a quelque chose de magique, non ? J’avais peur de m’ennuyer ici. Et je me suis rendu compte que c’est à New York que je m’ennuyais, sans le réaliser car je comblais constamment cet ennui.</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;">Tatiana Eva-Marie dans le film <em><a href="https://www.epicentrefilms.com/film/swing-rendez-vous/" target="_blank" rel="noopener nofollow">Swing rendez-vous</a> </em>(2022),<br />librement inspiré de sa vie à Brooklyn</p>								</div>
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									<p><strong>Et ici comme ailleurs, tu trouves une voie. J’ai vu – et adoré! – l’opéra <a href="https://www.l-agenda.ch/eden-park-a-prohibition-opera/" target="_blank" rel="noopener"><em>Eden Park</em></a>, dont tu as écrit le livret, qui a rempli quinze dates en avril 2024.</strong></p>
<p>Oui, on a été très touchés par ce succès, surtout pour un opéra original, en anglais sans sous-titres! L&rsquo;idée de composer un opéra ensemble, avec Gérard Massini (<em>nrdl, le compositeur de la musique d’Eden Park</em>), on l’avait eue à quoi, douze, treize ans ? On a renoué pendant la pandémie et on l’a fait ! C&rsquo;est entre autres cette expérience qui m’a donné envie de passer plus de temps ici, de contribuer à cette ville que j’ai voulu fuir et que j’aime à nouveau.</p>
<p><strong>Tu as aussi intégré la scène jazz locale en rejoignant le groupe Echoes of Django. Comment tu trouves l’équilibre avec le Avalon Jazz Band, ton groupe à Brooklyn ?</strong></p>
<p>C’est très différent, et c’est normal : ce n’est pas la même culture. En Amérique, je suis la chef de chantier. Avec les garçons d’Echoes of Django, on a un atelier de création. Ils ne jouent pas que du gipsy jazz, ils font de la pop, sont fous de chanson française. J’ai trouvé une communauté, j’ai l’impression de les avoir connus toute ma vie, que ce sont des anciens camarades de classe avec qui repartir en école buissonnière!</p>								</div>
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									<p><iframe title="Tatiana Eva-Marie + The Echoes of Django – Chez Jacquet (DJANGO)" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/kPg_yMyvpoA?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>								</div>
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									<p><strong>Ensemble vous avez enregistré un album, <em>Django’s Tiger</em>, à paraitre fin 2025. Un répertoire qui vous lie, que vous connaissez sur le bout des doigts&#8230; </strong></p>
<p>&#8230; et avec lequel on a tout le temps des surprises ! Django Reinhardt a tellement écrit, et on l’a tellement entendu interprété de la même manière. C&rsquo;est un immense compositeur, il nous offre de la matière tout le temps, si on veut bien oser écouter différemment. Ce que j’ai voulu faire, c’est le chanter, alors j’ai écrit beaucoup de paroles sur ses musiques. C’était un grand défi et j’avais un peu peur, car c’est un dieu sacré dans ce monde qui peut être assez fermé, codifié&#8230; Mais j’ai été extrêmement bien accueillie ! Ça donne envie d’explorer encore et encore, j’ai l’impression que c’est infini.</p>
<p><strong>Quels sont les projets sur lesquels tu travailles en ce moment ?</strong></p>
<p>Je sais pas si c’est une question d’âge, mais j’ai de plus en plus envie de passer de l’autre côté, c’est pour ça que je commence à écrire. J’aimerais faire de la mise en scène aussi, peut-être réaliser un film. Mon rêve absolu – que je partage avec Gérard [<em>Massini</em>] – c’est d’avoir un centre culturel, un lieu de création où on pourrait allier toutes les formes d’art et de fête. Pour l’instant, on prépare un nouveau projet d’opéra, inspiré de <em>L’Écume des jours</em>. On a déjà écrit et composé un tiers, on a commencé à faire le casting. On est allés rendre visite à Nicole Bertolt, qui s’occupe de la Fondation Boris Vian à Paris – elle est extraordinaire –, elle nous a fait visiter l’appartement de Boris Vian, sa terrasse qu’il partageait avec le Moulin Rouge. Pour moi qui suis une <em>fan girl </em>de Boris Vian depuis toujours, c’est encore plus stressant d’écrire une adaptation qu’un livret original ! C’est un beau projet&#8230; J’ai l’impression de faire un bébé avec Boris Vian, avec Gérard Massini comme mère porteuse (<em>rire</em>).</p>
<p><strong>Comment tu t’imagines à 80 ans ?</strong></p>
<p>À 80 ans ?! &#8230; Vivante, déjà&#8230; En fait, je m’imagine assez clairement. Je m’imagine en une sorte de marraine un peu folle, qui a un serpent dans une cage et un perroquet mort en guise de chapeau – un peu Tim Burton, tu vois ? Avec un espace pour accueillir les jeunes des artistes qui viendraient peindre, ou jouer du piano. Je ferais le café, j’amènerais les gâteaux, et on aurait des grandes conversations philosophiques.</p>
<p>***</p>								</div>
				</div>
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					<h4 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Petit questionnaire de Proust de Tatiana Eva-Marie</h4>				</div>
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									<p><strong>Un objet que tu emmènes partout</strong><br />Mes clés&#8230; (<em>elle cherche dans son sac) </em>mais pour une raison particulière<em>&#8230; (elle en sort son porte-clés, une petite cloche de vache aux motifs suisses</em>). Maintenant que je me suis souvenue d’où je viens !</p>
<p><strong>L’activité qui occupe le plus clair de ton temps<br /></strong>Réfléchir à mes prochains projets artistiques.</p>
<p><strong>Ta madeleine </strong><br />L’odeur du Lac Léman.</p>
<p><strong>Un conseil que tu n’as jamais écouté</strong><br />Fais attention.</p>
<p><strong>Un conseil que tu donnerais à une petite Tatiana</strong><br />Fais attention ! On a besoin de conseils qu’on écoute pas.</p>								</div>
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		<title>Louise Knobil : le jazz engagé, brut et coloré</title>
		<link>https://www.l-agenda.ch/louise-knobil/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[blogcom]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Mar 2025 08:27:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Jazz]]></category>
		<category><![CDATA[#cully]]></category>
		<category><![CDATA[#interview]]></category>
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		<category><![CDATA[#LaetitiaPralong]]></category>
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					<description><![CDATA[Fin d’après-midi, alors que les rues lausannoises fourmillent, je rencontre la musicienne Louise Knobil dans un café. Avoir pu trouver [&#8230;]]]></description>
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<p><strong>Fin d’après-midi, alors que les rues lausannoises fourmillent, je rencontre la musicienne Louise Knobil dans un café. Avoir pu trouver un moment pour s’entretenir avec la compositrice-interprète aux multiples facettes – contrebasse, basse, chant – tient presque du miracle dans son agenda foisonnant de concerts. On se glisse au coin de la salle, le temps d&rsquo;évoquer son nouveau mini-album aux lignes poétiques et puissantes, « Knobisous », et son prochain concert au Cully Jazz Festival, accompagnée de Chloé Marsigny à la clarinette basse et de Vincent Andreae à la batterie. Un trio à écouter en live sous le Chapiteau le vendredi 4 avril.</strong></p>

<p style="text-align: left;">Texte et propos recueillis par Laetitia Pralong<br />Photo: Pierre Daendliker</p>
<p><strong>Laetitia Pralong – L’Agenda : Vous avez sorti un nouvel mini-album en automne passé, « Knobisous ». On peut lire dans la presse que c’est un projet coloré, joyeux, frais. Et vous, comment qualifieriez-vous cet album ?</strong></p>
<p><strong>Louise Knobil</strong> : Je dirais que c’est de la militance et des situations de vie joyeuses mais avec une couche assez intense. Je trouve ce projet quand même un peu plus sombre, un peu plus travaillé que le premier album, surtout parce que j’ai décidé de virer les instruments harmoniques. Il y a quelque chose de plus brut et de plus assumé dans ce que je raconte.</p>
<p><strong>On a aussi l’impression que les textes jouent avec la musique, que les mots répondent aux contours musicaux. Est-ce que le texte émerge en même temps que la musique ?</strong></p>
<p>Dans ma manière de composer ce sont des étapes qui s’entremêlent à chaque fois, mais l’idée première c’est une thématique. Je vais penser à un sujet – par exemple le coming-out –, ce sujet va m’accompagner dans la vie de tous les jours et, petit à petit, certains mots, certains bouts de phrases vont émerger. En général, j’arrive avec un texte assez élaboré et je m’amuse à faire une mélodie à partir de ce texte. Puis, je vais au piano, j’essaie de trouver une harmonie, je prends ma contrebasse et je cherche une ligne basse. Vient ensuite la partie la plus difficile qui consiste à synchroniser la base avec ma partie de contrebasse ; à ce moment, la mélodie peut encore bouger… Donc c’est processus avec des étapes, oui, mais c’est aussi un processus où tout se fait ensemble.</p>
<p><strong>Vous avez écrit précédemment en anglais, dans ce mini-album vous chantez entièrement en français. Comment choisissez-vous votre langue, vos mots ? </strong></p>
<p>Je suis passée au français parce que je trouve que les mots ont des sonorités très amusantes. Il y a des mots qui sont drôles, absurdes ou plus brutaux. Souvent, je trouve un mot qui m’amuse en lien avec une thématique et je construis un texte autour.</p>
<p><strong>Le projet musical Knobil c’est un univers visuel affirmé, vous avez notamment dessiné la pochette de l’album. Quel est le lien le visuel et la musique dans votre travail?</strong></p>
<p>J’ai l’impression que la musique et le dessin, ce sont des extensions de ce qui se passe dans mon cerveau. J’aime les contrastes, la couleur – littéralement, dans les arts visuels –, les atmosphères. J’ai l’impression que ma musique permet justement de créer des ambiances très définies grâce à son côté minimaliste.</p>
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									<p><strong>J’ai été frappée par la récurrence de termes comme « rebelle » ou « punk » dans les articles à votre sujet. Comment recevez-vous ces qualificatifs ? </strong></p>
<p>Cela me fait toujours un peu rire, parce qu’au départ, dans mes premiers groupes, j’étais à la basse électrique et on faisait du garage punk dans les squats. Progressivement je suis passée au jazz, qui est un univers perçu comme plus élitiste, plus sérieux. Donc je trouve amusant quand le monde du jazz me qualifie comme rebelle, parce que j’ai été bien plus rebelle dans le passé ! Au final, je suis assez fière que ce soit cela qui ressorte dans la musique que je défends actuellement. Et, pour moi, le jazz à la base c’est une musique de contre-culture, qui est politique et qui doit le rester.</p>
<p><strong>Vous êtes en tournée avec votre trio et vous jouez un nombre impressionnant de concerts, en Suisse romande, en Suisse allemande mais aussi en France. En quoi le fait de jouer toutes ces dates transforme-t-il votre rapport aux morceaux ?</strong></p>
<p>Artistiquement je pense que c’est une chance énorme de pouvoir jouer autant pour le trio. Pour reprendre l’historique du jazz, les groupes iconiques – comme le quartet de Coltrane –, jouaient tous les soirs trois sets et ils ont marqué l’histoire du jazz parce qu’ils avaient un son de groupe unique. En tant que personne qui vient du jazz et qui aime cette musique, je trouve incroyable qu’on puisse jouer autant pour pouvoir développer notre son. J’espère que cela va durer longtemps !</p>
<p><strong>Et j’imagine que vous ressentez déjà une évolution entre le son du trio au début de votre tournée et maintenant…</strong></p>
<p>Oui ! Et en fait, pour moi, l’intérêt du jazz et des musiques improvisées c’est le concert, parce que, quand tu vas voir un concert, tu sais que tu vas voir quelque chose que tu ne pourras pas voir une deuxième fois. Je me questionne aujourd’hui de plus en plus sur l’intérêt de réaliser un album de jazz avec beaucoup de parties improvisées étant donné qu’avec les technologies actuelles on peut tout corriger. Je sais que je n’ai pas le même investissement émotionnel lorsque j’écoute un disque de jazz des années soixante – qui est capté d’une seule traite – que lorsque j’écoute un disque de jazz enregistré aujourd’hui. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai décidé que le concert qu’on va jouer au Cully Jazz sera un disque enregistré en live, tel quel, avec tous les risques que ça comporte.</p>
<p><strong>Pourquoi avoir choisi de cet faire cet enregistrement à l’occasion du Cully Jazz ?</strong></p>
<p>Parce que je suis née à Lausanne, j’ai grandi avec ce festival et c’est vraiment un honneur et un accomplissement de pouvoir faire le chapiteau de ce festival. C’est un rêve de gosse.</p>
<p><strong>Vous aurez le temps d’aller un peu traîner dans les caveaux et d’aller écouter quelques concerts ? </strong></p>
<p>J’espère ! En tous cas je suis sûre d’aller voir les concerts des copain∙e∙s, et d’aller jamer dans le festival off.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><a href="http://%0dwww.knobil-music.com/" target="_blank" rel="noopener nofollow">www.knobil-music.com</a></span></p>
<p><a href="http://www.cullyjazz.ch/fr/concert/recjYvLSuNWBKS18W-chucho-valdes-royal-quartet" target="_blank" rel="noopener nofollow"><span style="text-decoration: underline;">www.cullyjazz.ch</span></a></p>								</div>
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		<title>Laurent Bortolotti, danseur de claquettes</title>
		<link>https://www.l-agenda.ch/laurent-bortolotti-improv-iste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[blogcom]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Nov 2024 14:21:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article paru dans L'Agenda papier]]></category>
		<category><![CDATA[La Semaine de L'Agenda]]></category>
		<category><![CDATA[#claquettes]]></category>
		<category><![CDATA[#danse]]></category>
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					<description><![CDATA[Depuis plus de trente ans, le danseur de claquettes Laurent Bortolotti vole de projets en projets, de villages en capitales [&#8230;]]]></description>
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									<p></p>
<p><strong>Depuis plus de trente ans, le danseur de claquettes Laurent Bortolotti vole de projets en projets, de villages en capitales au gré de ses envies et des rencontres imprévues, comme si, au détour d’un club de jazz, Hermès lui-même lui avait confié une paire de claquettes ailées.</strong></p>
<p></p>
<p>Texte et propos recueillis par Katia Meylan<br />Portrait paru dans L&rsquo;Agenda 106 (janv-fév. 2024)</p>
<p>La danse est souvent une interprétation de la musique, plus rarement une interprète elle-même!</p>
<p>Atypique dans sa façon d’aborder son art, Laurent Bortolotti se considère autant musicien que danseur. « C’est le jazz qui m’a amené aux claquettes », expliquet- il. Il évoque des 78 tours trouvés un peu par hasard dans une brocante, l’envie de bouger sur ce jazz des années 20 à 40 qui, adolescent, l’a tout de suite saisi. À 13 ans, le jeune Yverdonnois qu’il était, devenu entre-temps admirateur de Fred Astaire, voit une publicité pour un championnat de claquettes à Lausanne. Quelques temps plus tard, il intégrait un cours à l’École de Danse Martin.</p>
<p></p>
<p></p>
<p><strong>Le berceau des claquettes jazz</strong></p>
<p>À la fin des années 90, Laurent Bortolotti part vivre aux États-Unis avec son bagage de jeune danseur. « Là-bas, j’ai retrouvé mon<br />primus motus animi: le jazz », raconte-t-il. Il mentionne sa professeure Heather Cornell et se remémore les grands maîtres, alors encore vivants: Jimmy Slyde, Buster Brown, les Nicholas Brothers&#8230; « À New York, les danseurs de claquettes se retrouvaient pour improviser dans le mythique club Swing 46. Trois jours après être arrivé, je me suis lancé sur scène sans même savoir ce qu’était un standard de jazz! Bien-sûr, je me suis complètement planté ! », rit l’artiste à ce souvenir.</p>
<p><strong>Un artiste consciencieux</strong></p>
<p>L’expérience lui inculque que plus la connaissance de la musique est profonde, plus le jeu est subtil. Laurent Bortolotti ne s’est donc pas contenté d’apprendre les structures des standards de jazz, mais s’est appliqué à développer sa perception de l’harmonie et des variations à l’intérieur de chaque section. « Aujourd’hui, quand j’écoute un morceau, au lieu d’entendre un tapis sonore, j’arrive à en déceler la construction, et je peux décider comment intervenir – de façon musicale ou dansée – en connaissance de cause. Quand je pratique, je pense à la fois cet aspect-là et à l’esthétique des mouvements, que je peux chorégraphier pendant les parties thématiques. Mais lorsque j’improvise, il faut tout oublier, pour être dans le moment présent. »</p>
<p></p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><em>Photos de Grégoire Fillion / Festival de Musique Improvisée de Lausanne 2023. </em></p>								</div>
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									<p><strong>L’expression sous toutes ses formes</strong></p>
<p>Depuis 2004, avec sa compagnie jazz é-tap, il développe ce moyen d’expression sous différents formats, du solo au sextet, de la fiction musicale et théâtrale au spectacle didactique pour enfant, du jazz manouche à la musique latine. Il commande parfois des compositions pour claquettes à des amis musiciens, car ces pièces sont plutôt rares. L’une des marques de fabrique de Laurent Bortolotti est d’être également percussionniste accompagnateur. « Même en Amérique, je n’ai pas vu ça souvent! », affirme-t-il. « On a l’habitude de voir le danseur devant et les musiciens derrière. J’aime avoir un grand plancher pour pouvoir danser pendant mes solos, mais aussi une petite planche sur le côté, où je me mets quand j’accompagne les autres avec un groove simple. J’aime que les musiciens et le danseur soient disposés de manière rapprochée sur scène, au plus intime, et si possible le public aussi! ». Ce constat rejoint de fait son souhait de créer des projets qui mettent le partage au premier plan.</p>
<p><strong>Un artiste migrateur</strong><br />En 2018 et 2019, Laurent Bortolotti traverse l’Amérique centrale en bus avec sa petite planche à la rencontre des artistes locaux·ales.<br />En 2023, il entreprend une tournée de trois mois au Mexique et au<br />Guatemala avec des amis rencontrés lors des deux premiers voyages. « Je pourrais vous raconter des centaines d’anecdotes, les meilleures comme celles dont je me serais bien passé! Quand les expériences se présentent, il faut toutes les vivre! », sourit-il. Il revient sur ce festival de jazz au Guatemala, où il avait eu la mauvaise surprise de découvrir que son collègue pianiste allait devoir jouer sur un synthétiseur auquel il manquait quatre octaves&#8230; Il raconte aussi l’enthousiasme et la chaleur rencontrée en route, notamment dans une région du Mexique où le zapateado, une danse traditionnelle percussive, avait instantanément créé le lien entre les habitant·e·s et lui: « Je faisais quatre bis et la fête se prolongeait jusqu’au milieu de la nuit! ».</p>
<p><strong>Pierre qui roule amasse tout de même de la mousse</strong></p>
<p>« J’ai joué dans des lieux auxquels ne n’aurais jamais pensé avoir accès, par exemple le club de jazz Sunset-Sunside à Paris, où ont joué toutes mes idoles, et dans des lieux comme le Festival de Musique Improvisée de Lausanne, le festival Marigliano in Jazz ou le Generations Jazz Festival de Frauenfeld. Ça me fait tellement plaisir que des clubs et des festivals considèrent que les claquettes ont leur place dans le milieu de la musique jazz, au même titre que tout autre instrument! C’est une vraie reconnaissance. »</p>
<p><strong>Trio Improv&rsquo;iste</strong><br />Depuis sa création, le trio a existé en diverses configurations, au fil des envies. Depuis quelques temps, il s’épanouit dans la formule piano, vibraphone et claquettes.</p>								</div>
				</div>
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									<p><strong>Où écouter Laurent Bortolotti prochainement?</strong><br />Trio Improv&rsquo;iste<br />Samedi 23 novembre 2024 à 21h<br />Chorus Jazz Club, Lausanne<br />Tarif: 25.-<br /><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://chorus.ch/events/trio-improv-e2-80-99iste-2/" target="_blank" rel="noopener nofollow">www.chorus.ch</a></span></p>								</div>
				</div>
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		<title>Inri</title>
		<link>https://www.l-agenda.ch/inri/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[blogcom]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Oct 2024 15:18:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article paru dans L'Agenda papier]]></category>
		<category><![CDATA[Classique et opéra]]></category>
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		<category><![CDATA[Jazz]]></category>
		<category><![CDATA[La Semaine de L'Agenda]]></category>
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		<category><![CDATA[#jazz]]></category>
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		<category><![CDATA[#yverdon]]></category>
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					<description><![CDATA[Jouée en première mondiale les 6 et 7 juillet derniers au Théâtre du Jorat, INRI rassemble une quarantaine d’artistes dans [&#8230;]]]></description>
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									<p></p>
<p><strong>Jouée en première mondiale les 6 et 7 juillet derniers au Théâtre du Jorat, <em>INRI </em>rassemble une quarantaine d’artistes dans une version jazz de la <em>Passion selon Saint-Jean</em> de Jean- Sébastien Bach. Le groupe No Square, la compagnie de danse ADN Dialect, le Sinfonietta de Lausanne et le choeur Post Tenebras Lux matérialisent la rencontre de l’écrit et de l’improvisé, du millénaire et du présent, du métaphorique et du tangible. On reste bouche bée du début à la fin.<br />À revoir à Yverdon le 1er novembre.</strong></p>
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									<p>Texte et propos recueillis par Katia Meylan</p>
<p>Il est de ces projets qui attendent patiemment dans un coin de tête que vienne leur heure. « C’était une des énièmes fois que j’allais voir la <em>Passion selon Saint-Jean</em> à la Cathédrale de Lausanne. Je m’étais dit qu’on devrait essayer de la reprendre, se rappelle André Hahne, bassiste, compositeur et fondateur du groupe jazz <span style="text-decoration: underline;"><a href="http://www.no-square.com/" target="_blank" rel="noopener nofollow">No Square</a></span>. Mais il fallait d’abord un concept ». Quelques années plus tard, le musicien partageait la création artistique de No Plan B, inspiré du concept de « jam » jouée et dansée, avec le chorégraphe Angelo Dello Iacono et le compositeur et arrangeur Ben Schwendener, qui travaillait sur Bach depuis des années. « J’avais trouvé les personnes qu’il me fallait! ». De plus, 2024 était le timing rêvé, marquant à la fois les 30 ans de No Square et les 300 ans de la <i>Passion</i>.</p>
<p><strong>Le pilier Bach – respect des partitions et liberté</strong></p>
<p>André Hahne s&#8217;empare donc de Bach et sa <em>Passion</em> comme base solide. « Les parties chorales sont chantées presque telles quelles – avec une certaine liberté dans leur ordre d’apparition. » Celles-ci sont interprétées par le <a href="https://www.sinfonietta.ch/" target="_blank" rel="noopener nofollow">Sinfonietta de Lausanne</a><span style="background-color: var(--ast-global-color-5); font-size: 1rem;"> et Post Tenebras Lux, dirigés par <a href="https://www.celinegrandjean.ch/" target="_blank" rel="noopener nofollow">Céline Grandjean</a>. Une cheffe de choeur qui devient multi-tâches, incarnant un personnage tout en </span><span style="font-style: inherit; font-weight: inherit; background-color: var(--ast-global-color-5);">amenant l’orchestre et le choeur à enrober le quintet jazz, qui lui, interprète la partition de façon plus libre. « On aurait pu imaginer improviser autour de la cheffe&#8230; mais ça n&rsquo;aurait pas marché », explique le bassiste. « Comme la musique n’est pas écrite à la base pour être jouée avec un <em>time</em> de batterie, l’impulsion doit partir du quintet ». Il ajoute que la musique d&rsquo;<em>Inri</em> n’est pas vraiment une réécriture de l’oeuvre mais plutôt une analyse de chacune des parties. <a href="https://www.benschwendener.com/" target="_blank" rel="noopener nofollow">Ben Schwendener</a> s&rsquo;est ensuite attelé à fournir aux musiciens jazz la grille de la <em>Passion</em>, soit la structure harmonique et rythmique à partir de laquelle improviser. « Je me suis rendu compte que ces grilles – qui sont vraiment incroyables – ne sont pas celles dont on a l’habitude. Elles sont beaucoup plus compliquées que le langage de base qu’on a pour se comprendre en jazz. Bien sûr, Bach s’en foutait si tel passage faisait neuf ou sept mesures », rit le musicien, « alors ça demande plus de travail pour être aux rendez-vous. Mais on s’est aménagé des grilles dans lesquelles on peut se lâcher ! ».</span></p>
<p><strong>Le pilier Jésus – foi en la gestuelle</strong></p>
<p>Pour raconter l’histoire des derniers jours de Jésus sur terre, André Hahne et Angelo Dello Iacono, fondateur de la compagnie de danse <a href="https://adndialect.ch/" target="_blank" rel="noopener nofollow">ADN Dialect</a>, metteur en scène et chorégraphe du projet, sont retournés aux textes. « J’ai une bible maintenant! », lance fièrement André. « Quelle version? », le provoque amicalement Angelo, sur quoi les deux artistes s’accordent pour dire que les divergences sont justement ce qui fascine. « Ce sont les phénomènes sociologiques qui m’intéressent. Mes réflexions portent sur la manière dont je peux les évoquer, sous forme vivante et multiple », exprime le chorégraphe. Dans ses propos, on reconnait aussi les valeurs de sa compagnie, qui mise sur la personnalité de chaque artiste plutôt que sur la chorégraphie souveraine. « Les artistes, qu’ils soient musicien∙ne∙s ou danseur∙euse∙s, joueront chacun∙e avec leur instrument, avec la même part de repères fixés que de liberté ».</p>								</div>
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									<p><strong>L&rsquo;engouement</strong></p>
<p>Le soir de la première, au Théâtre du Jorat, le public était debout. Parmi les spectateur·ice·s, nous avions peine à refermer la bouche, tant nous avons été pris de frissons et d&rsquo;émotion par ce qui se déroulait sur scène. Il y avait tant à voir à la fois! Les chanteur∙euse∙s et les musicien∙ne∙s (mention spéciale au saxophoniste Guillaume Perret) étaient magnifiques d&rsquo;investissement corporel, aussi incarné∙e∙s que les danseur∙euse∙s. Les rôles se mêlaient et n&rsquo;avaient de cesse de questionner.</p>
<p>Lors du bord de scène avec les artistes, quelques commentaires avaient témoigné de l&rsquo;engouement du public: <span style="background-color: var(--ast-global-color-5); font-size: 1rem;">« Bach a dû se retouner dans sa tombe&#8230; mais pour mieux voir et mieux entendre! </span><span style="font-style: inherit; font-weight: inherit; background-color: var(--ast-global-color-5);">» lance un homme. </span><span style="background-color: var(--ast-global-color-5); font-size: 1rem;">« Ce soir, il s&rsquo;est passé quelque chose d&rsquo;important », professe un autre.</span></p>								</div>
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									<p><strong>Informations pratiques:</strong></p>
<p>Vendredi 1er novembre 2024 à 20h<br />La Marive, Yverdon-les-Bains<br /><a href="https://www.theatrebennobesson.ch/programme-24-25/inri" target="_blank" rel="noopener nofollow"><span style="text-decoration: underline;">www.theatrebennobesson.ch</span></a></p>								</div>
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		<title>Virginia Sirolli, à la reconquête des planches</title>
		<link>https://www.l-agenda.ch/virginia-sirolli/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[blogcom]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Sep 2024 12:12:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article paru dans L'Agenda papier]]></category>
		<category><![CDATA[La Semaine de L'Agenda]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[#AthénaDuboisPèlerin]]></category>
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		<category><![CDATA[#jazz]]></category>
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					<description><![CDATA[Suite à un concert donné au BFM en novembre 2023, notre rédactrice Athéna Dubois-Pèlerin avait rencontré la jeune étoile de [&#8230;]]]></description>
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									<p><strong>Suite à un concert donné au BFM en novembre 2023, notre rédactrice Athéna Dubois-Pèlerin avait rencontré la jeune étoile de la comédie musicale Virginia Sirolli. Dans L&rsquo;Agenda n°107, l&rsquo;artiste était revenue sur son parcours, du Conservatoire populaire de Genève aux castings de West End. Nous, on est fan, alors on a voulu reposter ici son portrait, pour celles et ceux qui ne la connaissent pas encore!</strong></p>
<p><!-- /wp:paragraph --></p>
<p><!-- wp:paragraph --></p>
<p>Texte et propos recueillis par Athéna Dubois-Pèlerin</p>
<p><!-- /wp:paragraph --></p>								</div>
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									<p>C&rsquo;était un vendredi soir de novembre 2023, le Bâtiments des Forces Motrices à Genève affichait complet. Des familles entières se pressaient dans la salle pour assister au concert <em>Young Broadway</em> donné par le collectif LYMPA, qui réunissait sur scène six chanteur·euse·s solistes de comédie musicale et l’orchestre du Collège de Genève sous la baguette du chef Philippe Béran. Stupeur au moment du très attendu <em>Gethsemane</em>, morceau-phare de l’opéra-rock <em>Jesus Christ Superstar</em>: « Jésus » s’avance, c’est une très jeune femme en combinaison argentée, le regard de biche étiré à l’eyeliner, la tête ceinte d’un impressionnant chignon frisé, à défaut d’une couronne d’épines. Chatoyante, la voix de soprane s’approprie la mélodie avec une aisance insolente, refuse tout compromis avec la partition écrite pour voix d’homme, soigne les graves veloutés, éclate dans les aigus lancinants du Christ se préparant à la crucifixion.</p>								</div>
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									<p>Rideau. Dans le foyer du BFM, le public se gratte la tête, encore sonné. On cherche en vain le nom de la chanteuse, qui ne figure nulle part dans le programme du concert.</p>
<p>Un mois plus tard, nous la retrouvions dans un café du centre-ville à Genève, vêtue cette fois d’un simple pullover, cheveux lâchés et sourire décontracté aux lèvres. Virginia Sirolli, artiste italo-suisse de 24 ans, était de passage dans sa ville d’enfance – en coup de vent, comme toujours. Les Abbruzzes dans le sang, Genève dans le coeur et tout Broadway dans la voix, la jeune femme passait alors le plus clair de son temps à Londres, où la prestigieuse Mountview Academy venait de lui décerner son diplôme de comédie musicale.</p>								</div>
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									<p><strong>Au pied levé</strong><br />Tout en sirotant un thé à la menthe, elle raconte les coulisses de la fameuse soirée au BFM, où elle a été appelée à remplacer au pied levé l’un des ténors de la production, terrassé par une extinction de voix. « Jeudi à 23h, Ylan [<em>Assefy-Waterdrinker, directeur artistique </em><em>de LYMPA, ndlr</em>] me demande si je peux reprendre le rôle. Je ne connaissais aucun des morceaux. J’ai dit oui, immédiatement, pour ne pas me laisser le temps de tergiverser. »</p>
<p>Comment accomplit-on un tel tour de force? « Oh, c’était très ambitieux! reconnaît Virginia, l’oeil brillant. Mais c’est ça, la scène: l’appel du vide, et le saut à exécuter. C’est normal d’avoir le vertige. Mais dans ce métier, j’ai appris à ne pas redouter l’inconfort: c’est une étape transitoire, qui a pour but de nous faire mûrir. »</p>
<p><strong>Du ballet à la comédie musicale</strong><br />Des mots qui surprennent dans une bouche aussi jeune, mais Virginia Sirolli n’est pas à un contraste près. C’est avec une gaieté philosophe qu’elle revient sur les surprises et les déceptions qui jalonnent la vie d’artiste du spectacle. La sienne commence comme tant d’autres, enfant de la balle née de deux parents chanteurs d’opéra, minois mutin et esprit généreux qui se destine très tôt à la scène. Aux vocalises, elle préfère toutefois les pointes: la danse classique est son premier, et restera longtemps, son seul amour. À 11 ans, sitôt finie l’école primaire, elle intègre la filière pré-professionnelle du Conservatoire populaire de Genève, et s’entraîne à raison de 20 heures par semaine.</p>
<p>Quatre ans plus tard, c’est le drame: ses genoux lâchent, son corps épuisé par les entraînements lui fait comprendre que la carrière de ballerine n’est pas pour elle. À l’amertume de la désillusion s’ajoute un profond sentiment d’aliénation qui entraînera la jeune fille jusque dans les gouffres de l’anorexie. « Ça a été si dur, en pleine adolescence, de devoir faire ce travail de deuil et de renaissance. De réapprendre à aimer ce corps qui m’empêchait de faire ce que j’aimais le plus au monde. »</p>
<p>En 2017, un séjour à Londres lui fait découvrir les spectacles de West End et lui fournit l’occasion d’un premier cours de chant, pour lequel elle se révèle douée. La comédie musicale lui apparaît alors comme une planche de survie, un moyen de se donner à la scène sans épuiser son corps. « J’ai déplacé sur le chant tout le bagage que j’avais durement acquis pendant mes années de danse. Toute la rigueur, la discipline, le sens de la beauté, l’amour de l’excellence. J’ai compris que ce que j’aimais dans la danse, ce n’était pas tant le mouvement du corps, mais l’expression qu’il permet. Et cette expression, cette narration, je pouvais aussi la capturer par le chant et par le théâtre. »</p>								</div>
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									<p><em>Photo ©Marco Pugliese</em></p>								</div>
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									<p><strong>Le rôle de l’échec</strong><br />Sa première tentative d’intégrer une école de comédie musicale échoue, mais à la seconde, elle est reçue à Mountview. S’ensuivent trois années de formation pratique en chant, danse et théâtre, qui lui donneront notamment son plus beau rôle à ce jour sur scène, celui de Morticia dans <em>La Famille Addams</em> d’Andrew Lippa. Pour autant, tout n’est pas gagné à l’obtention du diplôme. « On ne parle pas assez du rapport à l’échec dans ce milieu, alors que c’est une composante essentielle de tous les parcours, sans exception. Être artiste du spectacle, c’est courir les castings, et donc fatalement enchaîner les refus. Derrière chaque réponse positive se cachent 30, 50, peut-être même 100 échecs. »</p>
<p>Un refus particulièrement douloureux? « Le rôle de Christine, dans une production du <em>Fantôme de l’Opéra</em>. Mais je ne désespère pas de le chanter un jour. » La comédie musicale culte d’Andrew Lloyd Webber serait donc son Saint-Graal personnel? « Non, le rôle de mes rêves, c’est Cunégonde, dans l’opérette <em>Candide</em> de Bernstein. Mais voilà qui ouvre la porte à d’autres problèmes. »</p>
<p>Elle sourit en secouant ses boucles, pointe du doigt un énième contraste qui sous-tend sa personnalité d’artiste: une voix de jeune première, dans un corps androgyne qui ne correspond pas entièrement aux critères de beauté qui sévissent dans l’industrie du spectacle. Ainsi, les rôles pour lesquels on l’envisage à Londres se réduisent encore trop souvent à des personnages secondaires cocasses, des folles ou des sorcières. « Des personnages féminins excentriques ou abrasifs. Rarement des protagonistes ingénues. Mais les temps changent, les mentalités s’élargissent petit à petit. »</p>
<p>Et en Suisse? « Ici, tout est encore à inventer! La comédie musicale est un art mineur dans ce pays, alors même qu’il y a un public fervent et une vraie soif pour ce genre de spectacles…» </p>
<p>***</p>
<p>Depuis cette interview, la jeune femme suit son petit bout de chemin:  Elle a notamment mené la Revue Genevoise en 2024, tenu le rôle de Nala dans le spectacle du<em> Roi Lion</em> à Disneyland Paris, de Marta dans la comédie musicale <em>Company&#8230; </em>et même obtenu sa place dans l&rsquo;émission The Voice il y a quelques jours!</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">virginia-sirolli.com</span></p>								</div>
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		<title>OXEON à l&#8217;aube</title>
		<link>https://www.l-agenda.ch/oxeon-thelonica/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[blogcom]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Jun 2024 13:09:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Musique actuelle]]></category>
		<category><![CDATA[#jazz]]></category>
		<category><![CDATA[#JeanneMöschler]]></category>
		<category><![CDATA[#musique]]></category>
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					<description><![CDATA[Au soleil levant, les sonorités colorées et intimes du duo OXEON résonneront à la Jetée de la Compagnie, à l’heure [&#8230;]]]></description>
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<p><strong>Au soleil levant, les sonorités colorées et intimes du duo OXEON résonneront à la Jetée de la Compagnie, à l’heure où roches et poissons sont encore endormis. Lea Gasser à l’accordéon et Sylvie Klijn, au chant, explorent avec leur instrument et une pédale d’effet un univers bien à elles. Rencontre avec ces deux passionnées de musique à l’énergie inspirante.</strong></p>

<p>Texte et propos recueillis par Jeanne Möschler<br />Photo: ©Laurent Guignard</p>
								</div>
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									<p><strong>En route vers le jazz</strong></p>
<p>Leur amitié et leur duo sont nés pendant leur Master en jazz à L’HEMU de Lausanne. C’est pourtant en musique classique que Lea et Sylvie ont commencé leur formation, mais elles ont toutes deux décidé de suivre une autre voie.</p>
<p>La Suissesse Lea Gasser découvre, enfant, l’accordéon, « un instrument fascinant par la manière dont il bouge avec tous ses boutons ». Cependant, ce n’est pas dans le classique qu’elle se sent le plus à son aise: « Après mon Bachelor à la Haute Ecole des Arts de Berne, j’ai même un peu perdu l’envie de jouer. Pendant quelques années, j’ai voyagé et commencé des études. J’ai ensuite voulu reprendre la musique à fond, mais plutôt en jazz. C’est plus facile d’y trouver son langage, tu peux faire un solo juste avec des silences et trois notes et ça peut être très touchant et très beau. » Sylvie étudie quant à elle le piano aux Pays-Bas et poursuit avec un Master à l’université d’Utrecht, en Arts and Society. Invitée par une professeure de chant à Lausanne, elle a l’occasion de réaliser un échange à l’HEMU, où elle peut suivre le Master en chant et composition jazz. Passionnée par le théâtre, elle a tout à coup un déclic et le chant se révèle comme une fusion entre ses deux univers, « dans la manière de se présenter au public pour lui raconter une histoire ».</p>
<p>Hybrides entre un univers classique qu’elles se réapproprient et un univers jazz qu’elles aiment explorer, les deux amies et musiciennes nomment leur duo OXEON, un terme qui fusion ‘voix’ et ‘accordéon’. Sous ce nom, elles sortent leur album <em>Somewhere far</em> en 2023, avec de nombreux concerts à la clé.</p>								</div>
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									<p><strong>Une intime palette de couleurs</strong></p>
<p>Comment décrire leur musique? C’est une question qu’elles posaient parfois à leur public lors de moments d’échanges afin de pouvoir définir un style ou plutôt, comme le précise Lea, une ambiance. « On cherche dans les détails des atmosphères pour créer un monde à nous, avec des morceaux qui montrent plein de couleurs différentes. On utilise aussi une pédale à effets, qui nous permet de chercher plein de sonorités différentes ». « La dimension colorée se situe aussi dans la manière dont on voit le projet » ajoute Sylvie. « Avant chaque concert, on se dessine notamment des triangles de couleur sur les bras, c’est un moment méditatif et symbolique. » Pour composer, elles font moitié-moitié. Toujours à l’écoute l’une de l’autre, elles se complètent et s’inspirent mutuellement en mêlant leurs univers: « parfois on prend un morceau classique qu’on arrange » explique Lea « ou on part d’une ligne ou d’un motif de base et après vient une histoire qu’on a envie de raconter ». Le thème de la nature notamment est central dans leur nouvel album, « la nature comme refuge dans des mondes loin d’ici », glisse Sylvie.</p>								</div>
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									<p style="text-align: right;"><em>Photo ©Gennaro Scotti</em></p>								</div>
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									<p>Les différentes langues dans lesquelles la musicienne hollandaise chante – néerlandais, anglais, allemand, français, portugais, espagnol, italien – permettent aussi au groupe d’explorer diverses ambiances. « Chaque langue a sa propre sonorité et musicalité… on utilise sa bouche de manière très différente. Aussi, je chante en italien même si je ne le parle pas, et il y a un réel travail pour apprendre à prononcer correctement. » Cette large palette d’univers se traduit bien dans leur album, riche en ambiances. « Parmi les morceaux d’OXEON, c’est difficile de choisir un hit. On varie entre des morceaux tristes et lourds et d’autres joyeux avec une toute autre énergie. <em>O Cessate</em> représente bien notre univers, mais <em>Inside-Out</em> est bien plus rythmique, ou il y a encore <em>The Call,</em> qui est très <em>colorful</em>… » hésite Lea. « En fait, il faut écouter tout l’album » concluent-elle en riant.</p>
<p>Pour la suite, elles ont pour projet de composer ensemble de A à Z, en intégrant leur pédale d’effet pendant le processus de création. Une utilisation qui leur permettrait de se diriger vers des sons plus <em>underground</em>. « On a tendance à vouloir toujours bien jouer et rester un peu trop douces, cela vient de notre éducation musicale classique, mais aussi de notre éducation de femmes. On va essayer d’être <em>uglier</em> et plus folles », avancent-elles.</p>
<p>Un grain de douceur et de folie qu’elles se réjouissent de partager avec leur public le 17 août aux aurores, au son des clapotis du Léman: « C’est une belle atmosphère de se réveiller tous ensemble, dans un début de journée doux en musique ».</p>
<p><strong>OXEON</strong><br />Samedi 17 août 2024 à 6h du matin<br />La Jetée de la Compagnie, Lausanne<br /><span style="text-decoration: underline;"><a href="http://www.leagasser.ch/oxeon" target="_blank" rel="noopener nofollow">leagasser.ch/oxeon</a></span><br /><span style="text-decoration: underline;"><a href="http://www.sylvieklijn.nl/oxeon" target="_blank" rel="noopener nofollow">sylvieklijn.nl/oxeon</a></span></p>								</div>
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									<p><span style="color: #ffffff;"><strong>Des moments musicaux aux aurores et à prix libre à la Jetée de La Compagnie</strong></span></p>
<p><span style="color: #ffffff;">Organisée par l’association Thelonica, la série de concerts 2024 s’ouvrira ce samedi 22 juin sur le jazz de l’artiste Anouar Kaddour Cherif, inspiré de ses racines musicales algériennes. La suite de la saison accueillera notamment Lakna, artiste métisse suisse-burkinabée à l’univers mêlant pop, néo-soul et R&amp;B, la violoncelliste franco-américaine Sonia Wieder-Atherton dans un répertoire riche entre classique, contemporain et expérimental, ou encore le duo composé de Matthieu Michel et Patrice Moret, respectivement à la trompette et à la contrebasse. Les concerts ont lieu tous les samedis matin à 6h, du 22 juin au 24 août. En cas de pluie, ils sont reportés au dimanche.</span></p>
<p><span style="color: #ffffff;">Retrouvez tout le programme sur:</span> <a href="http://www.thelonica.net" target="_blank" rel="noopener nofollow"><span style="text-decoration: underline;">thelonica.net</span></a></p>								</div>
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									<p style="text-align: right;">S<em>hems Bendali et Théo Duboule à la Jetée de la Compagnie, 2018. Photo: Florine Mercier, pour L&rsquo;Agenda</em></p>								</div>
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		<title>Deux quartets pour un Friday night détendu mais sérieux chez Jazz Onze+</title>
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		<pubDate>Mon, 13 Sep 2021 07:01:00 +0000</pubDate>
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<p class="has-text-align-justify"><strong><strong>Le festival JazzOnze+ était de retour la semaine dernière, et L&rsquo;Agenda a eu l’immense plaisir d’occuper un siège de la salle Paderewski et d’être ainsi baigné dans l’astmosphère envoûtante et bienfaisante du jazz pour deux moments très distincts et rassasiants. En effet, vendredi soir, après le guitariste suisse Louis Matute Quartet en première partie, c’est le saxophoniste canado-haïtien Jowee Omicil qui a joué, sublime et impétueux, mettant le feu à la scène lausannoise de Montbenon pour une édition avancée dans ses dates.</strong> </strong></p>



<p>Texte:  Marion Besençon </p>



<p><strong><strong>Louis Matute Quartet, dans l’intimité d’un créateur suisse</strong> </strong><br>Profondément ancrée dans l’ADN du festival, la musique classique sera mise à l’honneur au travers d’une sélection d’œuvres phares.  Pour cette édition retour après l&rsquo;annulation du festival en 2020, la soirée jazz du vendredi avait programmé Louis Matute et le quartet qu’il forme avec Léon Phal, Virgile Rosselet et Nathan Vandenbulcke. Une première partie foisonnante pour un public de salle hélas encore clairsemé ce qui n’aura pas suffi à désenflammer ou débrancher le guitariste trend et chouchou du festival (en showcase d’ailleurs lors de la conférence de presse), qui a rapidement partagé avec la salle Paderewski qu’il était encore la tête dans ses polyphonies de la Renaissance, de retour de la <a href="https://www.batie.ch/fr/programme/matute-louis-super-flumina-babylonis" rel="nofollow noopener" target="_blank"><span class="has-inline-color has-vivid-cyan-blue-color"><span style="text-decoration:underline;">Bâti</span>e</span>&#8211;<span class="has-inline-color has-vivid-cyan-blue-color">Festival </span></a>de Genève&#8230; Et c’est tant mieux! puisque les festivalier∙ère∙s ont eu le privilège de voir un musicien-compositeur à la recherche de mélodies et peut-être de paroles, avec simplicité et aisance, ce qui aura aussi permis de mettre le doigt sur ce que l’artiste porte du contemporain et sans doute de suisse par cette accessibilité gentille et sans manière d’inclure ceux qui l’écoutent.  </p>



<p>Une performance livrée avec brio par un quartet qui participe aux grandes rencontres musicales de l’année et qui aura su faire le spectacle crescendo pour un final feux-d’artifice à la <em>Whiplash</em>.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><a href="https://www.l-agenda.ch/wp-content/uploads/2021/10/louis-matute.webp"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.l-agenda.ch/wp-content/uploads/2021/10/louis-matute.webp" alt="louis-matute, photo Thea Moser" class="wp-image-75199" srcset="https://www.l-agenda.ch/wp-content/uploads/2021/10/louis-matute.webp 1024w, https://www.l-agenda.ch/wp-content/uploads/2021/10/louis-matute-300x225.webp 300w, https://www.l-agenda.ch/wp-content/uploads/2021/10/louis-matute-150x113.webp 150w, https://www.l-agenda.ch/wp-content/uploads/2021/10/louis-matute-768x576.webp 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption>photo: Thea Moser</figcaption></figure></div>



<p class="has-text-align-justify"><strong><strong>Jowee Omicil, du saxo et les registres du crime</strong> </strong><br>En musicien confirmé quand il entre en scène, le très prisé (<em>The Eddy</em>, Netflix) Jowee Omicil ouvre le show en sortant ses nombreux instruments d’un cabas bien que ce soit du saxophone dont il jouera. Très stylé, il ôtera ses couches de t-shirts successives comme à Montreux pour en débardeur nous laisser voir ses bras fins et musclés – <em>ndlr il faudrait lui demander s’il fait du yoga</em>. Une prestation rocambolesque pour une narration enlevée où les racines du jazz seront détournées pour ne pas dire moquées, une attention de tous les instants qu’il exige dans un face-à-face avec son public qu’il excite jusqu’à la réaction. Et c’est à propos qu’il cherche une interface à sa hauteur, s’affirmant très frontal dès ses premières foulées, taquinant l’audimat suisse réputé frileux. Après avoir écumé quelques clichés lausannois, et en sorcier, il convoquera le mythe Nina Simone et mettra tout en oeuvre pour que nous donnions de la voix, portant éventuellement jusqu’à nos conscience une large question: aime-t-on plutôt oui ou non participer aux festivités? </p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.l-agenda.ch/wp-content/uploads/2021/10/jowee-omicil-1.webp" alt="jowee-omicil-1 Photo: Yann Laubscher" class="wp-image-75200" srcset="https://www.l-agenda.ch/wp-content/uploads/2021/10/jowee-omicil-1.webp 1024w, https://www.l-agenda.ch/wp-content/uploads/2021/10/jowee-omicil-1-300x225.webp 300w, https://www.l-agenda.ch/wp-content/uploads/2021/10/jowee-omicil-1-150x113.webp 150w, https://www.l-agenda.ch/wp-content/uploads/2021/10/jowee-omicil-1-768x576.webp 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Photo: Yann Laubscher</figcaption></figure></div>



<p>Et c’est ce qu’il obtiendra des réactions vives et contrastées révélant que personne n’est indifférent. <br>Démontrant s’il le fallait qu’il est un performeur hors-pair, il parviendra ensuite à faire se lever et se trémousser un public conquis après qu’avec classe il nous ait ramené à sa réalité d’être un jazzman complet, jouant quelques notes de piano, instrument qui, il l’apprendra tard, était l’instrument d’une mère qu’il n’a pas connu longtemps.</p>



<p>Dans une salle presque pleine, il nous a été donné de voir un grand nom se déchaîner puis sortir de scène et s’asseoir l’espace d’un instant sur les marches à nos côtés. L’intention sans doute d’une performance musclée dont nous n’avons pas fini de reconstituer le fil rouge puisqu’elle s’impose en dialogue avec les tribulations qui toutes et tous nous secouent présentement.  <br></p>



<p><strong>JazzOnze+</strong><br>Du 8 au 12 septembre 2021<br>Casino de Montbenon, Lausanne<br><a href="http://www.jazzonzeplus.ch" rel="nofollow noopener" target="_blank"><span class="has-inline-color has-vivid-cyan-blue-color"><span style="text-decoration:underline;">www.jazzonzeplus.ch</span></span></a> </p>
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