Mary Poppins : bonheurs enfantins au Théâtre de Beaulieu

Elle est là, suspendue dans les airs, fidèle à son image. Mary Poppins est l’invitée de l’Association pour la Formation des Jeunes Danseurs (AFJD), aux côtés des élèves de la filière « Danse-Études » de Béthusy. Si la nounou garde les traits du personnage cinématographique, le récit est librement adapté.

Les banquiers, les pingouins, les ramoneurs… tous les acolytes de Mary Poppins sont présents. Si l’action se situe principalement à Londres, on assiste à un voyage scénique : Russie, Andalousie, États-Unis… avec un hommage tout à fait décalé, mais parfaitement réussi, à la fameuse chorégraphie du rappeur coréen Psy !

Les danseurs, âgés de 11 à 17 ans, offrent une palette visuelle des plus réussies : costumes bariolés ou classiques, sandales ou pointes… L’univers des claquettes fait également partie de l’aventure, grâce à la Compagnie Junior de Fabrice Martin.

Humour, magie et tendresse sont au rendez-vous. Malgré quelques longueurs dans les transitions, probablement dues à la primeur de la représentation, ce spectacle enchante petits et grands tout au long de la soirée. À (re)voir les vendredi 22 et samedi 23, à Lausanne.

Gagnez vos invitations pour la représentation de vendredi !

MPO_2

Danse

Mary Poppins : bonheurs enfantins au Théâtre de Beaulieu Lire la suite »

« Dernières séances », lueurs d’espoir pour le cinéma africain

L’Association  pour la photographie « Focale » à Nyon accueillera du 17 mars au 28 avril le témoignage de l’artiste française Cécile Burban. Une exposition de photos poignantes sur la réalité du cinéma sur le continent africain.

Une artiste indignée

Après avoir travaillé sept ans dans la distribution cinématographique, Cécile Burban se consacre entièrement à une carrière artistique. C’est la rencontre avec le cinéaste malien Souleyman Cissé qui la sensibilise à la situation culturelle en Afrique : après un premier reportage sur le cinéma itinérant au Mali, « Dernières séances » est une exposition qui veut témoigner des difficultés de la culture cinématographique en Afrique.

Projet "DERNIÈRES SÉANCES" , cinéma le Ciné Manding, Bamako, MaliÀ titre de comparaison, la Suisse bénéficie d’un peu plus de 300 cinémas pour 8 millions d’habitants. Le Tchad, par exemple, n’offre pour sa part qu’une salle de cinéma pour onze millions d’habitants.

Dans les années 70’ en Afrique, les salles de cinémas sont passées entre les mains de l’Etat qui, suite à  une reconsidération budgétaire, a rangé la culture en dernière place. Les structures culturelles, très peu rentables, ont donc finalement été vendues et privatisées à nouveau. Aujourd’hui, une salle de cinéma ferme chaque mois sur le continent africain, et c’est par le biais de quelques salles éphémères que le cinéma survit.

Si la première raison d’un tel désengagement est financière, on peut également soupçonner les États de refuser leur soutien à un cinéma africain engagé, susceptible d’éveiller la conscience du public sur des sujets sensibles.

Une artiste engagée

C’est ainsi que l’exposition se veut porte-parole d’une situation passée sous silence. La question est, en effet, uniquement discutée en privé, par des cercles et des associations de personnalités du cinéma africain et de soutien à la culture, mais peu sur la scène politique.

« Ces photos veulent sensibiliser les gens sur l’importance et la place de la culture » déclare Cécile Burban. Sensibiliser, plus généralement, à propos de la situation de tous les pays dans lesquels les salles de cinéma sont menacées et luttent pour leur survie.

Pendant des années, le cinéma a été un lieu de rassemblement communautaire, où enfants, parents, voisins, amis, jeunes et anciens, se rassemblaient dans la joie de vivre un moment magique.  « Des photos chargées d’âme et d’histoire. Ces lieux m’ont saisi par leur poésie ». Aujourd’hui, tout n’est qu’une vaste ruine où demeure toujours l’âme de cette vie passée.

« Ce n’est pas de la mémoire, ce n’est pas terminé, c’est juste entre parenthèses ». À en croire l’artiste, ces salles de cinéma ne sont pas des cadavres mais des corps endormis. Les photos de Cécile Burban montrent que ces structures sont toujours là, toujours présentes, toujours prêtes à accueillir, à nouveau le public. Des images lumineuses, chargées d’espoir, rapportant le portrait de lieux et de gens qui mènent un combat.

Projet "DERNIÈRES SÉANCES" cinéma le Vox, Bamako, Mali

Cécile Burban fait partie de l’association « Les Villages Enchantés », une équipe de bénévoles et de professionnels du cinéma qui apportent la magie et le bonheur du grand écran sur le continent africain.

L’exposition est ouverte de mercredi à dimanche de 14h00 à 18h00. L’entrée est libre. Vous trouverez plus d’informations sur le site web  www.focale.ch.

Matteo Gorgoni

Exposition

« Dernières séances », lueurs d’espoir pour le cinéma africain Lire la suite »

Monsieur et Madame Rêve : un voyage par Pietragalla et Derouault

C’est avec émerveillement que nous avons découvert mardi soir, la nouvelle création de la compagnie Pietragalla-Derouault : un spectacle interdisciplinaire et novateur qui a fasciné un public très hétéroclite.

Vingt heure mardi soir, la salle est comble au Théâtre de Beausobre. Les lumières s’éteignent, le rideau s’ouvre sur un monde fantastique : pendant une heure et demie, le spectateur est immergé dans l’imaginaire des artistes. Leurs peurs, leurs doutes, leur quotidien, leurs idéaux, leurs amours. Un grand voyage, où l’on oscille entre un rêve un peu fleur bleue et futuriste et l’angoisse d’une réalité réinterprétée : on y danse la guerre, on y danse l’absurdité d’une société névrosée… Sur une musique envoûtante, Marie-Claude Pietragalla et Julien Derouault évoluent gracieusement. Leur gestuelle nous raconte l’histoire d’un couple, l’histoire d’un rêve… avec sa part de cauchemar.

Le spectacle est un petit bijou technologique : sur de grands écrans blancs, défilent des images en trois dimensions, qui forment le décor, changeant, mouvant, fascinant. Si la danse est au centre, l’art théâtral et les technologies de l’image ne sont pas en reste. La mise en scène est novatrice et méticuleuse et emprunte largement au théâtre en ce qui concerne l’occupation de l’espace. Les références sont nombreuses, notamment au Lac des Cygnes, dans une scène délurée et délibérément parodique. La salle rit, se laisse emporter dans l’irréel qui entoure l’espace scénique, dans l’image qui semble émaner des danseurs.

Le tout est nouveau, surprenant, envoûtant…

M. & Mme Rêve

Il reste quelque places pour les représentations des 21 et 22 mars, au Théâtre du Léman de Genève.

Retrouver notre interview exclusive de Marie-Claude Pietragalla et Julien Derouault dans la prochaine édition de la revue!

Danse

Monsieur et Madame Rêve : un voyage par Pietragalla et Derouault Lire la suite »

Immersion dans un univers américain, à la Collection de l’Art Brut

La Collection de l’Art Brut de Lausanne accueille du 15 mars au 30 juin, deux expositions exceptionnelles consacrées à deux artistes américains : James Edward Deeds et Daniel Johnston. À découvrir sans plus tarder !

Deux artistes, deux vies, deux époques … une Amérique. L’attachement au lieu et au contexte est très frappant dans ces deux expositions proposées simultanément pas la Collection de l’Art Brut de Lausanne. Chacun à sa manière, James Edward Deeds et Daniel Johnston racontent des bribes de leur quotidien, enfermé dans la maladie et transcendé par la production artistique.

James Edward Deeds

Patient du State Asylum n°3 de 1936 à 1973, James Edward Deeds a réalisé durant son internement 238 dessins à la mine de plomb et aux crayons de couleur. Des dessins soignés, réalisés avec minutie et précision.

Deeds_34130 des 238 dessins sont présentés à La Collection de l’Art Brut, dans une exposition touchante et très documentée. Les œuvres surprennent à bien des égards et nous replongent dans l’Amérique du milieu du siècle dernier : des portraits nous rappellent la mode vestimentaire d’alors, les bateaux nous replongent dans l’histoire de la Guerre de Sécession, qui a tant marqué la famille de l’artiste. On y trouve le quotidien de ce patient de l’hôpital, avec son attrait pour les jardins de l’établissement, le bâtiment, les animaux du cirque ou de la jungle, qu’il admirait dans les National Geographic que sa mère lui amenait à chaque visite. Les personnes de son entourage aussi, dans des portraits étranges, au regard vide et mystérieux. On y voit également des références aux traitements reçus à l’hôpital, comme les électrochocs ou les injections, comme sur ce dessin surprenant, intitulé « Why Doctor ? ».

Un grand saut dans la réalité des établissements psychiatriques de l’époque, avec leurs joies et leurs souffrances.

Un univers touchant et subtile, où l’angoisse se fait discrète et l’étonnement joyeux,  sous les traits précis de James Edward Deeds.

Deeds_145

Welcome to my world ! Daniel Johnston

Jamais exposition n’aura si bien porté son nom. Car c’est bien dans un monde à part, celui de Daniel Johnston, que nous entrons à peine franchie la porte de la salle au deuxième étage. Un monde où sont mélangés Satan, femmes tentatrices et personnages célèbres de comics tels Hulk, Casper ou encore et surtout Captain America (accompagné de quelques nazis, bien entendu). Daniel_Johnston_001Parmi ces personnages, d’autres entités inventées par l’artiste, ses alter-egos, tels Joe le boxeur trépané, le gentil, ou Vile Corrupt, monstre aux nombreux yeux, représentant du mal. Dans cet univers manichéen, l’artiste représente sa lutte contre la maladie, ses propres démon, et s’accompagne de figures rassurantes comme Jeremiah la grenouille, observatrice innocente et toujours présente. Les personnages reviennent : depuis les premiers dessins, à l’adolescence dans les années 70, jusqu’à aujourd’hui, ils évoluent dans un univers à part entière, mus par une énergie créative très intime.

L’exposition est accompagnée de la musique de l’artiste,  également compositeur et musicien, reconnu comme figure emblématique de l’anti-folk et grand parolier. L’immersion est donc complète, dans l’univers coloré et fragile de Daniel Johnston.

Des différences, des similitudes

Les deux artistes partagent leur passion pour le dessin, leur besoin de s’exprimer par ce biais pour combattre la souffrance psychique : tous deux puisent dans la culture populaire de leur époque, musique et BDs en particulier. On retrouve dans les deux expositions, un regard particulier sur le contexte historique, la société : on rit beaucoup, on questionne surtout.

A découvrir absolument, jusqu’au 30 juin.  Visites commentées gratuites les samedis 23 mars et 4 mai à 14h.

Exposition

Immersion dans un univers américain, à la Collection de l’Art Brut Lire la suite »

Amon Tobin enflamme le Caprices Festival

Les plus grands groupes de l’électro étaient invités au Caprices Festival lundi soir, pour une soirée explosive. L’Agenda a dansé pour vous!

Une soirée pleine de surprises lundi soir au Caprices Festival : les spectateurs semblent avoir favorisé la petite scène « I Love Live » à la grande scène « The Moon »… Nous y avons admiré Oil, talentueux Dj français  issu des Troublemakers, qui se lance dans un projet solo, très électro, inspiré de rythmes et mélodies du monde. De l’originalité, du groove, des montages vidéos et images qui nous emportent loin de la neige de Crans : une ouverture de soirée réussie sur la petite scène.

Après lui, Sunisit et Amiant sont revenus vers des registres plus classiques, sans grande surprise mais dynamiques et entraînants, ils ont su réunir une foule qui n’as pas été séduite par les concerts de la grande scène…

Il faut le dire, à contre-coeur, nous avons été déçus par le nouveau show de Björk : malgré une voix à couper le souffle, les prouesses technologiques et une qualité musicale irréprochable, le spectacle s’est montré peu dynamique et répétitif. Pour cette nouvelle tournée, la chanteuse islandaise est accompagnée d’un chœur de jeunes femmes et par plusieurs instruments résolument étranges et nouveaux, tel un orgue électronique. La présence du chœur sur tous les morceaux a malheureusement retenu le punch qu’on connaissait à la chanteuse, malgré le talent des choristes. Heureusement, nous avons retrouvé la Björk que nous aimons, explosive et détonante sur les deux dernières chansons, où nous avons pu, enfin, retirer nos vestes…

 

Photo © Valerio Berdini

C’est un incroyable voyage que nous avons vécu avec Amon Tobin, le talentueux brésilien que l’on connaissait pour avoir produit la musique de plusieurs jeux vidéos, avant sa percée en tant que maître de l’électro à la fin des années 90.

Sur la scène, un empilement de plots de plastique blanc, installation futuriste qui servira de support à l’incroyable light show : il nous aura fallu quelques minutes et un effet de lumière pour apercevoir l’artiste, caché dans le cube central de la structure. Malgré la distance et le montage, Amon Tobin fait preuve d’une présence scénique irréprochable, et transmet en deux tour de disque sa passion pour les rythmes décalés, l’expérience musicale et la découverte : basses prenantes, percussions à couper le souffle, Amon Tobin a l’art de nous donner exactement ce dont on avait besoin, au bon moment.  Un grand voyage, envoûtant et fascinant : A voir et revoir !

Musique actuelle

Amon Tobin enflamme le Caprices Festival Lire la suite »

Lou Doillon: détachée et attachante, au Caprices Festival

Le Caprices Festival a ouvert ses portes vendredi dernier, à Crans Montana. Lou Doillon a donné le premier concert de la semaine, sur la scène « The Moon ».

Le Caprices Festival s’est ouvert sous une fine pluie hivernale vendredi soir. Avec une programmation à couper le souffle pour sa dixième édition, le Caprices a joué tous ses as pour fêter son anniversaire.

Première à fouler le sol de la grande scène « The Moon », Lou Doillon, longue veste noire et chemise blanche, l’air nonchalant et le visage caché derrière ses cheveux, a séduit le public en quelques minutes. Mug à la main, pour l’originalité, la chanteuse se donne des airs de ne pas y toucher. Mais il lui faut peu de temps pour établir un lien avec le public et séduire les incorruptibles: naturelle, drôle et spontanée, elle répond au public avec aisance et personnalité. Si naturelle même, que le spectateur a l’étrange impression d’être dans le salon de l’artiste, avec quelques amis, et de partager un petit concert improvisé. La voix enchante, chaude et vibrante, avec des échos très vintage et un soupçon de timbre à la Patti Smith, lovée dans le son des guitares et du clavier, entre pop expérimentale et rock mélodique.

Lou Doillon offre ses sourires sans mesure, présente ses chansons avec humour : « La prochaine chanson, je l’avais écrite pour ma maman. C’est cette chanson qui m’a fait sortir de ma cuisine », ou encore «Là, c’est quand on est complètement bourré à trois ou quatre heure du matin, et qu’on commence à dire franchement n’importe quoi… et qu’en plus, on est fier… ».

La demoiselle aux allures un peu garçonne et aux cheveux en bataille repart comme elle est venue, mains dans les poches… mais sans sa tasse. Dans la salle, reste un public conquis.

cover-lou-doillon-HD

Les autres coups de cœur de la soirée

Une rencontre incongrue, dans la petite salle « I Love Live », Labrador City est un jeune groupe intriguant. Les musiciens sont timides mais précis, et quel bonheur de voir une fille tenir la basse ! C’est un rock sage et planant qu’ils nous offrent, des sons travaillés et des fantaisies au détour d’un couplet : ils sont bons et ils surprennent, ils expérimentent, ils nous emmènent en voyage. C’est gai, c’est zen, c’est créatif et on aime beaucoup !

Nous les avions écoutés aux Docks à Lausanne en janvier, et nous étions restés sur notre faim… Joseph of the Fountain ont cependant repris du poil de la bête, et nous ont offert un concert plein de punch : sur scène, ça transpire et le public en redemande. Visiblement, ces jeunes Nyonnais ont déjà un bon nombre de fans !

On a aimé et aimé encore l’incroyable prestation de M, guitariste émérite et vraie bête de scène. Sous un light show extatique, le chanteur français a donné au Caprices le premier concert de sa nouvelle tournée. Ils ne sont que trois sur l’immense scène, et pourtant, M occupe l’espace sans difficultés, accompagné même d’un danseur « indigène » un peu déjanté sur une des chansons. Derrière ses énormes lunettes, M échauffe la foule, passant du rock pur souche aux rythmes de club,  invitant les enfants à pogoter sur scène, avant de sauter dans la foule… toujours en jouant de la guitare. Un concert délirant, d’une exceptionnelle qualité : on en veut encore !

L’Agenda suit pour vous les grands concerts du Caprices Festival ! Suivez-nous sur le blog !

Musique actuelle

Lou Doillon: détachée et attachante, au Caprices Festival Lire la suite »

Maison du dessin de Presse de Morges : Plumes croisées

Patrick Chappatte, le département fédéral des affaires étrangères (DFAE) et le Festival du Film et Forum International sur les Droits Humains (FIFDH) s’associent à la Maison du Dessin de Presse autours du thème de la violence et de la corruption dans trois états d’Amérique centrale.

L’Honduras, le Salvador, le Guatemala : trois pays dont on entend peu parler. La Maison du Dessin de Presse corrige le tir, et décide de dévoiler une réalité cachée de l’Amérique centrale : la violence et la corruption qui déciment le paysage social.

Avec une moyenne de quinze meurtres par jour, ces états sont parmi les plus dangereux du monde. En Honduras, au Salvador et au Guatemala, la population est soumise à la violence des maras, les gangs, ainsi qu’à la dureté de la répression policière. La corruption est endémique dans ces états pauvres, jeunes démocraties en mal-être, flirtant avec l’instabilité politique. Le quotidien des habitants est fait de cette violence extrême, et de la peur qu’elle sème.

1303_fo

Plumes croisées : une guerre à coups de crayons

Le projet Plumes Croisées, Violence et corruption en Amérique centrale est un travail coordonné par Patrick Chappatte, en partenariat avec le DFAE. Il réunit douze dessinateurs de presse – Chappatte, Alecus, Banegas, Filochofo, Fo, JotaCé, Juan Pensamiento, Ham, La Matraca, McDonald, Otto et Salomón – sur un projet qui veut démontrer que la caricature politique a son rôle à jouer en tant que dénonciateur, mais également comme véhicule de dialogue et de solidarité.

Sans demi-mesure, les dessins racontent, dénoncent, raillent les politiciens, le système judiciaire, les maras. Dans ces caricatures politiques, les dessinateurs ont trouvé leur arme contre la guerre qu’ils vivent au quotidien : l’humour, comme seul bouclier contre les violences et les injustices. En critiquant de cette manière les systèmes établis, les artistes risquent parfois leur vie : les journaux et les dessinateurs reçoivent des menaces de la part des narcotrafiquants et subissent des contrôles répétés de la police.  Licenciés, exilés, menacés, les dessinateurs d’opposition ont souvent la vie dure dans les démocraties d’Amérique centrale.

« Nous avons une grande  admiration pour le travail de tous les jours des dessinateurs : ils viennent du «trou noir», cet enfer dont personne ne parle », déclare la représentante du DFAE. « La problématique de la violence dans ces pays est très peu connue.  L’initiative ici est de rapprocher les citoyens suisses de cette réalité.  Souvent, le DFAE sensibilise sur des problématiques déjà sensibles. Ce qui est particulièrement appréciable avec ce projet, c’est que la thématique est très peu connue. On peut donc sensibiliser un public qui ignore cette situation ».

1303_banegas

Guatemala : L’autre guerre, un reportage BD de Chappatte

Patrick Chappatte a coordoné le projet plumes croisées en Amérique centrale, après avoir dirigé plusieurs projets du même type en Serbie, en Côte d’Ivoire, au Kenya et au Liban. Durant ces ateliers, les dessinateurs on réalisé un calendrier, édité par l’ambassade suisse.

Au côté des dessins de presse, le visiteur pourra découvrir un reportage BD de Patrick Chappatte (Guatemala : l’autre guerre), dans lequel le dessinateur documente son voyage au Guatemala en mars 2012. Il y décrit la réalité des bidonvilles rongés par les gangs, ainsi que les prisons et des dérives de l’autogestion carcérale, comme à la prison de Pavòn que l’artiste a visitée.

1303_alecus

Présent lors du vernissage de l’exposition, Patrick Chappatte est visiblement touché par le sujet : le dessinateur parle de la violence dont il a été témoin, de la peur que ressentent les habitants à chaque fois qu’ils sortent de chez eux. « J’ai vu, mais je ne comprend toujours pas comment il leur est possible de vivre avec ça ».

La maison du dessin de presse montre plus que jamais son ouverture sur le monde, en choisissant d’exposer cette réalité cachée et inconnue dont les médias ne parlent pas. Le DFAE souligne son soutien aux artistes et à leur combat : « Ils méritent, tout comme leurs pays, d’être mieux connus ».

Pour plus d’informations sur le site internet de la Maison du dessin de presse.

Voir les reportages BD de Patrick Chappatte.

Exposition

Maison du dessin de Presse de Morges : Plumes croisées Lire la suite »

L’Afrique, violente et poétique, au Théâtre de la Parfumerie

Un éclairage sombre, un décor dépouillé, des costumes uniformes, des acteurs silencieux… Les premières minutes de la pièce « Chaque homme est un race » sont déconcertantes. D’ailleurs, la classe de collégiens de sortie au théâtre a du mal à contenir des éclats de rire à la fois gênés et inquiets. Puis, au son des instruments traditionnels, la magie opère. Le spectateur est entraîné dans l’univers de Mia Couto, auteur mozambicain dont 3 récits ont été adaptés par le metteur en scène suisse Patrick Rohr. Ce spectacle du Théâtre de la Spirale, créé en 2008 au Burkina-Fasso, mêle plusieurs arts africains: danse, musique et chant, saynètes satiriques dans la tradition malienne du Kotéba.

Hommage au théâtre africain, le jeu des acteurs met à l’honneur l’art des conteurs. Les situations et les gestes sont imagés, comme pour rendre à l’imagination tout son pouvoir évocateur. Par l’humour et un certain sens de l’absurde, Mia Couto parvient à suggérer la situation actuelle des habitants d’Afrique et les dérives du capitalisme avec beaucoup de poésie. À côté de cette légèreté, d’autres scènes sont plus graves et engagées. Il y a des cris, des lamentations, des danses endiablées dont la violence retenue suggère le désespoir vain. Mais le propos n’est pas celui de la dénonciation, plutôt du rassemblement. Le dialecte répond au français, les boubous des africaines côtoient des costumes trois-pièces, la baleine de Quissico ressemble à Barack Obama. Les références se mélangent, pour notre plus grand plaisir.

Finalement, portés par l’enthousiasme et la vitalité des comédiens et musiciens, les collégiens, et tout le public avec eux, rient de bon cœur. Un beau voyage.

A découvrir jusqu’au 10 mars, au Théâtre de la Parfumerie à Genève.

affiche A3 CHKHOMRC 2013-2

Texte : Marie-Sophie Péclard

Théâtre

L’Afrique, violente et poétique, au Théâtre de la Parfumerie Lire la suite »

Le Mois du film documentaire à Genève

Venez découvrir le du Mois du film documentaire au Muséum d’histoire naturelle de Genève ! Deux films ont remporté le prix du public, et seront projetés le 27 février :

Océans, de Océans
Film qui raconte la vie en mer, et où le spectateur se retrouve parmi les poissons. Jacques Perrin nous entraîne, avec des moyens de tournage inédits, au cœur des océans et de leurs tempêtes. Océans s’interroge sur l’empreinte que l’homme impose à la vie sauvage.
Réalisation: Jacques Perrin et Jacques Cluzaud; production: Galatée films; 2010; 103′.

Arktos: Le voyage intérieur de Mike Horn
Pendant 24 mois, Mike Hor effectue en solitaire et sans moyens de transport motorisés un périple de 20’000 km autour du cercle polaire. Il se déplace à pied, à ski, parfois aidé par un kite (cerf-volant), en bateau à voile, en canoë, tirant derrière lui un traîneau de plus de 200kg.
Réalisation: Raphaël Blanc; production: Artemis Films Productions; 2005; 52′.

Le public est invité à venir voir (ou revoir) ces deux films au Muséum d’art et d’histoire :

 Arktos: Le voyage intérieur de Mike Horn à 13h30 en présence de Mike Horn et du réalisateur Raphaël Blanc qui répondront aux questions du public à l’issue de la projection et Océans à 15h.

L’entrée est gratuite : profitez-en !

Cinéma

Le Mois du film documentaire à Genève Lire la suite »

Dinosaur Jr, aux Docks le 13 février prochain!

Nostalgiques des années guitare, ne manquez pas cette occasion!

Les leaders américains du rock alternatif, Dinosaur Jr. s’invitent aux Docks mercredi soir! Distorsion et longs solos de guitare seront au rendez-vous.

Le groupe présente son nouvel album, I Bet On Sky, petit bijoux flirtant avec le hardcore et la pop music, enrobé du grain caractéristique de la voix de J Mascis.

Au sommet de leur forme, Barlow, Murph et J Mascis vous donnent rendez-vous pour un concert du tonnerre, mercredi 13 février aux Docks de Lausanne!

Dinosaur_JR©Brantley Gutierrez

Infos et réservations.

Musique actuelle

Dinosaur Jr, aux Docks le 13 février prochain! Lire la suite »

Prix de Lausanne : a men’s year

De la surprise, de l’émotion, à l’occasion du 41ème Prix de Lausanne.

Dans les coulisses, la tension est palpable. Une vingtaine d’adolescents s’échauffent, s’étirent ou écoutent de la musique sur le lecteur MP3 : sac à dos, baskets, bandeaux… Des adolescents comme les autres, à un détail près : ceux-ci sont assis en grand écart et s’apprêtent à participer à la finale du 41ème Prix de Lausanne.

La concentration tend les visages, il est temps pour un dernier regard dans la glace avant le passage sur scène.

23 nationalités étaient représentées par les participants cette année, et parmi les finalistes, on comptait un nombre impressionnant de jeunes hommes : 14 contre 6 demoiselles!

Chaque finaliste était amené à présenter une variation classique et une variation contemporaine sur des chorégraphies de Goyo Montero, Jorma Elo ou encore Didy Veldman, révélant ainsi sur scène deux manières d’être sensiblement différentes. Chose troublante que l’immense maîtrise du corps démontrée par ces jeunes talents : s’ils ont entre 15 et 19 ans, ces adolescents donnent une impression de maturité épatante.

Après le concours, le jury, dirigé par Frank Andersen, se retire pour délibérer, laissant place aux élèves du Houston Ballet II, pour un court spectacle (A dance in the garden of mirth). Si le charme des danseurs est indéniable, souligné par des costumes légers,  noir et strass à volonté, il faut mettre un bémol quand au goût musical des directeurs… Répétitive, criarde et vieillotte, la musique n’a pas su porter les gestes des danseurs, pourtant si enthousiastes.

Finalement, arrive la remise des prix, au grand bonheur du public. Le jeune Adhonay Silva a, du haut de ses 15 ans, décroché le premier prix, ainsi que le prix du public. Une double victoire, que le jeune homme en habits d’arlequin reçois entre deux larmes de joies.

Quant aux autres bourses, elles sont décernées aux Chinois Jinhao Zhang  et Wentao Li , au Canadien Cesar Corrales, à l’Australien Joel Woellner, au Japonais  Masaya Yamamoto, au Portugais Francisco Sebastião et à la seule lauréate du jour parmi tous ces jeunes hommes, la Brésilienne Leticia Domingues.

Leticia Domingues a définitivement capté l’attention du public et du jury : beaucoup de caractère, de précision, d’originalité et de féminité, les ingrédients nécessaires pour rivaliser avec ses homologues masculins!

Danse

Prix de Lausanne : a men’s year Lire la suite »

1913 – la Comédie de Genève, entre souvenir et création

« Mesdames, mesdemoiselles, messieurs : bienvenue dans notre Comédie ». C’est en ces mots qu’Ernest Fournier, directeur de la Comédie de Genève en 1913, accueille le public dans l’entrée du bâtiment. Les cadets ouvrent les festivités sur scène, avant de céder la place aux acteurs principaux du souvenir historique : sont présents la femme de M. Fournier, son architecte, ainsi que Viollier, personnage social par excellence. Puis L’Auteure apparaît sous les traits d’une jeune femme évanescente (l’excellente Sabrina Martin) : la mémoire de la Comédie raconte. Elle raconte l’envie d’un théâtre pour tous, la difficulté à dépasser les préjugés, à repenser l’art dramatique.

En 1913, on répète « Le Prince d’Aurec » sur une scène en chantier. Tout est à construire. La création de la Comédie se joue désormais en un soir. La création de la Comédie, c’est à la fois une histoire d’architecture, de théâtre, de questions pratiques – tels ces arbres inopportuns placés devant l’entrée et que la commune refuse d’abattre. La création de la Comédie, c’est avant tout une histoire de société. À l’aube des conflits qui font et défont l’Europe du 20ème siècle, les frontières entre classes sociales explosent pour mieux se définir.

100 ans plus tard, le renouveau s’impose, une fois de plus. En construction sur la place de l’ancienne Gare des Eaux-Vives, la Nouvelle Comédie apparaît en filigrane dans la pièce, à travers le décors et quelques allusions discrètes. En 1913, Jacques Copeau portait à bout de bras la volonté de l’art social, annonçant un bouleversement du rapport au théâtre voulu – peut-être malgré lui – par Ernest Fournier. En 2013, le futur reste à écrire. Sur scène, les personnages s’effacent et les cadets reviennent. Et si le destin de la Comédie n’était qu’un éternel recommencement?… L’avenir le dira.

Théâtre

1913 – la Comédie de Genève, entre souvenir et création Lire la suite »

Paul Banks était aux Docks, le 31 janvier

Cette soirée prend son envol avec le groupe Josef Of The Fountain, littéralement sur la piste du décollage. Un groupe aux influences résolument british, l’accent en moins, mais qui a le mérite d’apporter un peu de fraicheur dans la scène rock Suisse.

La première chanson terminée, le chanteur lance un « maarci » et un « thanks »: de la part d’un groupe francophone, face à un public francophone, le sourire est inévitable.

Le chanteur fait preuve d’un enthousiasme énergique que ne semblent malheureusement pas partager les autres musiciens, chacun quelque peu isolé dans son jeu.

Joseph Of The Fountain possède en outre de très bonnes influences musicales, qu’ils n’hésitent pas à afficher, se réclamant du chanteur à la tête de l’affiche de cette soirée : Paul Banks.

Un jeune groupe à surveiller donc : si ce concert nous laisse sur notre faim, Joseph Of The Fountain ne tarderont certainement pas à combler nos attentes … Deuxième chance au Caprice Festival en avril prochain!

Musique actuelle

Paul Banks était aux Docks, le 31 janvier Lire la suite »

Merveilleux Aladin à l’Opéra de Lausanne

Si le récit d’ « Aladin et la lampe merveilleuse » est légendaire, le conte lyrique de Nino Rota a connu sa première production suisse en français à l’Opéra de Lausanne, vendredi 25 janvier. Sur scène, un patchwork de tapis d’orient se déploie vers le ciel, tel un lien entre les hommes et les étoiles. Car ici, c’est bien d’un conte des Mille et une Nuits qu’il s’agit. Le jeune Aladin, trompé par un sombre mage usurpateur, rencontre deux génies farfelus – le génie de l’anneau et celui de la lampe, puis tombe sous le charme de la princesse Badr’al-Budur. Mais le personnage central de la production, c’est le livre: un livre à hauteur d’homme, support aux rêves et péripéties du jeune héros.  Waut Koeken signe une mise en scène audacieuse, simple et touchante.

Côté musical, quelle surprise! Un opéra qui n’en est pas un, des chanteurs extrêmement comédiens… seul l’orchestre, très bien mené par Hervé Klopfenstein, a de temps à autre pêché par excès d’enthousiasme, rendant la tâche parfois difficile aux chanteurs. Parmi eux, nous retiendrons la délicieuse Alexandra Hewson dans le rôle de la princesse: un sourire enchanteur, un timbre délicat, sans forcer.
Les enfants – petits  et grands – ont laissé exploser leur joie à de multiples reprises. Une pluie de bonbons à la fraise, invitant le public à la fête, a surpris les regards émerveillés. Ce n’était peut-être qu’un clin d’œil, rappelant que l’imagination et la réalité sont deux vérités bien proches.

Famille

Merveilleux Aladin à l’Opéra de Lausanne Lire la suite »